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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Fini] Motherly Love

Auteur Sujet: [Fini] Motherly Love  (Lu 3165 fois)

Hors ligne Huitieme

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[Fini] Motherly Love
« le: 14 Octobre 2012 à 13:21:03 »
Bonjour à tous,

Il s'agit pour l'instant du prologue de ce qui s'annonce comme un scénario de film catastrophe.

Voilà, à votre bon cœur messieurs dames les critiques.


Motherly Love

Prologue

La radio crachait son flot de nouvelles dans la nuit froide. Rébellions au Moyen-Orient, crise économique mondiale, manifestations en Europe. Et bien sûr, les commentateurs déblatéraient sur le tremblement de terre de la semaine précédente qui avait détruit le vieux bowling mais, heureusement, n’avait fait aucun blessé. Alicia Jones poussa un long soupir, claqua la portière de sa voiture et avança d’un pas pressé. Oh, bien sûr, les nouvelles étaient mauvaises. Bien sûr, la situation empirait de jours en jours. Mais je vois pas bien ce que je peux y faire, bordel !

Alicia ouvrit, avec une force et un énervement à peine contenus, la porte du bureau du shérif de la petite ville de Paris, Kentucky. Le shérif Wilson, un homme rondouillard, la cinquantaine, le cheveu hésitant mais l’œil vif, ne se retourna pas. « Jones, c’est pas trop tôt! », dit-il sans même la regarder. Il possédait sur son bureau une maquette de la tour Eiffel. C’était le genre d’humour qu’on pratiquait dans cette bourgade sympathique, pensa Alicia. Et elle se surprenait même à en sourire, en temps normal. Mais la situation n’avait rien de normal. C’était la raison de sa venue, même si elle l’ignorait encore.

 « Qu’est-ce qui peut être si important pour que vous me fassiez venir à 6h du matin, chef !? » Son ton, exténué et un peu agressif, restait néanmoins parfaitement professionnel. Son patron prit quelques longues secondes de réflexion, puis, en se tournant vers elle, lui répondit avec un visage de marbre : « La fin du monde, tout simplement ».

Alicia, incrédule, préféra garder un silence respectueux. Silence qui augmenta la tension déjà palpable dans le bureau. Un jeu subtil de regards interrogateurs et de haussements de sourcils, ponctués çà et là par de longs soupirs désapprobateurs eurent raison des nerfs du shérif Wilson. « Bon sang, Jones, vous me rendez pas la tâche facile ! »

« C’est pas l’but, chef », répondit-elle d’un ton neutre, dissimulant sans mal un petit sourire narquois qui soulevait le coin gauche de ses lèvres. C’est cette même capacité qui la rendait si dangereuse les soirs de poker. Le shérif se mordit la lèvre inférieure, marque distinctive qu’il cherchait ses mots pour annoncer quelque chose qu’elle ne voulait pas entendre. Et comme d’habitude, il va tourner autour du pot trois heures.

« Vous voyez, Jones… Je… Depuis quelque temps… Non, c’est pas la bonne manière d’aborder ça… ». Devant ce spectacle touchant, mais pitoyable, Alicia préféra intervenir pour désamorcer la situation. « Moi aussi j’vous aime, chef. Mais que dirait votre femme ? » Un nouveau silence de mort suivit cette déclaration. Seuls au monde dans le grand bureau froid, les deux agents de la paix se regardèrent dans les yeux quelques secondes avant d’éclater de rire.

« Bon sang, Jones, vous êtes vraiment à gifler », réussit-il à articuler entre deux respirations. La façon dont il se ressaisit prit Alicia de court. « Écoutez-moi attentivement, Jones. La semaine dernière, j’ai assisté à une scène étrange. En rentrant chez moi, j’ai croisé cette… cette fillette. Elle ne devait pas avoir plus de 8 ans. Je venais d’acheter un bouquet de fleurs pour l’anniversaire de Betty, et je marchais tranquillement en sifflotant, quand tout à coup, cette petite gamine vient vers moi, et me tire par la manche. Je m’attends à ce qu’elle me demande de l’argent, mais non. Elle me fixe droit dans les yeux, et elle me dit : ‘Maman n’est pas contente. Maman va gronder ce soir.’ Je me dis que la petite va se prendre une rossée par sa mère, et je me prépare à partir, quand elle pointe dans la direction du bowling. ‘Maman va gronder là-bas ce soir’, qu’elle dit. Puis elle s’en va. Je rentre à la maison, embrasse Betty, lui offre son bouquet, et j’oublie toute cette histoire ».

 « Jusqu’à ce matin ? » demanda Alicia en étouffant un bâillement.

« Jusqu’à hier soir, à vrai dire. Quand je suis rentré chez moi, en prenant le même chemin. Je suis encore tombé sur cette petite. Et elle m’a dit que sa mère allait gronder à nouveau, ‘avant le lever du soleil’. Alors j’ai réfléchi à ce qui s’était passé. Vous savez Jones, ça fait quelques années que la Terre nous envoie des signaux. Tremblements de terre en Chine, en Italie, tsunamis en Asie, ouragans, réchauffement planétaire, de plus en plus de ces catastrophes naturelles frappent l’humanité, et pour tout vous dire… Je crois que les prophéties mayas, ou incas, ou je ne sais quoi… je crois qu’elles ont raison. Je crois que cette gamine… ».

« Vous vous foutez de moi, chef ? » le coupa Alicia entre amusement agacé et agacement amusé. Voyant qu’il ne se départait pas de son air sérieux, elle haussa un peu le ton. « Vous ne pouvez pas vous amuser à réveiller les honnêtes travailleurs pour quelque chose d’aussi débile ! Vous croyez quoi ? Que vous êtes tombé sur un sismographe humain !? »

 « Jones, dois-je vous rappeler que je suis votre supérieur ? »

« Chef, dois-je vous rappeler que ma connerie n’est pas infinie ? Ce bowling était bouffé par les mites ! Il avait pas besoin d’un tremblement de terre pour s’écrouler, il aurait juste suffi que quelqu’un s’appuie dessus ! Si vous espérez me faire croire qu’une petite fille peut prédire… » Un séisme soudain et assourdissant coupa la parole et le souffle d’Alicia.

Les murs tremblèrent, les fenêtres vibrèrent, et la tour Eiffel tomba sur le sol, se brisa en deux, répétant la scène d’un film catastrophe imbécile qu’elle avait vu récemment. La première chose qu’elle fit en se relevant fut de jeter un regard noir au shérif. « C’est une simple coïncidence. Cette histoire est ridicule, et je m’en vais. »
 « Jones, vous commencez votre journée de travail dans moins de deux heures, est-ce que ça vaut vraiment le coup de partir ? »

« À dans deux heures, chef ! » répondit-elle sur un ton glacial.

« Une dernière chose, Jones », la héla-t-il alors qu’elle se dirigeait déjà vers sa voiture. « Il faut retrouver cette fillette ».

Pour seule réponse, Alicia leva le majeur en sa direction, puis claqua la portière de sa voiture avant de démarrer en trombe.
« Modifié: 24 Octobre 2012 à 23:35:54 par Huitieme »

Hors ligne Loïc

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Re : [Prologue] Motherly Love
« Réponse #1 le: 15 Octobre 2012 à 23:31:42 »
Citer
« Vous voyez, Jones… Je… Depuis quelque temps… Non, c’est pas la bonne manière d’aborder ça… ». Devant ce spectacle touchant, mais pitoyable, Alicia préféra intervenir pour désamorcer la situation. « Moi aussi j’vous aime, chef. Mais que dirait votre femme ? »

J'aime bien :)

C'est vraiment sympa! La première partie du texte est un peu lente et lisse, mais le reste est assez sympa. Les dialogues sont bien maîtrisés. A la suite!
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Re : [Prologue] Motherly Love
« Réponse #2 le: 16 Octobre 2012 à 09:43:40 »
Salut !

Si c'est un prologue, c'est que le texte va être long ? On peut déplacer dans les Textes longs, si tu veux ?
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Huitieme

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Re : [Prologue] Motherly Love
« Réponse #3 le: 16 Octobre 2012 à 12:37:58 »
Bonjour Loïc et Milora,

Tout d'abord, merci à Loïc pour son commentaire :)

Ensuite, j'avais d'abord mis ce texte dans la rubrique Textes Longs, mais à bien y réfléchir, je ne pense pas qu'il atteindra les 10.000 mots, alors je l'ai déplacé ici (je le vois plus proche de 8.000 à vrai dire).

Hors ligne Freakazoid

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Re : [Prologue] Motherly Love
« Réponse #4 le: 16 Octobre 2012 à 13:01:38 »
Pas forcément convaincu par ce prologue de mon côté... Ca manque un peu de mystère et je suis pas convaincu par une énième utilisation de la mystérieuse petite fille.

Hors ligne Kath

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Re : [Prologue] Motherly Love
« Réponse #5 le: 16 Octobre 2012 à 13:31:42 »
J'aime bien ce prologue, même s'il en dit un peu trop, mais comme dans tout bon film catastrophe .  Le tout est de nous réserver de belles surprises après, et de ne pas se contenter de choses qu'on pourra deviner d'avance.
Relectrice-Correctrice pro, et fière et enthousiaste correctrice du Mout'!

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Re : [Prologue] Motherly Love
« Réponse #6 le: 17 Octobre 2012 à 05:47:46 »
Yop.

Franchement et sans détours : j'aime pas.
Autant j'apprécie les films catastrophe même si ça manque parfois de punch et d'originalité, autant là, je trouve que c'est le calme plat.
Bon, déjà, l'intro : j'ai poussé un soupir en même temps qu'Alicia, on s'en fout et ça n'apporte pas grand chose, à part le faible avant gout de mauvaises nouvelles à l'échelle mondiale.
Ensuite, le fait que ça se passe aux states... comme si y'avait que là bas qu'on prévoyait la fin du monde. Un poil trop cliché à mon goût, mais ce n'est qu'un avis, après tout on préfère surement tous qu'elle se passe là bas.
Citer
« Qu’est-ce qui peut être si important pour que vous me fassiez venir à 6h du matin, chef !? » Son ton, exténué et un peu agressif, restait néanmoins parfaitement professionnel. Son patron prit quelques longues secondes de réflexion, puis, en se tournant vers elle, lui répondit avec un visage de marbre : « La fin du monde, tout simplement ».
La situation s'éveille enfin, on sort péniblement de la léthargie en se disant 'ça y est, il va se passer quelque chose'. Et non, on revient en arrière sans vraiment savoir si du coup l'ambiance est vraiment 'professionnelle' ou juste 'exténuée et aggressive' :
Citer
Alicia, incrédule, préféra garder un silence respectueux. Silence qui augmenta la tension déjà palpable dans le bureau. Un jeu subtil de regards interrogateurs et de haussements de sourcils, ponctués çà et là par de longs soupirs désapprobateurs eurent raison des nerfs du shérif Wilson. « Bon sang, Jones, vous me rendez pas la tâche facile ! »
Quelle tâche ? le shérif appelle, donne un titre et s'effondre sur lui même en accusant sa subordonnée.
Citer
« C’est pas l’but, chef », répondit-elle d’un ton neutre, dissimulant sans mal un petit sourire narquois qui soulevait le coin gauche de ses lèvres. C’est cette même capacité qui la rendait si dangereuse les soirs de poker. Le shérif se mordit la lèvre inférieure, marque distinctive qu’il cherchait ses mots pour annoncer quelque chose qu’elle ne voulait pas entendre. Et comme d’habitude, il va tourner autour du pot trois heures.
La dernière phrase est plutôt un bon reflet de mon impression générale...
Citer
« Vous voyez, Jones… Je… Depuis quelque temps… Non, c’est pas la bonne manière d’aborder ça… ». Devant ce spectacle touchant, mais pitoyable, Alicia préféra intervenir pour désamorcer la situation. « Moi aussi j’vous aime, chef. Mais que dirait votre femme ? » Un nouveau silence de mort suivit cette déclaration. Seuls au monde dans le grand bureau froid, les deux agents de la paix se regardèrent dans les yeux quelques secondes avant d’éclater de rire.
Heu bon, ils ont l'air assez borderline tous les deux, ça commence entre professionnel et aggressif, et puis une petite blagounette naive donne à éclater de rire... mouais, pas tant logique que ça.
Citer
« Bon sang, Jones, vous êtes vraiment à gifler », réussit-il à articuler entre deux respirations. La façon dont il se ressaisit prit Alicia de court.
Et c'est reparti dans le sens inverse...
Et ça continue de tourner autour du pot avec l'histoire de la gamine, qui est certes indispensable à l'histoire, visiblement, mais dont on a du mal au reconnaitre l'urgence évoquée plus haut.
Surtout que finalement il ne se passe rien, et Alicia repart chez elle comme si le shérif ne servait strictement à rien...

Alors ok, prendre les amerlocs pour des cons, c'est plutôt bonnard, mais là je trouve que ça va un peu loin.

Bon ceci dit si c'est un prologue, c'est surement que l'histoire n'a pas encore démarré. Du coup j'attends la suite au tournant, parce que quand même, y'a du bon dans l'idée avec la gamine visionnaire et la fliquette poker-face. Par contre j'espère que ce ne sera pas un remake du film 2012, à coups de tectonique incontrôlable et de planète vengeresse.

See Yah
.

Hors ligne Huitieme

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Re : [Prologue] Motherly Love
« Réponse #7 le: 17 Octobre 2012 à 09:48:24 »
Dot Quote :

Autant j'apprécie les remarques sur les défauts inhérents au texte (défauts qui ne sautent vraiment aux yeux que lorsque quelqu'un d'autre vous en fait part), autant j'ai l'impression que tu me fais un procès d'intention sur le thème du texte. Faut rester calme ^^

Attaqué sur le fond, je me sens obligé d'expliquer d'où est venue l'idée. En fait, j'ai tout simplement remarqué que j'avais du mal à écrire des "scénarios catastrophes", et j'ai voulu me lancer là-dedans. J'avais une image assez forte de la scène finale, et j'ai commencé à rédiger.

Les clichés (le fait que ça se passe aux USA, le coup de la Terre qui devient folle) sont principalement dus au fait qu'ils sont indispensables dans ce genre de récit (et que je voulais en jouer, mais c'est apparemment raté de ton point de vue ^^). Avec ce petit texte, je n'essaie certainement pas de redonner au genre ses lettres de noblesse, j'essaie plutôt de m'amuser en fait.

Sur la forme, en revanche, je trouve que tous tes commentaires sont justifiés, et c'est ça qui m'agace le plus en fait  :D D'ailleurs, merci d'avoir pris le temps de détailler tes remarques.

Je posterai bientôt le chapitre 1, et si celui-ci se prend un bide également, ben je finirai quand même mon histoire ^^ J'ai pour l'instant prévu un prologue, trois chapitres et un épilogue. On verra si ça vous tient en haleine ou pas.

ps. N'ayant pas vu 2012, et après en avoir lu un synopsis, je me rends compte que mon idée principale n'en est pas très éloignée, zut ! :/

Hors ligne Kerena

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Re : [Prologue] Motherly Love
« Réponse #8 le: 17 Octobre 2012 à 09:57:43 »
Ne te décourage pas Huitième !

Bon, après lecture c'est vrai que ça fait un peu "déjà-vu", même sans avoir vu 2012. Mais bon, si c'est une idée qui t'encombre le crâne, alors laisse-là sortir, tu l'écris, tu nous la postes, on la lit, et on verra. Mais même si c'est cliché, y'aura toujours moyen de la modifier cette histoire, c'est pour ça qu'on est là aussi !

Ceci dit, j'aime quand même bien le caractère de la miss (Jones je crois), genre "m'emmerde pas l'est 6h du mat'"), après c'est vrai que la petite fille fait sacrément clichée. Y'aurait moyen de la changer contre un prophète style Nostradamus ? Qui ferait une allocution télévisée pour prévenir de la fin du monde, mais personne le croit. Comme ça, ça met un doute sur ses "pouvoirs" (pas comme la petite fille qui est omnisciente) et comme on nous sert une prédiction de fin du monde tous les 5 ans, ben ça resterait dans la véridicité.

Allez, vas-y, déballe ton sac. Même dans le "déjà-lu", y'a toujours moyen de sortir quelque chose de potable. :huhu:
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Hors ligne Mogdhorel

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Re : [Prologue] Motherly Love
« Réponse #9 le: 17 Octobre 2012 à 14:50:27 »
Bonjour Huitième,

Alors globalement je n'ai pas aimé non plus car ça fait effectivement très cliché. Mais bon, après si c'est pour t'améliorer dans le genre "Catastrophes", finalement on s'en fout que ça fasse cliché. Donc continue, ça ne te sera que positif.


Sur la forme, j'ai relevé en cours de lecture quelques imperfections :

Citer
« Bon sang, Jones, vous me rendez pas la tâche facile ! »
Citer
« Bon sang, Jones, vous êtes vraiment à gifler »
Trop de Bon sang, tue le bon sang.

Citer
C’était le genre d’humour qu’on pratiquait dans cette bourgade sympathique, pensa Alicia.
"C'est" le genre...

Citer
répétant la scène d’un film catastrophe imbécile qu’elle avait vu récemment
Je n'aurais pas mis le mot "imbécile", car du coup ça fait un peu auto-goal dans ton texte. (parce-que tu reprends justement les mêmes méchanismes que les films catastrophe "imbéciles").


Après, tu écris bien, c'est fluide, donc finalement si on fait abstaction du thème, ça se laisse lire facilement. Tu réussis également à créer de vrais personnages, avec une personnalité propre et c'est quelque chose que j'apprécie.




Vous commencez par un mot, puis un autre, puis vous écrivez une phrase et vous vous rendez compte qu'il n'y a aucune limite, que tout est possible.

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Re : [Prologue] Motherly Love
« Réponse #10 le: 17 Octobre 2012 à 16:14:55 »
Salut Huitième,
Je repasse dans le coin pour diluer ma critique certes un peu acide.

Citer
Autant j'apprécie les remarques sur les défauts inhérents au texte (défauts qui ne sautent vraiment aux yeux que lorsque quelqu'un d'autre vous en fait part), autant j'ai l'impression que tu me fais un procès d'intention sur le thème du texte. Faut rester calme.
A tes ordres, je tiens à m'excuser si je t'ai blessé. Mais non, il n'y a rien de personnel là dedans, et effectivement je compte me calmer un peu ^^

Du coup, deuxième critique, je donne mon avis positif (et oui, je n'avais plus de place avec mon ressenti de l'autre jour, et j'avais peur de perdre ton sens critique, ou que tu me prennes pour ce bordeline que je critique). Car il y en a :

- Le truc qui m'a sauté au yeux direct, comme je l'ai dit hier, c'est l'ambiance américaine. Et bien j'ai trouvé que ton texte respectait plus ou moins les codes, non pas de la littérature... mais du cinéma. En effet, tu as plutôt bien su retranscrire les expressions et dictions d'acteurs américains, en ce sens j'avais l'impression de lire en avant première le script du prochain film de Michael Bay (certains n'aiment pas, je préfère ajouter cette précision : pour moi c'est un compliment) :
Citer
Le shérif Wilson, un homme rondouillard, la cinquantaine, le cheveu hésitant mais l’œil vif, ne se retourna pas. « Jones, c’est pas trop tôt! », dit-il sans même la regarder.
Je vois bien un (ironie du nom ?) Tommy Lee Jones jouer le rôle, entre Men in Black et Trois enterrements
Citer
« C’est pas l’but, chef », répondit-elle d’un ton neutre, dissimulant sans mal un petit sourire narquois qui soulevait le coin gauche de ses lèvres.
Là, c'est une Scarlett Johanson que je vois, style black widow des avengers (dont le caractère salope-sainte-n'y-touche a tendance à m'agacer, mais bon, j'aime bien quand même ce que tu en fais là (peutêtre plus que les avengers, justement))

- Comme le signale Kerena avec son nostradamus, le classique vent du : j'ai raison mais personne ne me crois, qui a tendance à mettre le lecteur typiquement sur les bons nerfs ^^ :
Citer
Les murs tremblèrent, les fenêtres vibrèrent, et la tour Eiffel tomba sur le sol, se brisa en deux, répétant la scène d’un film catastrophe imbécile qu’elle avait vu récemment. La première chose qu’elle fit en se relevant fut de jeter un regard noir au shérif. « C’est une simple coïncidence. Cette histoire est ridicule, et je m’en vais.

- le type de récit/narration/dialogue général, qui semble vraiment sortit de l'esprit des Scorses, Bay, etc... serait tu un futur Luc Besson ? =)

T'inquiète pour 2012, le film ne  vaut que pour ses effets spéciaux, et on sait tous que parfois des coïncidences se glissent sans qu'on puisse y faire quelque chose.
J'ai hâte de voir comment tu tourne ton histoire =)
Au plaisir.
.

Hors ligne Huitieme

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Re : [Prologue] Motherly Love
« Réponse #11 le: 18 Octobre 2012 à 00:50:20 »
Voilà le premier chapitre, j'espère qu'il aura l'heur de vous plaire :)

Je ne pense pas avoir réglé les défauts qui existaient déjà dans le prologue, mais je peux vous assurer que le chapitre 2  devrait s'en charger pour la plupart. Ce n'est peut-être pas une bonne chose de commencer à défendre un texte avant même sa parution, mais je voudrais vous prévenir que ça faisait longtemps que je n'avais pas écrit de texte un peu long, il faut donc que je reprenne mes marques (et que j'arrête de tourner autour du pot parfois :/). Cela dit, soyez sans pitié sur les erreurs logiques, stylistiques ou autres. Ça me fera mal à l'ego, mais ça peut faire que du bien sur le long terme :)

Chapitre 1

La radio dégueulait des chansons incompréhensibles dans le matin froid, comme un clochard un lendemain de cuite. Alicia, le regard perdu dans l’éternité, éteignit sa cinquième cigarette de la matinée sur le capot de sa Ford Sierra noire de 1992. Ça va laisser une marque sur la peinture… Oh et puis je m’en fous.

Pendant ces cinq années en tant que shérif-adjointe dans le comté de Bourbon, Alicia avait toujours cru que son patron avait les pieds solidement ancrés sur terre. Et maintenant elle commençait à comprendre une vérité essentielle sur laquelle elle avait toujours eu du mal à mettre le doigt : on peut très bien avoir les pieds sur terre et la tête dans le cul. Avec un soupir las, elle jeta un coup d’œil à sa montre qui indiquait 7h16. L’heure de se remettre en route.

Elle n’était pas rentrée chez elle, préférant conduire en attendant le lever du soleil. Au volant, elle reprit le fil de ses pensées. Retrouver une petite fille qui prédit les tremblements de terre, pourquoi pas ? Peut-être qu’après, je pourrais partir à la chasse à la licorne. Toute cette histoire oscillait entre stupide et improbable. Alicia se considérait comme une femme pragmatique : si les faits coïncidaient, elle les suivait, s’ils ne la menaient pas là où elle désirait se rendre, elle y allait par elle-même, quitte à froisser quelques egos ou à briser quelques genoux.

Avant de travailler pour le shérif Wilson, Alicia était une toute autre femme. Elle n’aimait pas repenser à cette époque. En choisissant une petite ville comme Paris, Kentucky, elle s’était imaginée pouvoir échapper au stress, à la dépression et à cette rage qui bouillonnaient continuellement en elle. Et pendant cinq années, elle y était parvenue, avec un succès plus ou moins visible selon les situations.

Devant elle, la route défilait à l’infini sous le soleil levant encore timide du mois d’avril. Les images de cette affaire qui avait failli la faire basculer à nouveau se rappelèrent à elle. Pour son premier anniversaire au poste de shérif-adjointe, elle avait dû régler un différend familial. L’histoire avait commencé de façon classique, comme c’était souvent le cas. Un mari qui perd son travail et qui trouve la boisson. Une femme qui perd patience, entre les coups et les insultes. Peut-être s’étaient-ils aimés, avant les malheurs, mais cette époque était révolue depuis bien longtemps. Seul ombre au tableau, de leur union était née une petite fille. Cette arrivée, qui rendait tant de familles heureuses, avait été vécue comme un fardeau dans ce foyer-ci. Alors un soir d’hiver, le mari avait secoué un peu trop fort la petite qui ne voulait pas dormir, et la femme avait poussé un cri. Ses hurlements avaient dérangé les voisins, des gens biens, habitués à entendre des cris et des pleurs de l’autre côté du couloir, mais qui préféraient ne pas s’en mêler, parce que trop vieux, parce que trop lâches, parce que « à quoi bon ? »

Quand Alicia était arrivée sur les lieux du drame, son regard s'était fixé sur une femme en pleurs tenant dans ses bras un petit corps inerte, enveloppé dans des couvertures. Les voisins, qui entouraient la pauvre femme, s'étaient rués vers la représentante de la loi et de la justice pour raconter leurs versions des faits. D’aucuns de dire qu’ils s’étaient attendus à ce genre de drame un jour, d’autres d'annoncer qu’ils n’étaient pas étonnés, que l’alcool et la misère apportaient souvent des résultats similaires. Et pourtant, aucun de vous n’a jamais levé le petit doigt jusqu’à maintenant !

De marbre, elle avait néanmoins pris leurs dépositions avec un professionnalisme et une dévotion remarquables. Ça lui avait paru facile, il avait suffi de déconnecter son esprit, de ne plus penser à ce petit tas de couvertures. Puis le mari, encore sous l’emprise de l’alcool, avait accompli l’impensable. Dans un acte de défiance, il avait craché sur le fardeau qui ne bougeait déjà plus dans les bras de son épouse. Alicia n’avait même pas eu conscience d’avoir sorti son arme. Alors qu’elle allait la pointer en direction de ce tas d’ordure à forme humaine les hurlements de la femme l'avaient sortie de sa transe.

Avec un calme revenu et des gestes maitrisés, elle avait ses esprits, pris une grande respiration, saisi son arme de service par le canon, et avait concentré toute sa rage, toute son indignation et toute son impuissance dans un ultime coup de crosse qui avait envoyé ce résidu de la déchéance humaine sur le sol, la mâchoire brisée. « Vous êtes tous témoins », avait-elle dit dans un murmure assourdisssant, « il a tenté de m’attaquer ». Le ton de sa voix n’avait autorisé aucun compromis, et au bout de quelques minutes, la scène s'était vidée de ses derniers occupants. N'étaient plus restés qu’elle, l’homme étendu, la femme en pleurs, et le bébé mort.

Elle avait amené l’homme en cellule, puis la femme à l’hôpital. Une personne sensible aurait d’abord fait l’inverse, mais Alicia n'avait pas souhaité pas se retrouver seule avec lui dans une pièce sans témoin. Un petit corps, enveloppé dans des couvertures. À l’hôpital, elle avait réquisitionné un praticien pour lui demander d'aller s’occuper de son prisonnier dans sa cellule, puis avait laissé la femme et son enfant en compagnie d’un docteur, avait repris le volant, était rentrée chez elle, avait ouvert une bouteille, avait fini la bouteille, et avait commencé à rédiger sa lettre de démission. À son retour au bureau du shérif, elle lui avait présenté la lettre manuscrite. Le shérif Wilson n'avait même pas pris la peine de la lire et avait déchiré la feuille de papier. « Jones, si je comprends bien, cet homme vous a attaquée ? »

« Chef, la vérité, c’est que… »

« Je me fous de votre vérité, Jones », l'avait-il coupé sobrement. « J’ai reçu près d’une dizaine de coups de téléphone de la part de citoyens dévoués qui m’ont assuré que cet homme s’est jeté sur vous avec la férocité d’un chien enragé. Apparemment, vous auriez calmé cette brute avec efficacité en usant d’une force adaptée à la situation. Nous sommes en démocratie, Jones, et en tant que représentant de la loi, comment puis-je mettre en doute la parole de tant de nos honnêtes compatriotes contre celle d’une seule personne, fût-elle mon adjointe ? »

Et c’était tout.

Alicia secoua la tête, elle n’aimait pas repenser à cette histoire. Ce petit corps, fragile, cassé. Sa montre indiquait 7h38, le bureau du shérif était en vue, mais il lui restait une vingtaine de minutes avant de commencer officiellement sa journée. Se souvenant de sa sortie théâtrale, il lui était impensable de revenir en avance. Elle décida alors qu’elle avait bien mérité un petit café, une tartine, et un fauteuil molletonné.

Le café Memphis n’était pas bondé en ce jeudi matin. Alicia commanda un grand bol de café bien noir, bien fort, et s’assit à une table. Elle déplia négligemment le journal de la veille qui trainait dans un coin, et ne put se retenir de remarquer que les tremblements de terre semblaient en recrudescence. C’était en tout cas le point sur lequel insistait la troisième page, avec tout un article dédié aux grands séismes de ces dix dernières années. La conclusion de cet article était édifiante : une série de grandes secousses pourrait avoir lieu avant la fin du siècle. Ils se mouillent pas trop quand même. Moi aussi je vais me mettre aux prédictions, si c’est tout ce qu’il faut pour publier un article. « Le soleil pourrait bien imploser avant la fin du millénaire, ou pas, c’est selon ». Et la marmotte, etc.

Elle rejeta le journal et avala quelques gorgées de son café chaud, repensant à ce que lui avait dit le shérif. Ces histoires de prophétie ne l’inspiraient absolument pas. Bien sûr que les mayas avaient prédit une fin du monde pour mille ans plus tard, qu'est-ce qu'ils risquaient s’ils se trompaient ?Une belle bande de charlatans, tous autant qu’ils sont.

Alors qu’elle s’apprêtait à rentrer dans sa voiture, son portable vibra avec véhémence. C’était son patron. Elle répondit d’un ton agacé. « J’arrive, je suis là dans dix minutes. »

« Jones, j’ai retrouvé la fillette ! » La voix du shérif Wilson était haletante, un brin surexcitée. « Dépêchez-vous, ce sera plus pratique d’en parler face à face ».

Alicia raccrocha quand elle n’entendit plus qu’une série de bips désagréables au bout du fil.

Quand enfin elle arriva dans le bureau du shérif, elle tomba nez à nez avec une petite fille qui ne devait pas être plus âgée que son fils. Elle avait la peau brune, les cheveux et les yeux noirs ; un peu maigrichonne et portant des vêtements usés. Une gamine rien que de très banale, en fait. Alicia se tourna vers le fauteuil qui lui tournait le dossier, dans lequel elle pouvait apercevoir le haut du crâne dégarni du shérif. « Ben alors, Chef. Vous avez retrouvé votre petit prodige ? Elle vous a confirmé que la fin du monde arrive ? » Cette fois-ci, elle ne tenta même pas de dissimuler son mépris envers cette notion aussi farfelue qu’éculée. « Chef, vous êtes un grand garçon, il faut arrêter de croire à toutes ces conneries. » La réponse ne se fit pas attendre.

« Bordel de merde, Jones, pour une femme à l’apparence aussi classe, vous avez une putain de façon de vous adresser à vos supérieurs ! »

« La faute à qui, chef ? » répondit-elle. « Je vous fais d’ailleurs remarquer que vous êtes vous-même de plus en plus libéré, niveau langage, surtout en présence d’un enfant ».

« Si vous saviez ce que je sais, vous ne seriez pas aussi à cheval avec la politesse ». Il se pencha vers l’enfant et lui dit gentiment : « vas-y, petite, répète à la dame ce que tu m’as dit ».

Ignorant le fait qu’elle venait de se faire réprimander justement sur son langage, Alicia dirigea son attention vers la gamine. « Alors, c’est toi la petite hippie qui peut discuter avec mère nature ? Vas-y, vends-moi du rêve. »

D’une petite voix presqu’inaudible, l’enfant annonça la fin du monde.  Si tant est, bien sûr, que l’on prend ces conneries au sérieux. « Maman est désolée. Maman ne peut plus revenir en arrière. Il nous reste moins d’un mois ». Des larmes coulèrent de ses grands yeux noirs tandis qu’elle parlait, et elle semblait tellement convaincue qu’Alicia, pendant une brève seconde, faillit se laisser avoir.

« Allons, c’est une blague, n’est-ce pas ? » Devant le silence du shérif, elle commença à s’emporter. « Vous allez quand même pas tomber dans le panneau. Puis admettons que ce soit vrai, admettons que la fin du monde arrive bel et bien. Comment est-ce qu’une petite fille comme toi, désolée ma petite, pourrait la prédire ? »

« Jones, vous avez écouté les infos depuis votre départ précipité ? J’ai trouvé cette petite fille devant mon bureau pas plus de cinq minutes après votre sortie. À vous raconter à voix haute mon hypothèse, j’avais craint de passer pour un illuminé, mais j’ai quand même montré une carte du monde à cette enfant. Je lui ai demandé où sa mère allait gronder ensuite, et vous savez ce qu’elle m’a répondu ? »

« Qu’elle avait besoin d’aller pisser ? » répondit Alicia de plus en plus agacée par la tournure des événements.

« Non Jones, l’heure n’est plus aux plaisanteries. Elle m’a montré l’Europe sur la carte. ‘Dans moins d’une heure’, m’a-t-elle dit. Et, Jones, il y a 35 minutes, la plus grande chaine volcanique de France, le Massif Central, s’est réveillée. Le volcan Eifel, en Allemagne également. Calatrava en Espagne, le Vésuve en Italie, et j’en passe. Tous se sont réveillés il y a moins d’une heure, et personne ne sait pourquoi. Pour l’instant, les dégâts sont moindres. Mais on parle déjà de véritable catastrophe écologique. Bon sang Jones, certains de ces volcans étaient complètement éteints depuis plus de 10 000 ans ! »

« Écoutez, chef, tout ça c’est très bien, mais concrètement, que peut-on y faire ? Que peuvent faire deux flics face à une catastrophe naturelle !? »

« C’est là que vous entrez en jeu, Jones. Je veux que vous alliez présenter cette petite au président des États-Unis ! »

Alicia manqua de s’étouffer devant l’énormité qu’elle venait d’entendre. « Vous êtes sérieux, chef !? Vous me voyez vraiment arriver à la maison blanche et lancer ‘Salut Barack, la Terre part en sucette, mais t’inquiète pas, hein, voilà la solution ! Elle a 8 ans et elle s’appelle…’ Euh… comment tu t’appelles d’ailleurs ? Et où sont tes parents ? Chef, dans vos délires, vous vous êtes au moins renseigné là-dessus !? »

La petite fille regarda Alicia droit dans les yeux. « Je n’ai pas de nom. Je n’ai pas de parents. Juste maman ».

« Vous voyez, Jones, c’est une enfant perdue. Vous êtes flic, votre nouvelle tâche sera donc d’enquêter sur elle. De mon côté, je vais tenter de rentrer en contact avec le président ».

Eh bien, on n’est pas dans la merde.
« Modifié: 19 Octobre 2012 à 23:45:36 par Huitieme »

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Re : [Chapitre 1] Motherly Love
« Réponse #12 le: 18 Octobre 2012 à 10:15:08 »
Alors déjà, je surkiffe la première phrase !

Citer
Toute cette histoire oscillait entre stupide et improbable

Les adjectifs en fin de phrase, c'est bof. Je mettrai plutôt les noms : stupidité et improbabilité.

Citer
Seul ombre au tableau, de leur union était née une petite fille

La syntaxe est bonne mais j'ai du relire la phrase pour la comprendre... Peut-être en mettant les propositions dans un autre ordre ? La seule ombre au tableau avait été la petite fille née de leur union ?

Quelque chose ne va pas au niveau des temps : ton récit est déjà au passé, et là tu racontes quelque chose d'encore plus ancien, tu ne peux pas rester à l'imparfait/passé simple. Il faut passer au plus-que-parfait : avait été, avait tiré son arme, avait fait ceci... Oui c'est moche et c'est lourd, mais il faut assumer ses choix !


Bon, ben dans l'ensemble c'est pas si mal ! Ton style est aisé, la lecture est fluide. Sinon ouais, on est à fond dans le scénario catastrophe style 2012 , mais on va voir comment tu t'en tires par la suite ^^
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Re : [Chapitre 1] Motherly Love
« Réponse #13 le: 18 Octobre 2012 à 14:29:35 »
Yopla,

Pour la première phrase je suis moins convaincu que Kerena... Elle ressemble quand même étrangement à la première du prologue.
La suite coule néanmoins plutôt bien : alternance récit/dialogue, paragraphes variés, etc...
J'ai faillit être déçu de l'importance du flashback dont je voyais pas trop l'utilité, et puis j'ai (peut-être un peu hativement) fait le lien entre le père en prison et la mère à l'hosto avec la fille voyante... mais non leur enfant est mort :( (d'ailleurs quelques maladresses vis à vis de l'enchainement des phrases, le passage est un peu flou dans l'ensemble :)
Citer
Puis le mari, encore sous l’emprise de l’alcool, accomplit l’impensable. Dans un acte de défiance, il cracha sur le fardeau qui ne bougeait déjà plus dans les bras de son épouse. Alicia n’eut même pas conscience d’avoir sorti son arme. Alors qu’elle allait la pointer en direction d’un tas d’ordure à forme humaine les hurlements de la femme la sortirent de sa transe.

Avec un calme revenu et des gestes maitrisés, elle reprit ses esprits, prit une grande respiration, saisit son arme de service par le canon, et concentra toute sa rage, toute son indignation et toute son impuissance dans un ultime coup de crosse qui envoya ce résidu de la déchéance humaine sur le sol, la mâchoire brisée. « Vous êtes tous témoins », dit-elle dans un murmure assourdisssant, « il a tenté de m’attaquer ».
What ? il crache sur le gamin mort, c'est bien ça ? Puis Alicia sort son arme, la femme hurle, et Alicia reprend ses esprit et frappe le mec en disant qu'il a essayé de l'attaquer ?
J'ai p-e besoin d'une explication...

Citer
Le shérif Wilson ne prit pas la peine de la lire et déchira la feuille de papier. « Jones, si je comprends bien, cet homme vous a attaqué ? »

« Chef, la vérité, c’est que… »

« Je me fous de votre vérité, Jones », la coupa-t-il sobrement. « J’ai reçu près d’une dizaine de coups de téléphone de la part de citoyens dévoués qui m’ont assuré que cet homme s’est jeté sur vous avec la férocité d’un chien enragé.
Ah bon, bin s'il s'est jeté sur elle... m'enfin après relecture, je trouve pas le passage... Là aussi c'est un peu flou, il a l'air de la sermoner, et pourtant ses arguments vont dans son sens à elle. Et c'est un peu trop 'insolent américain' je trouve : il ne prit pas la peine de lire, il lui posa la question sans même attendre la réponse dont il a l'air de se foutre comme de sa première chaussette, etc...

Citer
« Bordel de merde, Jones, pour une femme à l’apparence aussi classe, vous avez une putain de façon de vous adresser à vos supérieurs ! »

« La faute à qui, chef ? » répondit-elle. « Je vous fais d’ailleurs remarquer que vous êtes vous-même de plus en plus libéré, niveau langage, surtout en présence d’un enfant ».

« Si vous saviez ce que je sais, vous ne seriez pas aussi à cheval avec la politesse »
A mon sens, trois phrases pour signifier plus ou moins la même chose : le langage est un peu lourd parfois.


Voilou, c'est, encore une fois, un peu dense comme critique, mais je trouve qu'on avance mieux quand on nous montre nos points faibles que nos points forts...

Petite remarque de dernière minutes, qui est plus un questionnement qu'une critique, car je ne saurais affirmer les standards pour l'occurrence : les dialogues, tu les verrais pas mieux avec des retour à la ligne et des tirets ? J'ai pas tant l'habitude que ça des guillemets, et du coup des fois je me perds un peu entre narration et dialogue.

Au plaisir
.

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Re : [Chapitre 1] Motherly Love
« Réponse #14 le: 19 Octobre 2012 à 14:18:32 »
Kerena :
Oui, j'avais pensé mettre cet enchaînement de souvenirs au plus-que-parfait, mais je pensais que ça passerait sans, apparemment, je me suis fourvoyé ^^ J'ai donc procédé à la correction de la concordance des temps.

Dot Quote :
C'est normal que la première phrase "ressemble étrangement à la première du prologue", c'est un renvoi volontaire ^^
L'importance du flash-back est double, il permet de connaître un peu mieux Alicia, et son caractère, et il devrait prendre plus d'importance dans la suite de l'histoire (non, la petite fille morte n'est pas celle qui prédit les catastrophes, ce serait quand même trop facile, mais j'admets avoir voulu induire exprès le lecteur en erreur  >:D)

Je ne trouvais pas que ce flash-back soit difficile à suivre, mais je vais résumer quand même :
Alicia travaille depuis un an comme shérif-adjointe. Elle reçoit un coup de téléphone qui lui annonce qu'un mec a buté son bébé sous l'emprise de l'alcool. Elle va chez le gars, prend les dépositions des "témoins" et tente de pas se focaliser sur le bébé mort. Le père, visiblement encore éméché, s'énerve et crache sur le bébé. Alicia voit rouge, sort son arme mais finit par se contrôler. Elle tabasse quand même le gars, parce que cracher un mollard sur sa propre fille qu'on vient de secouer à mort (syndrome du bébé secoué), c'est quelque chose qui la met bizarrement un peu de travers. Pour couper court à tout commentaire, elle se justifie en disant qu'il lui a foncé dessus. Les témoins préfèrent pas se faire remarquer et s'en vont. Elle amène le gars en cellule, la mère et l'enfant à l’hôpital, se bourre vite fait la gueule pour faire passer le coup, et écrit une lettre de démission, parce qu'elle a littéralement tabassé un mec sans justification légale.
Quand elle veut donner sa démission, le shérif, qui a très bien compris, joue le jeu du "il m'a foncé dessus" pour lui signifier qu'il ne va pas la sanctionner pour avoir brisé la mâchoire d'un rebut pareil.
Donc non, le mec ne l'a pas attaquée, mais c'est l'excuse officielle.

Je me rends compte que ce résumé est un peu long, finalement ^^

Et pour répondre à ta dernière question, je préfère les guillemets aux tirets, mais c'est vraiment quelque chose de subjectif.

 


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