Une petite balade à velo sous la pluie, avec un calepin pour ne rien louper de l'expérience délirante, et voilà le résultat :
Le bruissement de l'eau d'hiver
Abrite la fraîcheur humide
De mon manteau solitaire
Et alors que cette moiteur vide
Envahit peu à peu l'atmosphère,
Je ne peux que réaliser, livide
Que la gigue pénitentiaire
Scintillant sur la cime des vagues limpides
Me mène invariablement au sanctuaire.
Avide, mais prospère,
J'ère, bide sur bide,
En foulant cette terre aride.
Quel étrange compère
Que cet élan placide,
Soulevant par derrière
Un relent des plus morbide.
Alors les vers exaspèrent
Et respirent cet air putride,
Libérant d'un éclair éphémère
Les démons de l'atlantide.
Ceux-ci sont indéniablement austères
Lorsqu'il s'agit de fratricide
Et songent à se complaire
D'une existence à l'essence acide.
Ils invoquent de bonne guerre
Cette sorte de pyramide
Que le sens des affaires
Tend à rendre solide.
Et même si la pensée les indiffère,
Je me dois de reconnaître, cupide
Qu'ils constituent, génèrent,
Des paraboles parfois stupides
Mais qui dénoncent, sévère
Les torts de ce qui nous sert de guide