Cantique de cordes mécaniques
Les grands tisseurs sont des chercheurs d’or
Pelote d’acier, laine de fer, cœur de métal,
Rose d’amiante, pétale de vide : mort, mort, mort
Un industriel se scarifie.
Chaise de jouvence, le sourire de la madone,
Vieilli l’espoir trop longtemps abstinent
Langue de verre
La sève des mélèzes
Empêche l’hiver des mots.
Le mot est prononcé, le secret exhalé
Haleine de jasmin
Métronome des phonèmes
Le babillage de la scie sauteuse
Couvre le cri de l’enfant.
Au loup, au loup, au loup
Un industriel face à l’océan
Que fait-il ?
Il s’immole par l’eau.
De la crainte naquit mille et une histoires
Des saisons naquirent mille et un maux
Satisfait, satisfait, satisfait
L’ombre l’est-elle ?
Bitume de terre
Oraison d’oiseaux mécaniques,
Mise en branle par un désir organique
Acipenseridae
Enfant, femme, femme-enfant
Crépuscule d’ivoire
Nid de brasier recouvre le berceau de l’humanité
Un industriel face au bûcher
Que fait-il ?
Il s’immole par le feu.
Caoutchouc de paille fumée
Vapeur inhalée
Tourbe des honnêtes paladins
Troubadours des lumières
La lyre joue la chute même
Des six mille six cent.
Un industriel face au Bonheur
Que fait-il ?
Il s’immole par la corde
Paix à son âme.