Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

11 Juin 2026 à 19:05:35
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Une escalade au fond du gouffre.

Auteur Sujet: Une escalade au fond du gouffre.  (Lu 1480 fois)

Hors ligne atonie232

  • Plumelette
  • Messages: 14
  • Calembour en barre
Une escalade au fond du gouffre.
« le: 21 Août 2012 à 21:08:54 »

Bonjour !

Ce qui suit n'est qu'une partie d'une nouvelle que je suis en train d'écrire, cependant un manque d'inspiration et de motivation m'empêche de la terminer. C'est pourquoi je viens ici, en quête de quelques avis, afin de savoir si je suis dans une bonne direction ou alors si je m'enfonce lentement dans la rédaction d'une infâme daube. Enfin, je vous transmet un passage qui ne dévoile aucune passage clé de l'histoire (sauf sur la fin éventuellement...). Sur ce, bonne lecture ! ;)


Tom monta les escaliers de son immeuble. Au premier étage, habitait M. et Mme Backlund. Il se disputait, encore ces deux-là. Ils étaient bien sympathiques, comme tous les norvégiens, comme toutes les personnes qui viennent de là-haut, en Scandinavie. Sympathiques, mais  très amoureux, trop amoureux. Chaque matin, leurs disputes faisaient vaciller les murs de l’immeuble et chaque soir, lors de leurs ébats féroces, c’était au tour des plafonds de trembler. Ce couple était un séisme de magnitude sept à eux deux, un choc continuel entre deux plaques tectoniques. Le vacarme matinal représentait un mouvement de divergence où les deux plaques se séparent lentement. La soirée était réservée au mouvement de subduction où l’une des plaques glissait sous l’autre brutalement et disparaissait dans les confins de l’autre.

   Puis, Tom arriva au second étage, complètement exténué. Il passait devant la porte où habitait celui que tout le monde surnommait Carl, le célibataire de l’immeuble. Carl, aurait pu être laid, gros et tacheté de boutons d’acné, passant ces journées à jouer à World of Warcraft en mangeant des ailerons de poulet aux épices. Mais Carl était tout sauf ce stéréotype. Il apparaissait comme le bel homme, toujours propre sur soi arborant une chevelure parfaitement décoiffé et une splendide barbe de trois jours, toujours bien taillée, pas un poil ne dépassant de la masse pileuse. Et puis, il avait les yeux bleus, l’outil de séduction par excellence. Le combo regard de braise accompagné de quelques palabres amusantes était fatal pour la femme des beaux jours, qui capitulait aussitôt dans le grand jeu de la séduction. Malheureusement, Carl, ne dégainait jamais ce si fructueux combo... enfin si. Il se réservait le droit de l’utiliser seulement avec Mme Backlund, avec qui, il entretenait une relation de nature purement sexuelle. A chaque dispute du couple, Zoé Backlund prétextait sortir pour prendre un bol d’air et trompait avec passion son mari, juste au-dessus du lit nuptiale, ce même lit nuptiale, spectateur des grandes joutes réconciliatrices entre les Backlund, le soir venu. Avec Carl, l’acte charnel était tellement plus sensuel, plus doux, comme une sérénade frivole jouée au piano. Faire l’amour, consistait pour eux à caresser avec passion et délicatesse chaque parcelle de peau que rencontrait leurs mains brûlantes, à s’embrasser furtivement sans se croiser du regard, à se frotter l’un à l’autre, porté par la houle du désir et tout cela dans un silence solennel, presque malsain. C’était un instant où les malheurs n’existaient plus, seul comptait le métronome guidant la symphonie de leurs corps. Un étage plus bas, se trouvait ce même métronome, aiguillant le rythme des larmes tombant sur les joues encore rougeoyantes de colère de M. Backlund, abattu par la violence de leurs incessantes disputes. Lui, qui avait juré dans un acte inébranlable de chérir et d’aimer jusqu’à la mort sa moitié, celle-ci se retrouvait désormais à califourchon sur un dandy à la fleur de l’âge.

   Le troisième et dernier étage, enfin ! Sa respiration suffocante s’aggravait à chaque marche supplémentaire gravie. Arrivé à la porte d’entrée, il tourna doucement la poignée. Le grincement de porte, la chaleur du foyer, le bonheur d’avoir atteint le cocon. Il entendit au-delà du hall d’entrée, les murmures de la télévision. Il marcha alors jusqu’au salon, puis il discerna un rire s’élever du canapé et lui titiller les tympans. La vue supplanta l’ouïe. Un spectacle  émouvant se déroulait devant moi. Ava me souriait. Un de ces sourires pouvant arrêter des guerres et des épidémies, rendre les gens heureux et ressusciter les morts. Le sourire d’Ava, c’était comme un lever de soleil durant une longue d’hiver, comme une douche vivifiante après un lendemain de veille, comme un voyage aux confins du monde après des années de travail harassantes. Le seul problème était de faire revenir ce sourire éphémère le plus rapidement possible, afin perpétuer la valse des regards. On pourrait écrire des milliers de thèses sur les types de regards entre deux personnes amoureuses. Le regard furieux, si difficile à supporter, le regard télépathique permettant la discussion tacite entre deux personnes ou encore la combinaison : regard coquin plus pincement de lèvres qui attise la passion de l’autre, de loin le préféré du jeune homme. Et puis, elle était posée là, son Ava, sur un canapé poussiéreux comme un ange posé sur un nuage vaporeux. Sa chevelure noire pendante sur les courbes plantureuses de son corps. Ces cheveux lui rappelaient tellement de moments passés avec elle ! Ces moments où elle jetait sa cascade d’or noire sur sa figure, pendant que leurs corps s’entrelaçaient dans un moment intime. Les moments où elle dansait sur Clock de Coldplay en passant l’aspirateur dans le salon , sa sombre chevelure gesticulant alors dans tous les sens. Les moments où elle posait sa tête sur son épaule, tandis que lui se concentrait sur la route, au volant de leur vieille voiture. Il la regardait alors de côté lorsque la route le laissait tranquille, la belle se savait épiée et lui décochait alors un de ces sourires gênés qui le faisait frissonner. C’était Ava. Sa douce Ava. Qu’est-ce qu’il pouvait l’aimer ! Si belle, si intelligente, si douce. Il aurait pu la décrire avec tellement de si ! Comme s’il en pleuvait.
Puis, la ballade des sourires fut interrompue. Elle ouvrit alors la bouche :

-       Comment tu vas ? lui demanda-t-elle sèchement.
-   Ola ! Pourquoi tu m’agresses comme ça ? Pour répondre à ta question, je vais bien. Ma carrière d’écrivain reprend du poil de la bête, j’ai des bulles d’inspiration qui m’éclatent en pleine face depuis ce matin, je pète le feu, chéri ! Ecoutes bien, en à peine deux heures, j’ai écrit plus de...
-   Tom ! Tom !  coupa Ava.
-   Oui, chéri ?
-   Je te quitte.
-   Quoi ?!
-       Tu as bien entendu, je te quitte. Je suis bien sérieuse, je quitte l'appartement ce soir.

   Ava foudroya Tom. Elle lui annonçait donc, sans préambule, qu’elle mettait fin à leur relation. C’était une décision irrévocable et mûrement réfléchie, du Ava dans le style. Stoppé en pleine course par le mur de la réalité.    Il fallait bien une fin à ce conte de fées. La Belle a choisi la Bête, mais ce qu’on ne nous dit pas, c’est que ça ne dure qu’un temps : le temps d’un éclair. Lorsque la Belle reprend ses esprits et que le coup de foudre passe, l’amour trépasse.
"Avec moi, les histoires d’amour ne s’écrivent pas dans le temps, ce sont des histoires courtes, compactes, passionnelles. D’aucuns ont des aventures... Je suis une aventure."

World End Girlfriend

  • Invité
Re : Une escalade au fond du gouffre.
« Réponse #1 le: 22 Août 2012 à 00:06:20 »
Hello.
Je vais commenter en même temps que je lis.


Tom monta les escaliers de son immeuble. Au premier étage, habitait M. et Mme Backlund. Il se disputait, encore ces deux-là. Ils étaient bien sympathiques, comme tous les norvégiens, comme toutes les personnes qui viennent de là-haut, en Scandinavie. Sympathiques, mais  très amoureux, trop amoureux. Chaque matin, leurs disputes faisaient vaciller les murs de l’immeuble et chaque soir, lors de leurs ébats féroces, c’était au tour des plafonds de trembler. Ce couple était un séisme de magnitude sept à eux deux, un choc continuel entre deux plaques tectoniques. Le vacarme matinal représentait un mouvement de divergence où les deux plaques se séparent lentement. La soirée était réservée au mouvement de subduction où l’une des plaques glissait sous l’autre brutalement et disparaissait dans les confins de l’autre.
Pas convaincu du tout par ce début, l'image des plaques ne me plait pas des masses. Il me semble aussi qu'il y'a un léger problème de ponctuation.


    Il passait devant la porte où habitait celui que tout le monde surnommait Carl, le célibataire de l’immeuble. Carl, aurait pu être laid, gros et tacheté de boutons d’acné, passant ces journées à jouer à World of Warcraft en mangeant des ailerons de poulet aux épices. Mais Carl était tout sauf ce stéréotype. Il apparaissait comme le bel homme, toujours propre sur soi arborant une chevelure parfaitement décoiffé et une splendide barbe de trois jours, toujours bien taillée, pas un poil ne dépassant de la masse pileuse. Et puis, il avait les yeux bleus, l’outil de séduction par excellence.
Euh... Je vois pas trop l'intêret de donner une première description totalement opposée à la seconde. Du coup Carl a beau être un beaugosse je le verrai toujours comme un geek moche, c'est très important la première impression  ><

A chaque dispute du couple, Zoé Backlund prétextait sortir pour prendre un bol d’air et trompait avec passion son mari, juste au-dessus du lit nuptiale, ce même lit nuptiale, spectateur des grandes joutes réconciliatrices entre les Backlund, le soir venu. Avec Carl, l’acte charnel était tellement plus sensuel, plus doux, comme une sérénade frivole jouée au piano. Faire l’amour, consistait pour eux à caresser avec passion et délicatesse chaque parcelle de peau que rencontrait leurs mains brûlantes, à s’embrasser furtivement sans se croiser du regard, à se frotter l’un à l’autre, porté par la houle du désir et tout cela dans un silence solennel, presque malsain. C’était un instant où les malheurs n’existaient plus, seul comptait le métronome guidant la symphonie de leurs corps. Un étage plus bas, se trouvait ce même métronome, aiguillant le rythme des larmes tombant sur les joues encore rougeoyantes de colère de M. Backlund, abattu par la violence de leurs incessantes disputes. Lui, qui avait juré dans un acte inébranlable de chérir et d’aimer jusqu’à la mort sa moitié, celle-ci se retrouvait désormais à califourchon sur un dandy à la fleur de l’âge.
Oh oui j'adore  :D
Ce passage est très bien écrit, tout en finesse.
La suite aussi d'ailleurs avec une bonne chute inattendue.
Finalement ton texte commence pas si bien mais après le passage sur Carl ça deviens très bon, et puis je l'aime encore plus car Ava c'est le nom de l'héroine d'une de mes nouvelles, un de mes personnages les plus réussi d'ailleurs.

Donc voilà, retravaille le début, le reste est presque nickel.
Au plaisir  :D



Hors ligne atonie232

  • Plumelette
  • Messages: 14
  • Calembour en barre
Re : Une escalade au fond du gouffre.
« Réponse #2 le: 22 Août 2012 à 20:43:52 »
Ah ! Je prends en note tes conseils et je te remercie pour le reste.

En plus, tes remarques passent encore mieux en raison du prénom de ton héroïne !  ;)

Je vais retravailler le début, merci encore ! :)
"Avec moi, les histoires d’amour ne s’écrivent pas dans le temps, ce sont des histoires courtes, compactes, passionnelles. D’aucuns ont des aventures... Je suis une aventure."

Hors ligne Loïc

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 8 764
  • Prout
Re : Une escalade au fond du gouffre.
« Réponse #3 le: 22 Août 2012 à 21:15:38 »
Citer
Il se disputait, encore ces deux-là

Pluriel!

Citer
tous les norvégiens

Majuscule quand tu parles des Norvégiens ;)

Citer
La soirée était réservée au mouvement de subduction où l’une des plaques glissait sous l’autre brutalement et disparaissait dans les confins de l’autre.

 :coeur:

Mais la répétition d'autre est un peu lourde, faudrait voir si c'est possible de changer (pas très grave, mais s'il y a moyen de faire aussi bien sans, c'est cool)

Citer
passant ces journées à jouer à World of Warcraft

ses. World of Warcraft (titre d'oeuvre, donc en italique)

Citer
toujours propre sur soi arborant

L'enchaînement est bizarre et j'aurais écrit "sur lui"

Citer
qui capitulait

Capitulaient: tu parles des femmes.

Citer
avec qui, il entretenait

Pas de virgule.

Citer
une relation de nature purement sexuelle.

Peut-on alors parler de séduction? (je pose la question, je n'en sais rien)

Citer
nuptiale

Nuptial

Citer
ce même lit nuptiale, spectateur des grandes joutes réconciliatrices entre les Backlund, le soir venu.

Idem. Et faudrait revoir la ponctuation.

Citer
porté par la houle du désir

Portés. J'aime toute la partie qui précède.

Citer
Un étage plus bas, se trouvait ce même métronome, aiguillant le rythme des larmes tombant sur les joues encore rougeoyantes de colère de M. Backlund, abattu par la violence de leurs incessantes disputes. Lui, qui avait juré dans un acte inébranlable de chérir et d’aimer jusqu’à la mort sa moitié, celle-ci se retrouvait désormais à califourchon sur un dandy à la fleur de l’âge.

Ponctuation à revoir (les virgules sont mal placées et tuent le rythme).

Citer
Il entendit au-delà du hall d’entrée, les murmures de la télévision

Faudrait une virgule à entendit ou alors enlever celle d'entrée et mettre télévision avant au-delà.

Citer
Il marcha alors jusqu’au salon, puis il discerna un rire s’élever du canapé et lui titiller les tympans. La vue supplanta l’ouïe. Un spectacle  émouvant se déroulait devant moi.

Pourquoi le passage du il au je?

Citer
durant une longue d’hiver

Manque un mot.

Citer
en passant l’aspirateur dans le salon

Quel modernisme! Faut virer l'espace avant la virgule.

Citer
Puis, la ballade des sourires

Balade, je pense. Enfin, les deux vont.

Citer
chéri

Ava est une femme :)

Je n'aime pas le dernier paragraphe. Ca fait trop morale/sentence/vérité générale. Sinon c'est assez bien conduit, ça se lit bien.


"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.014 secondes avec 15 requêtes.