Un poème que j'avais écrit après une journée de merde

Journée de purge
Je me suis réveillé, 7 heure 30
plus moyen de me rendormir
ma nuque chauffait l'oreiller
comme le givre chauffe les enfers
j'ai tout de suite senti
que quelque chose tournait pas rond
c'était un de ces jours lents
où le soleil reste gris
et les minutes pourrissent et injectent
des doses d'amertume au creux du coeur
les nuages étaient de la compagnie
retenant la chaleur comme Lucifer
retenant ses tentations
et l'ennui était partout
dans les plantes, dans les mouches,
dans l'assiette
et j'avais 50 cents en poche
pas de quoi acheter
suffisamment de folie
et la folie était morte
et la mort s'ennuyait aussi
de ces jours lents, gris, sans problèmes
sans passions, sans envies, sans femmes
sans bières ni vin
Douze heures qui passent comme douze vies
et les cimetières du monde fouettent l'air
comme des décharges publiques
comme des stations services
comme des vapeurs de gazoles
ravageant le cerveau des corbeaux
asphyxiés, éhontés, maudits
par des passants sans cervelle
et le soir arrive
et l'ennui dort toujours sous l'oreiller
et des millions de messages sont envoyés
par seconde
des appels téléphoniques
des verres, des cafés, des dîners,
et la solitude qui remplit la pièce
comme une mer salée remplit des poumons
jusqu'à les faire éclater
mon lit m'attend comme un cercueil confortable
et la nuit répare les brèches
et Nietzsche me sourit et Bukowski me paye
une bouteille
et le jour aujourd'hui est meilleur
les mouches font des loopings
et l'herbe est verte
et le soleil me tape sur l'épaule
et ça ne pourrait de toute façon
pas être pire
pas être mieux