VOYAGE
Moi Dieu si pauvre.
Exercice du pouvoir éperdu. Face aux idoles.
Pierres enfouies sous mon désert.
Enfants réduits, Nuit voûtée dédiée aux fauves.
Citadins de fortune. Champs épars de croix mornes.
De sentiers battus en chemins de croisade,
Je pends en lambeaux, ajourné aux chevets des Princes.
Tue mon père. Viole des Cieux. Musique.
Les étagères du ciel arborent ma mémoire.
Je pars nu dans le froid des pierres.
Pieds gercés, âme écorchée aux rosées d’épines.
Sous la cape du vent d’un automne finissant.
Trombes d’eau sous mes pas incertains.
Cette mélodie lancinante. Qui me guide malgré moi.
Sans retour arrière. Bravant les croisées, les hasards.
Je vais nu. Et me perds à chaque pas. Un peu plus.
La raison m’échappe enfin. Toujours …
Dans cette plaine sans fin.