Cadavre n°1 du 28.12.12
J'allais dans la poussière et n'avais pas d'aspirateur. C'eût pourtant été fort utile pour nettoyer l'intérieur de mon garage souterrain. Le sapin sent bon mouvait doucement derrière le pare-brise couvert de poussière grise. De la cendre, comme si on avait brûlé des lettres d'amour. Lettres dégoulinantes de roses et de cœurs, qui faillirent me faire vomir; mais mon estomac accepta généreusement de rester à l'intérieur. Par contre, la pluie qui s'abattait en trombe avait le don de l'énerver et il se résolut à se boucher les oreilles avec les doigts. Ça sentait encore la confiture de sa grand-mère, celle qu'elle préparait chaque été avec ces fraises cueillies et triées soigneusement sous le soleil de Juillet. Et j'aurais dû le prévoir, avec ce caractère, c'était obligé, elle était cancer à tout les coups et moi je m'entends qu'avec les balances. Ouais, c'est bien de ces foutues balances que je parle, celles qui prennent un malin plaisir à vous grossir pour voir votre tête et vous forcer à faire du sport, celles dont les rires résonnent dans les salles de bain de milliards de gens ! Je hais les balances ! Crevez, crevures ! Le Doulguiba recula, profondément choqué par cette insulte violente qu'il venait d'entendre penser : quel être pouvait entretenir des pensées si mesquines et meurtrières envers les autres ? Elle répondit d'une traite : parce que c'est l'enfer je suis pas comme eux parce que je peux pas être comme eux parce qu'il y a toi et moi d'un côté et de l'autre côté les - non tu peux pas être comme les - l'apôtre l'épeautre tu sais ce sont les - l'enfer c'est les autres - POURQUOI MAIS POURQUOI tu me parlais des autres ? De boule de noël en partie de pétanques ils s'effilochent, ils jouent aux étoiles, et bientôt bientôt ils brilleront, mais pourquoi pourquoi les autres et pourquoi moi, dans le sang versé et le son déchiré, quels autres sauraient tenir ma main...
Que quelqu'un lance le suivant !