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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Partir, c'est mourir un peu

Auteur Sujet: Partir, c'est mourir un peu  (Lu 2138 fois)

Hors ligne Maalik

  • Tabellion
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    • Au Coeur du Sénégal ... Le Fouta
Partir, c'est mourir un peu
« le: 03 avril 2013 à 20:51:54 »
Partir, c’est mourir un peu

J’ai reçu l’appel du lointain, aussi religieux que ne l’est l’appel à la prière le jour saint du Vendredi.
Je me souviens la première fois, c’était comme toutes les premières fois si vous voyez ce que je veux dire, ce n’était pas qu’une partie de plaisir. Au moment du départ, il y avait beaucoup de larmes et seulement quelques rires, puis quasiment au même instant, la dualité des sentiments. Un mélange de mélancolie et d’euphorie quand se quittent les regards, cette nostalgie qui attend au tournant le jeune voyageur comme le vieux routard. C’était déjà l’heure des adieux et de l’ultime au revoir, le passé et le présent s’embrassent tendrement et se séparent. C’est dommage parce qu’on commençait à s’habituer à regarder la télé en famille au coin du feu le soir, pendant que là-bas, ailleurs comme on dit, on se racontait des histoires jusqu’à ce que la nuit nous dise « Allez-vous coucher, il est tard ! ». C’est toujours comme ça avec la routine du nomade, un jour elle vient, le lendemain elle repart et, finalement, elle n’existe pas, elle n’est qu’illusoire.

C’est déjà l’heure des adieux et de l’ultime au revoir,
Partir, c’est mourir un peu, mourir à petit feu,
Jusqu’à ce que les yeux se ferment et s’ouvrent sur un nouveau décor.

Me voici arrivé. Enfin je crois. Je pense avoir pris tous les moyens de transports possibles et imaginables. J’ai commencé par l’avion et j’ai terminé avec une charrette tirée par deux ânes. Entre les deux, j’ai du prendre une mobylette, un vélo, un bus et deux ou trois pousse-tac. Tout le long de la route, je regardais les cases rondes, en paille et en terre, qui apparaissaient au loin en me demandant bêtement qui pouvait encore vivre là-bas. Les enfants me scrutaient l’air surpris, eux aussi devaient se demander qui était assez fou pour venir les visiter jusqu’ici. Même les vaches et les chèvres qui traversaient la piste s’immobilisaient en plein milieu à ma seule vue, nous obligeant à klaxonner pour les faire déguerpir. Tout d’un coup, une voix me dit « c’est là ! ». Le chauffeur s’était arrêté dans un petit patelin, s’il le disait c’est que ça devait bien être là. J’en voyais la fin de ce voyage, enfin le début de la fin je veux dire. Il me restait quelques kilomètres de charrette, mais bon, j’acceptais. Et tout ça c’était pour trouver un endroit qui ne ressemblait pas à la Louisiane mais quand même on dirait que c’était bien le Sud. Un petit bout d’Afrique, un peu sec, presque désertique, juste entre les deux tropiques là où le soleil est toujours au Zénith. C’est au fin fond de ce foutu pays qu’un petit village avait conquis mon cœur. Il en existait des milliers, voire même des centaines de milliers sur le continent noir, mais il a fallu que mes pieds s’arrêtent là, (ou plutôt que ma charrette s’y arrête) au milieu de rien, dans ce misérable hameau où les vaches sont plus nombreuses que les hommes. Une école, un puits, une mosquée, des poules, des moutons, des enfants, des femmes dans leur grand boubou, des hommes occupés à jouer aux cartes à l'ombre d’un baobab ... bref, un village somme toute assez banal.
La vérité, je ne sais pas comment je suis arrivé là, la vie m’emmenait sur une route parsemée d’épines, mais comme me le répétait avec sagesse le vieux chef du village « si tu choisis la brousse, ne te plains pas des épines ». Il n’y avait rien à faire ici, mais il avait raison je l’avais choisi. J’avais décidé d’écrire une partie de ma vie dans ce village et dans ce pays qui m’attirait. Pardonnez-moi, mais ici j’oubliais qui j’étais, j’oubliais où je vivais, comme amnésique sur une terre qui n’était pas la mienne. Les couleurs, les odeurs, et les pagnes noués autour des hanches de l’Africaine me faisaient tourner la tête. Et puis il y avait les salamalecs, véritable institution, que l’on pouvait croiser à tout moment, surtout au  détour d’une ruelle. Bonjour était un verbe conjugué à tous les temps et surtout au pluriel. J’espère que mes parents ne m’en voudront pas mais c’est là-bas que j’ai appris à saluer celui que je connaissais comme celui que je ne connaissais pas. Enfin bref, tout ça pour dire que j’étais parti pour durer un petit moment.
Mais quand même je persiste et je signe, y’avait rien à faire ici. Heureusement que la parole, ça ne s’épuise jamais, parce que c’était notre seule occupation. Parler, c’est interminable, ça peut durer jusqu’à l’éternité sans que jamais on ne s’en lasse ni que personne ne nous dise « c’est la fin ». On a toujours quelque chose à se raconter, une petite anecdote, une blague, un débat politique, un match à commenter …
- « Fleuve de France et de Suisse … en cinq lettres ? ».
Ah oui j’oubliais de vous dire. Pendant que je vous écris ces quelques phrases, il y a Diop à côté de moi, mon fidèle ami et aussi l’infirmier du village. Allongé sur son lit au milieu de la cour, en fait un vieux lit d’hôpital sur roulette recyclé en canapé, il essaye de terminer sa grille de mots croisés.  En plus elle est dure celle-là, c’est le niveau 3. Ce sont les grilles que l’on trouve dans les journaux Sénégalais mais en fait ils doivent les racheter à des journaux français parce qu’il y a plein de lieux, de fleuves ou de personnalités françaises à deviner. C’est grâce aux mots croisés que les Sénégalais connaissent si bien la France ! Moi ça me fatigue parce que dès qu’il y a une définition en lien avec la France, c’est vers moi que Diop se tourne. Attendez-moi trente secondes, je lui réponds et je reviens à mon histoire.
- « Je sais pas, essaye le Rhône ». A force, j’avais remarqué que dans toutes les grilles de mots croisés il y a toujours le Rhône à placer quelque part.
Il arrive quand même que nos langues fatiguent au bout d’un moment, surtout avec cette chaleur qui nous étouffe. Mais on a toujours une solution de remplacement. On allume le vieux poste de radio dont l’antenne est reliée à un bout de fil de fer qui lui-même est scotché avec un sparadrap sur une branche en bois. Et étrangement, c’est aussi clair que de l’eau de roche. C’est RFI Afrique qui prend notre relais. On écoute attentivement l’actualité, les dernières nouvelles des coups d’état et des dictatures qui ébranlent le continent Africain, et les vieilles nouvelles des démocraties qui s’essoufflent en Occident. Ca c’est pour l’actualité internationale. Mais il y a aussi les actualités locales, très locales même, en fait localisées au village. C’est vrai ici on a pas de facteurs pour recevoir les nouvelles, juste quelques télés et radios qui fonctionnent à temps partiel. Alors pour être au courant, on envoi quelqu’un à la BBC nous ramener les dernières infos. Si un évènement se produit, tout le monde sera au courant dans les minutes qui suivent, même les villages alentours en seront informés. Parfois même les programmes sont retransmis en plusieurs langues et rediffusés les jours qui suivent. Presque mieux que la célèbre radio anglaise, la BBC. En fait, c’est une place dans le centre du village où les hommes se retrouvent et alimentent les ragots et les rumeurs, le repère des mauvaises langues en quelque sorte. Par exemple hier on a appris qu'un tel est sorti discrètement la nuit dernière pour rejoindre une telle, je ne citerais pas les noms pour une raison évidente. Avant-hier, le sujet c’était une demande en mariage qui s'est soldée par un refus des parents et le thème d’aujourd’hui c’est qu’une personne n'a pas fait ses prières le jour du vendredi. Bon c’est vrai qu’il vaut mieux avoir le décodeur pour démêler le vrai du faux.
- « Flan Breton en trois lettres ? ». Là, le Rhône ça ne rentrait pas.
- « Ca je sais, c’est le far ! ».
La grille était terminée. « - Bon, je passe au niveau 4, t’es prêt ? ».
Voilà, notre vie ici se résumait en une grille de mot croisé. On passait nos journées à prendre le thé et à discuter, de tout et de rien, à mettre des points sur les I et barres sur les T, puis quand la mosquée nous appelait on récitait avec ferveur les versets comme si l’on avait des choses à se faire pardonner. Il va maintenant falloir que je m’arrête d’écrire, je ne dis pas ça parce que j’ai déjà usé une dizaine de bics, vous savez au Sénégal un bic ne dure pas plus de dix phrases, c’est sûrement une sous marque, une contrefaçon, encore ces foutus chinois ... non je dis ça parce que demain je dois partir, j’ai tout un village à saluer, il est déjà temps de rentrer vers une autre contrée. Alors on va prier pour que les dernières heures durent l’éternité.

C’est déjà l’heure des adieux et de l’ultime au revoir,
Partir, c’est mourir un peu, mourir à petit feu,
Jusqu’à ce que les yeux se ferment et s’ouvrent sur un nouveau décor.

Me voici rentré. Enfin je crois. Je ne vais tout de même pas tout vous raconter, vous dire qui je suis ni d’où je viens mais je vais quand même tenter de vous expliquer comment toute cette histoire a commencé. Moi, je suis né sur un autre continent dans un pays un peu froid et aussi un peu blanc. C’est peut-être un accident de la route ou un incident de parcours si j’ai grandit en Occident, dans la douceur Angevine entre un cep de vigne et un vieux moulin en ruine où, dit-on, jadis, mon grand-père en aurait moulu le grain. Je ne suis pas plus grand ni plus petit qu’un autre, comme tout le monde je n’ai rien choisi ni rien décidé, mais j’avoue j’ai tout de même hésité un bon moment avant de sortir du ventre de maman. Lorsque j’ai senti que c’était bientôt l’heure d’entrer en piste, je ne me suis pas laissé faire, j’ai commencé à donner des coups de pieds, des coups de poings, en vain. J’entendais tout ce que l’on disait à l’extérieur, tous les ragots et les rumeurs. « Il sera footballeur » prédisaient les uns, « non, boxer ! » plaisantait les autres. Mais on m’avait rien dit à propos de mon destin de voyageur. Remarquez, qui l’aurait cru ? J’avais passé neuf mois immobile entre quatre parois, à gribouiller des bouts de poèmes, je prenais le ventre de ma mère pour cahier, remarque j’aurais pu inventer des grilles de mots croisés. Je me sentais bien, très bien même, un peu à l’étroit …
Puis je me suis lancé. Pour dire la vérité, on m’avait trompé avec une petite odeur de mafé et d’arachides grillés. Ca sentait bon et ça aurait attiré n’importe quel gamin même le plus malin. J’ai sorti la tête, ouvert les yeux, puis je suis tombé nez à nez avec un homme dont la peau avait la couleur des grains de café, un Malien, peut être bien un Sénégalais, j’appris par la suite que c’était le médecin. Moi je pensais avoir réservé un allé simple sur une terre ensoleillée mais quand j’ai vu tous les visages pâles qui m’entouraient j’ai regretté de pas avoir acheté le billet de retour. J’ai tout essayé pour rentrer dans mon nid douillet. J’ai d’abord pleuré et crié, mais la technique était classique, je n’étais pas le premier à la faire. Alors j’ai voulu tenter le tout pour le tout, m’évader, mais y’avait ce cordon qui me gênait, impossible j’étais coincé. J’ai finalement pris le parti de négocier en prétextant qu’il me restait un peu d’encre dans mon encrier et qu’il fallait que je retourne à mes gribouillages, en plus c’était vrai j’avais pas terminé la dernière page de mon cahier. Rien à faire, j’étais pris au piège comme un poisson dans les mailles du filet. Enfin, j’avais tout de même bien fait de pointer le bout de mon nez car je crois que l’on m’attendait, ce n’était pas l’enfer finalement. En tout cas ce n’était pas pire qu’ailleurs, et comme je ne connaissait pas encore l’ailleurs, je me résignais à mon sort. Puis je me disais qu’un jour le paradis allait bien finir par sourire et montrer ses couleurs.
En attendant, le paradis je me l’inventais. Il y avait un philosophe dont j’ai oublié le nom mais que j’aime bien qui disait que les voyages de nuit sont toujours les meilleurs. Alors moi, petit, dans mon lit je m’imaginais à dos d’oiseau planer au-dessus du Kilimandjaro, parfois sur les bosses d’un chameau dans la poussière du vieux Sahara, ou bien j’enfourchais un cheval et à l’aube je parcourais les immenses plaines de la Patagonie. Des fois en pleine aventure je me réveillais face à face avec les adultes et leur triste réalité, moi je prolongeais, je faisais semblant de me rendormir pour vite y repartir. Et je continuais encore et toujours à battre des ailes et à m’envoler de vies en pays, le monde se côtoyait, se tutoyait, on se regardait dans les yeux et on osait se serrer la main.
Je n’aime pas dénoncer mais là je me dois de le faire, si tout ça est arrivé c’est la faute aux parents. Je n’avais rien demandé quand les premières fois ils m’ont demandé de préparer mes valises en me disant simplement « allez demain on part ». Du rêve à la réalité, il n’y a parfois qu’un seul pied. De chez notre ami Béchir dans ce bled à flanc de colline sur les hauteurs de la Tunisie, on surplombait les montagnes et quand mes yeux se posaient sur le paysage à l’aube, que la plaine au loin m’éblouissait la vue et l’âme, j’apprenais à aimer la vie et ses charmes.
Je suis grand maintenant, des années plus tard avec ma sœur et les petites on se retrouve en famille à célébrer le bonheur. Ramasser les feuilles dans le jardin des parents, construire des châteaux de sable qu’il faudra refaire demain, jouer avec le vent, faire du toboggan, et vous savez, toutes ces choses qui servent de prétextes aux grands pour voir grandir les enfants, toucher l’instant et profiter du peu de temps. On est pas très loin de ce que devrait être l’Humanité. Et même si on pas le temps de tous se remercier, un jour nos cheveux blancs se souviendront de ces moments passés. On se retrouve aussi pour partager la douleur, ça me rappelle ce jour où grand-mère a décidé de partir au pays des merveilles nous laissant son sourire comme seul souvenir. Comme quoi on est tous appelé à voyager un jour ou l’autre, tout n’est qu’une question de temps.
Finalement, tout se ressemble, que l’on soit ici ou là-bas, ce n’est pas si éloignés, en famille on passe la journée à manger, à discuter et là encore à prendre le thé. Puis chacun rentre chez soi, sous son toit, dans son intimité. Et demain il est déjà temps de vous quitter, alors on va prier pour qu’à l’aube le soleil ne soit pas trop pressé de se lever.

Que ce soit dans le hall d’un aéroport ou dans un village perdu au fin fond de l’Afrique noire, au moment du départ on se sent solitaire comme un voyageur qui à l’arrivée perd toutes ses affaires. On a le cœur qui se serre et dans la bouche ce petit goût amer, le même goût que lorsque l’on boit la tasse dans l’eau de la mer. On se dit qu’avant de partir on aurait du dire ces paroles que jamais l’on ose : je t’aime, tu me manques, et bien d’autres choses. Je suis seul maintenant, j’attends mon avion et j’ai encore quelques minutes devant moi avant de prendre mon envol, dans un court moment j’aurais sûrement un mot croisé à continuer, je vous embrasse tous et met un point final à ce texte.
- « Les passagers à destination de …. ».

Partir c’est mourir un peu, mourir à petit feu. Mais partir, c’est aussi revenir, et renaître un peu, avec des photos pleins les yeux, des souvenirs, des sourires et des rires.
Partir c’est aussi revenir, et grandir un peu.

Par Maalik
" Ecrire, c'est le Coeur qui éclate en silence "

Hors ligne Maalik

  • Tabellion
  • Messages: 23
    • Au Coeur du Sénégal ... Le Fouta
Re : Partir, c'est mourir un peu
« Réponse #1 le: 03 avril 2013 à 21:06:50 »
Oups ... désolé, j'ai corrigé le tir.

Edit de Milora : Merci pour l'index ! :)
« Modifié: 03 avril 2013 à 21:08:50 par Milora »
" Ecrire, c'est le Coeur qui éclate en silence "

Hors ligne LeBossu

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 306
Re : Partir, c'est mourir un peu
« Réponse #2 le: 04 avril 2013 à 10:09:54 »
Yosh !
Désolé, je suis pas trop d'humeur à commenter en ce moment, alors voici juste deux-trois notes que je me suis faites en lisant :

Les rimes en « - oir / - ar » sont un peu maladroites au début du texte.
J'aime moyennement les apostrophes au lecteur.
Sinon, j'aime l'ambiance, les personnages et leurs dialogues laconiques, un joli texte, j'aurais suivi un texte plus long avec plaisir.
Et alors ?

Hors ligne Maalik

  • Tabellion
  • Messages: 23
    • Au Coeur du Sénégal ... Le Fouta
Re : Partir, c'est mourir un peu
« Réponse #3 le: 05 avril 2013 à 16:59:16 »
Merci à toi, finalement tu l'as quand même commenté ce texte !

En fait, j'ai d'autres textes dans le même genre avec la même ambiance puisque j'ai en projet de publier un recueil de textes sur mon expérience au Sénégal, donc je pense que tu auras l'occasion d'en lire d'autre.

Votre humble Serviteur, mes Sincères Salutations.

Maalik
" Ecrire, c'est le Coeur qui éclate en silence "

Hors ligne jfmah

  • Calligraphe
  • Messages: 101
Re : Partir, c'est mourir un peu
« Réponse #4 le: 06 avril 2013 à 17:01:28 »
très sympas, agréable à lire, en effet.
je me demande juste s'il y aurait moyen de marquer des temps, pour qu'on puisse respirer, se repérer dans le texte. Je ne sais pas trop. En même temps, je comprends bien que le débit colle au contenu. Je suis peut-être juste un peu fatigué :)
L'écriture se destine comme d'elle-même
à l'anamnèse (J. Derrida)

Hors ligne Maalik

  • Tabellion
  • Messages: 23
    • Au Coeur du Sénégal ... Le Fouta
Re : Partir, c'est mourir un peu
« Réponse #5 le: 07 avril 2013 à 16:55:46 »
Jfmah (euh ... ca veut dire quoi ???)

Je n'ai pas bien compris ton commentaire, je ne suis pas un grand technicien de l'écriture donc si tu pouvais m'expliquer un peu plus le concept de "marquer des temps pour qu'on puisse respirer et se repérer dans le texte" ?

Merci à toi,

Mes Sincères Salutations,

Maalik.
" Ecrire, c'est le Coeur qui éclate en silence "

Hors ligne jfmah

  • Calligraphe
  • Messages: 101
Re : Partir, c'est mourir un peu
« Réponse #6 le: 08 avril 2013 à 02:25:07 »
C'est juste une idée comme ça, mais j'essaierais de mieux faire ressortir des temps et/ou des lieux dans lesquels tes pensées se forment, de développement, etc. Il y a quelque chose (pour moi!) d'un peu trop flou dans le "Me voici arrivé" "je suis revenu" "maintenant je suis grand" qui (me) donne l'impression de suivre un fil réflexif plus qu'un histoire, en même temps que ce fil réflexif n'est pas non plus un argumentaire organisé comme tel, donc ce n'est pas la structure non plus. Tu vois un peu?
Essai peut-être de donner un peu de "concret", d'être "ici" avant de partir, de revenir de tel place, d'avoir été clairement jeune avant d'etre plus vieux... il me semble que je naviguerais mieux dans les idées :)
L'écriture se destine comme d'elle-même
à l'anamnèse (J. Derrida)

Hors ligne Maiju

  • Tabellion
  • Messages: 52
Re : Partir, c'est mourir un peu
« Réponse #7 le: 08 avril 2013 à 18:46:49 »
Dur de parler de voyages... Je n'y suis jamais arrivée... Là, c'est ultra réussi. J'aime beaucoup beaucoup. Notamment ce qui concerne la parole, les mots croisés, l'antenne qui tient avec tout un tas de machin.
J'aime l'ambiance, de la première partie. Je serai presque avec le personnage, loin... Et décrire sa pré-natalité (comment on dit ^^ ? ) dans le ventre de sa mère, wow, joli passage.
Un bémol qui ne tient qu'à moi, je n'aime pas qu'on s'adresse à moi. Pas du tout même, mais d'autres aiment. Là, je trouve pour le coup que c'est un peu too much. Et puis le personnage se justifie sans cesse, je trouve ça assez lassant.
J'ai mieux aimé la première partie, j'ai compris qu'il revenait "au pays", donc la deuxième ne m'a pas apporté d'informations supplémentaires, je la trouve jolie quoiqu'un peu tire-larmes.
Les rimes au début sont pour moi un peu maladroites et tes vers manquent un peu d'originalité.. Sinon, j'ai beaucoup aimé, même que j'ai ri. (Suis-je la seule à ne jamais rire devant une fiction ^^ ?)
Non vraiment, j'ai beaucoup aimé. J'ai essayé de détailler, seulement pour la première partie, et reviendrais pour la deuxième si j'ai le temps.
J'ai peut être été un peu dure, alors je le répète, j'ai apprécié, mais ai trouvé la première partie trop courte.

Citer
Je me souviens la première fois, c’était comme toutes les premières fois si vous voyez ce que je veux dire
J'aime bien cette phrase mais pas le « si vous voyez ce que je veux dire », pour moi si tu dis « comme toutes les premières fois », ça fait déjà appel à celles du lecteurs/destinataire pas besoin de rajouter « si vous vouyez ce que je veux dire », qui alourdit le propos ce que je trouve dommage.

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Il y avait beaucoup de larmes et seulement quelques rires, puis quasiment au même instant, la dualité des sentiments.
Je trouve que « quasiment au même moment pour le coup, c'est vraiment pesant et ça casse le rythme, si il y a dualité des sentiments, c'est le même moment non ? En tout cas, c'est ce que je vois.

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ailleurs comme on dit
J'aime bien le passage avant et beaucoup cette petite pointe de réflexion sur le qens de ce mot

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Enfin je crois.
Je ne comprends pas l’utilité, enfin pas comme ça pas dans une phrase à lui seul.
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Je pense
Je trouve qu'avec le je « je crois » avant on dirait qu'il n'est pas sûr d'avoir pris tout ces transports, sauf que c'est d'avoir pris TOUT les transports dont il doute. C'est compréhensible hein, mais je trouve que le « je crois » précédent teinte ce « je pense ». Oui, je titille.
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J’ai commencé par l’avion et j’ai terminé avec une charrette tirée par deux ânes.
Pourquoi ne pas laisser le lecteur/la lectrice imaginer quels sont ces transports ? Ne les énumère pas ensuite, je trouve ça dommage, d'autant que avion ➙ charette c'est porteur de sens.

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Tout le long de la route [...] les faire déguerpir.
Chouette passage ! J'aime bien cette arrivée en demi teinte, j'aime l'étonnement de partout.

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s’il le disait c’est que ça devait bien être là.
Réflexion logique mais inutile pour moi.

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le début de la fin je veux dire.
J'aime pas ce « je veux dire » mais bon... Pour moi il manquerait une virgule après « fin »

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mais bon, j’acceptais.
Le « mais bon », pourquoi ? Et c'est « j’acceptai »

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avait conquis mon cœur.
J'aime beaucoup ce paragraphe, mais je trouve cette expression un peu convenue par rapport au reste...

 
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La vérité
Mais qu'est ce que ça fait là ?  Je ne comprends pas le lien avec le reste de la phrase . Si c'est « en vérité », je n'aime pas, on a bien compris qu'il hésitait, qu'il savait pas tout...

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  Il n’y avait rien à faire ici, mais il avait raison je l’avais choisi.
Trop explicatif, je trouve pas ça utile. Ça fait comme culpabiliser le personnage. Montre, par un détour qu'il n'y a rien à faire, le dire direct et dommage, je trouve que ça ne fait pas ressentir l'ennui.

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Pardonnez-moi
Pourquoi ? Il a fauté ? Non, sérieusement, je ne ne vois pas pourquoi pardonner, selon moi, le personnage n'a pas besoin de se justifier.

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il y avait les salamalecs, véritable institution, que l’on pouvait croiser
J'aurais accordé avec « salamalecs »

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  J’espère que mes parents ne m’en voudront pas
Encore une justification qui me titille.

Citer
  Enfin bref, tout ça pour dire que
Je trouve que ça balaie tout ce que tu viens de développer et qui est plutôt intéressant, c'est dommage. Du coup ça fait un peu « bon assez perdu de temps, je sais que c'était chiant, passons »

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Mais quand même je persiste et je signe, y’avait rien à faire ici.


Citer
Heureusement [...]  un match à commenter …
J'aime beaucoup ce passage, je trouve bien décrit l'importance de l'oralité et aussi son côté presque pesant. Je ressens le besoin de silence, j'aime.

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Ah oui j’oubliais de vous dire. Pendant que je vous écris ces quelques phrases
J'aime pas. Vachement constructif, je sais. Sérieusement, non vraiment j'accroche pas au fait qu'on parle au lecteur, encore plus pour lui rappeler qu'il y a un auteur et un narrateur. Ça casse un truc. Ça n'engage que moi pour le coup.

Citer
C’est grâce aux mots croisés que les Sénégalais connaissent si bien la France !
LE paragraphe est assez chouette, assez drôle. (même que j'ai ri en lisant, ce qui m'arrive extrêmement rarement.) Une manière très subtile de dire que tout ça se situe au Sénégal. (Même si j'ai vite compris ^^)

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je reviens à mon histoire.
Décidément... ^^

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On allume le vieux poste de radio dont l’antenne est reliée à un bout de fil de fer qui lui-même est scotché avec un sparadrap sur une branche en bois. Et étrangement, c’est aussi clair que de l’eau de roche.
Je ne sais pas si c'est censé être drôle, mais ça l'est. Juste « clair comme de l'eau de roche » me gêne, un peu trop convenu.

Citer
localisées au village.
Citer
C’est vrai
.  Euh, ça me gêne un peu, d'autant plus que ce passage est très réussi.

Citer
Parfois même les programmes sont retransmis
Une virgukle après « parfois » non ?

Citer
  Par exemple hier on a appris qu'un tel est sorti discrètement la nuit dernière pour rejoindre une telle [...]  le jour du vendredi. 
C'est un peu lourd, il manque de la ponctuation pour moi, ça fait trop enchainé, ou pas assez si justement tu veux montrer un enchainement assez lourd et répétitif.

Citer
Voilà, notre vie ici se résumait en une grille de mot croisé.
Mots croisés. Et conclusion un peu light, un peu scolaire je trouve.

Citer
encore ces foutus chinois ...
Pas très fan de « foutus chinois ». Un « encore les chinois » suffirait.

Citer
non je dis ça parce que demain je dois partir
Tu ne dis rien, tu écris, tu ne t'adresses pas oralement, tu ne transcris pas un discours oral. Oui j'ai dû mal avec le verbe dire, comme le verbe parle ». On fait parler tout maintenant. Un livre, un film, un album... Je le fais aussi par habitude mais ça m'énerve ^^

Citer
Alors on va prier pour que les dernières heures durent l’éternité.
Sortez les mouchoiiiiiiiiirs.

 


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