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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Une histoire comme une autre

Auteur Sujet: Une histoire comme une autre  (Lu 1203 fois)

Hors ligne Insoupçonné

  • Tabellion
  • Messages: 59
Une histoire comme une autre
« le: 23 Avril 2013 à 23:50:52 »
Chapitre I : Une vie banale

« Vous pouvez rentrer chez vous, et reposez-vous bien, le contrôle de demain sera particulièrement complexe. » Les élèves se dépêchent de ranger leurs affaires et de quitter la salle de classe. Le professeur se détend et laisse échapper un soupir. Il efface le tableau, fait quelques étirements et range à son tour son matériel dans sa serviette. « Qu’est-ce que je m’ennuie. C’est pas que je n’aime pas mon métier, les élèves ou quoi qu’est-ce. C’est juste que, je pourrai aussi bien ne pas être moi, il n’y aurait aucune différence, ma vie est tout ce qu’il y a de plus normal. » Le professeur passe saluer ses collègues avant de rentrer chez lui. Dans les transports au commun, il contemple les expressions du visage des autres passagers. « Tous déprimés, fatigués de leur journée et démotivés. J’imagine que je dois avoir la même tête et qu’ils doivent faire exactement la même réflexion. Comme on dit, c’est la vie. » Le professeur réfléchit, il hésite, va-t-il encore vivre cette routine ce soir ? Est-ce qu’il le désire réellement ? Est-ce qu’il désire quelque chose réellement ? Il imagine d’autres possibilités, toutes farfelues. Faute de mieux, il suit ses habitudes.

Les jours deviennent des semaines et les semaines des mois. À la fin de sa première année d’enseignement, le professeur ne s’épanouit pas. Il a découvert de nouvelles personnes, un nouvel environnement, mais il lui manque toujours quelque chose. Il voyage pour essayer de changer son quotidien. Cependant, cette fuite éphémère ne le trompe d’aucune manière. Il sait que ce n’est pas ça qui le rendra heureux. Le problème, c’est que même s’il sait qu’il y a certaines choses qui ne lui permettront pas d’accéder au bonheur, il ne connait pas celles qui au contraire le lui permettront. Peut-être après tout que ce ne sont pas des choses, ça pourrait être des gens, l’amour, l’amitié, la confiance, le respect ou encore lui-même. Néanmoins, il a des amis en qui il a confiance, une femme dans sa vie avec laquelle il se mariera sûrement bientôt et il n’est pas peu fier d’être arrivé là où il est arrivé alors qu’il n’est parti de rien. Sauf qu’il lui manque toujours quelque chose.


__

Ouai, j'ai oublié de dire, si vous voulez commenter et que c'est négatif, lâchez-vous. C'est embêtant quand c'est enrobé dans des termes qui atténuent le sens des mots car je percevrais moins bien votre critique.

Merci pour la lecture ^^
« Modifié: 24 Avril 2013 à 22:31:02 par Insoupçonné »

Hors ligne andrewalyacoub

  • Scribe
  • Messages: 68
Re : Une histoire comme une autre
« Réponse #1 le: 24 Avril 2013 à 10:00:30 »
moi j'ai aimé ton texte mais parfois  y'a des passages inutile et puis je pense que tout le monde veut savoir ce qu'il lui manque donc on serait ravis que vous nous le faites savoir ( c'est à dire que votre texte est quand même assez accrocheur.)

Jon Ho

  • Invité
Re : Une histoire comme une autre
« Réponse #2 le: 24 Avril 2013 à 10:22:07 »
Hello

J'ai trouvé ça assez banal. Bon d'un côté tu l'avais annoncé avec le titre du chapitre.
Le challenge serait de nous donner envie de lire la suite. Que cette apparente banalité soit décrite de façon à susciter chez nous un intérêt, une curiosité pour la lecture de la suite.
Je pense que là il ne se passe pas assez de choses pour que cette envie soit là.

J'attends la suite.

Au plaisir.

Hors ligne Snow

  • Calligraphe
  • Messages: 135
  • Ni Dieu Ni Maitre.
Re : Une histoire comme une autre
« Réponse #3 le: 24 Avril 2013 à 10:22:13 »
Bonjour,
on dirait une autobiographie. Du coup sur la seconde partie du texte ça donne une impression de documentaire genre "50 minutes inside".  Ca me laisse perplexe. C'est écrit proprement, bien aéré, on comprend tout, on sait ce dont tu veux parler, mais comme déjà évoqué je dirais que j'ai l'impression d'avoir un espèce de reportage journalistique raconté à la première personne.

Alors, est-ce du au fait que ton texte s'arrête après une sorte d'introspection sur le métier, ou autre chose,  je ne le sais pas.

Snow.
Ni Dieu Ni Maitre.

Hors ligne Insoupçonné

  • Tabellion
  • Messages: 59
Re : Une histoire comme une autre
« Réponse #4 le: 24 Avril 2013 à 19:15:55 »
J'aimerais savoir ce que tu entends d'une part par "passage inutile", puis quels sont-ils.

___

Je ne sais pas comment décrire la banalité en suscitant un intérêt, je trouve cela assez paradoxal. À la limite, sur les jeux d'écriture plutôt que sur l'histoire, mais je ne suis pas sûr que tu penses à cela. Si tu as des idées et que as le temps de m'en faire part, je t'en serais reconnaissant.

___

Peut être que c'est du aux phrases courtes qui commencent par "Il"  succédant à celle commençant par "Le professeur" qui font écho plus ou moins consciemment aux reportages animaliers ?


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Chapitre II : Un élément perturbateur

« La musique. Sans ça, je ne suis pas sûr que je puisse supporter les transports en commun. C’est hallucinant à quel point une mélodie sans aucune information à l’intérieur puisse autant changer mon état d’humeur. En plus, ça me fait sourire, et me rend moins tendu. Si tout le monde était comme ça, l’ambiance serait un peu moins morose. Et ce juste à cause de la musique. C’est intéressant. » Sans chercher à développer son idée, le prof descend de son wagon, arrivé à sa station. Il sort et marche dans la rue.

« La voiture s’est arrêtée à côté de moi, l’homme m’a dit ‘Tu montes ?’ et j’ai dit ‘Oui’. Je n’ai pas hésité. Je sais très bien pourquoi. Je m’ennuie. Je veux quelque chose de nouveau, qui sort de mon quotidien. » Le conducteur demande au professeur : « -  Quelle valeur accordes-tu à tes souvenirs ? ». Le professeur ne comprend pas. Le conducteur le voit à sa mine dubitative. Il s’explique plus clairement : «
- Est-ce que tu crois réellement être monté de ton plein gré dans cette voiture ?
- Je ne le crois pas, je le sais.
- Regarde cette vidéo. »
Le professeur n'arrive pas à l'admettre. Sur la vidéo, c’est lui, embarqué de force dans la voiture. Il réfléchit à toutes les possibilités. Il propose celle qu’il pense la plus probable au conducteur : «
- Il y avait un mannequin 3D dans la vidéo, vous avez fait les repérages rapidement sur des photos que vous avez prises de moi dans la rue, et vous avez mixé le tout pour faire ce que vous m’avez montré.
- Perdu, mais ingénieux. Mais perdu. Tu avais le droit qu’à un seul essai. Allez les mecs, faites-lui ce qu’on fait aux perdants. »
Le professeur ressent la peur au plus profond de son être, il regrette d’être monté dans la voiture, avec ces fous, et là, il va payer son choix et souffrir. Sa vie avait beau être monotone, elle lui offrait un minimum de sécurité. La liberté a un prix. Il voit l’un d’entre eux armer son poing. Il se replie et se protège. L'un des deux mecs arme son poing, le lance et l'arrête juste devant le visage du professeur. Les mecs rient avec le conducteur. « C’était une blague. Tout le monde passe par là. Et tu n’as pas à regretter ton choix. Juste retiens ça là où tu iras : à partir de maintenant, ne fais plus confiance à tes souvenirs, ou cette fois-ci tu pourrais le regretter pour de bon. »

Le professeur se réveille, sur un lit relativement dur. La chaleur ambiante de la pièce est parfaite. Il n’y a quasiment aucun bruit, mis à part quelques bribes de conversation. Le professeur se lève et se dirige vers la porte. Il l’ouvre et suit le couloir qu’il découvre en direction des bruits entendus plus tôt. Arrivé à quelques pas de la porte d’où provenaient les voix, un silence s’installe.  Le professeur ouvre la porte. Il reconnait un des hommes qui étaient avec le conducteur. L'homme lui lance : « Bonjour, asseyez-vous, taisez-vous et écoutez. » Le professeur, obéissant à ce que lui crie son instinct, obtempère sans attendre. « Nous allons vous présenter un appareil que vous avez déjà expérimenté, et que vous allez expérimenter dans quelques instants. Vous le connaissez très bien. Essayez de vous en souvenir. » Le professeur fait mine de se concentrer pour ne pas déplaire. Voyant le visage agacé de l’homme, il comprend que l’homme a compris qu’il simulait. Il se concentre sérieusement. Et là, il se souvient. Un appareil qui modifie les souvenirs. L’altérateur de mémoire. Le professeur essaie de se rappeler l’occasion où il a pris connaissance d'un tel objet mais ne trouve pas. Il pense que c’est un délire de son inconscient, qui a peur de l’homme et qui se souvient de ce qui s’est passé dans la voiture. Il exprime à haute voix sa pensée : « - Un tel outil ne peut exister. - Quel preuve vous faudrait-il ? » Le professeur réfléchit quelques secondes : « Une hallucination. Si vous pouvez manipuler mes souvenirs, faites-moi souvenir du fait que j’aurais vu un dragon. » Au moment où il termine sa phrase, le professeur voit un dragon, tombe par terre, et se relève. L’homme prend la parole : « Nous évitons au maximum ce genre d’hallucination. En cas de manifestations trop régulières d’incohérences avec le réel que vous connaissez, il se pourrait qu’il se produise en vous une dissociation de votre conscient et de votre inconscient jusqu’à produire deux personnalités différentes. » Le professeur ne met pas longtemps à comprendre. Trop d’hallucinations touchent sa santé mentale. Il évitera donc d’en redemander. « Au fait, ces dernières minutes sont le fruit de faux souvenirs. Nous vous avons manipulé. Si vous voulez, nous pouvons vous montrer une vidéo, mais elle ne vous prouvera rien, car il se pourrait à nouveau que nous ayons manipulé vos souvenirs. » Le professeur se demande aussitôt en son for intérieur comment il pourra vivre ici s’il ne peut faire confiance à ses souvenirs. « La réponse est simple, nous n’avons le pouvoir de modifier que vos manifestations conscientes de vos souvenirs. Votre inconscient, lui conserve les vrais, les originaux. La seule personne à laquelle vous pouvez faire confiance, c’est vous, plus précisément, c’est votre instinct, qui lui, ne sera pas altéré. De plus, il existe quelques restrictions à l’utilisation de cet… outil. Mais vous les découvrirez bien assez tôt. En attendant, je vous conseille d’aller vous reposer et de réfléchir à tout ça. »

Le professeur suit cette dernière indication mais une fois dans sa chambre, il se rend compte d’un problème majeur. Et si tout ce qui venait de se passer n’était que le fruit d’une altération de ses souvenirs ? Et si cette pensée aussi était prévue, dans le but de lui faire croire qu’elle était librement choisie ? Il conclut sur le fait qu’il n’a aucun moyen de le savoir. Que le « Cogito ergo sum » ne fonctionne qu’au présent et ne s’étend ni au passé ni au futur. Il est dans une impasse.
« Modifié: 28 Avril 2013 à 09:45:26 par Insoupçonné »

Hors ligne Baptiste

  • Palimpseste Astral
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Re : Une histoire comme une autre
« Réponse #5 le: 25 Avril 2013 à 10:05:48 »
Salut
Alors, moi j'ai trouvé la première partie beaucoup trop rapide, d'accord il a une vie banal mais tu peux quand même décrire ça, pour mieux nous la faire ressentir. J'ai eu plutôt l'impression de lire un vague résumé

Deuxième partie

Citer
« -  Quelle valeur accordes-tu à tes souvenirs ? ».
C'est marrant, je m'attendais à ce que tu nous refasse the Game, mais ça à plutôt l'air de devenir Total Recall  :)

C'est bizarre le "tu montes ?", je veux bien que le prof soit en manque d'action mais enfin, ça pourrais être plus subtil
Les explication sur l'alterateur de mémoire m'ont pas convaincu trop non plus.

Donc pour le moment, je sais pas trop quoi en penser, si ce n'est que tu peux retravailler certains passages pour rendre la narration plus "naturelle"( je pense pas que le mot soit bien choisi mais là, j'en est pas d'autres)
Mais je lirais la suite avec plaisir pour voir ce qu'il devient, ce pauv' prof

Au plaisir

Hors ligne Insoupçonné

  • Tabellion
  • Messages: 59
Re : Une histoire comme une autre
« Réponse #6 le: 28 Avril 2013 à 10:33:27 »
Yo, désolé de l'absence de réponse. J'me repose un peu au Maroc, et donc quand je suis dans un bled paumé, y'a pas forcément un accès Internet ^^

Donc, pour la vie banale, c'est marrant, généralement les autres me disaient le contraire, trop longue pour l'information qu'elle apporte. Si tu pouvais décrire plus précisément ton ressenti, ce serait sympa !

J'ai vu The Game, mais pas Total Recall. Je viens de lire le synopsis, j'aime bien l'histoire. Merci du partage.

Sinon, j'ai pas encore expliqué l'altérateur de mémoire, je compte le faire dans les prochains chapitres, je me demande donc ce que tu entends par "les explications" et par "m'ont pas trop convaincu" ^^'

Si tu as des exemples de passages que je pourrais retravailler, ce serait sympa car je vois pas trop à ce que tu penses

Bref merci de ton commentaire !



__________________


Chapitre III : Science et croyance

Le professeur se réveille dans le même lit que la veille. Son sommeil n'était dû qu'à une fatigue nerveuse. Sa réflexion ne l'avait emmené nul part. Il ne savait pas quoi faire. Sa seule ancre au réel, lorsqu'il se repassait tout le film de la veille, était le fait que l'inconscient n'était pas atteint par cette machine. Mais une conjonction de facteurs, notamment le fait qu'il n'ait que très peu entraîné son imagination ces derniers temps et qu'il soit dans un état de tension nerveuse extrême, l'empêche de raisonner à partir de ce faible indice. Le professeur cherche à se vider la tête et se lève dans l'optique de faire un peu d'exercice physique. Il aperçoit, sur une table en face de lui, un livre, qui n'y était pas la veille. Il s'approche et en lit le titre : "Compilation de réflexions liées l'altérateur de mémoire"

"Introduction :
Ce livre n'a ni pour but de vous présenter les caractéristiques techniques de l'altérateur de mémoire, ni celles de son fonctionnement physiologico-chimique, ni de vous informer s'il en a effectivement un. Il ne fait qu'entasser d'une part les diverses réflexions sur le réel et les souvenirs qu'ont provoqué l'introduction de l'altérateur de mémoire chez moi, et d'autre part les liens de causalité que j'ai pu remarquer suite à une utilisation de l'altérateur de mémoire.
Il faut que vous compreniez, que, maintenant que vos souvenirs peuvent être manipulés à votre insu, tout ce que vous imaginez, toute votre mémoire à court, moyen ou long terme peut être ou est affectée. Si vous voulez profiter pleinement de ce livre, il faut que vous me fassiez confiance, sinon, vous ne pourrez rien en tirer. Dans la suite, je considérerai que cette confiance m' a été accordée. Passer à la page suivante équivaut à sceller tacitement ce contrat entre vous et moi."

Le professeur tourne la page, mais ne peut en lire que "Chapitre I : Rien n'est réel" avant de devoir se tourner et commencer à écouter ceux qui ont débarqué dans la pièce. Il reconnait le conducteur et l'homme d'hier, cependant, la troisième personne lui est inconnue. C'est cette dernière qui prend la parole : "
- Salut, bien dormi ?
- Relativement.
- Qu'as-tu compris de ce que tu as lu ?
- C'est encore assez obscur étant donné que je n'ai pas encore lu la suite mais je dirais que l'auteur de ce livre désire que l'on ait foi en lui.
- À ton avis, pour quelle raison ?
- Je pense qu'il n'a pas confiance en ce qu'il écrit.
- Qu'est-ce qui te fait penser cela ?
- Un vague ressenti. Mais c'est ce qui se dégage de cette page quand je la lis.
- C'est intéressant. Cependant, le problème de l'auteur était plutôt lié au fait que les gens remettraient en question son contenu sans réfléchir. Pour se protéger ou se consoler. En fait, il a confiance en ce qu'il écrit, son doute repose du côté du lecteur.
- Ce n'est qu'une interprétation comme une autre.
- Non, la mienne ne repose pas sur un "vague ressenti" mais sur une démonstration que je pourrais vous présenter immédiatement si nous en avions le temps."
Le professeur était piqué dans son égo, car sa réaction signifiait que l'appréhension de l'auteur face au lecteur était justifiée. Ce n'était pas la confiance qui l'avait poussé à tourner la page, mais l'espoir de trouver une solution à son problème et l'inconnu le savait bien. Il se demandait comment il avait lu aussi clairement dans son esprit et dans celui de l'auteur.
"Je ne sais pas lire les pensées des autres, donc je n'ai pas lu dans ton esprit, c'est juste qu'à force d'observer les réactions des lecteurs, on peut en tirer un certain schème récurrent. De plus, je n'ai pas lu dans les pensées de l'auteur, je suis l'auteur. J'imagine que tu as beaucoup de questions, alors au lieu de me les balancer dans le désordre à l'arrache sans aucune logique, je te laisse 5 minutes pour les écrire sur une feuille."

___


Et là, j'ai plus trop de temps pour continuer donc je vous réserve la suite pour plus tard, merci de votre lecture et bonne journée !
« Modifié: 21 Juillet 2016 à 00:36:56 par Insoupçonné »

 


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