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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Mes plus vieilles écritures (non saintes)

Auteur Sujet: Mes plus vieilles écritures (non saintes)  (Lu 2013 fois)

Hors ligne Rôôôla

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Mes plus vieilles écritures (non saintes)
« le: 09 Mai 2012 à 15:40:08 »
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Il marchait dans une rue, les mains levées au ciel,
Implorant un Dieu inexistant, déplorant son état.
Avec son œil crevé, sa bouche en cul-de-poule,
Ses mains noires et ses pieds sanglants,
Il ne faisait que marcher.
Des passants s'arrêtaient, lui donnaient une pièce,
Riaient de sa monstrueuse apparence
ou passaient ainsi, sans le moindre regard.

Il marchait dans une rue, les mains levées au ciel,
Implorant un Dieu inexistant, déplorant son état.
Avec ses cheveux gras, son nez boursouflé,
Sa paralysie partielle et sa surdité certaine,
Il ne faisait que marcher.
Des sans-le-sou passaient, ne lui donnaient rien,
Se gaussaient du triste sort qui était le sien,
Ou ne passaient pas, c'est mieux ainsi.

Il marchait dans une rue, les mains levées au ciel,
Implorant un Dieu inexistant, déplorant son état.
Avec ses milles blessures, son pus grisonnant,
Sa débilité profonde, sa vue si faible,
Il ne faisait que marcher.
Des enfants s'arrêtaient, jouaient avec lui,
Se tordaient de sa monstruosité ludique,
Ou passaient timides, riant sous cape.

Il marchait dans une rue, les mains levées au ciel,
Implorant un Dieu inexistant, déplorant son état.
Avec son dégoût, sa haine, son horreur,
Ravalant sa salive et sa splendide misère,
Il ne faisait que marcher.
Les gens qui passaient donnaient ou pas,
Ignoraient, riaient ou se tordaient de son état,
Mais tous ne le voyaient que tel qu'il était, là.

Il crevait dans une rue, les mains plaquées au sol,
N'implorant personne et ne déplorant plus rien.
Avec son courage, ses dernières forces,
Avalant un coup de rouge de qualité médiocre,
Il ne fit que se tuer.
Personne ne s'arrêta, personne ne regarda
Cet être humain s’inonder d'essence,
Pour ensuite s'immoler par le feu,
En grattant l'ultime allumette.


MISS DEFONCE ET MISTER DRUGS

A quand les illusions, les envies,
Les réalisations de ta vie?
Pourquoi ce détestable sort,
Ce besoin de la mort?
N'avais-tu point ce qu'il fallait,
Du moins il me semblait,
Pour parfaire le futur,
Et sauter enfin le mur.

Briques, ciment, portes défoncées,
Tes ongles arrachées,
Tes mains ensanglantées
A vouloir trop vivre,
A trop vouloir suivre
Ce Monsieur, ivre,
Ivre d'alcool, de fric, de dégoût,
Dégoût du commun, envie d'inhabituel.

Face au mur où les questions se pressent,
où les réponses noyées, s'affaissent
Dans le besoin d'une dose,
Puisque fanées sont les roses.
La vie n'est plus aussi belle, Miss défonce,
Mais la mort a besoin de toi, Mister Drugs!

A quand les illusions, les rêves,
La réalisation des cauchemars?
Bientôt, bientôt, mon canard,
Ne tremble plus, voici la sève!
Le sang de tes espoirs irréalisables,
Le sang de l'overdose coulera bientôt dans tes veines,
Conne un torrent de misère, un tourbillon de sable,
Une tempête d'hallucinations qui brisera les chaÎnes,
Cassera les câbles qui te retiennent de l'autre côté du mur.

Voilà la fin, la dernière image,
Que ta pupille dilatée te délivre:
Un homme ivre baisant un mage,
Une voix sans âge qui te livre
Aux marécages, aux sables mouvants.

Quant à moi, ma dernière vision de to
Une fille livide, morte, une seringue dans le bras,
Les yeux grands ouverts, la peur encore au ventre,
Ce ventre dont je voulais un enfant, de toi.
 

DERNIER ESPOIR.

Si j'ai voulu vous écrire ces quelques phrases, ce soir, c'est parce que je n'ai plus rien à perdre, à part ma vie. Alors, pour vous laisser de moi une image de clown, celle que vous avait toujours cru voir, depuis le jour de notre rencontre, j'ai décidé ce soir de vous offrir mon corps, déguisé avec un nez rouge, une balle dans ma tête. J'espère que cela vous fera rire.



TERMINUS.

Revenir de loin pour replonger,
Se confondre avec soi,
Te foutre un truc en toi,
Pour t'en aller loin, là-bas.
Endroit d'où l'on revient parfois,
Les yeux cernés, le visage blanchit,
Des crampes partout.
Endroit d'où l'on ne revient parfois pas,
Les yeux fermés, le visage aussi,
Des ombres partout.

Revenir de nulle part pour replonger,
Se contrefoutre de soi,
Te fondre un truc pour toi,
Pour te barrer loin de tout ça.
Vers ce sanctuaire drogué où tu t'en vas,
Les yeux vitreux, le visage figé,
Des rêves partout.
Vers ce cimetière où tu t'en es allé,
Les yeux creux, le visage pourri,
Des vers partout.

Un rêve vers le bleu
Puis
Un cauchemar noir
Des vagues
Le brouillard
La nuit.



SANS ESPOIRS.

Si j'ai voulu vous écrire ces quelques phrases, ce soir, c'est parce que je n'ai plus rien à perdre, à part votre vie. Alors, pour me laisser une image de votre vivant, celle que j'ai toujours cru voir en vous, depuis le jour de notre rencontre, j'ai décidé ce soir de m'offrir votre corps, camisole de force, une balle dans votre tête. Et c'est plus fort que moi, ça me fait rire.


PARALYTIQUE.

Des yeux sur moi, des mains qui m'observent,
Des pas que j'entends, qui s'approchent,
Une voix, un cri, au loin une cloche,
Il est Midi, j'attends qu'on me serve.

Des mains sur moi, des yeux qui m'observent,
Des gens qui viennent, qui s'animent,
Un chant, une musique, au loin un hymne,
Il est huit heures, j'attends qu'on me serve.

Des yeux qui m'observent, des mains qui me touchent,
Des inconnus qui me quittent, qui s'en vont,
Plus de voix, plus de cris, plus de sons,
Il est Minuit, j'attends qu'on me couche.

Mes yeux fermés, mon corps qui rêve,
Des pas qui résonnent et qui s'en vont,
Un champs, des fleurs, une chanson,
Il est six heures, j'attends qu'on me lève.

Mes mains mortes, mes yeux dans la rue,
      La vie qui s'en va, qui revient,
   Des gens, du bruit, plus loin rien,
A toutes les heures, j'attends qu'on me tue.

Des yeux sur moi, des mains qui m'observent,
Des pas que j'entends, qui s'approchent,
Une voix, un cri, au loin une cloche,
Il est Midi, j'attends qu'on me serve.

Ma vie est morte, j'attends la fin,
Un peu de cyanure,
Je réduis l'allure, et j'inscrit le mot FIN.

[/font]
Rôôôla, le Mal Auréolé, parce que.
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Re : Mes plus vieilles écritures (non saintes)
« Réponse #1 le: 15 Mai 2012 à 00:26:53 »
Il faut bien que jeunesse se passe, comme geignent souvent mes artères.

En tout cas je suis rassuré, tu as survécu à ton suicide. À ne pas retenter, hein. La drogue aussi, c'est mal. Remarque, sinon ça donnerait les saines écritures, ce serait ennuyant.
Si folâtre je vous agrée, d'un bon mot secourable partagez mon goût de la si sérieuse farce :
http://www.actaestfabula.fr/

Hors ligne Rôôôla

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Re : Mes plus vieilles écritures (non saintes)
« Réponse #2 le: 16 Mai 2012 à 14:30:43 »
Ahhhhhhh! La jeunesse!
Saleté passée depuis si longtemps déjà...

Il est aisé de survivre à sa mort dès lors qu'un ne se tue qu'à petit feu.
Je retenterais donc encore et encore, jusqu'à ce que mes cendres enfin se diluent dans l'absurde.

Et je suis bien d'accord avec toi: de saines et saintes mais Lourdes écritures ne pourraient être qu'ennuyeuses.
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Re : Re : Mes plus vieilles écritures (non saintes)
« Réponse #3 le: 16 Mai 2012 à 20:22:31 »
Ahhhhhhh! La jeunesse!
Saleté passée depuis si longtemps déjà...

Il est aisé de survivre à sa mort dès lors qu'un ne se tue qu'à petit feu.
Je retenterais donc encore et encore, jusqu'à ce que mes cendres enfin se diluent dans l'absurde.

Et je suis bien d'accord avec toi: de saines et saintes mais Lourdes écritures ne pourraient être qu'ennuyeuses.

Certains fument des cierges, d'autres des cigares. En tout cas, soit on s'envoie en l'air, soit on finit au septième ciel. :noange:
Si folâtre je vous agrée, d'un bon mot secourable partagez mon goût de la si sérieuse farce :
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pehache

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Re : Mes plus vieilles écritures (non saintes)
« Réponse #4 le: 16 Mai 2012 à 21:26:48 »
J'aime bien les intermèdes. "Si j'ai voulu" etc.
De l'urgence, oui, mais avec ce rien de distance- l'humour, même aigre- qui nous permet de faire un pas encore un pas et de s'émerveiller encore.
Les dingues et les paumés...
bise

 


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