Et les anges pleurent
Les vagues de douleurs
Qui déferlent sans répit
De cet océan de dépit
Il y a tant d’années
Dans ces cœurs fanés.
Et les anges pleurent
Ces joies qui meurent
Ces pierres jetées
Ces croix acceptées
Ces vies déniées
Ces voies reniées.
Et les anges pleurent
Les chants du malheur.
A la plainte de Billie Holiday
Qui saigne de sombres plaies,
Raconte les fruits défendus,
Exorcise ces vies suspendues.
Et les anges pleurent
Sur les champs de sueur,
A la lumière du croissant,
Dans un obscur firmament
A l’horizon calvaire
Zébré d’éclairs.
Et les anges pleurent
Aux prêches de la peur,
Aux temples des marchands,
Sur les prophètes mendiants
Qui a la croisée des chemins
Vantent les croisés de demain.
Et les anges pleurent
Sur la valse des couleurs,
Aux étoiles mortes hier,
Aux enfants de l’hiver,
Aux graines semées au vent
Qui nous reviendront ouragan.