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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'étranger en elle (pour lecteurs avertis)

Auteur Sujet: L'étranger en elle (pour lecteurs avertis)  (Lu 1430 fois)

Hors ligne Lordius

  • Troubadour
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    • Le journal de Lordius
L'étranger en elle (pour lecteurs avertis)
« le: 24 mai 2013 à 08:24:45 »
Cette nouvelle m’a été inspirée par une phrase de W. Burrough : ‘L’étranger en elle’. L’art de l’anticonformisme choquant donc marquant.


Deux personnes patientaient dans la salle d’attente. Tant mieux, ça lui donnerait le temps de reprendre ses esprits et de préparer son discours. Se dirigeant vers un siège, elle ignora les autres malades qui ne lui jetèrent pas un regard en retour, absorbés par le mal qui les rongeait et accaparait leur ego. Avant de s’assoir, elle prit un magazine au hasard sur la table basse pour se donner une contenance.

Dissimulée derrière sa revue, elle observa à la dérobée ses camarades d’infortune. Elle sursauta quand la femme se mit à tousser comme une phtisique. Une métisse comme elle, mais plus vieille, la trentaine, et sacrément mal en point. La tuberculose était en recrudescence dans le pays, car les antibiotiques ne faisaient plus trop effet s’il fallait en croire les magazines dont elle tenait un exemplaire entre les mains.

« Mon œil, pensa Kayla, c’est parce que les industries pharmaceutiques nous vendent des daubes du siècle dernier. On est pauvre en Afrique, on peut bien crever. Mais moi, je me battrai. Fini d’être réglo, je passe en mode survie, l’instinct de base de tous les êtres vivants. La société a fait de moi un vilain petit canard. »

L’autre patient était un Noir squelettique et cadavérique. En phase terminale, estima Kayla. Il ne s’était pas fait dépister à temps, et maintenant les médicaments antirétroviraux ne pouvaient plus rien pour lui. Lui aussi allait crever ; mais pas elle. Le sida faisait moins de ravages qu’avant en Afrique du Sud, le pays à la pointe de l’Afrique, à la pointe du sexe. Mais tout de même, il restait l’ennemi majeur, avec la délinquance, elle aussi en recul. Au fait, Kayla devait faire le test HIV. Tant de maux se cumulaient en elle… Ah, si seulement cette conasse pouvait arrêter de tousser ! Kyala ressentit brusquement l’envie de l’étrangler, pour obtenir enfin le silence et pouvoir se concentrer sur ses propres problèmes, nom d’un tubard !

Elle éprouva aussitôt du remords. Ses pulsions violentes lui venaient de ses épreuves. Il fallait les maîtriser. « Notre Père qui êtes aux cieux, que votre… » Non, la prière, vraiment, elle pouvait plus. Elle en fut très affectée. Le Notre Père, elle l’avait récité avec tant de ferveur et de sincérité depuis son plus jeune âge. Ça passait plus.

Le docteur fit irruption dans la salle d’attente souffrante. Sa blouse blanche contrastait joliment avec sa peau noire. Les épaules larges, grand et mince, il portait fièrement la
cinquantaine, sa prestance gommant sa face d’une laideur simiesque.

Le Noir moribond se leva et marcha comme s’il allait à l’échafaud.

« Combien de femmes avait-il contaminées, ce fumier de nègre ? se demanda Kayla. »
 De nouveau, la honte la submergea. Comment pouvait-elle médire de son prochain, elle si pieuse auparavant ? L’épreuve, Seigneur, l’épreuve l’avait changée, endurcie. Et si
elle l’avait rendue plus réaliste ? Moins utopique ?

La tuberculeuse s’en donnait à cœur joie, un vrai concert. Kayla s’abrita derrière son magazine pour échapper aux miasmes. Pourquoi ne piquait-on pas les infectieux ? On sauverait de cette façon tant de vies saines. C’était un crime social de les laisser vivre. À cette pensée effroyable, elle entama le Je vous salue Marie qu’elle réussit à finir. Comme chaque fois, elle se demanda comment une simple mortelle, même élue à fond, pouvait être la mère de Dieu. Absurde, décida-t-elle, libérée de cette croyance enfantine – enfantine car on la lui avait inculquée depuis son plus jeune âge.
Enfin, ce fut le tour de la tuberculeuse. Qu’elle rejoigne le Paradis, si elle arrivait à y croire. Kaya y avait cru pendant vingt-trois ans. Elle avait tout fait pour le mériter, toujours réglo envers le Seigneur ou ce que le pasteur en disait. Hélas, le pasteur s’était peut-être bien trompé, comme elle.

Au bout d’un temps interminable (le docteur prenait son temps, tant mieux, c’est parce qu’il savait écouter les patients), un jeune entra dans la salle d’attente. Elle en fut soulagée : depuis son épreuve, elle ne supportait plus la solitude.
Pauvre gars, il était bien amoché. Son œil saignait. Le pays souffrait de la violence. Quand il s’assit à côté, elle ressentit une haine viscérale. Ce jeune Noir, après tout, peut-être avait-il fait quelque chose de mal ? Maintenant qu’elle était au bord du gouffre – non, vraiment dedans – elle se sentait désinhibée. Elle qui avait jusqu’à présent été discrète, carpette, osa demander :

— Que vous est-il arrivé, monsieur ?

Il la toisa de son œil valide. Elle baissa la tête, connaissant ce dédain masculin.
Rien ! Pas de réponse sauf une moue de mépris. Elle n’en pouvait plus de ce jugement des mâles. Jésus n’avait-il pas déclaré : « Ne juge pas ou tu seras jugé » ? Bah, le Nouveau Testament, c’était de l’histoire ancienne pour elle. Elle se sentait plus dans un trip Ancien Testament. Pas de pacifisme, non, la violence lui convenait mieux, comme les Juifs : œil pour œil. D’ailleurs il ne lui en restait qu’un, à ce bâtard de mâle bouffi d’orgueil.

— Avoue que t’es un voyou ! cracha-t-elle.

L’autre se leva d’un bond, désorienté par l’apostrophe ou bien par sa blessure :

— Quoi ? Quoi t’as dit, là ?

Le docteur ouvrit brutalement la porte de son cabinet :

— Suivant !

— T’es morte, poufiasse ! murmura l’homme avec une grimace haineuse.

— Tu vois que t’avais compris… Fais gaffe à ton dernier œil…

Le gars sortit de la salle d’attente en claquant la porte. Elle entra dans le cabinet médical, la tête haute, fière de son assurance nouvelle qu’elle avait cependant si cher payée. L’affrontement ne l’avait pas affectée, car de plus grandes souffrances la travaillaient.

D’un geste conditionné par l’habitude, le docteur la fit assoir devant son bureau. À ce moment, la honte la submergea. L’heure de la confession était venue.
Toute sa volonté était tendue pour rendre son visage impassible, ou du moins pas trop affecté.

— Vous le connaissez, le gars qui vient de partir ? demanda-t-elle.

— Oui.

— Je parie que c’est une racaille. Pas vrai ?

— Le secret médical m’interdit de vous répondre.

— Dites-moi au moins s’il est dangereux : il m’a menacée de mort.

— Tous les humains sont dangereux. Que puis-je pour vous ?

— J’ai tellement honte, docteur… Je…

Elle soupira, baissa la tête et fouilla machinalement dans son sac.

— Détendez-vous, mon enfant, dit le docteur d’un ton doux. Je suis là pour vous aider, pas pour vous juger.

Son ton paternaliste lui mit un peu de baume au cœur et au ventre, qu’elle se massait machinalement après avoir posé son sac à terre.

— Je suis tombée enceinte sans le vouloir et je veux avorter, dit-elle à toute vitesse.

— Voyons cela. Déshabillez-vous.

Elle retira son pantalon et sa culotte. L’odeur de ses sécrétions intimes la dégouta. Le stress. Le péché en elle, peut-être. Ou bien la grossesse. Elle devait évacuer cet étranger en elle avant de devenir folle. À n’importe quel prix.

Elle s’allongea sur la table d’opération et laissa le docteur introduire son instrument au prix d’un violent effort qui la fit trembler.

— Détendez-vous, ça ne fait pas mal. Je vérifie juste si vous êtes enceinte. Il semble que oui. Nous allons faire une prise de sang pour vérifier. 11 ou 12 semaines, à mon avis.

— Pas la peine, c’est sûr. Débarrassez-m’en. Vite !

— Il y a un protocole à respecter. Vous souffrez d’un déchirement vaginal en train de cicatriser. Vous avez eu des rapports sexuels particulièrement intenses. Je vous encourage à un peu de modération pour raisons médicales.

Il la regarda, les traits du visage impassibles mais, lui sembla-t-elle, le regard lubrique. Tous des porcs pervers ! Même les médecins. Plusieurs pulsions la traversèrent : se rhabiller, crever l’œil valide du gars de la salle d’attente, gifler ce docteur, pleurer dans ses bras, mais surtout évacuer l’étranger en elle. Elle devait se ressaisir, tenir. Courage, vilain petit canard…

— Je veux un test de dépistage du sida, dit-elle en se rhabillant.

— Vous voyez que la prise de sang est nécessaire. Possédez-vous une assurance maladie ?

— Non, je suis au chômage. Sans ressource.

— Alors vous devez vous rendre dans un hôpital public.

— Le plus proche est à Pretoria. Je n’ai pas l’argent pour le taxi. Et on dit que les conditions d’hygiène y sont effroyables. Ma cousine est morte en couches là-bas.

— Je suis désolé, fit le docteur en retirant ses gants en plastique.

— Je vous en prie.

— J’évite de pratiquer cet acte médical contraire à mes principes religieux. Gratuitement, il n’en est pas question.

« Ce salopard, l’argent achète sa conscience… songea Kalya. Tous les hommes se valent, il a raison, par seulement dans la dangerosité mais aussi dans la bassesse. Tant pis, il le faut. »

— Je ferais n’importe quoi, dit-elle.

— N’importe quoi ? (À nouveau ce regard lubrique qu’elle abominait.)

— N’importe quoi avec préservatif, murmura-t-elle en rougissant.

« Pourvu que j’y arrive, se dit-elle. »

Sans un mot, il enleva le bas et enfila un préservatif avec la même facilité qu’il avait mis ses gants tout à l’heure. Le salopard semblait rodé à cet exercice de paiement en nature. Il la prit brutalement sur la table d’opération, sans respecter le conseil de retenue qu’il venait pourtant de lui prodiguer. La bête en lui…

Sa façon de la besogner lui rappelait quelqu’un… Non, impossible ! Le traumatisme l’obsédait. Soudain, elle se cabra, tentant de se dégager : elle avait présumé de ses forces mentales. Mais le docteur était fort comme un orang-outang… en rut. Impossible de le repousser. Elle déchira sa blouse blanche. Sa poitrine musclée était tatouée d’une croix du Christ jaune clair. Alors elle se laissa faire, et même, lui sourit quand il jouit.
Elle se sentait enfin détendue. Même quand il lui passa l’appareil aspirant dans le vagin, elle ne se crispa pas.

— Ça va mieux, on dirait, remarqua le docteur. La thérapie sexuelle, il n’y a que ça de sain et naturel, pas vrai ?

— Ça vous a excité quand je me suis débattue.

— J’adore ça quand la femme résiste. Mais je ne frappe jamais mes partenaires, jamais.

— Votre code d’honneur est admirable.

— Hum ! Voilà, c’est fini.

— Le viol, ça vous excite ?

— Euh… Ça fascine et en même temps ça répugne beaucoup d’hommes.

— Mais vous ?

— Je vous répondrai si vous acceptez de remettre le couvert. Revenez demain à la même heure, vous serez ma dernière patiente.

Elle rit à gorge déployée. Il y avait si longtemps qu’elle n’avait pas ri ainsi.

— À la bonne heure, votre moral est revenu. Merci qui ?

— En d’autres circonstances, j’apprécierais votre toupet. Je suis convaincue que vous n’êtes pas pire que les autres. Savez-vous que dans notre beau pays, 40 % des femmes déclarent avoir été forcées lors de leur premier rapport sexuel ?

— C’est la nature humaine. L’homme est un loup pour la femme. Mais je ne vous ai pas violée.

— Un loup en meute. Le viol collectif est un sport national.

— Un trait culturel, plutôt, répondit le docteur d’un ton pensif. Ça permet à la nature de renouveler les gènes de l’espèce. Ah, excusez-moi, déformation professionnelle.

— Je ne vous excuse pas car je pense bien que vous êtes un professionnel.

— Comment ?

— Je vous vois bien en chef de meute.

— Ça suffit, maintenant ! Je n’aime pas vos manières. Sortez ! Et pas la peine de revenir demain.

Elle éclata de rire. Le rire libérateur : elle touchait au but. Quelle coïncidence formidable, cette rencontre improbable ! Peut-être que Dieu existait, après tout ?

Le docteur par contre paraissait très en colère.

— Moi non plus je n’apprécie pas vos manières, répondit-elle quand son rire se calma. Pas du tout, du tout. Rassurez-vous, demain je serai loin.

— Nous sommes en phase alors.

— Sauf sur un point. Au fait, je ne vous ai pas raconté comment je me suis retrouvée enceinte.

— Franchement, je m’en moque. Du vent !

— Allons chéri, en souvenir de notre amour fugace mais torride.

Elle rit de nouveau. Lui, soupira.

— Vite, alors… Il se fait tard.

— Votre femme vous attend. Elle ne se doute pas un instant de l’homme que vous êtes, je parie. Ce soir-là, on m’a volé mon vélo. Alors je suis rentrée à pied en coupant à travers la forêt. La nuit tombée, je tombe sur une meute de trois hommes qui m’encerclent, m’attrapent et me violent à tour de rôle. Ils semblaient organisés, comme à la manœuvre militaire : ils avaient beaucoup d’entrainement.

— Je suis désolé, dit-il en regardant sa montre. Si ça peut vous consoler, ça arrive tous les jours, hélas.

— Hélas, vraiment ? Il y avait deux Noirs et un Blanc dans cette meute destinée à renouveler les gènes du pays.

Le docteur fronça les sourcils.

— Il faisait sombre, continua Kayla. Je n’ai pas vu leur visage. Le meneur m’a violé le premier. J’avais encore de l’énergie pour lutter : je lui ai déchiré sa chemise, découvrant une croix chrétienne jaune sur sa peau noire.

— Cette fois, c’en est trop…

Le docteur avança sur elle, poings fermés, mâchoire contractée, œil assassin. Il se figea quand elle sortit un revolver de son sac.

— J’ai pas fini, mon gros loup cruciphile. Après ça, j’étais terrorisée. J’osais plus sortir de chez moi. J’ai perdu mon emploi. J’ai mis mes dernières économies dans l’achat de cette arme et l’entrainement au club de tir. Du coup, j’avais plus un rond pour payer le taxi, mais impossible de sortir nue.

— C’est bon, j’avoue. Écoutez, vous devez savoir quelque chose. L’un de nous trois est très… dérangé. Très violent. Au début, je l’accompagnais pour l’empêcher de tuer ses victimes après le viol. Ce n’est qu’ensuite que j’ai participé. J’ai sauvé des vies, de nombreuses vies.

Kayla éclata de rire.

— Vous êtes un agresseur sexuel non-violent, un violeur philanthrope. Vous avez choisi le chemin ardu : il suffisait de le dénoncer à la police. Je vais vous délivrer de ce péché qui doit vous ronger en bon chrétien que vous êtes, n’est-ce pas ? Ce gars dérangé, n’est-ce pas le blessé que j’ai croisé dans la salle d’attente ?

— C’est lui. Toujours en train de se bagarrer. Vous l’avez provoqué ?

— Oui, mon instinct a dû le reconnaitre.


— Alors il vous attend dehors pour vous violer et vous tuer. Laissez-moi arranger ce conflit.

— Vous vous êtes suffisamment sacrifié, docteur… Passons au troisième lascar, le Blanc. Vous allez l’appeler et lui proposer de lancer un raid cette nuit. Rendez-vous à 22 heures devant votre cabinet.

— Négatif.

— Je vais donc vous tirer une balle dans le sexe. (Il soupira et sortit son mobile.) Prenez un air naturel et soyez persuasif. S’il ne vient pas, vous en répondrez sur vos attributs virils. Mettez l’écoute amplifiée.

Il s’exécuta.

— Voilà. Je peux partir maintenant ?

Elle rit encore.

— De ma vie, je ne me suis jamais autant amusée, après des débuts très pénibles. Nous allons faire entrer le psychopathe.

— Je l’appelle ? Je le connais bien, il est juste dehors, embusqué.

— Ne vous donnez pas cette peine. Une plus grande vous attend. Elle vous aidera à expier toutes les souffrances que vous avez infligées.

Elle lui tira une balle dans le sexe puis une autre dans le ventre. Pendant qu’il se tordait de douleur à terre, Kayla entendit un bruit de course venant de la salle d’attente. La porte du cabinet s’ouvrit à la volée. Le borgne se tenait là, pistolet à la main, grimaçant de haine démente. Il prit une balle dans son œil valide, car Kayla avait beaucoup travaillé le tir instinctif au stand. Elle ne doubla pas au sexe, car il mourut immédiatement.

Elle attendit tranquillement 22 heures en riant, pendant que le docteur agonisait. Le vilain petit canard s’était métamorphosé en cygne. Ne dit-on pas qu’ils ont un tempérament agressif ?

Hors ligne Aléa

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Re : L'étranger en elle (pour lecteurs avertis)
« Réponse #1 le: 26 mai 2013 à 19:46:31 »
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Au fait
En fait(/en réalité) ici
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nom d’un tubard
???
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Ça passait plus.
Moui, tu veux donner un ton familier au narrateur, mais en meme temps elle fait des 'analyses' des intentions des industris pharmaceutiques.... *ne passait plus
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Absurde, décida-t-elle, libérée de cette croyance enfantine – enfantine car on la lui avait inculquée depuis son plus jeune âge.
Sa maniere de decision me parait tres tres hachée et instable, ou au moins trop soudaine pour etre disons plausible, enfin je sais pas quelque chose me derange
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Ce jeune Noir
Pourquoi preciser a chaque fois? tu l'as deja dis (et majuscule en plus)
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désorienté par l’apostrophe ou bien par sa blessure :
desorienté? piqué au vif non? apostrophe alors que deux phrases avant tu parles de 'trip' il faut choisir un registre
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Je parie que c’est une racaille. Pas vrai ?

— Le secret médical m’interdit de vous répondre.
quel rapport avec le secret medical?  :o
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Ça va mieux, on dirait, remarqua le docteur. La thérapie sexuelle, il n’y a que ça de sain et naturel, pas vrai ?
Ton docteur manque cruellement de charisme, depuis le debut je sais pas comment le voir, tes descriptions sont insufisantes pour se faire une idée, bref ca me parait tres platique ou modelable comme perso, tu peux lui faire faire et dire tout ce que tu veux, le probleme c'est que tu te soucies pas du lecteur et du coup ca perd enormement en réalisme et rien que dans mon imagination
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J’ai pas fini, mon gros loup cruciphile.
:o pas credible
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Je l’appelle ? Je le connais bien, il est juste dehors, embusqué.
Alors la fin, gros n'importe quoi, elle le force a appeler le blanc qui est embusqué à l'entrée et c'est le 'psychopathe' borgne qui rentre du coup (pourquoi?) qui était celui de la salle d'attente comme par hasard le gars qui l'a aussi violée, il  a donc perdu son oeil avec un timing impressionant, bref j'ai rien pigé

 :o Juste voilà, j'ai pas tout suivit, ca me parait pas tres maitrisé tout ça, l'histoire est bancale, autant ca commence avec de longues descriptions et mises en places, avec meme un peu trop de repetition sur la religion et Kayla, autant le dialogue avec le docteur est hyper rapide, elle aurait pu sortir le flingue pour se faire depister?, ca me parait plat, on sait pas sur quel pied danser dans ces dialogues, enfin ca manque de réalisme la facon dont ils echangent, surtout dans une histoire qui se veut baser sur des histoires humaines (ce qui est pas mon truc, t'as pas de chance c'est encore moi lol). Et meme les rebondissements me paraissent tres sortit de nulle part, enfin personellement j'ai pas trouvé ca palpitant. Bon desolé je suis un peu dur mais j'ai l'impression que tu t'es un peu trop éparpillé/emmelé sur ce texte, contrairement à l'autre que j'avais lu qui était plutot bien structuré, la ca me parait fouillit. Et sur l'Afrique je connais pas bien alors je peux pas dire si le cadre est bien retranssmit, ca peut jouer legerement sur le ton du dialogue docteur? narrateur aussi m'enfin...

Je me demande ce que ca donnerait si tu faisais un texte totalement dans un monde imaginaire tiens, vu que t'as un sens pour les histoires humaines ca pourrait donner quelque chose de sympa, me demande pas pourquoi je te verrait bien en fantaisy x) [flood/off]

Au plaisir!
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

Hors ligne J A Buendia

  • Plumelette
  • Messages: 17
Re : L'étranger en elle (pour lecteurs avertis)
« Réponse #2 le: 26 mai 2013 à 20:39:06 »
Bonjour Lordius,
Et bien moi j'ai beaucoup aimé!
On a envie d'aller jusqu'au bout, et ça déjà, ce n'est pas toujours gagné dans les nouvelles et textes courts! Donc première mission réussie: le public (enfin, moi...) est captivé.

Je ne suis pas d'accord avec toutes les remarques de Ben.G, mais il a raison sur quelques points.
Juste une remarque: le secret médical permet au médecin de se retrancher derrière, même pour une question non médicale. Même si on parle plutôt de secret professionnel dans ce cas là...

Je pense que tu dois garder les répétitions quant à la couleur noire du voyou. On a bien compris que ton personnage est métis. Sachant qu'en Afrique la couleur est super importante, et que plus c'est clair, mieux c'est, la répétition en rajoute sur le mépris.
Mais d'accord sur la majuscule inutile.

J'aime beaucoup le côté haineux de l'ancienne gentille. Tu as bien rendu le passage de l'un à l'autre. Du coup, on se demande vraiment ce qui a pu lui arriver pour provoquer un tel changement... Même si on s'en doute un peu dès qu'elle entre dans le cabinet médical.

C'est vrai que le personnage du toubib manque un peu de relief. J'ai vraiment pensé à un gars gentil au début, et quand ton personnage évoque la première fois son regard lubrique, ça tombe un peu à l'eau. Elle est folle ou bien? Il est vraiment lubrique? Bref, on tangue un peu, mais pas au sens littéraire du terme. Il faut peut-être le rendre un peu plus ambigu dès le début, ou alors garder son côté salop pour un véritable effet de surprise, genre quand il enfile le condom..

Petite note médicale: la déchirure en train de cicatriser alors qu'elle est soit-disant à 11 ou 12 semaines de grossesse donc 11 à 12 semaines après son traumatisme... Pas crédible.

Dernière note négative: le dialogue sur le viol et la moralité du toubib est trop long. C'est le seul moment ou la lecture s'essouffle un peu. Et on ne sent pas assez la détermination vengeresse de la jeune femme. Et je verrais bien un peu plus de jouissance contenue de la part du toubib, mais cela n'engage que moi.

Mais en dehors de ces petites remarques, j'ai vraiment aimé!
J'ai hâte d'en lire plus!
Merci en tout cas pour ce texte!

Hors ligne Loïc

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 8 754
  • Prout
Re : L'étranger en elle (pour lecteurs avertis)
« Réponse #3 le: 26 mai 2013 à 22:07:46 »
Citer
Tant mieux, ça lui donnerait le temps de reprendre ses esprits et de préparer son discours.

Je trouve ce genre de formulation un peu lourde.

Citer
accaparait leur ego

Leur attention? C'est un peu le principe de l'ego d'être tourné vers soi.

Citer
elle prit un magazine au hasard sur la table basse pour se donner une contenance

"pour se donner une contenance" est en trop je trouve.

Citer
Une métisse comme elle, mais plus vieille, la trentaine, et sacrément mal en point. La tuberculose était en recrudescence dans le pays, car les antibiotiques ne faisaient plus trop effet s’il fallait en croire les magazines dont elle tenait un exemplaire entre les mains.

Phrase un peu longue

Citer
Kyala ressentit brusquement l’envie de l’étrangler, pour obtenir enfin le silence et pouvoir se concentrer sur ses propres problèmes, nom d’un tubard !

Lourd. La première virgule notamment qui coupe un peu trop.

Citer
Elle entra dans le cabinet médical, la tête haute, fière de son assurance nouvelle qu’elle avait cependant si cher payée.
Le cependant est en trop

Citer
L’affrontement ne l’avait pas affectée, car de plus grandes souffrances la travaillaient.

Ca fait inutilement grandiloquent

Citer
— C’est la nature humaine. L’homme est un loup pour la femme. Mais je ne vous ai pas violée.

Ca sans rien derrière, on est en plein dans la rape culture...

Je sais pas trop quoi penser. Pas mal de lourdeur dans la description du début. Puis le message sur la vengeance, sans distanciation... un peu bof.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne Lordius

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    • Le journal de Lordius
Re : L'étranger en elle (pour lecteurs avertis)
« Réponse #4 le: 27 mai 2013 à 10:37:09 »
Merci pour vos commentaires.

Je note pas mal de points pertinents dans vos remarques.

Je vais retoucher la personnalité du docteur, notamment. Peut-être le rendre plus inquiétant dès le début, comme le suggère J A Buendia.

 


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