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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » La Belle Hécatombe

Auteur Sujet: La Belle Hécatombe  (Lu 3183 fois)

Hors ligne Néon

  • Aède
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La Belle Hécatombe
« le: 01 Mai 2012 à 11:26:53 »
(Je dis rien en préambule, j'aime pas, on en parlera après si ça branche des gens)

_______________________________________________________________________________________________

La Belle Hécatombe


  Comme je m'effarais auprès d'un vieux canal
épongeant les odeurs infectes de la lie,
traînées au long des rues sous un soleil banal,
j'entendis au lointain cette mémoire enfuie :

  "-Toi, l'inculte, idiot, ami privé de sens,
de l'aube du destin jusqu'à la poigne atroce
qui couvrira tes yeux au dernier contresens,
tu fuiras le bonheur comme un monstre féroce !

  -Et si des clapotis lapent, joyeux, ton corps
nu et offert au vent, pavé froid sous la pluie
tu fermeras la bouche en crispant ton effort
pour rester insensible à leur grave antalgie ;

  -viens, parlons de l'amour, cette denrée d'horreur
qui infuse au cerveau sa langoureuse essence,
le poison séminal qui fait gémir la fleur
au parfum apaisant à toute autre existence :

  -tu le regarderas comme un singe un chapeau
électrique et pointu, comme un pou voit le chauve,
et gratte-toi la nuque à t'en percer la peau
puis relève la tête en hurlant ton cri fauve ;

  -du ciel zébré, violet, moucheté d'émotion
crachée depuis le sol en gerbe colorée
tu seras le soumis envieux de commotion,
l'Autre Christ inutile à la plaie mordorée.

  -Je vais chanter pour toi, face aux portes du deuil
devant les Saints salauds et intimer aux chiennes
de poursuivre tes pas, de baver jusqu'au seuil
des paradis fermés par les lourdes persiennes ;

  -parfois tu banderas en brandissant le poing
quand une muse blême, outragée, abusée
t'ouvrira son entraille et pointera son sein
rose et fantomatique à ta langue embrasée.

  -Ecoute mes conseils jeune rampant véreux
il n'y a pas d'issue à ton chemin bitume
ton ventre aura saigné, ton coeur sera heureux
de ces épanchements semblables à l'écume

  -tu vivras ton naufrage emporté par les flots
marbrés et hérissés de vermeil, de sourires
il sera doux pour toi, le noyé des pavots,
d'étouffer en ces fleurs que feront tes empires

  -et la sirène noire emportera ta main
chantant la perfection, l'étoile à qui l'on donne
ses espoirs d'absolu : la terre à jamais loin ;
entends toutes ces voix, mais n'écoute personne. 
 
  -Ta mort viendra bientôt dans un hiver flambant,
aux aurores gercées brilleront tes abysses
et tu verras pourquoi aux ambres du couchant
je t'interdis toujours d'en cueillir les narcisses !

  -Voilà, j'ai crachoté sur tes rêves mielleux
l'acide trop réel qui trouera ta carcasse,
ce jus des astres noirs dont tu as fait tes dieux,
petit dévot crétin, maintenant je m'efface".

  Enivré comme un fou de liqueur délirium,
humant l'air âcre et gras comme une providence,
le flux brun du chenal évapora son rhum
dans mes nasaux bouffis battus de pestilence ;

  je courais sur la pierre anoblie par le temps,
polie grâce à l'errance, imberbe d'autres âmes
et cette solitude engorgée de parents
tous hurlant leurs mots secs, adoucissait mes drames ;

  le remugle des eaux dessina des serpents,
des voluptés chimère, entrelacées, sexy
distillant sur ma peau un bouquet stupéfiant,
une laque moirée au reflet mélodie.

  Je vis tourner des roues sur le fluide incertain
éclaboussant ce fil de leur bois de mollesse :
les lèvres au lichen, salivant de satin
fécondaient de lenteur cette étrange grossesse !

  Mais je n'étais plus ivre, un choc me culbuta.
Les aubes vermoulues chuintaient dans leur sillage
un funeste dessein : l'adoré placenta
germerait d'un cadavre, et voilà le message.

  Univers ! je te vis pour la première fois
foutre glacé, moderne aux grandes tours de verre,
des étoiles fichues sur notre ciment froid
perclus d'absurdité commerciale éphémère.

  Partout des mendigots salis d'un sentiment,
esseulés dans la soupe avide de charogne,
éclopés du carnage abouti du vivant,
que la ville engloutit, et en plus, elle grogne !

  J'en ai eu de l'amour ! juré, craché, promis !
comme un cancer brûlant qui agitait mes tripes
ce repas quotidien de mes membres vomis,
dont le regard ému s'accrochait à mes fripes.

  Moi, je suis un déchet identique à ces trucs
terrifiant la nature aux abords des rivières,
chiés d'un sacrifice, enflés, grisés, caducs ;
plusieurs fées sont tombées dans mes mains ordurières !

  C'était un soir d'automne entre vie et trépas
entre un pacte et un songe arraché à Pythie,
toute l'Olympe à nous ! et toi, tu me frappas,
le non-dit somptueux, de ton oeil dynastie.

  L'opium du crépuscule enserra mon tourment
quand un givre limace, extase et chair de poule,
habilla tout mon être offert à ce serment,
des grimaçantes nuits en figeraient la houle...

  Ah... Licorne et Pégase à l'envol arsenic !
j'observais vos ébats, une geste éternelle,
chutant, béat, au gouffre, écarlate alambic,
de ce détroit meurtri de splendeur irréelle.

 
« Modifié: 23 Mai 2012 à 16:05:56 par Néon »
in girum imus nocte et consumimur igni

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Hors ligne koutoumi

  • Calliopéen
  • Messages: 439
Re : La Belle Hécatombe
« Réponse #1 le: 22 Mai 2012 à 23:47:33 »
Bonsoir,

De toi à moi, ce poème doit être éditer.
en générale lorsque que je lis le travail d'un apprentis écrivaillons, je trouve à redire
sur la forme, le fond, la valeur intrinsèque du travail... mais avec ton poème tout ce que je me dis
c'est comment je pourrais être publier si une personnes aussi talentueux ne l'est pas?

Le seul pseudo problème c'est  que la longueur de ton poème empêche la perfection ; certaines strophes n'ont pas lieu d'être. Raccourcis de deux ou trois strophes, ton poème gagnerait en compréhension.

Bon courage pour la suite!
Choking On The Truth

Hors ligne Néon

  • Aède
  • Messages: 245
    • Digitus-impudicus, mon site de poésies, nouvelles et articles humoristiques
Re : La Belle Hécatombe
« Réponse #2 le: 23 Mai 2012 à 14:58:51 »
Salut,

Citer
De toi à moi, ce poème doit être éditer.

Ce n'est apparemment pas l'avis des quelques maisons qui m'ont répondu par la négative, cela dit, il se trouve en antépénultième position de mon recueil et je sais qu'au moins un des comités n'est pas allé jusque là : ils m'ont retourné le recueil qui n'avait été lu que jusqu'à la quatrième pièce (une histoire de pains au chocolat après une sortie en boite leur a semblé rédhibitoire).

Citer
c'est comment je pourrais être publier si une personnes aussi talentueux ne l'est pas?

Bof, y a pas d'équilibre cosmique à ce niveau-là. Garde courage. Et puis pour être publié, il faut le vouloir, le chercher, ça ne fait que très peu de temps que je m'y suis mis.

Citer
Le seul pseudo problème c'est  que la longueur de ton poème empêche la perfection ; certaines strophes n'ont pas lieu d'être. Raccourcis de deux ou trois strophes, ton poème gagnerait en compréhension.

Oui... en fait ça soulève plusieurs questions. Déjà, la forme, 25 quatrains en alexandrins classiques : c'est du bateau ivre, et dès le premier vers je signale l'espèce de filiation :

Le bateau ivre : Comme je descendais des fleuves impassibles

Mon texte : Comme je m'effarais auprès d'un vieux canal

Donc, le raccourcir n'est pas à l'ordre du jour. Cependant je suis beaucoup moins content de la fin (les deux derniers quatrains) que de tout le reste. Les quinze ou seize premiers quatrains ont été écrits dans une sorte de transe, je veux dire par là que je réfléchissais assez peu, tout me venait naturellement, j'ai commencé à me creuser le ciboulot que sur la seconde partie (tout le début avec "la mémoire enfuie" m'est venue en quelques heures). Pour ce qui est de la compréhension, là on touche à un vrai problème.

Tu as remarqué que personne avant toi n'avait commenté ce texte. Ca devrait te "décomplexer" un peu, c'est sûrement qu'il n'est pas si bon que ça. En fait, il est très hermétique, je crains qu'assez peu de gens puissent saisir de quoi je parle. Et selon moi un poème qui doit être expliqué est un poème raté (cela dit, je connais peu de gens capables d'expliquer Le bateau ivre, mais passons, je ne prétends pas être arrivé à quelque chose de comparable autrement que sur la forme - et encore). Tout est dans le titre en fait, une hécatombe est un sacrifice :

"Mais je n'étais plus ivre, un choc me culbuta.
Les aubes vermoulues chuintaient dans leur sillage
un funeste dessein : l'adoré placenta
germerait d'un cadavre, et voilà le message."

Tu me dis "certaines strophes n'ont pas lieu d'être". J'aimerai savoir lesquelles, selon toi.

Bref, ce poème parle de choses très personnelles, et d'une vision très personnelle d'une vie vouée à un art, c'est donc normal que beaucoup de gens passent à côté, mais pour moi c'est un texte important, je n'y dis que des choses auxquelles je crois réellement. Mais ce n'est pas suffisant pour faire un poème qui tienne debout (sur le fond, j'entends).

Bref n°2, ce qui m'intéressait dans ton commentaire, c'est le fait que tu te compares à ce que tu lis, que tu en sois rassuré ou inquiété. J'ai souvent réagi comme toi, pour résumer, soit indifférent soit jaloux. C'est dur d'aller contre ça, pourtant la seule question à se poser face à un texte qu'on trouve valable ou face à quelqu'un à qui on suppose du talent, c'est "que peut-il m'apporter ?". Tout le reste n'est qu'orgueil très mal placé.

Merci de ton commentaire, et bonne continuation à toi également.
« Modifié: 23 Mai 2012 à 16:03:47 par Néon »
in girum imus nocte et consumimur igni

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Hors ligne Babzul

  • Tabellion
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  • Qui suis-je ?
Re : La Belle Hécatombe
« Réponse #3 le: 23 Mai 2012 à 18:29:01 »
Mmh, en d'autres situations, je dirais "WAH MON DIEU MAIS C'EST GENIAL !", cependant, nous ne sommes pas ici pour déconner, alors un peu de sérieux.

Compliqué, comme poème, très compliqué, on ne lis pas ça d'un oeil distrait, comme tout bon poème qui se respecte, j'ai du y revenir plusieurs fois pour bien capter tout ce que tu disais, et encore, je suis pas sûr d'avoir tout saisi.

Comme le disais koutoumi, si ton poème n'est pas édité, comment pourrais-je caresser l'espace d'un instant l'espoir de faire éditer un de mes propres textes un jour ? Après tu as raison, c'est aussi en partie une question de temps, de chance et d'acharnement.

Beau renvoi à la réalité en tout cas, ça parle de mort, j'aime bien quand ça parle de mort. Et le vocabulaire, d'une richesse comme rarement j'en ai vu, en bref, c'est vraiment un poème réussi je trouve.

Bonne continuation à toi, et surtout bonne chance !



"Si le porno était immoral, il y aurait pas autant de bonnes soeurs dedans" - Dr House.

Hors ligne Doctor Grimm

  • Palimpseste Astral
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  • Reine solaire
    • Gribouillis
Re : La Belle Hécatombe
« Réponse #4 le: 23 Mai 2012 à 21:10:57 »
*ramasse sa mâchoire et va boire son thé plus loin*
Tu vois, cette petite phrase entre deux astérisques ? Je l'ai dans la tête depuis deux ou trois jours, et je m'étais dit que je la mettrai pour commenter un texte que si je pensais qu'il en valait vraiment vraiment la peine.

Ben voilà, elle est là ma petite phrase.

Je trouve ton poème magnifique, j'ai absolument rien à y redire, je plussoie Koutoumi quand il dit qu'il doit être édité (mais qu'ont dans la tête les éditeurs ??), et je crois que je vais t'ériger au rang d'un de mes auteurs de poésie préférés. Quelque part entre Rimbaud et Verlaine (fais gaffe aux coups de fusil). Le pire, c'est que j'exagère même pas. Je vais me faire une petite liste, et en plein dedans y aura marqué "Neon", et personne comprendra !  :mrgreen:

Ta plume est magnifique et tes images encore plus. Le seul tout petit truc que j'aurais pu m'aventurer à reprocher, c'est les termes vulgaires à certains endroits, mais là, bizarement, ils vont bien. T'es un boss, toi. :huhu:

Voilà, c'est tout ce que je peux dire...
Je lève ma tasse de thé à ta santé.

A bientôt !
« Modifié: 23 Mai 2012 à 21:16:25 par Doctor Grimm »
Toute ma peau est maladésir.

Hors ligne Djul

  • Aède
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  • Prière de ne pas prier
    • Julien Fonck
Re : La Belle Hécatombe
« Réponse #5 le: 24 Mai 2012 à 10:44:49 »
Je plussoie.  :mrgreen:

(Ouais je sais c'est facile, mais je crois que tout a été dit !)
"Nous avons traversé cette jeunesse comme on traverse un champ d’orties, les yeux fermés. C’était si drôle de perdre et de faire semblant, de vieillir à coup de guitares et de basses. " Light Succub Dynamic

Hors ligne Néon

  • Aède
  • Messages: 245
    • Digitus-impudicus, mon site de poésies, nouvelles et articles humoristiques
Re : La Belle Hécatombe
« Réponse #6 le: 24 Mai 2012 à 19:05:27 »
Va falloir se calmer les enfants.

Doctor Grimm :

Citer
je crois que je vais t'ériger au rang d'un de mes auteurs de poésie préférés

Pour un texte ? hum. Attends de lire mes autres horreurs, j'ai 500 poèmes, dont un recueil de 45 pièces, pas sûr que tout te plaise autant, surtout que les alexandrins, je fais plutôt ça pour m'amuser.

Citer
Quelque part entre Rimbaud et Verlaine (fais gaffe aux coups de fusil)

Ah ah ! très bon le coup de fusil, sauf que c'était un revolver, mais on te pardonne l'imprécision. Seulement la place est déjà prise entre les deux (déjà y avait la nana de Verlaine, mais passons) : Nerval, par exemple, pour ne citer que lui. Mais surtout, chez les contemporains, va écouter du Thiéfaine, genre les Dingues et les paumés, Chambre 2023 et des poussières, des titres comme ça, tu verras qu'il y a des prétendants sérieux.

Citer
Le seul tout petit truc que j'aurais pu m'aventurer à reprocher, c'est les termes vulgaires à certains endroits

Ah non mais là... c'est tout moi. De la pourriture dans la dentelle, la violence et le raffinement... Ca, je changerai jamais je crois. Un peu long à développer, mais pour le coup, c'est mon crédo.

Je lève mon verre de jus de fruit à ta santé Doc Grimm.

Babzul :

Citer
Beau renvoi à la réalité en tout cas, ça parle de mort, j'aime bien quand ça parle de mort. Et le vocabulaire, d'une richesse comme rarement j'en ai vu, en bref, c'est vraiment un poème réussi je trouve.

Mais, heu... c'est tout le thème justement. La perte, le sacrifice, ex nihilo nihil fit, construire sur la mort, sur la perte, et ne pas aller bien loin, ou alors y aller, mais se perdre, n'être jamais satisfait :

"et tu verras pourquoi aux ambres du couchant
je t'interdis toujours d'en cueillir les narcisses !"

Bon, bref, merci à vous trois, et si vous y avez compris quelque chose, et si ce quelque chose vous a apporté un truc, alors je serai content (non non, je me fais pas meilleur que je le suis en disant ça, c'est sincère).
in girum imus nocte et consumimur igni

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Hors ligne Fingo

  • Tabellion
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  • Si folâtre je vous agrée, http://www.actaestfabula
    • Actaestfabula
Re : La Belle Hécatombe
« Réponse #7 le: 28 Mai 2012 à 14:33:04 »
Les poètes bourrés n'ayant que l'univers
se sentaient obligés de se peindre l'Enfer ;
ces morts de soif hagards avaient plus de Pythie
qu'un barracuda mort d'avoir gobé l'hostie.

Caron était souffrant, il nous restait Néon,
les Yorkshire Terrier coursaient cet Actéon :
pour reliquat charnu de ce superbe ivrogne
il n'y eut que sa verge anxieuse de besogne.

Ah, le divin phallus ! ô, le beau braquemart !
consolons notre haleine à ce vibrant paillard ;
l'adage est sûr, il faut gratter ce qui démange,
ou l'ange asexué s'ébattrait dans la fange.

Nous autres vermisseaux, et lui le Très Grand Vers,
prospérons dans le vit et le péché de chair,
la Muse, à poil ! My God ! l'habit est un peu large,
voyeurs, d'une main ferme accostez cette barje.

 ;D Ce qu'il faut pas faire pour "up" un sujet.  :-¬?

Sinon, pourquoi l'alternance féminines / masculines et l'alexandrin ? Pure volonté de suivre le modèle ? Par contre, tu ne mets pas de majuscule au début de chaque vers, façon old school, façon de creuser l'écart ?

Ah, et, faire rimer "sexy" et "mélodie", ah la la, quand je pense que certains se voilent la face sur le potentiel érotique de la danse.  :P
Si folâtre je vous agrée, d'un bon mot secourable partagez mon goût de la si sérieuse farce :
http://www.actaestfabula.fr/

Jon Ho

  • Invité
Re : La Belle Hécatombe
« Réponse #8 le: 30 Mai 2012 à 15:34:16 »
 "-Toi, l'inculte, idiot, ami privé de sens,
de l'aube du destin jusqu'à la poigne atroce
qui couvrira tes yeux au dernier contresens,
tu fuiras le bonheur comme un monstre féroce ! "

J'ADORE !!! :) +++ !!! :D

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
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  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : La Belle Hécatombe
« Réponse #9 le: 30 Mai 2012 à 16:12:50 »
[modération on] Jon, le mode kikoulol, on l'accepte volontiers dans le flood, mais pas dans les commentaires. Merci. [modération offf]
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Jon Ho

  • Invité
Re : La Belle Hécatombe
« Réponse #10 le: 31 Mai 2012 à 10:35:37 »
Ok
Désolé, ma blondeur me joue parfois de vilains tours

Hors ligne Zephyr

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 373
Re : La Belle Hécatombe
« Réponse #11 le: 01 Juin 2012 à 22:49:11 »
Même si apparemment, puisque j'écris pas aussi bien que je ne commente et que ça altère donc la qualité de ce que je dis (sans rancune Jon Ho  :mrgreen: ) je vais me permettre de commenter.

Alors j'ai beaucoup aimé. C'est superbement ocnstruit. La référence au bateau ivre (que, comme j'avais pas lu depuis un moment, m'avais pas sauté au yeux, mais qui, après petite explication, est assez claire) est bien faite, et du coup explique la longueur.
Donc bon texte, très bon texte, que j'aime beaucoup. Bon après, il faut prendre du recul. J'aime ce texte, mais après, c'est pas pour ça que je te place ua dessus des autres ou quoi que ce soit. Bref, excursus totalement inutile  :mrgreen:

Pour être pointilleux (c'est très subjectif, et le toris quart des remaques sont vraiemnt de l'extra détail qui ne me plait pas à moi et à moi seul) :

  "-Toi, l'inculte, idiot, ami privé de sens,
de l'aube du destin jusqu'à la poigne atroce

J'aime pas trop "la poigne atroce". Ça cadre pas avec le reste.

  -tu le regarderas comme un singe un chapeau
électrique et pointu, comme un pou voit le chauve,

Non, j'aime décidément pas ce pou et ce chauve. La aussi ça cadre pas du tout. Ça m'a coupé absolument toute l'ambiance.

  -Ecoute mes conseils jeune rampant véreux
il n'y a pas d'issue à ton chemin bitume
ton ventre aura saigné, ton coeur sera heureux
de ces épanchements semblables à l'écume

L'image est très bien exploité. Mais j'aime pas le "jeune rampant véreux". Surtout l'association des trois mots qui fait un peu pompeux je trouve.

  le remugle des eaux dessina des serpents,
des voluptés chimère, entrelacées, sexy

remugle ? Je sais même pas ce uqe ça veut dire. Du ocup j'ai pas compris. Mais c'est un mot très joli. Donc je m'en fiche un peu. Et bien que j'adore le mot sexy, je le trouve un peu faible. Entre voluptés et entrelacées, le sexy passe pas.

un funeste dessein : l'adoré placenta
germerait d'un cadavre, et voilà le message.

Je n'aime absolument pas le dernier hémistiche. Il fait trop explicatif, et on perd l'évocation et la douceur (enfin douceur, l'élévation) des mots précédents.

Voila, je crois que c'est tout.
En tout cas bravo pour ce très beau poème  ;)

EDIT : ah oui ! je voulais aussi dire qu'il était quand même très dur d'y accéder dans le sens où il est dense, touffu et assez hétéroclite. Mais moi j'aime bien ça.
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

Jon Ho

  • Invité
Re : La Belle Hécatombe
« Réponse #12 le: 01 Juin 2012 à 23:35:53 »
Merci zéphyr de me foutre entre parenthèses  :mrgreen:
Normal que tu ai aimé, c'est parfois un doux zéphyr qui glisse et gonfle les voiles des bateaux ivres.

je suis d'accord avec Koutoumi.
Ton poème a sa place dans un recueil édité, t'as juste pas dû frapper aux bonnes portes.
Parce qu'à moins de tomber sur un comité d'aveugles je vois pas comment peut se justifier un refus.



Hors ligne Zephyr

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 373
Re : La Belle Hécatombe
« Réponse #13 le: 01 Juin 2012 à 23:40:16 »
C'est surtout que j'imagine que le poème n'est pas tout seul dans le recueil. Suffit juste qu'il soit mal entouré et il peut perdre tout son charme. Tous les auteurs ont leurs perles, leurs poèmes qui sont et resteront beau. Toutefois, il y a aussi les moins bon, même chez les meilleurs. Ils suffit d'une mauvaise touche avant ou après, comme un tableau ou un vin, pour gacher l'ensemble; Ici, il est seul. Donc il n'a que lui pour se cacher.

Tout est une question de placement.
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

 


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