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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Une poursuite, le retour

Auteur Sujet: Une poursuite, le retour  (Lu 1324 fois)

Hors ligne loana90

  • Calliopéen
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Une poursuite, le retour
« le: 17 Novembre 2012 à 09:30:41 »
J'ai beaucoup aimé cette idée de "poursuite au milieu d'un roman" de Xelaez, voilà pourquoi je vous soumet ma poursuite à moi.

(texte corrigé. Merci pour vos conseils ! )



16 février 2012
01h14

  « Vite ! Vite ! »
   Sevastian perd la main qu’il tenait agrippée, se retourne, essoufflé. Gaia s’étale encore une fois, perdant l’équilibre, sous les pas plus prononcés de ses deux frères. La forêt attenante à la bâtisse, en contrebas, a pris un teint orageux. La neige, bleue par endroit, leur indique le chemin, cependant ils préfèrent le contourner. Instinct de survie. Quelques arbres déracinés leur bloquent la route, pour passer plus vite, ils portent à tour de rôle la petite sœur à la taille avant de la reprendre par le bras. Peu vêtus, ils tremblent de froid, Alejei a donné son pull à la fillette aux sandales d’été. Avec complication leur pas s’intensifient et leurs cœurs s’emballent, tentant de mettre de la distance entre eux et la meute qui rôde.
   Ils leur ont laissé une demi-heure.
   Le sol, farceur, avale leurs mouvements, dispersent les indices qui auraient pu les faire s’enfuir du laborieux labyrinthe. Ephémère sursis que le leur, car déjà au loin, les aboiements humains se font entendre. Des premiers coups de feu retentissent. Sevastian s’arrête brusquement, porte Gaia jusqu’aux premières branches solides d’un arbre, la poussant à grimper plus haut.
  «Je veux pas ! J’ai peur toute seule ! » crie-t-elle en se débattant. Mais Sevastian reste calme, évitant ainsi de l’inquiéter un peu plus.
  « S’il te plait Gaia. On revient vite chercher du secours. Là ils ne te trouveront pas. S’il te plait.»
   Ils disparaissent aussi vite, en un point blanc, hors du champ de vision de Gaia qui se met à pleurer.
   Ils courent à en perdre haleine, se prennent le visage dans de fourbes petits arbustes, les pieds dans des racines tressées sorties du sol glacial. Les aboiements humains sont plus vifs. Ils savent déjà qu’ils n’y échapperont pas. Ils s’arrêtent net et regardent le ciel blanc. Aucune étoile. Un brouillard s’est formé tout autour d’eux. Ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
    Ils sont là. Tout proche. L’inhumanité exploitée jusqu’au dernier fil. Même un adulte n’aurait pu y échapper.
   Ils sont soudainement bloqués par un haut grillage de fer qui dépasse les plus hautes cimes. Le longent quelques instants sur quelques mètres, le secouent pour le faire tanguer. Il n’y a pas de sortie de secours, ils le savent.
  «On fait quoi Sevastian ? » pleure Alejei.
   Le grand frère se laisse tomber à genoux. Quinze minutes de course intensive pour rien. Son courage avorté d’un coup. Il espère de toutes ses forces qu’ils ne trouveront jamais Gaia..
  «Je sais pas. Ils vont arriver. Je sais pas.»
   Peur panique. Alejei se laisse mollement tomber près de son frère, fixant le peu d’horizon visible. Colle ses joues écarlates contre la chevelure brune humide et se met à pleurer de plus belle. A douze et treize ans, ils n’ont pas encore la capacité de survivre dans un monde hostile qui traque leurs moindres faiblesses.
   Les autres enfants ont disparu, dispersés chacun de leur côtés. Peut-être que regroupés ils auraient eu plus de chance de leur échapper. Mais la peur, la terreur, trop présente, les a empêché de réfléchir. Affaiblis par la faim, la soif, le manque de sommeil.  La Olms avait tout fait pour les épuiser au maximum.
   Sevastian rehausse la tête, regarde autour de lui. Il attrape une branche à ses pieds, la manie un peu pour tester sa solidité, puis se lève, regarde son frère d’un air dépité.
  «Pardon.» fait-il avant de lui donner deux violents coups à la tête. Alejei n’a pas eu le temps de voir quoi que ce soit, il glisse doucement sur la neige. Son nez saigne un peu. Sans perdre de temps, il creuse d’un geste maladroit un large trou pas trop profond dans la neige, ses doigts nus brûlent de douleur, il n’y pense pas. Alejei ne souffrira plus. Il glisse son frère dans le trou, le recouvre de branchages, entend plus prestement les voix rieuses qui accourent, pousse la neige sur les branchages. Puis il se lève, tente d’effacer ses pas derrière lui et court à en perdre haleine de l’autre côté de la forêt. De petits mobile homes en bois font leur apparition, dispersés ici et là entre les arbres dégarnis. Il ne s’y arrêtera pas, sentant le traquenard à plein poumons. Il entend d’autres coups de feu, des cris, des éclats de voix qui harcèlent son ouïe.
   Soudain il perd l’équilibre. Quelque chose lui a transpercé l’épaule, par derrière. Son oreille siffle. Il s’affale de tout son long, face contre glace, voit dans une vision troublée  des rangers couvertes de neige près de lui. Une poigne dans une mitaine de cuir le soulève par le haut de son t-shirt mouillé.
  « Trop facile. » entend il, oppressé par la terreur. L’homme le tenaillant, la trentaine bien faite, porte une parka et un treillis noir, les cheveux rasés de près, le visage vorace qui imite par moquerie la terreur de Sevastian. L’enfant ne se lamente pas, il se débat et récolte de prompts coups de pieds dans les jambes. L’homme le traine jusqu’à l’un des mobile homes, le pousse à l’intérieur et ferme la porte derrière lui. Sans heurts il l’enchaine à un radiateur mural, les poings dans le même nœud d’une corde solide.
  «J’ai pas peur de vous ! » crie avec ardeur l’adolescent engourdi, se débattant comme un diable, faisant un mal de chien à son épaule perforée.
   L’empereur sourit.
   La pioche grince sur le sol de terre.
« Modifié: 18 Novembre 2012 à 09:28:31 par loana90 »

Hors ligne Ham

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Re : Une poursuite, le retour
« Réponse #1 le: 17 Novembre 2012 à 14:15:32 »
Bonjour,

Citer
  Le sol, farceur, instable, avale leurs mouvements
Je trouve que "instable" est de trop et que si on l'enlève l'image est mieux respectée (c'est subjectif hein ;) )

Citer
Des premiers coup de feu retentissent.
coups

Citer
La ils ne te trouveront pas.


Citer
Même un athlète, un adulte n’aurait pu y échapper.
redondant je trouve athlète suivi d'adulte

Citer
ses doigts nus brûlent de douleur, or il n’y pense pas.
le or est étrange

Citer
De petits mobile homes en bois font leur apparition, dispersées ici et là entre les arbres dégarnis
dispersés

Citer
Ils entend d’autres coups de feu, des cris, des éclats de voix qui harcèlent son ouïe.
Il

Citer
les cheveux rasé de près
rasés

Pour la forme tu as un bon style d'écriture, j'aime bien, c'est fluide. Pour le fond, ça m'a un peu frustré. Je veux dire, à part les liens familiaux des traqués, on ne sait rien finalement sur leur histoire, le pourquoi du comment.  Pour moi, il faudrait quelque chose qui explique, une fin qui ferai que nous, lecteurs, à la fin de l'histoire on fasse dans notre tête: "Aaaaaaah, c'est donc ça".  En fait je pense que c'est tout simplement le thème que tu as choisi qui ne m'a pas conquis...

Au plaisir de te lire,
Cdt,

Hors ligne loana90

  • Calliopéen
  • Messages: 429
Re : Une poursuite, le retour
« Réponse #2 le: 17 Novembre 2012 à 15:28:55 »
Oui, c'est une partie de mon roman, c'est pour ça qu'il y a des zones d'ombres. Merci pour les corrections !

Hors ligne Zacharielle

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Re : Une poursuite, le retour
« Réponse #3 le: 17 Novembre 2012 à 16:29:46 »
Salut loana,

Je vais dans le détail, hein, en espérant que ça puisse t'aider. Sers-toi librement dans mes remarques !

Citer
Sevastian perd la main qu’il est en train d’agripper, se retourne, essoufflé.
tu peux pas perdre une main  en même temps que tu l’agrippes uhuh
Par contre tu peux dire « Sevastian perd la  main qu’il tenait agrippée » ou « sent glisser la main »

Citer
Gaia s’étale souvent
souvent ? bizarre ! enfin au beau milieu d’une scène d’action je veux dire. Si tu veux dire que c’est déjà arrivé je te conseillerais « s’étale encore une fois » ou « Ce n’est pas la première fois que Gaia s’étale dans leur course. Elle a du mal à soutenir… »

Citer
sous les pas plus prononcés de ses deux frères
les pas prononcés, je ne saisis pas trop ce que ça veut dire. Plus vifs ?

Citer
La neige, bleue par moment
par endroits ( ?)

Citer
leur indique le chemin, or ils préfèrent le contourner
Malgré tout ? Cependant ? Je trouve que la conjonction or ne convient pas. 

Citer
Quelques arbres déracinés leur bloque la route
bloquent

Citer
Quelques arbres déracinés leur bloque la route, souvent ils portent à tour de rôle la petite sœur à la taille pour la passer de l’autre côté, puis la reprennent par le bras.
la route. Pour les passer plus vite, ils soulèvent leur petite sœur par la taille avant de la reprendre par le bras (<- qu’une proposition hein). En fait ce qui me gène c’est le « souvent » qui évoque plutôt l’habitude : ça ne cadre pas avec une scène de poursuite.

Citer
Peu vêtus, il tremblent de froid
ils

Citer
Avec complication leur pas s’intensifient et leurs cœurs s’emballent, tentant de mettre de la distance entre eux et la meute qui rôde.
hum tes pas se sont déjà intensifiés de façon compliquée ? Qu’est-ce que tu veux dire ? « Tentant de mettre de la distance… ils accélèrent encore le rythme »

Citer
Ils leur ont laissé une demie heure.
demi-heure

 
Citer
Le sol, farceur, instable, avale leurs mouvements, dispersent les indices
farceur ça ne correspond pas au ton du texte. Plutôt imprévisible ? / disperse

 
Citer
Ephémère sursis que le leur, car déjà au loin, les aboiements humains apparaissent.
apparaître c’est quand même + pour la vue. Se font entendre ?

Citer
«Je veux pas ! J’ai peur toute seule ! » crie t’elle
crie-t-elle

Citer
Mais Sevastian reste calme, évitant ainsi de l’inquiéter un peu plus.
reste calme, veut éviter d’inquiéter sa sœur (ainsi c’est trop démonstratif)

 
Citer
« S’il te plait Gaia. On reviens
revient

Citer
Aucunes étoiles
singulier dans ce cas ;)

Citer
Un brouillard s’est formé tout autour d’eux. Ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
! dans ce cas ils n’ont pas besoin de lever le nez pour voir qu’un brouillard les entoure. Et le brouillard ne peut pas arriver d’un coup. Tu pourrais dire « ils foncent tête baissée avant de s’arrêter, tout à coup. Sans s’en apercevoir, ils se sont engagés dans une nappe de brouillard : impossible maintenant de se repérer. » ? Quelque chose comme ça.

Citer
  «Mon dieu… » prononce Alejei en dernier recours.
dit, tout simplement. Pourquoi en dernier recours ? C’est bizarre comme formulation.

Citer
Ils sont soudainement bloqués
ah mai tu n’as pas dit qu’ils s’étaient remis à courir ^^

Citer
par un haut grillage de fer qui dépasse les plus hautes cimes
la vache mais c’est haut ça quand même

Citer
Le suivent quelques instants sur quelques mètres
Le longent sur quelques mètres ?

Citer
le secoue pour le faire tanguer.
le secouent

Citer
Le grand frère se laisse tomber à genoux après quinze minutes de course intensive.
à genoux. Quinze minutes de course intensive pour rien.

Citer
Son courage avorté d’un coup.
cool !
J'ai bien aimé aussi les racines tressées.

Citer
Peine perdue au fond de lui.
Mais au fond, il n’y croit pas vraiment. ( ?)

Citer
Elle y passera et se force à ne pas se mettre des images répugnantes en tête.
Elle y passera. Il doit juste s’interdire de se mettre des images…

Citer
les a empêché de réfléchir
empêchés

Citer
Il attrape une branche morte à ses pieds
une branche tout court (une branche morte ça donne pas trop l’idée de la solidité)

Citer
Alejei n’a pas eu le temps de voir quoi que ce soit, il glisse doucement sur la neige.
et ? point ? sépare les deux, ça donnera plus d’intensité je pense.

Citer
prend son pouls. Il respire toujours
cherchez l’erreur :mrgreen:

Citer
Sans perdre de temps, il creuse d’un geste maladroit un large trou pas trop profond dans la neige, ses doigts nus brûlent de douleur, or il n’y pense pas.
mais plutôt que or (contradiction)

Citer
entend plus prestement
plus prestement ??

Citer
Il ne s’y arrêtera pas
arrête

 
Citer
« Trop facile. » entend il, oppressé par le calvaire.
oppressé par le calvaire ? Entend-il, loin derrière la douleur ?

Citer
Il lui retire ses chaussures, les jette par la fenêtre qui laisse entrer un terrible courant d’air.
?? pourquoi ?? Il faut quand même 1) qu’il délace les chaussures 2) qu’il les retire 3) qu’il ouvre la fenêtre 4) qu’il les jette 5) qu’il ferme la fenêtre. Enfin, si tu tiens à ce qu’il lui enlève ses chaussures, il peut juste les balancer à l’autre bout de la pièce mais là j’ai l’impression que c’est se donner beaucoup de mal pour pas grand-chose.



Ah, ok, ça fait partie d’un truc plus long. Tant mieux, parce que tel quel on a pas trop les enjeux donc c’est difficile de ressentir de l’empathie pour les personnages et la ‘chute’ n’en ai pas vraiment une. En tout cas, je pense que si tu veux travailler ce texte en tant que scène de poursuite, il faut rythmer davantage, qu’on sente la fébrilité avec des phrases plutôt courtes et simples, aller droit au but. Éviter aussi les verbes de dialogue trop compliqués, un « dit-il » « fait-elle » est souvent plus efficace. N’oublie pas non plus de mettre en avant les pensées des personnages, leur ressenti (pas seulement physique mais la peur aussi). Je pense que si tu essayes d’apporter plus de crédibilité (par exemple la grille aussi haute que les cimes, ça me paraît impossible mais bon après je n’ai pas le roman autour), cette scène sera plus solide. Attention aux fautes aussi ! Corrige-les stp, ce sera plus agréable pour tout le monde.


Au plaisir !

Hors ligne Zacharielle

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    • au bord du littéral
Re : Une poursuite, le retour
« Réponse #4 le: 18 Novembre 2012 à 11:24:14 »
Je pense que c’est mieux comme ça ! Cependant j’ai encore repéré quelques petites choses mais promis après j’arrête lol

Citer
Gaia s’étale encore une fois, perdant l’équilibre, sous les pas plus prononcés de ses deux frères.
supprime la virgule entre l’équilibre et sous les pas

Citer
La neige, bleue par endroit
endroits

Citer
Quelques arbres déracinés leur bloquent la route, pour passer plus vite, ils portent
leur bloquent la route point. Pour passer plus vite…

Citer
Le sol, farceur, avale leurs mouvements, dispersent les indices
disperse

Voilà voilà...
A bientôt !

Hors ligne Loïc

  • Vortex Intertextuel
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  • Prout
Re : Une poursuite, le retour
« Réponse #5 le: 18 Novembre 2012 à 11:41:46 »
Citer
Quelques arbres déracinés leur bloquent la route, pour passer

Il faudrait une coupure plus forte. Genre un point ou point virgule.

Citer
tentant de mettre de la distance entre eux et la meute qui rôde.

Pas super fan de cette formulation avec tentant.

Citer
Le sol, farceur, avale leurs mouvements, dispersent les indices qui auraient pu les faire s’enfuir du laborieux labyrinthe.
Disperse. Qui auraient pu leur permettre de s'enfuir? Tel quel je trouve la formulation un peu lourde.

Citer
de leur côtés

Côté

Citer
entend il,

Entend-il

J'ai peut-être fait quelques doublons avec Zach.
Globalement pas mal, même si parfois j'ai eu du mal avec ta façon de raconter, mais c'est aussi personnel hein. Sinon oui, comme Zach le disait, sans le contexte autour, on s'attache un peu moins aux personnages mais c'est intéressant.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne loana90

  • Calliopéen
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Re : Une poursuite, le retour
« Réponse #6 le: 18 Novembre 2012 à 12:20:13 »
Merci pour les corrections !  ;)

 


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