Merci pour vos commentaires à tous.
Merci pour les encouragements, pour les (nombreuses) coquilles relevées, et les suggestions apportées, je vais mettre tout ça de côté et en tenir compte lors de ma prochaine relecture.
Voici quelques réponses sur les points auxquels je souhaite apporter des précisions autres qu'une simple correction/reformulation du texte :
Vivi :
« Les trépidantes aventures d’un stylo-plume que l’on suit comme un personnage principal ». Cette idée, je la garde sous le coude, car ça m’intéresse tout particulièrement de la traiter. Depuis longtemps, je rêve de raconter l’histoire d’un objet, de tout ce qui se déroule depuis sa fabrication jusqu’à sa destruction. J’ai porté mon choix sur quelque chose de relativement petit pour changer de main souvent, et apporter des péripéties et des rebondissements au récit. Par contre, je n’ai pas encore déterminé de façon très précise ce qui pourrait arriver à ce personnage particulier. On verra ça plus tard.
J'veux lire ce truc o(^_^)o
-> Alors tu peux aller directement ici : "L'ostie me plut"
http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,7031.msg119056.html#msg119056(d'ailleurs tous les pseudo-textes auxquels je fais allusion dans ce passage sont des textes que j'ai vraiment écrits et dont la plupart ont déjà été postés sur le MdE).
Rémi :
Mon seul bémol est que c'est peut-être un peu long. Après la chasse aux coquilles, aux reformulations que tu évoques dans le texte, un tout pti élagage pourrait rendre ton texte encore plus drôle, plus vif.
-> La première version (voir ci-dessous) avait laissé une impression de "trop court" aux premiers lecteurs, c'est pourquoi j'ai pris mon temps pour rallonger l'histoire. Telle quelle, je la trouve mieux, j'ai presque eu envie de faire encore plus long en développant davantage certains passages en particulier le désespoir de l'auteur. Alors peut-être que cette V2 mérite quelques petits élagages dans la forme, je vais y réfléchir mais je ne souhaite pas réduire trop la longueur. Il faut le temps au lecteur de se mettre dedans, de s'imprégner, pour ressentir (j'espère) correctement ce que j'essaie de faire passer dans les derniers chapitres. D'ailleurs, l'aspect burlesque qui n'existait pas dans la V1 a été ajouté dans l'unique but de faire paraître le temps plus court au lecteur.
Par contre, pourquoi le titre du texte est-il "dialogus interruptus" ?
-> c'est une référence au "coïtus interruptus" (c.f. wiki :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Co%C3%AFt_interrompu). Dans la V1, le dialogue était très fort entre l'auteur et ses personnages qui s'interrompaient fréquemment de parler. La V2 ne contient absolument aucun dialogue sous forme directe. Je trouvais le titre pertinent dans les deux cas.
YoMa :
Juste au début, la même personne qui nous sort un "surkif(f)é" puis un "trop drôle", ça fait pas raccord je trouve.
-> Comme je l'ai déjà dit dans une précédente réponse à un commentaire, il s'agit de réactions que j'ai vraiment eues sur un autre de mes textes (c.f. "la ferme !"
http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,6947.msg117273.html#msg117273) c'est pourquoi j'ai décidé de les garder sans les corriger.
Sinon comme Rémi, je voterais pour un "élagage", il est venu un moment où je regardais la montre que je n'ai pas en me demandant quand est-ce que j'aurais la fin de cette histoire. Certains passages n'ont en effet pas forcément besoin d'un si grand étalage (je pense notamment à la scène du resto, on a compris qu'ils étaient comme deux lapins..)
-> peut-être que je suis dans une phase où j'ai du mal à faire suffisamment court. Je vais prendre cet élément en considération pour la V3 (j'espère seulement ne pas mettre à nouveau presque 2 ans pour la sortir)
Vivi (encore) :
bon,bon, bon, les 3 premiers chapitres sont excellents, mais j'ai du mal avec les 2 derniers (c'est peut-être aussi à cause de ma pause qui m'a sorti de texte ? je sais pas). J'aimerais bien la v1, car il me semblait que l'auteur/narrateur parlait à ses personnages (à moi que je ne m'emmêle les neurones avec le texte de Jihel). Cependant, le traitement est moins trop philosophique, plat. Les personnages restent trop en arrière, ils ne "cassent" pas la réalité (comme dans la v1 ?). Le 4° chapitre est trop long, beaucoup de redite, de ressassement, alors que justement, on s'attends à ce que les perso deviennet vraiment actif. Tu as choisi la voie de la fuite de l'écrivain et ses solliloques, ce n'est pas cette version que je préfère.
-> Oui en effet dans la V1 (voir ci-dessous) l'auteur dialoguait avec ses personnages, mais comme j'ai voulu faire une V2 sans dialogue, c'était plus compliqué. Il interagit toujours avec eux, mais de manière plus insidieuse, moins flagrante. C'est un parti pris que je souhaite maintenir. Cela dit, les personnages pourraient se faire plus présents dans les deux derniers chapitres, sans pour autant remettre en cause la chute. A retravailler, donc.
En tout cas, le texte commence très bien, mais il se perd, comme son auteur ; la fin non plus ne m'emballe pas, tu as complètement fait disparaître tes personnages alors qu'il se rebellait. J'attendais donc plutôt une confrontation. Si tu veux garder ton point de vue "que de l'auteur", je pense que tu dois fortement réduire les 2 derniers chapitres et peut-être atténuer l'insistance des persos qui échappent au contrôle de l'auteur, et tourner ça plus psycho, donner moins d'autonomie aux personnages, car leur disparition dans les non-événements des 2 derniers chapitres désequilibre ton texte et l'idée que tu as de l'auteur qui ne contrôle plus ses persos et qui s'interroge (de plus, la solution trouvée est vite expédiée avec très peu d'interaction entre l'auteur et ses personnages qui deviennent complètement spectateurs alos qu'il étaient acteurs au début ; et c'est là la plus grosse "erreur", je dirais.
-> le fait que le lecteur se perde montre qu'il s'identifie bien à l'auteur, non ?

Plus sérieusement, c'est le chapitre qui me tenait le plus à coeur, et visiblement c'est celui qui est le moins réussi. Les personnages ne sont pas le centre de l'histoire, c'est vraiment l'auteur et son texte le plus important, c'est pourquoi j'ai tenu à mettre les personnages plus en retrait dans le dernière chapitre. Du coup, l'aspect burlesque du début à tendance à disparaître un peu, c'est vrai. Je vais revoir ma copie.
J'ai du mal à comparer, car je n'ai pas la v1, pourrais-tu la reposter ou me l'envoyer pas MP, stp, ce serait super, merci

.
-> : Pour Vivi, et pour les autres aussi, en attendant la V3, vous pouvez vous replonger dans la V1 :
Dialogus interruptus
“J’ai a-do-ré !”
“Sur-kifé ! Toutes ces métaphores, c’est trop drôle !”
“Je suis pas sûr d’avoir compris tous les jeux de mots, mais c’est vraiment rigolo !”
“Une psychologie beaucoup plus profonde que le ton léger ne le laisse présager. Jubilatoire !”
J’ai eu quantité de commentaires dans ce genre.
Oralement, par les quelques amis à qui il m’arrive de faire lire certains de mes textes. Ils ne sont pas nombreux, car j’ai très vite compris qu’il fallait sélectionner, et surtout ne pas mélanger les gens que je fréquente avec ceux qui aiment lire ma prose.
Et par écrit, aussi, car je participe à plusieurs forums d’écriture. Avoir des avis constructifs me motive à repousser continuellement mes limites. Comme si je me devais de faire mieux à chaque fois. Est-ce que j’espère parvenir un jour à la perfection par ce biais ? C’est possible, oui. En tout cas, je m’améliore depuis quelques mois. Je le sens. Quand je me relis, mais aussi quand je parcours les critiques que je reçois.
Hier, j’ai mis à disposition de mon lectorat une nouvelle toute fraîche. Elle était un peu plus longue qu’à mon habitude. J’y ai passé presque une semaine, entre le moment où je me suis décidé à rédiger, et celui où j’ai convenu que c’était “lisible”. J’avais déjà différentes idées, et j’aime bien les faire mijoter un peu dans mon esprit, les laisser se mêler, avant d’attaquer la mise en plan. J’ai pondu les cinq pages en moins de deux jours. Ensuite, j’ai laissé reposer deux jours de plus, j’ai relu, et j’ai envoyé le tout à l’échafaud.
Très vite, j’ai été agréablement surpris par la teneur des commentaires. Je ne trouve pas qu’il mérite autant. Ce texte est bien, d’accord. J’en suis fier. J’aime bien la manière dont j’ai fait avancer l’histoire, le traitement des personnages et les différentes pointes d’humour. Je me suis bien éclaté, comme je le fais à chaque fois. Ni plus, ni moins. C’est donc une véritable surprise que l’accueil soit si chaleureux et élogieux.
Je reste plusieurs heures, immergé dans mon nuage ; flottant dans les vagues du bonheur de la motivation ; décollant de cette perte de moral qui me prend à intervalles plus ou moins réguliers.
Vers la fin de la journée, pourtant, j’amorce une descente vers la réalité. Mon ego est toujours gonflé de flatteries, aussi, dès que l’occasion se présente, je pose mes muscles fessiers flasques dans mon confortable fauteuil de ministre, et parcours rapidement la liste des idées que j’ai en réserve. J’ai envie de continuer à apporter aux autres des sensations, des sentiments, tout autant qu’en vivre moi-même devant mon clavier. Si ce que je fais peut plaire, alors pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?
Alors, voyons. Qu’est-ce qui pourrait m’inspirer, ce soir ?
“Dialogue entre deux vieillards, qui se révèlent au final être deux anciens super-héros.” Bon, j’ai envie de faire dans le dialogue, mais quelque chose de plus animé, de plus vivant. Et puis, je ne sais pas quels super-héros choisir, et je n’ai vraiment pas envie de me pencher sur cette question pour l’instant.
“les trépidantes aventures d’un stylo plume que l’on suit, comme un personnage principal.” Celle-là, je la garde sous le coude, car ça m’intéresse vraiment de la traiter. Par contre, je n’ai pas encore déterminé de façon très précise ce qui pourrait lui arriver, à ce stylo. On verra ça plus tard.
“Dialogue sérieux entre deux protagonistes. On découvre à la toute fin ce qu’ils sont vraiment en train de faire, qui n’a rien à voir avec la discussion qu’ils ont.” Oui, tiens, c’est bien dans mon humeur actuelle, ça. Je ne l’ai pas noté, mais j’ai déjà une idée très précise de ce qu’ils sont en train de faire. Il ne faut pas que j’oublie de mettre des indices au fur et à mesure, bien sûr. Une conversation portant sur des sujets aussi divers que les élections qui approchent, une guerre civile qui vient d’éclater dans un pays pas si éloigné, ou encore…
La femme – Au fait, t’avais pas rendez-vous avec le… La banque, aujourd’hui ?
L’homme – J’y suis passé en sortant du boulot, oui. J’avais pris les plans de l’architecte et les photos du terrain. Un instant, j’ai cru qu’il allait me refuser le prêt… Et l’acheter pour lui, tellement il a paru intéressé par le projet !
La femme (passant ses bras autour du cou de l’homme) – Alors… Ça… Ça voudrait dire… Qu’on va bientôt avoir… Notre “chez nous” ?
L’homme (embrassant à pleine langue les lèvres brûlantes de la femme) – Mh… C’est possible, oui…
La femme – On va pouvoir donner notre préavis ?… On déménage avant l’été ?
L’homme – Ben en fait… Je sais pas trop. J’aurais voulu…
Comment ça, il ne sait pas trop ? Mais si, il sait !
Bon, ça va pas. Reprenons.
L’homme – Ben en fait… J’avais dans l’idée d’attendre encore un peu… Disons jusqu’à l’hiver prochain…
Qu’est-ce qu’il a ? C’est pas ça que je veux lui faire dire.
Effaçons encore.
L’homme – Ben en fait… Vu que t’es au chômage…
La femme – Tu lui as dit que c’était… Temporaire ? Y a Marylin qui me prendra comme vendeuse dans sa… Sa boutique de fringues si jamais je suis pas prise comme assistante chez… Hémesse…
L’homme – Je lui ai rien dit… C’est moi… Ça me gêne…
La femme (après avoir passé ses bras sous les aisselles de l’homme, et lui frottant maintenant le dos) – Ah, attend… Voilà.
L’homme – Non, non, c’était pas ça… Je voulais dire… Je me sens pas de… De demander un si gros prêt avec toi qui…
Finalement, je dois être plus fatigué que je pensais. C’est pas elle, mais lui, qui était supposé ne pas travailler. Enfin, c’est pas si gênant. Voyons la suite.
La femme – Tu sais que je vis mal cette période d’inactivité…
L’homme – Je veux que tout sois pour le mieux pour toi, ma puce, tu sais bien…
La femme (avec un sourire) – Tu te débrouilles bien, pour l’instant…
L’homme – Merci… Merci… Je sais pas comment tu fais… Moi, je supporterais pas de rester… À rien faire de toute la journée. Je tournerais en rond, je… Je m’ennuierais !
La femme – Oui… C’est dur… C’est très dur. J’ai pas envie que ça… Que ça dure trop !
L’homme – Mais moi ça me gêne pas… Je veux dire… Ça me dérange pas d’être celui qui ramène l’argent, au contraire.
La femme – Tu sais bien que je supporte pas d’être dépendante de quelqu’un !
C’est étrange comment cette discussion tourne dans un sens qui est presque l’opposé de celui que je voulais lui donner au départ. Le mec est limite macho, alors que je voulais le rendre sensible et fragile. Et du coup, la femme rentre dans son jeu. Pff, c’est lourd ! On dirait que je perds le contrôle ! Faut que je sois plus attentif.
Tiens, d’ailleurs, si je mettais un peu de musique ? Alors, qu’est-ce qu’on a dans iTunes ? Du Jarre ? Bof, je connais par cœur. Oldfield ? Non, je commence à saturer. Ah, tiens, Voyageur… J’ai pas écouté Enigma depuis fort longtemps.
Où j’en étais, moi ? Ah, oui.
L’homme – En m’épousant, ma puce, tu es devenue intrinsèquement dépendante de moi, que tu le veuilles ou non !
La femme – Pas exactement. Tu dois apporter une sécurité à notre couple, notre foyer. Tu as des devoirs envers moi. Et pas qu’un peu ! Assurer la nourriture, le logement, et tout le confort que je suis en droit d’attendre. Moi, par contre, je ne dois pas grand-chose… A peine…
L’homme – Faire la cuisine, le ménage, laver le linge, t’occuper des enfants…
La femme – Quand on en aura !
L’homme – Je fais ce qu’il faut pour, en tout cas, tu ne peux rien me reprocher, ma puce !
Pourquoi j’ai la désagréable sensation de perdre tout contrôle sur ce qu’ils se disent, ces deux-là ? C’est comme s’ils avaient leur libre arbitre, qu’ils décidaient eux-mêmes de ce qu’ils disent et font ! Je veux leur faire dire quelque chose, et ce sont d’autres mots qui s’affichent sur mon écran.
Je crois que je ferais mieux d’aller dormir un peu.
* *
*
Je n’ai rien écrit depuis deux jours. J’ai laissé passer tout un week-end. J’en ai profité pour me changer les idées, me ressourcer un peu. Une balade en vélo m’a dégourdi les jambes. Une visite amicale aux voisins m’a rempli l’estomac. Un tour au centre commercial samedi après-midi m’a vidé le portefeuille et saturé l’esprit.
Me revoilà devant l’ordi. Je viens de relire le début du texte, en corrigeant des fautes moins rares que je ne l’aurais pensé.
Je dois me focaliser sur le but, la fin de l’histoire. Je dois réorienter le débat. Après tout, c’est moi l’auteur, non ?
La femme (laissant sa tête retomber sur le plaid) – Au final… Il t’a rien fait signer ?
L’homme – Non… Non… Comme on fera la demande ensemble, il faudra qu’on y aille… Tous les deux… Ensemble.
La femme – Ah, ça, il n’en est pas question ! Tu m’as dit que tu t’occupais de ça tout seul, alors je ne veux rien à faire dans l’histoire… Rien à faire du tout… Tant qu’on déménage pas !
L’homme – C’est pas possible… La banque voudra jamais m’accorder un tel prêt… Avec un seul salaire…
La femme (résignée) – C’est pas mon problème… Tu te démerdes !
C’est toujours pareil. J’arrive à rien. Je crois que je vais laisser tomber.
* *
*
Voilà plus de dix jours que je ressasse. Pas moyen de sortir un mot. Dès que je pense à cette discussion, je stresse, et mes doigts se paralysent.
Mais je viens d’avoir une idée. Une arme redoutable, que je vais utiliser sans aucun scrupule s’ils tentent encore une fois de s’imposer contre ma volonté. Ils vont voir de quel bois je me chauffe !
L’homme – Alors comme ça, quand ça t’arrange, tu joues les femmes modernes, tu acceptes que je t’aide à la maison les jours où tu es fatiguée… Mais quand ça te dérange, tu sais bien ressortir les traditions et les vieux clichés ! Tu… Tu…
Oui, je crois que c’est le moment. Tu sais pas ce qui t’attend, mon gars !
La femme – Tu m’accuses de profiter de toi ?
L’homme (commençant à transpirer) – Oui, tu sais parfaitement bien tirer de moi ce que tu veux quand tu…
La femme (fronçant les sourcils) – Quoi ? C’est déjà fini ? T’as tout balancé ?
L’homme (ressentant l’affaiblissement de l’effet de la pilule bleue) – Ben… Non… Je comprends pas…
La femme – Alors pourquoi je la sens plus ? Elle s’est bien ramollie, non ? C’est moi, Je t’excite pas assez ? Pourtant, d’habitude, quand on parle d’autre chose, ça a tendance à te stimuler…
L’homme – Écoute, je sais pas quoi dire… Elle veut plus rien savoir !
Voilà ! Non seulement j’ai rétabli le cours de l’histoire tel qu’il était prévu, mais en plus j’ai eu ma petite vengeance.
Alors, c’est qui, le patron, hein ?
Bon, il en me reste plus qu’à me relire un bon coup, et je pourrai voir si ce texte aura le même succès que le précédent.