Après quelques mois d'absence, je reviens

. C'est un concept (certainement déjà existant) que j'avais envie depuis longtemps de développer. Ecrire une sorte d'opéra d'encre. C'est un mélange de poésie et de prose, différents styles, différentes musiques. Je ne sais pas ce que ça vaut, en tout cas c'est long, navré pour cela mais le découper aurait été un affreux sacrilège

. J'attends vos avis pertinents

.
En plus de la lecture, de cette pièce en trois actes, je vous propose d'écouter en même temps, les musiques qui vous sont proposés. Celle-ci se trouvant toutes sur les liens suivants l'énoncé de la scène.
Les amants du temps
Acte 1 Scène 1 - L'aube de la vie Smetana : La moldau
http://www.youtube.com/watch?v=WgWOjyQLB10 Là où tout s'éteint.
Là où la terre s'écroule.
A cet endroit précis,
Au confluant des vies.
Une lumière se mit à briller.
Jeune homme sans visage
Imberbe sans beauté.
Le dos courbé et la main déjà calleuse,
Il avançait au milieu de la foule.
A vendre ! criait-on sur les étales.
J'achète, répondait les hommes aux habits dorés.
Il marchait dans la boue, la tête vers le sol.
Qu'avait-il dans son sac ?
Des peaux, des céréales, des tissus ?
Qu'importe car lui-même ne le savait pas.
Simple coursier, rien qu'intermédiaire.
Viens mon mignon, souriait les édentés,
Aux hanches rabotées.
D'un rouge pourpre, il continuait sa route
Alors tel des harpies, elles tournoyaient autour de lui
De longs rires sans fin, s'échappaient de leurs gorges.
Elle soulevait leurs robes, montraient leurs culs.
Viens toucher, le nigaud, disait-elle.
Puis lassé de ne voir aucunes réactions,
Elles retournaient à leurs postes,
Tels des militaires, qui mettent au garde à vous.
L'échine basse, le souffle rauque.
Ses mains glissaient, son dos souffrait,
Mais jamais il ne se plaignait.
Rêvait-il d'un autre monde ?
D'une autre histoire à conter ?
Place ! Place ! hurlèrent les hommes de maille.
La pique en avant, le visage animal.
Ils poussaient enfants et vieillards.
Apparu alors sur un cheval blanc,
La princesse aux tresses dorées.
D'une beauté extraordinaire,
Elle se tenait droite, un regard pour chacun.
Mais toujours les yeux baissés,
Il avançait sur son chemin de boue.
Etait-il le seul à voir ces pupilles d'assassins ?
Le désir de sang qui coulait au coin de ses lèvres.
Etait-il le seul à s'inquiéter de ces hommes,
Le sourire jusqu'aux yeux, qui partaient un matin,
Pour revenir les yeux vagues et sans une main.
Croqueuse d'hommes.
Amoureuse de la guerre.
Prêtresse des champs de bataille.
La vierge guerrière.
Pas de goût pour la chair, sans appétit pour le beau tain.
Qu'était-il ?
Un amoureux du mâle ou de dieu ?
N'y avait-il pas de voie pour lui ?
Toujours le nez contre terre,
Il tapa dans une chose molle.
Pardon ! fit-elle.
Etonné, curieux, il releva le menton.
Ce qu'il vit alors, dépasse ce qui peut être conter.
Son cœur grippé se mit à s'emballer.
Ses pommettes toujours de rouge,
Se tinrent de roses.
Sa pupille pétilla,
Sa main trembla.
Qu'était-elle ?
Une constellation d'étoiles ?
Un astre qui l'aveugla ?
Le souffle court, il fit signe de la tête,
Reprit son chemin.
Mais jamais plus, il ne baissa les yeux.
Scène 2 - Le théâtre de l'entre-deux Suite de la vidéo précédente - Smetana : La moldau
Les yeux rivés sur tous les visages.
Il parcourait l'assistance de son regard.
Le rideau allait se lever.
Les coups du brigadier retentirent .
Lève ! Lève !! dit le vieux.
Alors il tira, sur l'épaisse corde.
Livrant la scène aux appétits féroces.
Une fée perdue dans l'obscurité,
Un prince sans cœur,
Un monstre sans visage.
Qu'était donc cette histoire
Que l'on jouait tous les soirs ?
On dansait sur scène, tapait du pied.
Un homme lourd se mettait à chanter.
Une belle d'un geste grossier,
S'évanouissait la main au front.
Puis dans un brouhaha d'applaudissement.
Il tirait sur une autre corde,
Un château se profilait à l'horizon.
Magnifique mécanique, ensemble de rouage.
La scène entière changeait en un coup de bras.
Là était l'œuvre.
A l'arrière de la scène, dans les coursives.
Là était la beauté du théâtre.
Sa magie éternelle.
Aux croisements des couloirs,
Des danseuses se dénudaient
Lançaient leurs vêtements,
Sur des têtes de servantes.
Des petites visages aux sourires malicieux.
La grosse gérait le spectacle, gueulait
Sur l'ivrogne et la paresseux.
De ses bourrelais giguant
De sa voix trop aigu
Et de sa sueur coulant
le long d'aisselles herbues,
Naissaient l'envers du décor.
A elle seul, elle était la pièce.
De ses directives naissaient les pleurs
Des petits bourgeoises aux mouchoirs parfumés.
Assis sur son fauteuil, prêt de la scène,
Il scrutait de son judas l'assemblé,
Aux perruques poudrées.
On la disait amoureuse du théâtre.
Amante des grandes pièces.
Il ne l'avait plus revu depuis 3 années,
Mais tout le monde la connaissait.
On la disait parfaite mais pas pour lui.
Riche mais peu avenante à donner.
Et puis surtout, pleine d'esprit.
Il ne savait pas ce que voulait dire cette expression,
Mais cela résonnait !
Pleine d'esprit !Il s'amusait à le répéter riant à être prit pour fou.
Pleine d'esprit !
Rendez vous compte mon bon monsieur !
Ah ah ! Pleine d'esprit !Pleine d'esprit, oui mais avare pour en faire profiter.
Qu'importe, c'était elle.
Il l'avait vu dans ses yeux.
C'était elle.
Sa vie, sa joie, son destin.
Elle.
Les rideaux se fermèrent
Et une pluie déferla jusqu'à l'arrière.
Tandis que le bruit augmentait,
Le silence se répandit.
On buvait religieusement ce moment.
Les yeux fermés ou les larmes au bord.
Tous avait attendu ce moment.
C'est alors qu'il vit,
Au milieu, parmi le parterre.
Un visage qu'il n'avait pu oublier
Après tant d'années.
Un sourire tracé au pinceau,
Un nez taillé dans le marbre,
Un regard forgé d'étoiles.
Son cœur s'emballa pour la deuxième fois.
C'était elle.
Sa vie, sa joie, son destin.
Elle.
Scène 3 - A la croisée des destins Tchaikovsky : Le lac des cygnes
http://www.youtube.com/watch?v=IkiAiDrXGfg Il la suivit.
Prêt à tout, cette fois.
Comment l'aborder ?
Elle aimait les roses,
On le lui avait dit.
Mais où en trouver
Alors que le brouillard nocturne
Se répandait sur la ville ?
Auguste ! Ce brave compagnon !
Fils d'un fier dragon.
Il savait tout trouver,
De l'alcool au parfum,
De l'or à l'étain,
Il trouvait ce qu'on lui demandait.
Elle avait le pas souple
Et ses bottes battaient le pavé.
Tout étonné, il ne la vit pas prendre un coché.
Toujours vivante et dangereuse,
La rue était réservé aux charmeuses.
Pire aux voleurs, aux gredins.
Elle s'arrêta au coin d'une rue
Enleva sa robe et sa perruque.
Un serviteur qui l'avait attendu
Recueillait les précieux accessoires.
En quelques instants,
La fière et belle bourgeoise
Devenant un mauvais garçon des rues.
Elle était donc de ceux là.
Celles qui crachent autant que l'on peut déglutir,
Sur l'ambition de l'homme de les assujettir.
Un sourire ne put s'empêcher de s'écrire.
Sous ses mauvais airs de grandes dames,
Elle était encore plus belle de son âme.
Elle poursuivit seule,
Armée à la ceinture d'une aiguille
Et d'un couteau à la cheville.
Elle fit un signe et partit.
Les yeux dans la nuit,
Elle poursuivait les étoiles.
Que cherchait-elle là haut ?
Dans quelle galaxie était-elle ?
Soudain apparu, un visage de suie
La bourse ou la vie !
La vie, bien sur ! railla-t-elle.
D'un mouvement vif, il était déjà là.
Mais plus rapide, elle le transperça.
Vainqueur de ses émotions,
Il courut vers elle.
Mais la pointe d'acier,
Sur la chemise vint se poser.
Soudain, ses yeux s'illuminèrent.
Lui.
Ce garçon qui avait brouillé sa vision.
Lui.
Qu'elle recherchait dans les rues tous les soirs.
Lui.
Qu'elle espérait revoir.
Elle hurlait face au monde,
De quel idiot, elle s'était entichée !
Il ne savait plus quoi répondre.
La gorge serrée, la poitrine déformée,
Que devait-il dire ?
Il l'aimait n'était ce pas suffisant ?
Que voulait-elle de plus ?
De l'air, de l'espace !Il n'entendait plus ses cris.
Il ne voyait plus son visage déformé.
Il était assis dans un grand jardin.
Prêt de lui, elle s'était assoupie.
Elle rêvait le sourire aux lèvres.
Il passait ses doigts dans ses cheveux fins,
Il dévoilait alors un précieux parfum.
Une odeur suave pleine de chagrin.
Magnifique être, douce vision.
N'était ce pas mieux ainsi ?
Tout deux, au milieu de leurs vies ?
Elle n'était plus là, quand il revint.
Son cheval manquait aux écuries.
Elle était partie.
Acte 2 Scène 1 - La valse Musique du film : Le Guépard - Valse
http://www.youtube.com/watch?v=xmEz0lRyUVA Les mains tremblantes, les yeux vagues.
Il tomba le visage contre terre.
Madame ? dit-il la main en avant.
Une main de porcelaine se posa au creux de sa poigne.
Avec plaisir, répondit-elle.
Ils s'avancèrent au milieu de la pièce.
Tous les yeux se portèrent sur l'animal face à eux.
Roooh, firent les vieilles du dernier siècle.
Incroyable ! ne cessait de répéter le cavalier précédent.
Le cœur dans les oreilles, il ne pouvait entendre,
Perdu dans son regard, elle n'arrivait pas à écouter.
Leurs pas en accords,
Tournèrent encore et encore.
C'est alors que vint la métamorphose.
Le rustre au nœud trop serré,
L'idiot au vocabulaire peu avancé,
L'animal jamais éduqué,
Se transforma devant tous les regards éberlués.
La musique n'arriva jamais aux termes.
Le grand compositeur était là,
Romantique éternelle.
Il était soudainement entré en transe.
Il ne pouvait décemment pas
Donner une fin à cette valse éternelle.
Il composait devant tous,
La plume virevoltait au dessus des feuilles.
Jamais il n'avait écrit autant.
Sa perruque à terre, ses manches retroussées.
Du papier encore ! criait-il.
Marchant à vapeur, il avalait
Par grande pelleté des wagons entiers.
Il manquait de tout et ce n'était jamais assez rapide.
Toujours face à face, il dansait autour du monde.
Leurs bonheurs crachaient aux visages
De tous les malheureux sans distinction d'âges.
Ils n'étaient plus là depuis longtemps.
Leurs esprits étaient ailleurs.
Prince de Perse, déesse antique,
Ils traversaient les mondes mythiques.
Flottant au dessus du temps,
Rien n'avait plus d'emprise.
Une danse seulement.
Rien qu'une danse.
Et pourtant, une vie entière se jouait.
Il n'y avait jamais de peur
Ou de malheurs.
Il suffisait que leurs regards se croisent,
Que leurs peaux se touchent
Pour que la joie se dessine de nouveau sur leurs visages.
Ils étaient deux sur une île déserte,
Le regard tourné vers un coucher de soleil.
Un astre rougeoyant qui s'abaisse face à plus incandescent.
La musique diminua.
Tout le monde était parti.
Le compositeur mort sur sa chaise
Un sourire rempli de larme,
Heureux d'avoir écrit son œuvre.
Sa main la ramena vers lui,
Son visage prêt du sien.
Vint alors un baiser.
Son doigt passa sur ses lèvres,
Un baiser.
Tout pouvait se résumer
A ce simple baiser.
Une histoire aux milles et un tournant
Contenu dans un seul mouvement.
C'est elle.
La lumière, la flamme.
Il se leva alors,
Promesse, s'il me faut une vie,
Il en sera ainsi. Scène 2 - Opium The Glen Miller Orchestra : Moonlight Serenade
http://www.youtube.com/watch?v=VHBX0813MXc Une trompette tempêta sur scène.
Un orage sans éclairs.
Tous les yeux rivés sur la scène,
Personne ne le vit entrer.
Un chapeau appuyé sur son nez,
Le regard perdu à travers un brouillard de tabac.
Elle devait être là.
On le lui avait affirmer.
Princesse d'un band,
Elle chantait, divine, toujours, divine.
Il s'assit au bar, tapota de la main.
Un verre se remplit d'un liquide ocre.
Tu m'oublies, mon joli ! prononça une créature
Au sourire d'une tout autre nature.
Attirante, envoutante aurait pu-t-on dire
Mais son âme était noire,
Devenu esclave d'une seringue métallique.
Opium se nomma-t-elle.
Je peux être ton bonheur,
Un substitut occasionnel ou permanent.
Aime moi et je te couvrais dans mes bras.
Opium, je serais ton âme.
Ta raison,
Ta vie sera plus simple,
Elle n'aura plus de but.
Les rêves seront toujours là
Plus de réalité, rien que ton imagination.
Elle posa son doigt sur son genoux
Ouvrit les cuisses et lentement remonta.
Suis le dragon, entre dans sa grotte.
Plus de peur, plus de courage.
Tu seras toi et il n'y aura que moi.Une voix monta alors de la scène.
Un air connu, un timbre déjà entendu.
Elle s'approcha du micro.
Ses yeux lentement s'ouvrirent sur le public.
Trop loin dans le brouillard,
Elle ne pouvait le voir.
Elle chanta sa passion pour un homme,
Sa vie dissolue par l'amertume,
La peur qu'elle avait de lui.
De ses courroux inexpliqués.
Une bête qu'elle ne pouvait cesser d'aimer.
Une larme dévala de sa joue,
Elle avait un goût étrange.
Jamais il ne l'avait vu ainsi.
Elle était plus forte que lui.
Différent, elle était différente.
Il s'approcha de la scène,
Restant dans le noir.
Jamais elle ne pourrait l'oublier,
Mais elle ne pourrait plus l'aimer.
Une balle transperça son cœur,
On fouillait ses poches,
A la recherche d'un malheureux dollar,
On lui cracha au visage avant de lui marcher dessus.
La main plaquée sur la poitrine,
Les yeux écarquillés,
Il ne put dire un mot.
Il s'éloigna, vers la sortie.
Jamais plus.
Elle l'avait dit.
Les yeux embrouillés,
Il disparu à travers le brouillard
Des bas quartiers.
Les docks, lieux mal famés.
Il voulait mourir.
Il n'avait plus de goût,
Plus d'odorat.
Rien qu'une pensée amer.
Jamais, jamais plus…
Scène 3 - Une autre vie Miles Davis : Blue in Green
http://www.youtube.com/watch?v=PoPL7BExSQU Les yeux rivés sur son verre
Il cherchait sans cesse,
Le trou par lequel l'alcool se vidait.
Sa main passa sur son visage,
Un barbe piquante, une face crasseuse.
Le capitaine entra dans le bar,
S'assit à côté de lui.
Il demanda un verre et tendit un papier.
Partir loin, voilà son idée.
A bord d'un bateau
Qui ressemblait plus à un rafiot.
Remorquer les navires jusqu'au port.
Pouvoir dormir sur une table
Un verre à la main, tous les soirs.
Il signa sans hésiter.
Les cheveux mêlés dans l'embrun,
Il regardait à l'horizon.
Les siècles passaient
Le monde changeaient
Mais elle était sa seule raison,
De ne pas sauter au fond.
Elle disait
jamais, jamais plus.
Il serra le bord,
Une simple poussée,
Un coup de pied
Et il rejoint les poissons.
Qu'est ce qui le retenait ?
Une main se posa sur son épaule.
Le capitaine l'amena dans la cabine.
T'as qu'une vie couillon, lui répéta-t-il.
Qu'une vie…
Mais de multiples chemins,
De destins !
Plusieurs vies dans une vie.
Un verre à la main,
Il repensa à cette discussion.
Puis il l'oublia dans le verre prochain.
Une épave échoué dans la baie crasseuse d'une grande ville.
Qui en avait quelque chose à foutre ?
A part ce capitaine…
Il lui traçait une nouvelle voie.
Un chemin différent.
Debout devant une glace,
Un tailleur prenait ses mesures.
On lui donnait du monsieur,
Du gentleman.
Toujours beau sur lui.
Il vivait le jour même.
Il soutenant tous les regards,
Faisait comme les autres.
Sifflait les belles pépées.
Rigolait des difformés.
Désormais perdu au milieu de la masse.
Un poisson enfermé dans une nasse.
Le temps se déroula.
Il perdu son cours.
Plus d'envie, plus de passions.
Elles lui ressemblaient toutes.
Des ersatz, des postiches.
Les noms défilèrent,
Dans sa mémoire.
Offrir son cœur,
Fut son erreur.
Il rencontra alors la femme aux lèvres de sangs.
Elle le prit dans ses bras.
Et le couva de ses yeux tyrans.
Elle l'amena à travers la noirceur de pays froids.
Armé d'un fusil et d'une fleur,
Il troquait ses pétales contre quelques heures,
Avec celle, qui répondait au nom d'Opium.
Quelques années parmi des centaines,
Un monde qui s'effaça de sa mémoire.
La senteur âpre de la poudre
Le faisait haïr tout ce qui possédait deux pates.
Il tuait pour satisfaire la blonde aux lèvres pourpres
Et volait pour payer la seringue métallique.
Plus rien n'avait de sens, une vie sans vie.
Acte 3 Scène 1 - Renaissance The Chordettes : Mr. Sandman
http://www.youtube.com/watch?v=NLRutnikSBg Il la revit, elle riait à pleine gorge.
La main posé sur la vitrine,
Ses mitaines contre le verre.
Une larme traversa une couche de poussière.
Elle sirotait un café, une main capturée.
Ils riaient tout deux.
Mais une chose avait changé.
Ses yeux ne pétillaient plus.
Plus d'étoiles, plus de constellations.
Une ride de tristesse s'était dessiné au coin de son œil.
Il regarda ses mains pleines d'ampoules.
Lui aussi avait changé.
Il le pouvait encore.
La route serait longue
Plus dure encore, que celle qu'il avait traversé.
Son monde était mort.
Sa vie perdue.
Mais son cœur n'avait cessé de battre
A une seule pensée.
A cette folle idée, qu'il avait gardé
Même après tant d'années.
Face à une mer démonté,
Il risqua d'y mettre un pied.
Des rochers sans âmes
Rongés par le sel depuis des millénaires
Lui faisaient face.
Je pourrais aller plus loin,
Escalader des falaises,
Déplacer les océans.
Je pourrais faire tant de choses,
Si seulement tu me les demandais.Le bruit de l'océan ne put couvrir ses cris.
Attaché sur un lit, les yeux révulsés
Opium s'accrochait à lui.
Il l'avait demandé de le laisser.
Devenu vieille alors qu'il n'avait pris aucune ride.
Elle le suppliait.
Je peux rajeunir ! Redevenir belle !
Tu n'es plus rien sans moi !
Je suis tout pour toi !Pris de convulsion,
Il ne pouvait arrêter de trembler.
Vois ! Tu meurs sans moi !
Je t'en prie, je t'en supplie
Reviens à moi !
Moi ! Moi ! Moi !Egoïste, pathétique
Voilà ce qu'il était devenu.
Il comprenait tout soudainement.
Il se leva d'un coup de son lit.
Arracha les liens de cuirs.
Vinrent les blouses blanches,
Mais que purent-ils face au destin ?
Ils essayèrent en vain de l'arrêter.
De nouveau libre.
Libre d'agir.
Il couru à travers la ville
Habillé d'une simple blouse blanche.
Tous le crurent fous
Mais il avait un tel sourire
Que nul ne réussit à se convaincre de le stopper.
Une autre vie est possible,
Une autre chance peut être offerteCriait-il à la face du monde.
Il arriva devant le café.
Un cercle d'argent glissait sur son doigt.
Scène 2 - Un mariage blanc The National : About Today
http://www.youtube.com/watch?v=r26VsCGCgb0 Habillé tout de blanc,
Face à l'autel, sa peau frémissait.
Un frisson la parcourait.
Elle l'avait décidé ainsi.
Sa vie désormais reprendrait ici.
Il ne l'avait jamais quitté.
Elle ne l'avais jamais revu.
Mais il était temps.
Temps pour elle d'aller de l'avant.
Elle l'avait rencontré dans un bar
Il était beau et avait de la préséance.
Rien de comparable
Mais plus que souhaitable.
Droit à côté d'elle,
Il lui lançait des regards rassurants.
Je suis prête, se répétait-elle.
Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de trembler.
Il lui prit la main.
Tout va bien se passer, dit il en un sourire.
Ne t'inquiète pasIl est là.
Elle en était désormais certaine.
Son cœur s'était emballé,
Comme il ne l'avait plus fait
Depuis tant d'années.
Il est là.
Elle tourna lentement, la tête.
Reste avec moi,
Ne t'inquiète pas.
Elle serra ses poings
Baissa la tête.
Il devait voir que c'était fini,
Terminé, oublié.
Des larmes se mirent à couler.
Voulez vous devenir sa femme ?Elle ouvrit la bouche mais rien n'y sortit.
Tous la fixait de leurs regards.
Pourquoi son cœur battait-il si fort ?
Elle sentit une main se poser sur son bras.
Un visage familier apparu face à elle.
Il avait traversé tant de siècles,
Tant d'épreuves mais était resté le même.
Il lui sourit.
Elle se mit à rire.
Il l'enveloppa de ses bras.
Elle plongea son visage au creux de son cou.
Le temps s'arrêta.
Encore une fois.
Elle vint près de son visage.
Il posa ses lèvres contre les siennes.
Un baiser.
Rien qu'un baiser.
Mais qui dura des siècles.
L'assistance tomba en poussière.
Le monde s'écroula plusieurs fois.
On vint en pèlerinage.
Nouveau symbole d'un monde disparu.
On battit des temples
Qui furent ensuite détruit.
Remplacé, oublié.
Ils restaient toujours là,
A traversé les ans,
Les amants du temps.
Scène 3 - Final Purement musical
Luciano Pavarotti : Nessun Dorma
http://www.youtube.com/watch?v=B1z5uXWsPCk La foule :
Que personne ne dorme ! Que personne ne dorme !
Calaf :
Que personne ne dorme ! Que personne ne dorme !
Toi aussi, Ô Princesse,
Dans ta froide chambre
Tu regardes les étoiles
Qui tremblent d'amour et d'espérance...
Mais mon mystère est scellé en moi,
Personne ne saura mon nom !
Non, non, sur ta bouche, je le dirai,
quand la lumière resplendira !
Et mon baiser brisera le silence
Qui te fait mienne.
Chœur :
Personne ne saura son nom...
Et nous devrons, hélas, mourir, mourir !
Calaf :
Dissipe-toi, Ô nuit ! Dispersez-vous, étoiles !
Dispersez-vous, étoiles ! À l'aube je vaincrai !
Je vaincrai ! Je vaincrai !