tom waits shiver me timbers...
http://www.youtube.com/watch?v=L_F0DIJyHRsJ' avais treize ans d innocence et de crédulité, et mes dents belles et blanches croquaient n importe quoi. Je dois confesser qu' à cet âge, je n avais pas encore connu l élan du coeur,ce bazar qui soudain, vient déranger le calme paisible de la virginité docile. C est, qu' à coté des sentiments normaux que l' on ressent pour sa famille ou ses amis, mon coeur d' enfant ne comprenait pas encore ce que pouvait bien faire à l' âme, la force d' un sentiment intime, le pouvoir d' une apparition. La plus belle femme du monde était encore ma mère, et, fort de mes cheveux blonds blancs qu elle aimait caresser, tout m' était accordé ; je pouvais tout.
Ce soir là, ou mon père m emmène pour la première fois avec lui, je ne suis pas bien sur . Il a dit dans la voiture " tu restes près de moi s' il te plait " "oui papa"... Nous garons l auto, marchons quelques pas. Plus loin, je reconnais le bruit d un attroupement devant l' entrée d' une boutique de bijoux, et j apprend le mot "crémaillère". dans cet endroit des gens boivent et parlent entre eux. Je suis vite le chouchou, je suis le seul enfant ici,ma blondeur et ma minceur plaisent. Je me souviens de moi a cette époque,comme de ce jeune adolescent du film de visconti,qui sans le savoir, portait en lui une charge certaine et dangereuse de magnétisme.
Assis dans un coin, sur une table trop haute, je bas des jambes et me saoule de coca a la paille, et j' observe la danse ridicule des soumis et la parade des dominants.Je porte encore des shorts un peu courts, qui allongent mes jambes fines et fluettes, et une jolie chemise blanche sur le bronzage.
Papa ne me quitte de rien, il veille,en serrant des mains et bisant des joues.
Elle est entré bien tard,elle est connue, et tous se pressent pour la saluer. Elle est blonde et bronzée et sourit tant que j' en reste ébloui. Je cesse de battre des jambes et me sépare de la paille qui naguère me permettait d aspirer et l eau et les bulles,pour avoir l air plus vieux? et je détourne le regard,parce qu' elle me trouble et qu' avant elle,je n' ai jamais cédé.
Elle en a mis du temps à venir vers moi,je la vois qui s' approche,et au moment ou elle va me parler,alors que je feins d ignorer qu' elle est là, mon père s adresse à elle pour la saluer.
Je savais bien moi qu' elle regardait mes yeux et pas les siens, qu' elle me souriait si tendrement que j' aurais voulu etre vieux, pour ne pas avoir peur de ma candeur. Et pourtant,elle n est qu' a quelques metres.
Apres s' ètre salués,mon père et elle ne tardent pas de discourir. Elle me regarde et demande tout de go, s' il accepterait de me laisser a elle pour une heure,ou peut etre deux. Ce fut ce jour, la dernière fois ou j' entendit mon père dire une chose complètement sensée.
Il dit en ces mots..."Chère Alexandra, si mon fils avait l' âge de te suivre, ne crois tu pas que c' est a lui que tu aurais demandé la permission de l' enlever? "
La colère qui monte en moi à cet instant m' émancipe déja de celui qui ne sera plus tard, qu' un vieil homme que je n' aime plus depuis longtemps. Elle s' approche de moi et, les yeux plein d affection, passe une main d abandon dans mes cheveux soleil en me souriant. Je n' avais jamais vu autant de beauté en si peu de temps. J ai un peu toussé je crois, et je l' ai regardé longtemps. Elle avait compris mon pere, et c' en etait fini de tout. Elle à posé ses deux mains sur mes joues et m' a embrassé tendrement sur la bouche, j' ai eu alors la tièdeur de son haleine parfumée sur mes lèvres ignorantes.
elle avait quarante ans,et c était mon premier baisé d amour, mes doutes ont pris la mer ce soir là. Quand elle est parti, en sortant, je la vois encore me faire signe de ces deux doigts sur sa bouche, me desirant de loin.
On a jamais la première femme, mais elle trône dans notre memoire.