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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Défi] Existence fantomatique parasitaire

Auteur Sujet: [Défi] Existence fantomatique parasitaire  (Lu 1188 fois)

Hors ligne Pisse tache

  • Tabellion
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[Défi] Existence fantomatique parasitaire
« le: 11 Novembre 2012 à 17:58:51 »
Voici l'intitulé du défi :
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Je veux que tu me raconte l'histoire du pauvre monsieur Dupont, un type qui a vraiment pas de chance, puisque non seulement il vient de mourir étouffé par un brownie mal avalé, mais en plus son âme refuse de monter au ciel: résultat il se transforme en fantôme, et il doit absolument prendre possession d'un corps/objet pour survivre. Bien sûr les problèmes ne s'arrêtent pas là, puisque notre héros ne peut pas rester plus de dix secondes chez le même hôte, il doit donc jongler entre les corps comme un fou furieux et tenter en même temps de trouver un moyen de s'en sortir  :D

Aujourd'hui, il n'est pas allé travailler. Ce matin, il s'est levé à six heures et demie, comme d'habitude, pour pouvoir arriver vers sept heures cinquante. Mais voilà, il l'a bien senti en prenant son petit-déjeuner, puis sous la douche, puis en enfilant son costume... quelque chose ne tournait pas rond. Il a passé la porte. En ce mois de décembre et à cette heure, les lampadaires de sa rue éclairaient encore la nuit... mais ce matin ils le faisaient tristement, leurs petites lumières jaunes semblaient flotter dans l'air froid et cruel, elles apposaient un petit éclat orangé sur sa voiture qui devait l'emmener au travail. Étrangement, c'est en voyant cela qu'il a compris qu'aujourd'hui, il n'y arriverait pas... Il est alors parti à pied, sans prévenir personne, il avance au hasard depuis ce matin, il veut s'enfuir là où l'air n'est pas triste. Il est midi, Arthur Dupont, pensif, dévore un sandwich assis sur un banc dans un parc urbain.

Arthur Dupont... quel nom agaçant ! Le drame, c'est qu'il le porte bien. Il ne peut pas en vouloir à son père de lui avoir refilé cet héritage banal et insipide, qui le prédestinait dès la naissance à devenir, un jour, un de ces « Monsieur Dupont » ; une marionnette mouvante qui voit sans passion sa vie défiler à travers son regard amorphe. Il se souvient de ce qu'il était hier encore, alors qu'il jouait à l'adulte : il débarquait au bureau en costume dans sa foutue polo noire, et partout d'autres adultes convenables l'appelaient dans tous les sens, avec leur ton formel répugnant « Monsieur Dupont ! »... et voilà qu'ils ont besoin de son avis à propos de tel projet, de sa signature nécessaire pour commencer telle couillonnade... Ils l'ont attrapé, avec leurs petits bras sans rêves, et l'ont enfermé dans leur bac à sable, l'ont forcé à jouer à leur jeu, un jeu pas drôle avec plein de règles débiles dont le but principal consiste à oublier que l'on joue, à considérer les idioties que l'on bricole comme importantes, et surtout convenables. Et voilà, sans même s'en rendre compte, il était devenu M.Dupont, alors que quelques années plus tôt, il s'appelait encore Arthur, d'abord sale gosse facétieux, puis étudiant bordélique, mais vivant. Monsieur Dupont a fêté ses trente ans avant-hier.

Le sandwich est mauvais... il s'en doutait : le snack dans lequel il l'a acheté n'inspirait pas confiance, il puait le travail mal fait. La preuve : dans une dernière tentative pour attirer le client, le patron offrait un brownie avec l'achat d'un sandwich «demi-baguette». Un petit brownie tout sec et dégoûtant. M.Dupont attend de digérer un instant et réunit un peu de courage avant de s'attaquer à ce dessert repoussant, histoire de ne pas gâcher.

Tout en observant le brownie avec circonspection, M .Dupont se promet de commencer une nouvelle vie dès aujourd'hui, il veut redevenir Arthur, n'importe quel Arthur. Il quittera sa femme, qui ne présente plus d'intérêt pour lui que pour sa partie de jambes-en-l'air hebdomadaire sans passion, autant dire écœurante, une obligation vicieuse, une façon de tuer presque sans plaisir ses pulsions, de les tuer parce qu'elles ne sont pas convenables pour un M.Dupont, il en fait des cauchemars. Il partira, dès demain, n'importe où, très loin, il s'approchera des autres, il sourira aux étrangers, il s'offrira tout entier à n'importe qui, se lancera à corps perdu dans chacune de ses passions et crachera une bonne fois pour toute sur le monde des adultes en costume et leur arrogance mal placée ! Il est tout excité : à trente ans, il vient de se décider à vivre, tout commence maintenant, ici, dans ce parc ! Sur ces pensées, il ingurgite avec enthousiasme le petit brownie morbide... et s'étouffe. Destin cruel !

Alors que le gâteau marron se tasse dans sa trachée comme un petit tas de plâtre, il tente de hurler mais ne crache que d'affreux postillons au chocolat bon marché, il panique, s'effondre, plus moyen d'aspirer le moindre litre d'air. Quelqu'un arrive, des pas doux, un bruit de talons, une odeur fruitée, suave. Un visage angélique se penche sur son être à moitié désincarné, il l'observe avec ses yeux écarlates : des vaisseaux sanguins ont explosé et son teint vire au rouge bleuté. Il applique pourtant son nouveau principe de vie et lutte comme un damné pour lui sourire. Elle lui rend un regard amical, avec un calme presque inhumain dans cette situation, il la trouve belle, il va s'en sortir, il se servira de ce jour où elle lui a sauvé la vie comme d'un prétexte pour l'approcher, elle tombera amoureuse, il l'épousera et ils s'enfuiront à deux très loin, ils vivront de passion et d'art et mourront sans regret à cent ans. Elle tente vaguement de lui faire recracher ce qui lui obstrue la respiration, en appuyant sur son plexus comme elle l'a vu dans certaines séries américaines, mais sans succès, elle s'y prend mal, elle voit bien que ses yeux se vident.

Et voilà, il lui sourit en mourant, elle lui rend un regard tellement triste, tellement plein de résignation et de pitié qu'il comprend que le brownie aura raison de lui, son corps rend les armes petit à petit, il doit le quitter, suivre ce petit crochet qui lui attrape l'âme pour l'emmener là-haut... loin d'elle, trop loin, il ne veut pas la quitter si vite, juste après l'avoir trouvée. Il lui reste un peu de force, le crochet insiste, il le repousse, il veut rester dans son corps jusqu'à la fin. Il la regarde alors qu'elle appelle le SAMU en pleurant. Et puis voilà : le crochet se vexe et rentre au ciel sans lui, Arthur s'entête à s'enfermer dans son corps en naufrage, il y reste une minute, peut-être deux, mais le corps refroidit, il n'y a plus de place pour lui, il n'y en a plus que pour sa viande. Arthur s'en va, le crochet est définitivement parti, plus moyen d'aller au ciel, lorsqu'il saute il s'écrase au sol comme un vivant, il aurait vraiment cru que les fantômes volaient. Il attend quelques secondes, regarde les médecins emmener son corps comme un déchet... et remarque qu'il s'étiole. Sa substance de dissout petit à petit dans l'air, il est en train de s'anéantir au sens le plus littéral du terme.

Voilà donc dans quelle situation il se trouve : impossible d'aller au ciel car le seul moyen d'y accéder lui fait la tronche... mais impossible de rester sur terre en tant que fantôme, car sans corps, les âmes disparaissent, elles diffusent rapidement comme le ferait une goutte de colorant dans un lac, elles résistent peut-être dix secondes, pas plus. Il doit se trouver un réceptacle pour rester entier : il cherche la femme qui avait tenté de le sauver, l'idée de partager sa vie, et surtout son corps, lui plaît... mais elle n'est plus là. Un chien passe par là, un labrador tout sale, c'est ça ou le néant.

Arthur voulait changer de vie, il était plein d'espoir il y a deux minutes encore, mais le voici maintenant en train d'aboyer et de pisser partout dans un parc. Il n'a aucun contrôle sur le comportement de son hôte, celui-ci court partout, sans but, son maître doit traîner quelque part mais M.Dupont n'arrive pas à l'identifier. Il tente de fuir ce corps pour en habiter un autre : impossible. Il émet alors l'hypothèse qu'il devra rester un chien jusqu'à la mort du quadrupède, et qu'il pourra alors changer de corps. Erreur ! Il se retrouve tout à coup éjecté, il aura parasité ce sac à puces pendant dix secondes, et celui-ci l'aura simplement emmené d'un bout à l'autre du parc, il se retrouve une nouvelle fois dehors, en train de disparaître... Il y a donc une limite temporelle à ses possessions : il reste environ dix secondes dans chaque corps avant d'être expulsé.

Coup de panique ! Cette fois, rien de vivant aux alentours, il est seul à côté d'une poubelle. Il ne peut pas mourir sans essayer d'y entrer... aussi étonnant que cela puisse paraître, Arthur découvre alors que les objets peuvent aussi abriter une âme. Cela lui laisse un répit... il réfléchit un instant. Il ne peut rien faire pour appeler le crochet, il ne reviendra d'ailleurs peut-être jamais, l'heure est à la survie, il va devoir se débrouiller pour trouver un hôte toutes les dix secondes, en priant pour qu'une autre proposition d'aller au ciel se présente à lui, quand il aura assez souffert pour pardonner son refus fait à Dieu lui-même. En attendant, pour se motiver, il se décide à retrouver la belle inconnue, en avançant de corps en corps, c'est sa dernière lueur d'espoir, elle avait l'air si douce... La poubelle l'éjecte alors qu'un vieux bonhomme a l'air salace passe par là pour jeter de vieux papiers gras, Arthur ne se fait pas prier pour le hanter à son tour. Il entend ses pensées et ressens tout comme lui, c'est un sale bonhomme de l'intérieur, il se tripote à travers sa poche en public, ça ne se voit pas de l'extérieur à cause de son long manteau... Ça explique son regard vicieux. Il regarde le SAMU en train de quitter le parc avec le corps déjà refroidi, puis son regard se détourne vers une jolie paire de fesses qui elle aussi quitte le parc... Et Arthur reconnaît son inconnue à son manteau, ce vieux salopard la suit en se tripotant, s'il avait un corps il lui casserait la tête, il entache sa pureté comme s'il chiait dans la neige.

Cependant, c'est un vaisseau fabuleux pour pouvoir finalement partager la vie de cette femme, dont il pense déjà être tombé amoureux... Ce mec la suit, très bien ! Il n'a qu'à partager son corps, puis hanter son manteau une fois éjecté... et une fois expulsé de son manteau, il retournera dans le vieux pervers, et ainsi de suite. Ainsi, il avancera vers elle, et dès lors qu'il sera suffisamment proche, il la hantera jusqu'à chez elle, puis hantera sa maison... pourquoi pas son pommeau de douche le matin ? Ses chaises lorsqu'elle est assise dessus ? Quand elle sera triste, il entrera en elle et la consolera de l'intérieur, quand quelqu'un lui fera du mal, il possédera son corps et trouvera un moyen de lui nuire, il a forcément des points d'accroche sur ses hôtes, il suffit de les trouver. Il partagera sa vie et fera de son bien-être la raison de cette absurde existence fantomatique parasitaire... une raison suffisamment intéressante pour lui permettre d'attendre le retour du crochet...

Tout en utilisant le vieux dégoûtant comme taxi, Arthur se rend compte que ses hypothèses sont vraies : il possède un moyen d'altérer les pensées de ses hôtes lorsqu'il s'agit d'humains. Il en profite pour infliger encore plus de désordres psychiques à ce gros dégueulasse qui ne devrait plus tarder à se foutre en l'air après la visite de son fantôme... il parvient aussi à l'emmener tout près de sa belle inconnue, pour enfin prendre possession de son enveloppe charnelle.

Elle rentre chez elle, elle pense à cet homme qui vient de mourir dans ses bras. Il était moche avant même de s'étouffer, mais alors... Ses yeux injectés de sang, sa grosse langue bleue qui sortait en faisant de l'écume... Elle a essayé de le sauver, par réflexe, il lui a rendu un sourire malsain, comme pour lui dire « regarde bien, ça t'arrivera à toi aussi, si je pouvais je t’emmènerais avec moi». Elle en pleure encore à grands sanglots dans la rue. Elle le plaint, mais quel affreux bonhomme ! Et quelle dégaine dans ce costume bon marché, encore un pantin à moitié chauve et vide à l'intérieur. Sa mort n'est pas si triste, plein de gens meurent tous les jours et il ne semblait pas valoir grand-chose, mais pourquoi lui montrer, à elle ? Par volonté de hanter ses nuits, par jalousie ? Heureusement, elle rentre chez elle, elle pourra retrouver son fiancé, qui lui est beau et bien vivant, elle pourra pleurer un instant dans ses bras pour oublier tout ça.

Arthur est alors rendu à la rue, libéré des pensées de son affreuse inconnue, dix secondes lui auront suffit. Une mouche passe par là mais il n'a plus le courage. Il se dissipe dans l'air.

Edit : je viens de
« Modifié: 11 Novembre 2012 à 22:08:07 par Pisse tache »

World End Girlfriend

  • Invité
Re : [Défi] Existence fantomatique parasitaire
« Réponse #1 le: 11 Novembre 2012 à 19:55:15 »
L'idée est magique... Oh wait c'est la mienne  :P (moment de modestie: check)

Bon ben j'ai bien aimé, surtout la première partie, après c'était un poil plus lourd, on se perdait un peu dans les explications, mais en général ça reste vraiment bon.
Mention spéciale pour la fin et les faux espoirs, sacrément bien trouvé.
Donc voilà, défi validé de bien belle manière.

Ps: Le pire c'est que j'ai commenté en mangeant un brownie ><

Hors ligne Pisse tache

  • Tabellion
  • Messages: 26
Re : [Défi] Existence fantomatique parasitaire
« Réponse #2 le: 11 Novembre 2012 à 20:41:44 »
Je suis sûr que tu mangeais aussi un brownie quand tu as eu l'idée ::). T'es un homme-chocolat qui se nourrit exclusivement de brownies, faut assumer.

Ah oui pour les explication, ça m'étonne pas que ce soit un peu obscur, j'ai pas fait attention ! Tu fais bien de me le dire. Enfin en même temps c'est assez coton à expliquer et à justifier, comme idée tordue :P

Enfin, content que ça t'aie globalement plu... Quant à moi, ça m'a forcé à écrire (ça faisait longtemps) et m'a fait comprendre que ce thème du mec qui veut changer de vie et qui n'arrive qu'à tout perdre et à poursuivre des chimères avant de s'en prendre plein la gueule, c'est ma marotte en ce moment, je trouve l'idée vachement forte. Je vais peut-être m'y engouffrer plus sérieusement pour un texte libre plus abouti, sans contraintes, cet défi me servira peut-être de starting-block, voire de premier jet.

Hors ligne Loïc

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Re : [Défi] Existence fantomatique parasitaire
« Réponse #3 le: 19 Novembre 2012 à 21:25:08 »
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Mais voilà, il l'a bien senti en prenant son petit-déjeuner, puis sous la douche, puis en enfilant son costume... quelque chose ne tournait pas rond.

C'est un tout petit détail, mais j'aurais plutôt vu deux points.

Ca fait bizarre la transition du passé composé vers l'imparfait.

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sur sa voiture qui devait l'emmener au travail

Sur sa voiture c'est bizarre, mais sur la voiture occulte le fait que c'est la sienne. Hum. A la fin du paragraphe, tu retournes au présent. Un peu trop de points de suspension à mon goût.

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Tout en observant le brownie avec circonspection, M .Dupont se promet de commencer une nouvelle vie dès aujourd'hui, il veut redevenir Arthur, n'importe quel Arthur.

Tu gagnerais à revoir la ponctuation de cette phrase, le rythme est un peu bancal.

La mort du mec est quelconque. Enfin, j'ai un peu de mal à être dans le bon ton. Ca aurait pu être plus comique je trouve.

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Arthur voulait changer de vie, il était plein d'espoir il y a deux minutes encore, mais le voici maintenant en train d'aboyer et de pisser partout dans un parc

J'aime! Même si la ponctuation pourrait être revue aussi.

Le mec comprend un peu vite ce qu'il lui arrive. J'imagine qu'en vrai, il faudrait un ou deux essais pour que ça soit crédible.

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Cependant, c'est un vaisseau fabuleux pour pouvoir finalement partager la vie de cette femme, dont il pense déjà être tombé amoureux... Ce mec la suit, très bien ! Il n'a qu'à partager son corps, puis hanter son manteau une fois éjecté... et une fois expulsé de son manteau, il retournera dans le vieux pervers, et ainsi de suite. Ainsi, il avancera vers elle, et dès lors qu'il sera suffisamment proche, il la hantera jusqu'à chez elle, puis hantera sa maison... pourquoi pas son pommeau de douche le matin ? Ses chaises lorsqu'elle est assise dessus ? Quand elle sera triste, il entrera en elle et la consolera de l'intérieur, quand quelqu'un lui fera du mal, il possédera son corps et trouvera un moyen de lui nuire, il a forcément des points d'accroche sur ses hôtes, il suffit de les trouver. Il partagera sa vie et fera de son bien-être la raison de cette absurde existence fantomatique parasitaire... une raison suffisamment intéressante pour lui permettre d'attendre le retour du crochet...

Le meilleur paragraphe du texte jusqu'à maintenant. J'aime beaucoup.

J'ai pas accroché plus que ça. Sur la forme, vraiment le seul vrai problème concerne pour moi la ponctuation (avec cette tendance à mettre des points de suspension un peu partout). Sur le fond, je trouve dommage parce que tu n'as pas vraiment exploité le thème comme tu aurais pu. Je veux dire, avec de la possession, même pour dix secondes, il y a de quoi faire.
Puis j'ai trouvé que tu hésitais un peu à chaque fois entre être sérieux ou plutôt sur le ton de l'humour. C'est un peu dommage aussi.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

 


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