Z'avaient farpaitement raison, fichtre. Merci maître Yoyo, pour ces détails détaillés, et Lumière pour m'avoir prodigué tes néons ! Refondons tout ça, secouons-le, étirons-le !
Préhistoire
Il mit la main au flanc de l'animal
mort et gueule silencieuse,
la plaie entait en lui un vif bestial,
la chasse avait été rieuse.
Il prit sa lance à pointe de silex,
en contempla la rude ligne,
la caressa prudemment de l'index :
le sang séché lui faisait signe.
Et sa main dont les coups le rendaient fier
avait faim d'autres nourritures ;
il se leva soudain, laissant la chair,
s'effaçant dans une fissure.
Ses doigts étaient souillés d'un désir fou
puisé au souvenir d'un râle,
des regrets l'enfiévraient comme un vieux loup,
il frémissait, il était pâle.
*
L'image qu'il chassait était si terne
qu'il craignait d'y trouver plaisir :
le feu sur la paroi de la caverne
parût une proie à saisir.
Il apposa sa marque sur la pierre :
la roche saigna pour l'humain
son effroi sous la forme de sa main,
et son bonheur dans la poussière.
Donc j'ai corrigé cette histoire d'alternance hétérométrique, pour qu'elle soit continue. L'alternance des rimes masc/fém est préservée, au prix d'un lâche astérisque.
J'ai aussi expulsé à coups de verbes subalternes ce fâcheux auxiliaire avoir répété.
Une petite strophe est venue mettre le doigt dans l'engrenage, pour insister sur le rapport homme / matière.
Comme tu as bien lu Néné, il n'y pas de référence moralisatrice à notre siècle, ni le suivant d'ailleurs.
J'ai changé à peu près tout ce qui titillait Tomo la guetteuse de mots, à part "enter" parce que le verbe est fendard, et cette histoire de rimes abba (que vient faire le disco là-dedans ?) : comme il s'agit de la strophe conclusive, je voulais que les rimes embrassées réconcilient "sa main" et "l'humain". Parce que je suis un maniaque humaniste.

M'enfin, vous me direz si c'est mieux.
Tiens ! "Réconcilions nos lèvres aux rimes embrassées", c'est pas génial pour draguer, ça ? Les filles ? Non ?