Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

08 novembre 2026 à 03:01:08
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » A gorge ouverte

Auteur Sujet: A gorge ouverte  (Lu 1359 fois)

Hors ligne Gribouille

  • Tabellion
  • Messages: 33
A gorge ouverte
« le: 24 août 2012 à 10:17:09 »


Le Cerf
meure ce soir
sous un soleil sang
aux liserais rougeoyants,

A gorge ouverte
le cerf brame
dans la mort qui l’attend,
aux marais, étranglé,

Puis retentissent
dans la lutte pour vaincre,
dans la forêt qui résonne,
les cris des hommes saouls,

Sur le bord du village
traine un enfant,
au teint si blême,
balafré d’une tristesse,

Un sexe imprévu
réchauffe mes tempes,
envie de procréer
un ventre prude,

Puis monte des cieux
dans la nuit enveloppante,
les vapeurs des nuits fauves,
la senteur des chênes nus,

le sommeil des vertus.

Les monstres n'ont pas forcément de grandes dents et de belles griffes. Ils savent aussi se cacher sous des formes plus subtiles...

pehache

  • Invité
Re : A gorge ouverte
« Réponse #1 le: 24 août 2012 à 10:37:04 »
Meure ? Que je meure, que je meure… Ou meurt ?
Liserais… Ah oui ?
Il brame DANS la mort qui l’attend. C’est cool. Surtout bramer quand on est « étranglé ». C’est encore plus difficile.
Tu aimes bien les « dans », d’ailleurs, car aux vers suivants : les cris retentissent à la fois, non, non, ce n’est pas lourd, dans la lutte et dans la forêt.
Moi, c’est la « lutte pour vaincre », que j’apprécie. Un trait d’humour, du troisième degré… Et puis l'originalité de ce complément du nom.
Le bord du village ! Quelle trouvaille élégante. Et ce n’est pas un bout de gras que tu poses ainsi au bord de ton plat, mais un enfant « au teint si blême » que quoi? , ça, on ne saura jamais… Mais on te pardonne cet oubli grammatical et sémantique, c’est si beau, d’autant que l’enfant/ bout de gras est balafré d’une tristesse…
Un sexe imprévu réchauffe tes tempes… Belle image ! Tu as su dire avec retenue que tu es cocu et que les cornes te grattent. Bravo !
« procréer un ventre prude » n’a pas beaucoup de sens, mais, bon, on ne va pas chipoter non plus, hein ! C’est d’la poésie, ça, pfff !
Ensuite tu frôles le génie : en effet, « la senteur des chênes nus, » «  monte des cieux ». On ne comprend pas, bien sûr, mais c’est si novateur.
Je ne dirai rien de la répétition de nuit : ces nuits qui montent dans la nuit, c’est fort !
Bref, je suis sous le charme, sans voix.

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.013 secondes avec 17 requêtes.