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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Désenvoutée.

Auteur Sujet: Désenvoutée.  (Lu 1371 fois)

Hors ligne Lemli

  • Tabellion
  • Messages: 20
Désenvoutée.
« le: 14 octobre 2012 à 13:35:00 »
C'est après avoir vu, enfin, les derniers volets d'Harry Potter, et de compléter le vide désormais béant de mon compagnon d'enfance, via des tas d'anecdotes sur internet, que m'est venu en tête ce scénario. Emma Watson dans son propre rôle, harcelée par un ami fou furieux (un fan, quoi) qui la kidnappe pour la transformer en Hermione Granger à tout jamais. Alors comme l'histoire est si peu originale et que si elle voit le jour, ce ne sera de toute façon pas de mon fait (moi, l'anglais, à part game et chocolate...), j'en ai fait un poème, une chanson, un truc, histoire de laisser filer mes doigts un moment, de laisser saigner mon cœur un instant ; surtout de me débarrasser de cette idée encombrante. Et là où ça devient fort, c'est que le paragraphe d'explication est aussi long que le texte. ^^


Tu l'as embrassé, le rouquin,
C'était écrit dans le bouquin,
Mais au milieu du boucan,
Pas dans la salle aux serpents.

Je sais que tu ne l'as pas fait,
Je sais que ce n'était pas vrai,
Tu m'as toujours préféré,
Tu l'as toujours proféré.

Emma, tu as pleuré,
Quand ça s'est achevé.
Dix ans d'Harry Potter
T'ont façonné le cœur.

Et maintenant, maintenant, tu dis...
Que tu veux t'en séparer,
Que tu demandes autre chose,
Que tu retournes étudier,
Que tu dois faire une pause.

En te coupant les cheveux,
Tu m'as crevé les yeux !
En te coupant du monde,
Tu es devenue immonde !

Mais ne t'inquiètes pas...
Ta folie est passée, Emma.
Tu as pris la mauvaise voie,
Et je t'ai ramené vers moi.

Il fallait que je te frappe,
Il fallait que je te kidnappe.
Tu ne m'as jamais écouté,
Tu repoussais la vérité.

Et maintenant, maintenant, tu cris...
Que je dois te laisser partir,
Que je dois avoir pitié,
Que tu ne veux pas mourir,
Que tu pourrais me payer.

Tu n'arrives pas à comprendre
Que je cherche à te défendre
De tous ces fans épouvantables,
Encore plus fous que misérables.

Il te suffirait de croire,
De t'observer dans le miroir.
Regarde au moins comme tu es belle,
Emma, lorsque tu es réelle.

Tu croises enfin ton reflet
Et subitement, tu te tais.
Vois ce que j'ai fait de toi,
Vois qui ressurgit grâce à moi !

Tes cheveux ont repoussé,
Tu portes une robe de sorcier,
Tu sens, greffée dans ta peau,
La fameuse baguette de sureau.

Avec un sursaut de terreur,
Sans retenir un haut-le-cœur,
Tu racles ta paume dure,
Tu rouvres ta blessure.
Tu tires sur tes implants,
Te bats avec tes vêtements,
Mais tu n'y parviens pas,
Rien ne part, rien ne s'en va.

Des larmes coulent le long de tes joues.
Tu te laisses tomber à genoux.
Tu trembles de plus en plus,
Pourtant, tu ne protestes plus.

Car tu sais qu'il ne sert à rien,
Que ce sera toujours vain,
De lutter contre Hermione.
Alors, tu abandonnes.

Et maintenant, maintenant, tu vis...
« Modifié: 17 octobre 2012 à 15:05:05 par Lemli »
"Si tout est sombre autour de toi, est-ce parce que l'ampoule est cassé, ou parce que tu as éteint la lumière ?"

Hors ligne Lemli

  • Tabellion
  • Messages: 20
.
« Réponse #1 le: 17 octobre 2012 à 15:04:48 »
14 octobre : Pendant le tournage d'un film aux États-Unis, Emma Waston s'est retrouvée face à une personne qui la suit dans ses moindres faits et gestes.
Que ne feraient-on pas pour quelques commentaires...



La douleur est atroce, la main, la chair, l'os ; et ce morceau de bois qui me transperce jusqu'au bras. Je préfère ne pas regarder, je vais dégueuler. Mais rien ne n'empêche d'y penser, rien ne me permet d'oublier. Quand j'ouvre les yeux sur ce cachot hideux, tout me revient en mémoire, tout depuis ce putain de miroir ! Les vêtements, les implants, les agrafes et la colle qui les attachent ; la baguette greffée dans... couverte de sang... la plaie pleine de croûte, de cloques, de...
Arrête. Tu es prête. Tu vas le tuer. Tu vas le crever.
C'était mon ami, j'avais confiance en lui. Il me protégeait, c'est toujours ce qu'il disait. Mais non, la lettre du fou, l'homme qui me suivait partout, le mannequin pendu dans mon salon, tout ça, c'était ce salaud ! Des mois à me faire rire, des semaines à me séduire, alors qu'il ne voulait qu'Hermione, je suis vraiment trop conne ! Hermione et sa magie, Hermione et ses habits, dans la glace, à ma place, sa baguette à la main, son regard dans le mien...
N'y pense pas. Tu es Emma. Tu vas le tuer. Tu vas le tuer.
Des bruits de pas, en haut, qui descendent vers le cachot. Il arrive. Mon cœur bat la chamade, je crois que je suis malade. Et s'il n'est pas surpris, s'il lit dans mon esprit ? Il me connait, il sait, il voit tout ce que je fais. C'est un démon, un monstre, et j'ai si mal, je suis si pâle, je n'ai rien, rien que mes mains, ça n'a aucun sens, je n'ai aucune chance ! Je ne peux pas le défier, je ne peux pas lui résister ! Arrête... Tu es prête... Oh, si seulement j'étais comme elle, si seulement c'était réel, je pourrais l'attaquer, le briser... Non, n'y pense pas. Tu es Emma, Emma Watson, pas Hermione. Et tu vas le faire, tu vas y arriver. Oui, je vais le tuer, je vais le tuer...


La poignée tourne, la porte s'ouvre. Je me précipite vers lui, aussi fort que protestent mon corps et mon cœur.  Il recule, il lève les bras, mais je poursuis, je le poursuis ; et avant qu'il bouge, avant qu'il frappe, je me jette à son cou et je l'embrasse. C'est un supplice, coller mes lèvres contre les siennes, le caresser, faire semblant d'aimer – Je vais te tuer, je vais te tuer –, je sens ses muscles se décrisper, son attention se détourner, maintenant, maintenant !
Je le plaque contre le mur en l'enlaçant et je lui envoie mon genou dans les couilles. Il gémit, je recommence, il geint de plus belle, essayant de me repousser. Mais je ne m’arrête pas, je suis prête ; je la serre, la serre si fort entre mes doigts, et avec un hurlement de rage, j'enfonce la baguette dans son œil. Une giclée de sang m'asperge le visage, son cri me déchire les tympans. Il se tort de douleur, tombe ; je n'hésite pas, je prends sa tête et je l'éclate contre la pierre.
Il se débat, pieds et poings, me bat, me mord, m'étrangle. À mon tour, j'appuie ma jambe contre sa gorge, l'autre sur sa poitrine. Il cherche de l'air, avale du sang. Il cogne encore mon ventre et mes côtes, mais je ne lâcherais pas, je vais le tuer, je vais le tuer. On s'enserre l'un l'autre, un moment, une éternité. Il tente de me renverser. Je suis à bout, de souffle, de force, de tout, ma tête tourne, je vais flancher... Désespérée, je lui crève l'autre œil ; à nouveau, il crie... puis sa résistance s'affaiblit. Moi aussi. Je me sens partir, je vais m'évanouir. Alors je tape, je frappe, encore et encore, je continue à le heurter contre le sol. Les coups résonnent, les pierres deviennent rouges. Son crâne craque. Des spasmes le traversent. Mais il ne respire plus.

J'ai réussi... Je m'affale sur le côté, comme un sac. J'ai réussi, je l'ai tué ! Ces mots sonnent faux, c'est trop pour moi. Je crois que je ne me crois pas. Je dois être en train de délirer, une fois de moins, de plus, quelle différence ? En face, Hermione me fait un beau sourire. Puis mon regard s’accroche sur la porte. La porte ouverte.

"Si tout est sombre autour de toi, est-ce parce que l'ampoule est cassé, ou parce que tu as éteint la lumière ?"

Hors ligne Kerena

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  • Messages: 5 659
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Re : Désenvoutée.
« Réponse #2 le: 17 octobre 2012 à 15:11:40 »
On est pas des machines à commenter, et si tu faisais un tour sur les textes des autres de temps en temps, toi aussi ?

Oui, je suis de mauvais poil.  |-|
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


 


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