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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » A travers le goulot

Auteur Sujet: A travers le goulot  (Lu 3657 fois)

Jon Ho

  • Invité
A travers le goulot
« le: 30 mai 2012 à 12:28:40 »
Mes multiples vies létales
Au jour J du premier pas
Sur ce sol, cette terre natale
Où rien ne pousse et tout s'en va.

Sur ce ciel ma vie s'étale
Un vent sourd, je gis sans bruit
Parasol et soleil de métal,
Je reviendrai, je l'ai promis.

Mes périples à l'odeur fécale
Comme la trainée d'un escargot
Trahi, je cherche un couteau sale
Pour y planter mes lourds sanglots.

Les couleuvres sont de taille anormale
Noires et amères, par dizaines elles se pressent
Elles se bousculent, pénètrent ma détresse
Et sans mot dire je les avale

Etre lambda acéphale
Ma destinée m'est inconnue
Je perd la boule qui roule en spirale
Attirée par le vide absolu.

J'ai les trois têtes d'un Gidorah
Qui s'entrebouffent à pleines canines
Monstres hybride, fruit du je ne sais pas
Transi d'effroi, seul, je m'avine.

Emeché, super schlass, transporté trop ailleurs
Imbriaque, exalté, sur mon lit de douleur,
Je croise un troupeau fou d'éléphants marteleurs
Qui broient sous leurs pas ma carcasse de douleur.

Etre lambda hypnotique
Au fond d'un trou je tue les jours
Et traîne mon cadavre rachitique
Devenu faible par manque d'amour.

nota :

Je me suis posé la question du pléonasme sur le " cadavre rachitique " mais en fait non... Il y a bien des gros qui meurent ^^
" Etre lambda acéphale " dans le sens où je n'ai pas une tête rempli de choses socialement acceptables pas dans un trip zombie ^^
" les 3 têtes d'un gidorah " schizophrénie triple. Elles s'entrebouffent parce que comme dans toute schizophrénie qui se respecte, aucune des personnalité ne peut blairer l'autre.
Le troupeau d'éléphants c'est rapport à la légende de l'éléphant rose que l'on est sensé croiser en état d'ivresse. ( Perso je l'ai jamais vu mais bon. ) Et c'est aussi l'animal dessiné sur les bouteilles de la bière répondant au doux nom de " délirium tremens "... Cet état quasi hypnotique où la frontière entre le réel et la démence est très mince.



Hors ligne Doctor Grimm

  • Palimpseste Astral
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  • Reine solaire
    • Gribouillis
Re : A travers le goulot
« Réponse #1 le: 30 mai 2012 à 13:36:05 »
 :o J'ai adoré.

Tu m'énerves, y a jamais rien à triquiter dans tes textes !  ><

Non, c'est vrai. Tu nous porte avec tes images, et on ressent même pas le besoin de comprendre de quoi tu parles tellement c'est beau, et le pire c'est qu'on comprend quand même. Rien que ton premier vers est magnifique : "Mes multiples vies létales".  :coeur: J'suis FAN !!

Donc voilà ^^ Je dis "on" mais je parle pour moi bien sur, c'est juste que ça fait plus classe en disant "nous"  :P

Bravo et merci pour ce poème !
Toute ma peau est maladésir.

Hors ligne Faina Louve

  • Tabellion
  • Messages: 50
  • Dans l'attente du retour de Solh
Re : A travers le goulot
« Réponse #2 le: 30 mai 2012 à 13:40:37 »
Alors, tout d'abord le titre : c'est précisément pour lui que je suis venue lire. Je m'attendais à un poème triste et décadent, et je n'ai pas été déçue.

D'ailleurs, j'aime bien le style, à la fois précis et imagé. Il n'y a pas de ce que j'appelle les "facilités lyriques". J'entends par là qu'il n'y a pas de mots mis là pour faire "bien" et que si le rendu global est très joli, ça n'empêche pas que chaque phrase ait une signification et une utilité dans la cohérence du poème.

J'aime le désespoir qui filtre à travers les vers : ce "lambda hypnotique" semble porter le poids d'un monde sur ses épaules et se laisser complètement submerger.
Certaines expressions ont attiré mon attention : "périples à l'odeur fécale",  "éléphants marteleurs", et bien d'autres.

Ma strophe préférée et celle qui m'a le plus émue est la troisième.

Ceci dit, j'ai quand même un problème au niveau de la rythmique. A l'écrit, c'est vraiment magnifique, mais une fois lu à l'oral, quelque chose me dérange. Ce n'est pas présent partout, mais certains vers raisonnent très mal à mes oreilles, comme si il y avait quelque chose de bancal, ou certaines syllabes qui tombent comme un cheveu sur la soupe.


Ceci étant dit, j'ai bien aimé.

"Te mordre. Te mordre comme je le fais chaque nuit dans les mauvais rêves qui peuplent le noir de ma solitude. Te mordre jusqu'à ce que je me noie dans ton sang."



"Mes nuits ont perdu leur goût de promesses et mon regard n'erre plus à fleur d'objet"

Jon Ho

  • Invité
Re : A travers le goulot
« Réponse #3 le: 30 mai 2012 à 14:00:48 »
C'est vrai que le " nous " apporte un côté bien classe, un genre de " nous " royal comme l'emploie Geoffrey dans le Big Lebowsky ^^
Ce n'est pas un texte qui a pour but d'être lu à haute voix. Le côté bancal qui se fait sentir à l'oreille n'est pas forcément perceptible lors d'une lecture plus intimiste.
Les facilités lyriques, c'est bon pour les illusionnistes...
J'écris pour déverser un surplus, toujours aux limites d'un putain de pétage de cable.
J'écris pas pour me dorer d'un statut de pouet pouet ou pour me la raconter sévère...
C'est juste un besoin vital de partager mon amour des mots et déposer sur une feuille à l'origine vierge un flots sincères  pour la déflorer brutalement.

Merci pour vos commentaires

Hors ligne koutoumi

  • Calliopéen
  • Messages: 439
Re : A travers le goulot
« Réponse #4 le: 30 mai 2012 à 21:04:54 »
Jon Ho, comme d'habitude, c'est fameux.


"Pour y planter mes lourds sanglots"
j'aime la tournure et le sens de ce vers
mais le vers qui précède : "Trahi, je cherche un couteau sale"
annihile le sens et la poésie de l'ensemble.
On a du mal à comprendre l'image que crée ta phrase...
 
Pour le reste, la force imaginaire de ton poème transperce le sens même de l'ensemble.
J'arrive à me faire une image mentale de ta détresse

"Etre lambda acéphale"
"Etre lambda hypnotique"
J'adore ces agencement de mots, la force representative de te vers me procure des rêves de grandeurs,
j'ai l'impression, lorsque je les lis, d'être une huitre qui rêve d'être un homme.

Au plaisirs de te relire !


"Au fond d'un trou je tue les jours"
Poète misanthrope, tu es un As, dans l'art de l'imagerie mentale !

Choking On The Truth

Jon Ho

  • Invité
Re : A travers le goulot
« Réponse #5 le: 30 mai 2012 à 21:18:17 »
Nous sommes tous des huîtres en rêves d'humanité ^^
Cette détresse est le reflet sombre de ma joie de vivre apparente.
Tellement facile d'écrire ce que l'on ressent vraiment sans avoir à s'infliger le supplice de la page blanche ou le " Mzerde, qu'est ce que je vais écrire aujourd'hui ??? "

Un couteau sale c'est un clin d'oeil en fait. Qu'importe finalement que le couteau ait été lavé puisque c'est pour se suicider. Un peu comme cette histoire du gars qui va se suicider par injection et qui nettoie la seringue avant, de peur de choper des microbes. Tu sais que celui là il a pas vraiment l'envie de mourir puisqu'il a ce putain de réflexe ^^

A songedelumière : C'est la mienne aussi de vie, mon ressenti, dans un délire insomniaque vers les 2/3h du mat' le crane plein de café et de nicotine ^^
Mais la plume guérit alors faut gratter, gratter et encore gratter ;)

Bonne soirée

Hors ligne Zephyr

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 373
Re : A travers le goulot
« Réponse #6 le: 04 juin 2012 à 14:17:39 »
Je commence en disant que c'est pas mon préféré de toi, mais qu'il balance bien.
Il y a des images, des moments et des mots très bien trouvés. Et justes.

Mais il manque cruellement d'un rythme identifiable. Su plusieurs passages, j'ai été totalement brutalisé par le changement de rythme, alors même que ça rend bien si on prend séparément. Ok, parfois, être un peu brutal dans les coupes ou dans les transitions, c'est bien (cette phrase pourrait-être aussi utilisé pour parler de la haute-couture...je suis intoxiqué je crois.  :D ). mais ici, c'est plus nuisible qu'autre chose.

Mes multiples vies létales
Au jour J du premier pas
Sur ce sol, cette terre natale
Où rien ne pousse et tout s'en va.

J'ai un problème avec la dernière phrase. Je la trouve bateau, d'autant plus qu'il me semble uqe je l'ai tuilisé dans un de mes poèmes.  :mrgreen:

Sur ce ciel ma vie s'étale
Un vent sourd, je gis sans bruit
Parasol et soleil de métal,
Je reviendrai, je l'ai promis.

Cette strophe est vraiment ma préférée du poème je pense. je ne trouve rien à y redire. Et j'adore le soleil de métal.

Mes périples à l'odeur fécale
Comme la trainée d'un escargot
Trahi, je cherche un couteau sale
Pour y planter mes lourds sanglots.

Hormis l'odeur fécale qui m'a dérangé, j'aime le rythme et la façon de dire...

Les couleuvres sont de taille anormale
Noires et amères, par dizaines elles se pressent
Elles se bousculent, pénètrent ma détresse
Et sans mot dire je les avale

Mais là ça bloque. Trop long, beaucoup trop long. Pourtant, je trouve l'image très joli. A la limite, maintenant uqe je connais le poème, ça passe mieux; Mais là première fois, j'ai pas compris pourquoi tu passais sur des phrases si longues.

Etre lambda acéphale
Ma destinée m'est inconnue
Je perd la boule qui roule en spirale
Attirée par le vide absolu.

Je préfère les deux derniers vers aux deux premiers. Moins classiques.

J'ai les trois têtes d'un Gidorah
Qui s'entrebouffent à pleines canines
Monstres hybride, fruit du je ne sais pas
Transi d'effroi, seul, je m'avine.

Hormis le Gidorah que j'ai pas ocmpris, j'aime bien la forme (et le fond, mais sur otut le poème, ça va bien)...

Emeché, super schlass, transporté trop ailleurs
Imbriaque, exalté, sur mon lit de douleur,
Je croise un troupeau fou d'éléphants marteleurs
Qui broient sous leurs pas ma carcasse de douleur.

Mais encore une fois, le rythme me bloque.
Et cette fois encore plus que j'adore le début du premier vers, et uqe je déteste le "trop ailleurs". Qui est en trop. Et voila. Du coup, j'aime le fond, j'aime la technique, mais j'aime pas le rythme. D'accord, ça montre bien les différentes voix qui s'affrontent, la schizophrénie ambiante et le combat intérieur. Mais ça me bloque.

Etre lambda hypnotique
Au fond d'un trou je tue les jours
Et traîne mon cadavre rachitique
Devenu faible par manque d'amour.

Mouais, c'est pas une mauvaise fin, mais elle m'enthousiasme pas autant que le reste. Classique je trouve.

Bon, en fait, j'ai fait un très long commentaire alors uq'à la base c'était pas mon intention. Je te rappelle aussi que c'est un avis purement personnel et pas absolu où quoi que ce soit.  ;)
Sinon, j'aime beaucoup ton sens  des mots et des images, sur ce poème. Mais pour moi, le rythme pèche un peu, et quelques petites phrases m'ont semblés un peu ratés.
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

Jon Ho

  • Invité
Re : A travers le goulot
« Réponse #7 le: 05 juin 2012 à 10:09:12 »
C'est un poème sur une trop grande consommation d'alcool.
Donc les changement de rythmes un peu chaotique c'est volontaire, pour essayer de créer avec des mots un genre de " gueule de bois ".
Le Gidorah c'est un monstre à plusieurs têtes. J'aime bien cette métaphore pour parler de la schizophrénie.

Tant mieux que tu ai trouvé ça nuisible. C'est un peu le sentiment que j'associe à l'alcool et que je voulais partager.
Zephyr, tu n'as pas le monopole du " où rien ne pousse et tout s'en va "  :mrgreen:

Quand on n'est pas un tantinet scato, les odeurs fécales ça perturbe j'avoue...

Bonne journée


Hors ligne Ballounia

  • Tabellion
  • Messages: 39
  • Je voudrais que le monde s'arrête pour descendre.
    • Ballounia
Re : A travers le goulot
« Réponse #8 le: 08 juin 2012 à 13:41:29 »
Je lis souvent tes textes sans des fois les commenter; parce que les remarques qui les précèdent ont déjà presque tout dit.

C'est dingue comme tu as des délires mentaux puissants. Je pense, en m'aventurant un peu dans tes limbes de mots, que tu es quelqu'un qui teste beaucoup ses limites. Ce texte, bien qu'il n'est pas énormément de sens à mes yeux, traduit un monde qui appartient au délire, à l'ivresse de la nuit, à un état second. Je pense que tu écris souvent quand tu es dans des états un peu borderline, d'ailleurs tu le dis toi-même, ça t'empêche de péter les plombs. Je ressens beaucoup ça. Tu couches tes maux, tu nous entraîne dans une spirale inconnue de ton chaos, c'est plaisant, bien que sombre, des fois un peu maladroit.


J'ai les trois têtes d'un Gidorah
Qui s'entrebouffent à pleines canines
Monstres hybride, fruit du je ne sais pas
Transi d'effroi, seul, je m'avine.

Emeché, super schlass, transporté trop ailleurs
Imbriaque, exalté, sur mon lit de douleur,
Je croise un troupeau fou d'éléphants marteleurs
Qui broient sous leurs pas ma carcasse de douleur.


Ces deux strophes, surtout la deuxième, me dérangent, je trouve que le rythme ne coule pas. Il y a des mots que je ne comprends pas, je manque surement de vocabulaire, mes des fois dans tes délires verbales tu mets des expressions complètement improbables, souvent ça passe parce que c'est beau et habité, mes des fois, comme ces deux strophes, c'est déroutant, on n'arrive à se raccrocher à aucune prise, c'est dommage.


Bravo pour ce poème, j'ai passé un bon moment, c'est plus un ressenti que je décris ici, non une critique des détails.
« On peut écrire sans écrire, tricher, mais aussi rester là en silence, inutile ou impuissant. Quelque texte essentiel se construit dans la tête sans plus aucun désir de le voir sur le papier, sans plus aucune force de le donner, ne serait-ce qu'à soi-même. » Lagarce.

Jon Ho

  • Invité
Re : A travers le goulot
« Réponse #9 le: 08 juin 2012 à 14:06:10 »
Le Gidorah c'est un monstre à trois têtes. J'aime bien cette métaphore pour parler de la schizophrénie. Un moi raisonnable, un moi totalement ailleurs et instable et un dernier moi qui compte les points et sépare les 2 autres quand ils se mettent sur la gueule  :mrgreen:
Les éléphants marteleurs c'est en référence à la bière Délirium Trémens, qui a pour logo un éléphant.

Emeché, super schlass, transporté trop ailleurs
Imbriaque, exalté, sur mon lit de douleur
: Juste par la répétition de synonymes, accentuer l'ivresse. Chaque mot en plus = 1° dans le sang  ;)

J'aime bien partir ailleurs  quand j'écris.
Et si certain veulent me suivre, c'est avec plaisir.
Merci et bonne journée Ballounia

Hors ligne Meilhac

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 999
Re : A travers le goulot
« Réponse #10 le: 08 juin 2012 à 14:22:01 »
salut.
je trouve ça pas mal du tout, de chouettes images et tout.
le problème du rythme m'a gêné, on a l'impression que tu as fait le plus dur (super rimes, super images, et tout) mais l'irrégularité des vers gâche un peu le plaisir.

Jon Ho

  • Invité
Re : A travers le goulot
« Réponse #11 le: 08 juin 2012 à 14:54:08 »
J'ai juste essayé de casser le rythme pour créer un malaise similaire au début de gueule de bois de celui qui se rend compte trop tard qu'il a TROP bu ^^

Hors ligne Djul

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    • Julien Fonck
Re : A travers le goulot
« Réponse #12 le: 19 juin 2012 à 00:20:19 »
J'ai bu tes verr... vers au travers de ton goulot. Merci.

Rien à dire, c'est du haut Ho !
"Nous avons traversé cette jeunesse comme on traverse un champ d’orties, les yeux fermés. C’était si drôle de perdre et de faire semblant, de vieillir à coup de guitares et de basses. " Light Succub Dynamic

Jon Ho

  • Invité
Re : A travers le goulot
« Réponse #13 le: 19 juin 2012 à 08:13:32 »
Merci Djull.
En espérant que tu a passé de bonnes vacances.
 :mrgreen:

 


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