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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Larmes blanches

Auteur Sujet: Larmes blanches  (Lu 1093 fois)

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Larmes blanches
« le: 27 Novembre 2012 à 07:15:06 »
Le sol arrive à une vitesse que mes réflex ont à peine le temps d'estimer.
Après avoir tournoyé des bras en l'air, ma réception est douloureuse.
Mes orteils tâtent le sol en premier, afin d'envoyer un stimuli nerveux correspondant à ma position dans l'espace. Ma voute plantaire se courbe alors, et mon talon vient frapper la terre, éveillant par la même des influx de douleur signalant à mon organisme les quelques déchirures dues à l'inévitable de ma célérité qui m'octroie une force de frappe verticale beaucoup plus importante que celle qu'il n'est sensé pouvoir amortir.
Alors que mes chevilles se plient, l'onde de choc s'opposant à la réaction du sol se propage de bas en haut de mon corps : mes tibias se plient, approchant dangereusement mes genoux de l'herbe. Pendant ce temps, mes fessiers ont également poursuivit leur course. En effet, je dois complètement absorber l'énergie de pesanteur si je ne veux pas me fêler quelque chose. Alors tout mon corps suit cette fin de chute.
Mon dos se voute, mes bras se tiennent bandés, pas tout à fait tendus, prêts à se plier comme mes jambes dès le premier contact des mains.
En une fraction de seconde, me voilà en boule, à moitié écrasé contre le sol, alors que je n'ai pas terminé mon mouvement.
Ce saut d'au moins trois mètres ne saurait se satisfaire d'un simple groupé pour digérer mon poids.
Tandis que je laisse mon anatomie pencher en avant pour provoquer la fuite de surplus d'énergie en une roulade aléatoire, j'entends mes poursuivants se presser à mes trousses.
Leurs chaussures de bureau en cuir me permettent une petite avance qu'ils semblent vouloir rattraper avec détermination à coups de neuf millimètres, qui résonnent comme un concert de tonnerre derrière mes oreilles.
Dos à la scène, je continue donc mon mouvement en passant une épaule par dessus ma tête. Je roule d'abord face à l'horizon. Puis, lorsque je sens que j'ai bientôt usé l'inertie cinétique de ma course, je donne des impulsions du coudes pour me soulever du sol. D'un mouvement continu, je me relève donc et continue de courir.

Mes poumons me brulent, mon cerveau explose, mes muscles tressautent en de difficiles crampes.
Je pénètre dans la forêt à toute allure, sans prendre la peine de constater que mes articulations se sont échauffées pendant ma chute. Les bras tendus, je fends la végétation lacérante. Les coups de fouets s'enchainent sur ma peau légèrement meurtrie, et aveuglé, je cours à en perdre haleine aux abords de la ville.
Pendant ce temps, les gardes du corps de Max Lechérant se sont arrêtés en haut de la muraille.
Après avoir rechargé leurs ustensiles, il canardent à nouveau à tout-va, suivant à peu près le mouvement des feuillages bousculés. Visiblement aussi adroits au tir que des méchants de cinéma, ils entreprennent la désescalade maladroite de l'amoncellement de rochers cimentés entre deux hauteurs de terrain. Leur course dérivée des rues de la vielle ville aux champs les mènent à présent dans des territoires désavantageux, et c'est avec hésitation qu'ils descendent dans la forêt.
Alors que les premiers remontent leurs manchettes et s'accroupissent dans le vide, un des hommes en noir pose son doigt à son oreillette, et informe par onde interposée l'avancement de la poursuite. S'ensuivent un silence et une grimace.
Le quatrième et le dernier osent le grand saut, se vautrent dans l'herbe recouverte de feuilles mortes, et se relèvent en époussetant leurs costumes. Assez inefficacement, d'ailleurs, chaque claque donnée à l'étoffe étalant les morceaux de terre humide de cette après-midi d'automne.
Lorsqu'ils se retrouvent tous en bas, je suis déjà loin.
Je les imagine relever leurs lunettes de soleil et tenter de flairer intuitivement ma piste.
Le souffle court, je m'arrête et m'adosse à un tronc bordant un ruisseau forestier.
La réalité est que je n'ai absolument rien de prévu pour la suite. Le matin de ce mardi avait commencé tout à fait ordinairement au vernissage de l'exposition centrale, sponsorisée par le parrain du village. Les photos dans la pellicule, je m'apprêtais à interroger quelques personnalités présentes lorsque je fus intrigué par la disparition du mafieu à l'intérieur d'un passage on ne pouvait plus secret, à savoir derrière une bibliothèque. Abandonnant tout devoir professionnel, je me glissais alors à sa suite, et au détour d'un colimaçon rocailleux moyenâgeux, je tombais sur une scène que je n'aurais probablement pas dû interrompre par le flash de mon appareil photo reflex.
Après une fuite revigorante d'un point de vue cardiaque, je vérifie donc que mon téléobjectif soit encore intact.
Parfait, aucun impact de balle venu déloger le dilemme auxquel je fais face : un scoop qui me vaudrait une renommée mondiale contre ma probable meilleure revente de photo à particulier. Après tout, si je multiplie la quantité de rouge par quelques milliers d'euros, je peux vite arriver à un bon prix.
Quoique, c'est sans compter qu'il aurait tôt fait de me remplacer sur la scène.
Et j'imagine qu'il n'en aura pas que l'envie après ce coup foireux.
Du coup je n'ai qu'une alternative.
Je dois appeler la police.
Je dois appeler, et signaler au monde ce que certains biens pensants convoitent depuis longtemps : des preuves d'inculpation à l'encontre de Maxime Lechérant. Je vois d'ici le tableau.
Scandale aux prud'homme, médiatisation effrénée. Cet oiseau de la nuit sera vu au grand jour, et les micros ne sauront retranscrire ses plaidoiries. J'entends déjà sa voix douce me snober une interview à la sortie du tribunal, et là suite en prison…
- Monsieur Rametsky, je vois que tous deux nous en sortons au moins aussi efficacement en milieu naturel. Ceci dit moi j'ai un 4x4 et un fusil d'assaut, alors que vous êtes seulement à pied. Faites moi plaisir, donnez moi cet engin d'optique qui vous alourdit, et venez prendre place à l'arrière du véhicule.
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Re : Larmes blanches
« Réponse #1 le: 27 Novembre 2012 à 09:35:12 »
Citer
Le sol arrive à une vitesse que mes réflex ont à peine le temps d'estimer.

Réflexes

Citer
mes tibias se plient

Petit souci...Le tibia est un os, et je suis pas sûre qu'il soit très souple ^^ Donc s'il se plie il casse...


Sinon, j'ai bien aimé ^^ A part peut-être les explications physionomiques au début qui rendent un style, certes, mais là ça fait un peu trop lourd.
Voilou, tenue en haleine jusqu'au bout, bien joué ^^
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


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Re : Larmes blanches
« Réponse #2 le: 27 Novembre 2012 à 11:57:39 »
Salut !


Citer
les quelques déchirures dues à l'inévitable de ma célérité
Il me semble manquer un mot, car inévitable n'est qu'un adjectif, non ?

Les tibias qui se plient, comme l'a souligné Kerena, c'est pas très réaliste ;)

Citer
sans prendre la peine de constater que mes articulations se sont échauffées
Le texte étant à la première personne, comment le narrateur peut-il nous parler de quelque chose dont il ne se rend pas compte ?

Citer
Parfait, aucun impact de balle venu déloger le dilemme auxquel je fais face
J'ai l'impression qu'il manque un verbe dans cette phrase, ou, si c'est volontaire, la tournure me gêne (mais bon, ça vient peut-être de moi).

Citer
je vois que tous deux nous en sortons au moins aussi efficacement en milieu naturel
J'aurais mis "nous nous en sortons", car en lisant tel quel, je comprends sortir au sens d'aller dehors, et non pas de s'en tirer.


Comme cela a déjà été dit, je trouve les descriptions du début déroutantes et pertubantes. Je me suis demandé où tu voulais en venir avec tous ces détails, pour finalement me rendre compte que : nulle part, c'était juste pour l'ambiance (et pour dérouter le lecteur ?). D'ailleurs, j'ai nettement plus accroché sur la deuxième partie du texte où il y a de l'action et des interactions.

La chute est intéressante mais en m'a pas surpris plus que ça (un peu convenue, peut-être ?).

J'ignore quel est ton ressenti, mais en ce qui me concerne, j'ai déjà lu mieux de toi.


Au plaisir,
O.
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Re : Larmes blanches
« Réponse #3 le: 27 Novembre 2012 à 20:33:13 »
Yop !

Effectivement, j'ai rédigé la première partie sur un coup de tête, je tenais absolument à ralentir un peu le temps et donner des leçons de sport  :-X
Non, plus sérieusement j'avoue que c'est extrêmement maladroit, et à la réflexion (extensioooon), je soupçonne une construction de paragraphes totalement inexistante. J'ai donc remanié totalement l'apparence de cette première partie en V2.

Pour la suite, c'est venu sur le fil. J'étais comme le mec, en pleine course. Pas le temps de réfléchir à un truc sérieux, je voulais juste dévorer des lignes, les avaler sans prendre le temps d'élaborer un scénario, un contexte, une chute. Même le personnage, au final, est extrêmement évasif, tout comme le lieu un peu indéfini malgré les descriptions topographiques. Je venais de butter sur un scénario de mon recueil de la mort (quel nom de merde, mais j'y pense, y'a un nom : feuille noire), alors je me suis contenté de ce simili spin off thématique. Ma porte de sortie a été de reprendre le nom du méchant d'un des mes autres textes, et de ficeler une fin à suspens.

Du coup Olive je te remercie pour ta remarque, c'est vrai que ce texte ne figure pas parmi mes plus aboutis, mais je suis satisfait d'avoir quand même pondu quelque chose.
Après tout, ça m'a essoufflé ce début de nano *commence à maudire la flemme pour ne pas m'avoir laissé le finir*

Citer
Petit souci...Le tibia est un os, et je suis pas sûre qu'il soit très souple  Donc s'il se plie il casse..
:mrgreen:


V2
Le sol arrive à une vitesse que mes réflexes ont à peine le temps d'estimer.
Après avoir agité les membres en l'air dans un espoir salutaire d'équilibre, je quitte l'atmosphère tridimensionnelle de manière plutôt douloureuse. Ce sont mes orteils qui tâtent l'horizon en premier, envoyant un stimuli nerveux correspondant à ma position dans l'espace au dessus du plan. Par la même jaillit un influx de douleur signalant à mon organisme les quelques déchirures dues à mon inévitable célérité, qui m'octroie une force d'impact vertical beaucoup plus important que celui qu'il ne peut amortir en temps normal.
L'onde de choc s'opposant à la réaction du sol se propage de bas en haut de mon corps : alors que mes chevilles se plient, mes tibias tournent autour, rapprochant irrémédiablement mes genoux de l'herbe. Pendant ce temps, mes fessiers ont également poursuivit leur course, suivis du reste de mon tronc. Je dois complètement absorber l'énergie de pesanteur condensée depuis trois mètres, si je ne veut pas me fêler quelque chose.
Mon dos se voute, mes bras se tiennent bandés, pas tout à fait tendus, mais prêts à se plier comme mes jambes dès le premier contact des mains. En une fraction de seconde, me voilà donc roulé en boule, tassé, écrasé contre le sol, alors que je n'ai pas terminé d'encaisser la vitesse. Ce saut ne saurait se satisfaire d'un simple groupé pour digérer mon poids, c'est pourquoi je me laisse pencher en avant, sans chercher à freiner mon inertie, entamant ainsi une roulade d'urgence plutôt aléatoire.
Derrière moi, j'entends mes poursuivants se presser à mes trousses.
Leurs chaussures de bureau en cuir me permettent une petite avance qu'ils semblent vouloir négocier avec détermination à coups de neuf millimètres, dont les détonations résonnent comme un concert de tonnerre dans mes oreilles.
Dos à la scène, je continue donc mon mouvement giratoire sensé gérer avec efficacité et sécurité mon élan au profit de ma fuite rapide, et en bon état. Lorsque je me sens ralentir, j'attends de me retrouver sur le dos.
A ce moment là, mes coudes dépliés aident mes mains qui se posent sur le sol à me hisser. Je tends les jambes et me retrouve ainsi debout, dans le sens de la course, et avec une dose encore suffisante d'élan pour filer devant moi.

Mes poumons me brulent, mon cerveau explose, mes muscles tressautent en de difficiles crampes.
Je pénètre dans la forêt à toute allure, sans prendre la peine de constater que mes articulations se sont échauffées pendant ma chute. Les bras tendus, je fends la végétation lacérante. Les coups de fouets s'enchainent sur ma peau légèrement meurtrie, et aveuglé, je cours à en perdre haleine aux abords de la ville.
Pendant ce temps, les gardes du corps de Max Lechérant se sont arrêtés en haut de la muraille.
Après avoir rechargé leurs ustensiles, il canardent à nouveau à tout-va, suivant à peu près le mouvement des feuillages bousculés. Visiblement aussi adroits au tir que des méchants de cinéma, ils entreprennent la désescalade maladroite de l'amoncellement de rochers cimentés entre deux hauteurs de terrain. Leur course dérivée des rues de la vielle ville aux champs les mènent à présent dans des territoires désavantageux, et c'est avec hésitation qu'ils descendent dans la forêt.
Alors que les premiers remontent leurs manchettes et s'accroupissent dans le vide, un des hommes en noir pose son doigt à son oreillette, et informe par onde interposée l'avancement de la poursuite. S'ensuivent un silence et une grimace.
Le quatrième et le dernier osent le grand saut, se vautrent dans l'herbe recouverte de feuilles mortes, et se relèvent en époussetant leurs costumes. Assez inefficacement, d'ailleurs, chaque claque donnée à l'étoffe étalant les morceaux de terre humide de cette après-midi d'automne.
Lorsqu'ils se retrouvent tous en bas, je suis déjà loin.
Je les imagine relever leurs lunettes de soleil et tenter de flairer intuitivement ma piste.
Le souffle court, je m'arrête et m'adosse à un tronc bordant un ruisseau forestier.
La réalité est que je n'ai absolument rien de prévu pour la suite. Le matin de ce mardi avait commencé tout à fait ordinairement au vernissage de l'exposition centrale, sponsorisée par le parrain du village. Les photos dans la pellicule, je m'apprêtais à interroger quelques personnalités présentes lorsque je fus intrigué par la disparition du mafieu à l'intérieur d'un passage on ne pouvait plus secret, à savoir derrière une bibliothèque. Abandonnant tout devoir professionnel, je me glissais alors à sa suite, et au détour d'un colimaçon rocailleux moyenâgeux, je tombais sur une scène que je n'aurais probablement pas dû interrompre par le flash de mon appareil photo reflex.
Après une fuite revigorante d'un point de vue cardiaque, je vérifie donc que mon téléobjectif soit encore intact.
Parfait, aucun impact de balle venu déloger le dilemme auxquel je fais face : un scoop qui me vaudrait une renommée mondiale contre ma probable meilleure revente de photo à particulier. Après tout, si je multiplie la quantité de rouge par quelques milliers d'euros, je peux vite arriver à un bon prix.
Quoique, c'est sans compter qu'il aurait tôt fait de me remplacer sur la scène.
Et j'imagine qu'il n'en aura pas que l'envie après ce coup foireux.
Du coup je n'ai qu'une alternative.
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Je dois appeler, et signaler au monde ce que certains biens pensants convoitent depuis longtemps : des preuves d'inculpation à l'encontre de Maxime Lechérant. Je vois d'ici le tableau.
Scandale aux prud'homme, médiatisation effrénée. Cet oiseau de la nuit sera vu au grand jour, et les micros ne sauront retranscrire ses plaidoiries. J'entends déjà sa voix douce me snober une interview à la sortie du tribunal, et là suite en prison…
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