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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » H. ; tragédie pénale.

Auteur Sujet: H. ; tragédie pénale.  (Lu 1235 fois)

Hors ligne EloiR

  • Aède
  • Messages: 198
H. ; tragédie pénale.
« le: 07 mai 2013 à 19:45:50 »
J'écris moins, ou plus doucement...alors il y a moins d'images certes oui, mais je laisse l'objet s'essayer plus longtemps. Ce n'est pas très beau, ce n'est même pas beau parce que ce n'est même pas fini, c'est encore trop construit (ou pas assez déconstruit), trop simple, je ne me perds pas encore dans ce texte alors sûrement, je n'y suis pas totalement, mais ça me plait moi, ça bouge encore un peu, pas tout à fait assez, mais ça vient, ça doit venir. Ce sera peut-être très long, je ne sais pas, ou peut-être ne manque-t-il que quelques mots, mais il manque et c'est pour ça que je vous le montre, pour ne pas, je crois, aller là où je ne voudrais pas. Je tiens à ce texte, enfin oui il me plait assez, il y a quelque chose que je n'aurais pas écrit hors de lui, et ça me le rend attachant...il a aussi sa part de négligence, sa part de mauvais rythme, de faux-parlé, de mal-dit, d'attendu même...il me résiste oui et je ne sais pas encore s'il tient le dernier mot - je veux dire le bon - alors je le montre, je le sors, et vous aurez pourquoi pas la main moins hésitante pour le bousculer un peu. C'est du moins ce que j'espère.

"H. ; tragédie pénale.

Je vais être de cette espèce du dedans le langage, une portion du parlé-vrai.

Toi je te laisse
au conditionnel
à son pouls chétif,
remuer encore dans ton dire-au-concret les maladies de ton âme.
Agiter humide ta conjugaison, tous tes adjectifs aux cheveux très bien coiffés et très bien mouillés. Les presque-chants étouffés je te les laisse à ton temps de miroir. J'ai ce chant tout à fait imparfait, cette brûlure d'avoir trop parfois su dire adieu - je ne dis pas l'adieu Instant, pas ce geste très précis, mais celui qui se prononce au même temps que toujours. -
Je vais être de cette espèce, et c'est pourquoi j'utilise moi le futur plutôt que toi ton conditionnel en costume trois pièces.

"Toi je te laisse."
(Je ne parle pas de ton sembler ni de ton faire, je hais bien trop ces manières de se connaître par dessus les choses vraies. Je me situe moi bien en dessous ; là où s'amassent les choses indicibles, te parle de ton Toi dans Moi.)

Toi hors de Moi ce n'est déjà plus de ma législation.

Alors je te laisse toi à l'échos, à ta tragédie pénale. Et désormais j'ose ne plus en être de tes grands morceaux juridiques ; lambeaux en papier-bible et je fuis moi à ma Tchétchénie pour y couler de peur - c'est ainsi que je t'appelle peur ; ma plaie majuscule, H.

Toi je te laisse
aux minuscules
à leurs mots précaires,
la langue pleine de sommeil -même pas de Mort - de nuits et de fièvres, "car c'est la nuit forcément, et la fièvre."
De tout ce qu'écrivain revendique au-delà de ses ongles, l'Éternité chantée, tout le charnier de son âme, de tout cela tu ne sais qu'être un reflet. De tout ce que poète contient de crépuscules sous les yeux, tu ne sais en creuser que la cerne.

Je te laisse
à ta rime défaite, froissée, incendiée là dans Moi :
je vais être un volcan, écrire en brûlures et peintures, en soleils et en sangs. Je vais être moi aux Balkans, y tourmenter tes yeux bleus.

Mon chant a - "tient c'est étrange" - lui aussi les yeux tout à fait bleus. Je m'en suis défait pourtant de tes linceuls célestes ; loques d'Éternité. Mais il m'arrive encore parfois cette atroce coutume qu'emploie les affamés, de n'avoir de toi que la portion congrue et très attendue. Alors ma voix se mue en presque ta manière ; H. Il me faut un juge pour m'en défaire.
Je vais chanter moi d'un autre langage. Et c'est pourquoi le tien je le porte à ce titre : suicidé."
"Je crois que les efforts humains peuvent faire naître une œuvre."
Peter Zumthor

Hors ligne Baptiste

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Re : H. ; tragédie pénale.
« Réponse #1 le: 10 mai 2013 à 00:59:16 »
Salut

Citer
Ce n'est pas très beau, ce n'est même pas beau parce que ce n'est même pas fini, c'est encore trop construit (ou pas assez déconstruit), trop simple, je ne me perds pas encore dans ce texte alors sûrement, je n'y suis pas totalement, mais ça me plait moi, ça bouge encore un peu, pas tout à fait assez, mais ça vient, ça doit venir. Ce sera peut-être très long, je ne sais pas, ou peut-être ne manque-t-il que quelques mots, mais il manque et c'est pour ça que je vous le montre, pour ne pas, je crois, aller là où je ne voudrais pas.
ça donne vachement envie de te lire :)

Bon, je crois que j'ai aimé.
Pas tout. Par exemple
Citer
(Je ne parle pas de ton sembler ni de ton faire, je hais bien trop ces manières de se connaître par dessus les choses vraies. Je me situe moi bien en dessous ; là où s'amassent les choses indicibles, te parle de ton Toi dans Moi.)
Ahhh, mais qu'est ce que ça viens foutre là

et
Citer
"car c'est la nuit forcément, et la fièvre."
En fait, je crois que les entre parenthèse et entre guillemet, ça m'a pas plu

Pour le reste, peut être trop de rimes internes, un rythme pas évident
Mais c'est quand même drôlement intéressant
Bon c'est pas un commentaire très constructif, mais bon, c'est plus l'heure

Merci pour ce texte, au plaisir

Hors ligne EloiR

  • Aède
  • Messages: 198
Re : H. ; tragédie pénale.
« Réponse #2 le: 11 mai 2013 à 21:20:48 »
Bonsoir !
merci pour ton commentaire, d'abord. Je sais que je me tourne souvent davantage vers mon JE que vers le lecteur, alors je ne suis pas agréable parce que très sûr de moi et très égocentrique - je le parais je pense, ce qui, je crois, est pire encore - Je (tiens encore lui) ne suis pas beau à lire, ni même à comprendre parce que je ne dis pas, enfin je ne veux pas dire, seulement chanter un peu, me mesurer à ce "H.-refrain" qui pour moi dit déjà tout. Voilà c'est un objet je l'ai dit qui s'essaie, un orgueil, sûrement, qui s'essaie également. Oui je le prends très à cœur, très en dedans de moi parce que je veux être sincère avant d'être fier - cela viendra, oui, ensuite -

Je crois que le passage entre parenthèse est très faux, tu as raison. Il faudrait dire d'abord que je ne parle pas avant, j'exprime sans doute, mais je ne veux pas "parler", alors mon "je ne parle pas" n'est pas intéressant et je vais le changer. La présence des parenthèses, elle, s'explique sans doute par le manque d'assurance, qui là encore est très dissonant avec le ton que j'aime. Le fond lui m'intéresse encore...je n'en ai pas fait ce qu'il faut, certes oui, mais il y a à faire. Un autre rythme peut-être, plus brisé ? J'essaierai.

 Le passage entre guillemets s'explique lui plus simplement : je cite un autre de mes textes parce qu'il est très joli dans un autre timbre de voix, celui-ci. C'est quelque chose que j'aime, par égoïsme : me donner certaines clés de lecture. Et puis le rythme ici est bien conservé je crois, la couleur aussi...

Les rimes internes, je ne m'étais sans doute pas suffisamment posé la question. Il faut changer certaine chose effectivement, très laide (" Alors ma voix se mue en presque ta manière ; H. Il me faut un juge pour m'en défaire. " par exemple parce que cela donne faux, le rythme est très artificiel alors le fond le devient). Le rythme en général n'est pas encore assez brisé, il deviendra je l'espère moins évident encore, mais plus intuitif. Il faut que je me perde dedans.
Ton commentaire m'a confirmé certaines de mes impressions, apporté un regard objectif, alors il est utile, merci beaucoup.
"Je crois que les efforts humains peuvent faire naître une œuvre."
Peter Zumthor

 


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