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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT Mammouth n°1] Coup de peau

Auteur Sujet: [AT Mammouth n°1] Coup de peau  (Lu 7505 fois)

Hors ligne Meilhac

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[AT Mammouth n°1] Coup de peau
« le: 08 Avril 2012 à 19:40:27 »
coucou
vla un texte qui m'a été inspiré par l'appel "un petit rien avant le commencement" :-).
miousique !! (je me suis inspiré de l'histoire (ou de la légende) de l'enregistrement de la musique d'ascenseur pour l'échafaud).
(si il est encore temps (j'ai suivi ça de très loin) pour la revue, je peux prendre un petit moment pour le retoucher et/ou relire les autres textes en réponse au truc. et si il est trop tard pas grave, c'était sympa d'écrire ça, le thème était cool  :) ).


Coup de peau


On allait enfin pouvoir démarrer. J'en avais bavé pour qu'on se retrouve là tous ensemble. Il m'avait fallu convaincre Steve Bebop, motiver Joey Pride, et louer Pedro Alter. Très cher, Pedro Alter. Je manquais un peu de fonds à cette époque. J'étais pas connu comme maintenant. Mais j'avais pas lâché l'affaire quand les difficultés s'étaient présentées, et j'en étais récompensé. L'enregistrement aurait lieu. Steve, avec son saxophone mafflu, allait nous envoûter avec ses sons chauds et puissants. Joey, surexcité par le superbe piano Errar qui ornait le studio, allait pouvoir nous éblouir par son jeu puissant et mystérieux. Quant à Pedro, on verrait bien. Capricieux, celui-là. Mais bon, je savais que si le feeling était bon, il était capable de faire fuser des nom de dieu de phrases bouleversantes. On allait voir ce qu'on allait voir, ça allait déchirer. Moi j'étais un peu dans mes petits souliers. Comme compositeur, ok pas mauvais. Comme sideman, pas mauvais non plus, un peu recherché même (à l'époque j'en étais tout fier, même si aujourd'hui ça m'arrache un sourire de pitié). Mais là, le fait d'avoir dû m'occuper de l'intendance, réunir les zikôsses, leur acheter jus d'orange et drogue (Pedro crevait de soif après ses shoots d'héro), négocier avec le producteur du film, toutes ces responsabilités m'avaient pris la tête. Quant à la musique, elle était à peu près composée, mais il allait falloir donner une existence physique à ce que j'avais vaguement en tête et plus ou moins mis sur papier.

Le label avait donc fini par donner son accord. Musique de film, le film raconte, en gros, l'histoire d'un mec, le mec tente de séduire une nana, au début il échoue, après il réussit, ils couchent ensemble, rideau. Le scénario m'avait laissé un peu dubitatif mais après tout nous c'est plutôt la musique. La B0 comme on dit maintenant mais à l'époque on disait « musique de film ». C'était joli aussi : « musique de film ». J'aimais bien. Bande, ça fait un peu Elastoplaste,  ou bande de jeunes. Mais bon.
Le réalisateur n'avait pas été trop chiant, il faut bien dire. « Allez les gars, je compte sur vous, faîtes au mieux, et surtout du sentiment, hein ! Du sentiment ! ». C'était ça la consigne. Bon. J'avais répercuté le message aux gars. C'était moi le chef, c'était à moi de leur dire. Du sentiment les gars, du sentiment. Bô.

Le studio était mauve, un peu bizarre avec toute cette moquette et ces posters ridicules au mur, et cette espèce de baie vitrée qui donnait sur une rue de Paris, je ne sais plus laquelle, une rue avec des trottoirs, des passants, des crottes de chien, une rue quoi. Un..., deux..., un, deux, trois, quatre. Ça allait être à nous. Les conditions étaient claires : il allait falloir faire très très short. Steve nous avait prévenu qu'il devait partir à 18h. Pour voir sa mère à l'hôpital paraît-il. Pour aller draguer une Parisienne à mon avis.

Bref ça allait être à nous. Tout avait été bien organisé, un jeune gars était venu suspendre un écran le long du mur Ouest ; un gros projecteur avait été posté devant le mur Est ; et nous, entre les deux, les pieds bien enfoncés dans la moquette turquoise, les yeux naviguant entre l'écran et le pupitre, le pupitre et l'écran, l'écran et la fenêtre parfois aussi, pour s'évader un peu.

Intro, Steve envoie quelques notes de batterie. Comme prévu. Pedro plaque quelques accords. Bien joué Pedro ; tu nous as fait peur. Je retire tout ce que j'ai dit Pedro, on peut, parfois, compter sur toi. Le son de la batterie et du piano emplissait joliment le studio, le décollage de la fusée se déroulait pas mal, sans anicroche. J'allais pouvoir ajouter mon grain de sel, je préparais mon entrée avec délectation, il s'agissait que je réussisse mon attaque. Somme toute un solo de trompette, c'est comme la vie, le plus important c'est pas le milieu mais le début et la fin.  Les sons de la longue digression introductive de Steve et Pedro, assorties de quelques rares notes de contrebasse égrenées ici et là, nageaient autour de nous, se coulaient dans mes oreilles. Audition ok me disais je, cinq sur cinq. Les trainées laissées un peu partout par le saxophone surplombaient le tapis d'accords tissé par le piano. Légers, calmes, réguliers, les sons jaillissaient du clavier avec grâce.

Quelques mesures encore. L'objet cuivré rutilait dans ma main gauche. Je le laissais pendouiller, j'y jetais des regards enamourés. Trompette chérie. Joséphine (je l'appelais Joséphine) je t'aime, je t'aime d'amour, tu le sais, et tu me le rends bien, ça va être à toi, come on. Sur l'écran, un abruti en costard faisait du plat à une pimbêche en tailleur gris et violet. Plus que quelques secondes avant le commencement. Je porte ma trompette à la bouche. L'orifice doré de l'embouchure disparaît de mon champ de vision. La contempler ou en jouer, il faut choisir. Je sens la fraîcheur du cuivre entrer en contact avec mes lèvres et l'embouchure s'enfoncer mollement en moi. Mais je sens aussi, je sens surtout, un petit quelque chose entre moi et Joséphine. Comme un renflement, comme une protubérance, un petit rien qui me rend tout chose. Je rentrais de quelques jours de vacances au ski. Lèvres gercées. Un bout de peau avait pris son indépendance et s'était logé dans l'embouchure de la trompette. Alerte. Que faire? J'entends le sang me battre les tempes et les questions affluer dans ma tête. L'enregistrement de ma vie allait foirer à cause d'un morceau de moi, à cause d'un bout de chair que ma fatale incontinence avait laissé fuiter. L'examen mental des conséquences de cet incident malencontreux dura quelques secondes qui me parurent des heures, et au terme desquelles, malgré la coulée de sueur que je sentais entre mes deux omoplates et les pulsations de mon coeur qui étaient montées, je me jetais à l'eau, je jouais, je m'entendis émettre un son, puis deux, puis trois, des sons rares, bizarres, troublants. Qu'est-ce qui se passait morbleu ? Les notes sortaient à peu près, le morceau de peau, insistant, au lieu de se laisser expulser dans l'action, comme le font parfois les échardes auxquelles nous ne prêtons pas attention et que notre corps expulse naturellement, semblait s'être franchement fichés dans mon instrument, les sons étaient ténus, je jouais, je jouais, joue, joue, joue, me disait mon père quand j'étais petit et qu'un match de tennis ne se passait pas comme je voulais. Les notes sortaient du pavillon rutilant de ma trompette, je ne connaissais pas les notes que je jouais et pourtant les reconnaissais comme si je les avais intimement connues et aimées des années auparavant. Elles étaient ourlées, toutes douces, ténues. Je m'abîmais dans la contemplation des sons, sentais mon âme s'alléger à chaque nouvelle attaque. Si bémol majeur. C'était la tonalité. J'y étais à l'aise comme un jeune poisson dans une mer confortable, plein de santé, de vigueur, de souplesse. Et les sons jaillissaient de mon instrument en même temps que les larmes de mes yeux brûlants. Les notes suaves s'enchaînaient et, comme des guides amis me menant le long d'un sentier escarpé, chacune d'elle m'indiquait la suivante, la voie à suivre, la veine à creuser, la direction dans laquelle m'aventurer, j'enchaînais, je continuais, j'avançais...

Je percevais Steve, Aldo, Fred, comme à travers une nuage diaphane, comme si leur son me parvenait par des canaux inhabituels. Le feeling était bon, nous échangions des regards complices, je les sentais concentrés, un peu euphoriques par moments, assez calmes sinon, plus ou moins conscients au début de l'étrange beauté du son ce soir-là. S'agissait de garder notre sang-froid, que le charme perdure, qu'on parvienne à rester dans le même état que celui dans lequel nous étions.

J'avais peur que ce morceau de peau qui me valait d'éprouver des sensations inconnues, enivrantes, bouleversantes, choie, disparaisse, s'esquive, se débine... il restait bien en place, bien calé. Parfait, ne bouge pas mon gars, ne bouge pas reste là, tu es chair, tu es sang, tu es moi, tu es je ne sais quoi et ce que tu veux, à la fois dur et mou tu es bizarre je sais pas ce que tu fous là mais je t'en supplie ne bouge pas ne bouge pas. Et le bout de peau restait coincé dans l'embouchure, donnant cette couleur envoûtante, ce son singulier, ourlé, inimitable, et depuis inimité.

Ce petit bout de chair que tu as perdu Ned, tu en as fait don en quelque sorte à l'humanité tout entière. Ce morceau de peau a quitté ton corps pour venir se lover dans chacun des milliers de disques qui par la suite ont pris place dans les bacs des disquaires sitôt le film sorti.

Je n’ai jamais réussi à retrouver cette magie. Mes nombreuses tentatives pour recréer ce son ultime ont échoué. Le disque s’est magnifiquement vendu, est entré dans l’histoire de la musique, a fait ma fortune. Ce petit rien, ce bout de chair coincé par hasard dans mon embouchure, a changé ma vie. Coup de peau.
« Modifié: 15 Avril 2012 à 14:50:10 par Meilhac »

Hors ligne Lemli

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Re : Coup de peau
« Réponse #1 le: 09 Avril 2012 à 11:17:14 »
J'ai trouvé l'histoire sympathique ; cela dit, je ne suis pas fan des instruments cités, alors ça me limite.
C'est étrange que tout le texte soit fait de paragraphes courts, espacés, et que le moment essentiel du récit se noie dans un gros pavé de 20 lignes. A l'instant de le lire, j'étais moins dedans.
Pour le style, je suis plus dans le soutenu que le courant/familier, mais c'est le bon choix pour le personnage et le texte. Sinon, comme je l'ai dit, je n'y connais rien, mais c'est un peu surréaliste le changement de son pour un bout de peau, non ?
"Si tout est sombre autour de toi, est-ce parce que l'ampoule est cassé, ou parce que tu as éteint la lumière ?"

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : Coup de peau
« Réponse #2 le: 09 Avril 2012 à 12:57:17 »
J'ai trouvé l'histoire sympathique ; cela dit, je ne suis pas fan des instruments cités, alors ça me limite.
C'est étrange que tout le texte soit fait de paragraphes courts, espacés, et que le moment essentiel du récit se noie dans un gros pavé de 20 lignes. A l'instant de le lire, j'étais moins dedans.
Pour le style, je suis plus dans le soutenu que le courant/familier, mais c'est le bon choix pour le personnage et le texte. Sinon, comme je l'ai dit, je n'y connais rien, mais c'est un peu surréaliste le changement de son pour un bout de peau, non ?
lol j'en sais rien. pas + en tout cas que des robots qui parlent, des trolls, des lutins, des peaux de chagrin qui rétrécissent mystérieusement, etc etc.
je retouche les paragraphes.

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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Re : [AT n°1] Coup de peau
« Réponse #3 le: 09 Avril 2012 à 12:59:08 »
Citer
Steve nous avait prévenu qu'il devait partir à 18h.
prévenus

Citer
il s'agissait que je réussisse mon attaque.
ça sonne maladroit... "il s'agissait de réussir mon attaque" ?

Citer
Audition ok me disais je
disais-je. Et le style a beau être très oral, je pense qu'il faudrait marquer la rupture entre ce qui est pensé et le verbe introducteur, genre mettre au minimum une virgule...

Citer
ça va être à toi, come on.
italique pour l'anglais

Citer
et au terme desquelles, malgré la coulée de sueur que je sentais entre mes deux omoplates et les pulsations de mon coeur qui étaient montées, je me jetais à l'eau, je jouais, je m'entendis émettre un son
jetai, jouai

Citer
l'étrange beauté du son ce soir là.
soir-là

Citer
Le disque s’est magnifiquement vendu., est entré dans l’histoire de la musique
point ou virgule, faut choisir


Ça se lit bien. Je suis pas fan de la disparition de la ponctuation, mais là on est bien emportés. J'ai trouvé le début un peu longuet (mais je suppose que c'était pour coller au thème "avant le commencement"), je suis pas fan non plus de l'aspect "ambiance monde de la musique", avec jargon éculé et mots d'anglais à tout va, mais ça c'est personnel.
Bon, dernier truc qui m'a gênée : cette histoire de bout de peau m'a assez dégoûtée du coup j'ai lu tout le texte avec une sorte de dégoût à l'estomac, mdr. Mais là encore ça doit être personnel.
En gros, le texte se lit pas mal, l'idée est sympa, mais j'ai pas accroché plus que ça de mon côté, pour des raisons de goût personnel essentiellement.
Oh, par contre, tes descriptions de la musique sont bien trouvées : les notes qui nagent, qui guident le long d'un chemin escarpé... J'ai trouvé ça assez évocateur.
Ah, et le titre est trop fort  :D
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : [AT n°1] Coup de peau
« Réponse #4 le: 09 Avril 2012 à 13:12:44 »
Citer
Steve nous avait prévenu qu'il devait partir à 18h.
prévenus

Citer
il s'agissait que je réussisse mon attaque.
ça sonne maladroit... "il s'agissait de réussir mon attaque" ?

Citer
Audition ok me disais je
disais-je. Et le style a beau être très oral, je pense qu'il faudrait marquer la rupture entre ce qui est pensé et le verbe introducteur, genre mettre au minimum une virgule...

Citer
ça va être à toi, come on.
italique pour l'anglais

Citer
et au terme desquelles, malgré la coulée de sueur que je sentais entre mes deux omoplates et les pulsations de mon coeur qui étaient montées, je me jetais à l'eau, je jouais, je m'entendis émettre un son
jetai, jouai

Citer
l'étrange beauté du son ce soir là.
soir-là

Citer
Le disque s’est magnifiquement vendu., est entré dans l’histoire de la musique
point ou virgule, faut choisir


Ça se lit bien. Je suis pas fan de la disparition de la ponctuation, mais là on est bien emportés. J'ai trouvé le début un peu longuet (mais je suppose que c'était pour coller au thème "avant le commencement"), je suis pas fan non plus de l'aspect "ambiance monde de la musique", avec jargon éculé et mots d'anglais à tout va, mais ça c'est personnel.
Bon, dernier truc qui m'a gênée : cette histoire de bout de peau m'a assez dégoûtée du coup j'ai lu tout le texte avec une sorte de dégoût à l'estomac, mdr. Mais là encore ça doit être personnel.
En gros, le texte se lit pas mal, l'idée est sympa, mais j'ai pas accroché plus que ça de mon côté, pour des raisons de goût personnel essentiellement.
Oh, par contre, tes descriptions de la musique sont bien trouvées : les notes qui nagent, qui guident le long d'un chemin escarpé... J'ai trouvé ça assez évocateur.
Ah, et le titre est trop fort  :D
lol tu es de ceux/celles qui avaient la nausée quand la surface de ton bol de lait était ridé d'une couche de peau :-) ?
c'est quoi que tu appelles "jargon éculé"?
le titre c'est pas ce que je préfère dans mon texte, lol, je le trouve un peu trop à la piga/bobby lapointe, calembour ok, poésie bof.

Hors ligne Milora

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Re : [AT n°1] Coup de peau
« Réponse #5 le: 09 Avril 2012 à 13:37:50 »
Le lait a de la peau, chez toi ? mdr. Chez moi il a de la crème et c'est très bon  :huhu:

Citer
c'est quoi que tu appelles "jargon éculé"?
Je sais pas, des trucs genre "envoyer la sauce", "à fond les ballons", "il allait falloir faire très très short", "shoots d'héro", envoyer des notes, etc. Je trouve que ça fait très "vieux guitariste désabusé" qu'on croise dans les films américains ^ ^

Citer
le titre c'est pas ce que je préfère dans mon texte, lol, je le trouve un peu trop à la piga/bobby lapointe, calembour ok, poésie bof.
Oui, quand on n'a pas lu le texte le titre fait bien un effet calembour ; mais après la lecture du texte il prend tout son sens et je trouve qu'il a un côté un peu sarcastique/désabusé qui va assez bien avec le reste.

Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : [AT n°1] Coup de peau
« Réponse #6 le: 09 Avril 2012 à 13:42:17 »
Le lait a de la peau, chez toi ? mdr. Chez moi il a de la crème et c'est très bon  :huhu:

Citer
c'est quoi que tu appelles "jargon éculé"?
Je sais pas, des trucs genre "envoyer la sauce", "à fond les ballons", "il allait falloir faire très très short", "shoots d'héro", envoyer des notes, etc. Je trouve que ça fait très "vieux guitariste désabusé" qu'on croise dans les films américains ^ ^
ah okaye. effectivement, j'avais en tête un contexte années 50-60. donc je prends ta remarque comme un demi-compliment : le vocabulaire que j'ai utilisé ne dissone pas trop par rapport à l'époque dans laquelle j'imaginais la scène :-).

(en fait je me suis vraiment inspiré de miles davis "ascenseur pour l'échafaud").
« Modifié: 09 Avril 2012 à 13:45:00 par Meilhac »

Hors ligne Gros Lo

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Re : [AT n°1] Coup de peau
« Réponse #7 le: 09 Avril 2012 à 14:00:39 »
Citer
Quand à Pedro, on verrait bien.
Quant

L’enthousiasme et la fluidité de l’oral me fait penser à Kerouac, toutes proportions gardées.

Citer
On allait voir ce qu'on allait voir, ça allait chier des bulles.
là pour le coup je trouve ça un peu poussif, tu nous as déjà servi suffisamment d’expressions similaires je pense, c’est redondant

 
Citer
La B0 comme on dit maintenant mais à l'époque on disait « musique de film »
BO (là c’est Bzéro que t’as tapé)

Citer
C'était joli aussi : « musique de film ». J'aimais bien. Bande, ça fait un peu Elastoplaste,  ou bande de jeunes. Mais bon.
nostalgie en douceur, dans le cadre de l’oralité et d’une réflexion à priori secondaire, je trouve ça pas mal !

Citer
« Allez les gars, je compte sur vous, faîtes au mieux
faites (faîtes c’est les cimes, les toits)


Citer
une rue avec des trottoirs, des passants, des crottes de chien, une rue quoi.
je pense que ce ton peut vite être perçu par le lecteur comme une pose que tu te donnes. Pour l’instant ça me semble naturel. Donc je dis ça juste pour pas oublier l’argument si ça se présente plus tard…

Citer
Steve nous avait prévenu qu'il devait partir à 18h
prévenus (normalement on écrit en lettres. Dix-huit heures)

Citer
je m'entendis émettre un son, puis deux, puis trois, des sons rares, bizarres, troublants
j’aime bien !

Citer
au début de l'étrange beauté du son ce soir là
soir-là


D’une manière générale : j’ai bien aimé ! j’ai trouvé ça fluide, le ton assez individualisé, c’est oral mais avec suffisamment d’expressions à toi et une relative maitrise narrative pour que ce ne soit pas « juste » des oralités à la chaine. Pour l’améliorer, faudrait peut-être le rendre un peu plus dense, pas forcément écourter toute la première partie (celle des préparatifs) mais lui donner une plus forte identité peut-être, qu’on y perçoive un peu+ leur vie en-dehors du studio, qu’il y ait un peu d’ambivalence au milieu de tout cet enthousiasme. Voilà enfin ce ne sont que quelques hypothèses de pistes.

Je pense pas que ce soit la même chose, la crème et la peau du lait…
LA PEAU DU LAIT C’EST HORRIBLE.
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Tomoyo

  • Calliopéen
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Re : [AT n°1] Coup de peau
« Réponse #8 le: 09 Avril 2012 à 15:25:36 »
Saaalut,

Citer
le film raconte, en gros, l'histoire d'un mec, le mec tente de séduire une nana, au début il échoue, après il réussit, ils couchent ensemble, rideau
c'est pas un film, c'est un genre : comédie sentimentale  :huhu:

Citer
Bande, ça fait un peu Elastoplaste,
mdr!!  :D

Citer
c'est comme la vie, le plus important c'est pas le milieu mais le début et la fin
mmmmm si c'est son avis...  ::)

Citer
Les sons de la longue digression introductive de Steve et Pedro, assorties
assortis

Citer
ça allait être y à moi
"y" en trop

Citer
à cause d'un bout de chair que ma fatale incontinence avait laissé fuiter
ah lala, ça m'a pas plu cette image..... :-X

Alors au début j'ai eu du mal à rentrer dedans parce que le sujet du monde de la musique ne me parle pas du tout, ni le vocabulaire ou le genre "à la cool" qui est transcrit. Ceci dit j'ai beaucoup aimé l'amour du narrateur pour ce monde-là, du coup ça c'était agréable.  :)
Je ne m'attendais pas du tout à la tournure des évènements. Comme Milora j'ai été un peu dégoutée, cette peau pendouillante, ça me fait pas rêver (bien sûr c'était pas ton but non plus).
Mais après hein, faire naître le disque de  sa vie de ça, j'ai bien aimé, ça faisait très bug de la vie de tous les jours qui peut s'avérer une bénédiction, ça faisait vrai en fait.
Ah oui l'avant dernier paragraphe où le narrateur se parle à lui-même avec un "tu" m'a un peu dérangée. Mais je suis facilement perturbable, ça ne concerne peut-être que moi du coup  :huhu:

Merci pour ce texte :D

PS : +1 pour Lo', la peau de lait est en effet juste bonne à être chopée à la cuillère et vite évacuée dans l'évier :huhu:
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

Hors ligne Trente Mai

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Re : [AT n°1] Coup de peau
« Réponse #9 le: 09 Avril 2012 à 16:06:30 »
Moi j'ai bien aimé ! Le texte est fluide, on entre dans un milieu particulier facilement (que personnellement je ne connais pas, celui des musicos), je le trouve bien décrit avec le ton un peu relâché qui sied au milieu en question (enfin, j'imagine, un peu cool-jazz ou quelque chose comme ça) et l'époque. Et cette histoire de petit hasard qui fait bien les choses, comme souvent les grandes réussites dans la vie.
Pas grand chose de constructif à proposer, peut-être un peu comme j'ai lu plus haut dans les commentaires un petit approfondissement du personnage principal et de la manière dont il a réussi à motiver les quelques cadors qui l'entourent pour ce morceau, et leur synergie dans la chanson ?
Merci !


Hors ligne Kailiana

  • Palimpseste Astral
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  • Lial' | Calamar placide
Re : [AT n°1] Coup de peau
« Réponse #10 le: 09 Avril 2012 à 16:15:13 »
Citer
de faire fuser des nom de dieu de phrases émouvantes à fendre les âmes et à faire saigner les coeurs
lourd


Au début j'ai eu un peu de mal, je trouve qu'il y a trop de "ralentissements" dans ton style, avec des "bref", des remarques du narrateur... ça gagnerait à être épuré des trucs inutiles.
Ensuite le bout de peau coincé m'a amusée, et j'ai bien aimé la description musicale. Mais j'ai trouvé que ça manquait un brin d'originalité, y'a des bons trucs (j'aime bien la dernière phrase "coup de peau") mais le texte ne m'a pas particulièrement étonnée.
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

Hors ligne Ambriel

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Re : [AT n°1] Coup de peau
« Réponse #11 le: 09 Avril 2012 à 16:24:03 »
Citer
Steve nous avait prévenu qu'il devait partir à 18h.
Prévenus (je crois)

Citer
Intro, Steve envoie quelques notes de batterie. Comme prévu. Pedro plaque quelques accords. Bien joué Pedro ; tu nous as fait peur. Je retire tout ce que j'ai dit Pedro, on peut, parfois, compter sur toi.

C'est normal ce bout de présent au milieu du passé ?

Citer
Le son de la batterie et du piano emplissait joliment le studio, le décollage de la fusée se déroulait pas mal, sans anicroche.
Je chipote mais ça me gênouille que tu mettes la batterie et le piano dans le même son. Je trouverais plus logique de dire « les sons de … emplissaient... » même si c'est peut être moins fluide, tout ça tout ça

Citer
Audition ok me disais je, cinq sur cinq.
Disais-je


Bon, je suis pas non plus spécialement fan des instruments cités (enfin j'ai rien contre non plus) et le monde de la musique me parle pas tellement à moi non plus, mais c'est sympathique, ça se lit bien. Le narrateur me paraît un peu détaché de la réalité, c'est bizarre. Sinon comme Mil j'ai pas cette histoire de bout de peau très ragoûtante, mais au moins c'est original :mrgreen:
Sinon, je plussoie Mil pour le titre (et Lo et Tomoyo pour la peau du lait:mrgreen:)
En fait j'ai rien à ajouter à ce qui a déjà été dit, donc je vais arrêter là XD
 :mafio:
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

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Re : [AT n°1] Coup de peau
« Réponse #12 le: 10 Avril 2012 à 12:35:12 »
Citer
surexcité par le super piano Errar qui ornait le studio, allait faire gicler à fond les ballons.

 :o
cette expression, "à fond les ballons", pour moi, elle est associée à Jezy et dans ton contexte, je la trouve vraiment étrange. Enfin le rapport entre gicler et les ballons, ça me laisse perplexe, j'ai l'impression que les deux expressions collent pas du tout ensemble

Citer
Quand à Pedro, on verrait bien.
Quant à

Citer
Mais bon, je savais que si le feeling était bon, il était capable de faire fuser des nom de dieu de phrases émouvantes à fendre les âmes et à faire saigner les coeurs.
je sais que tu veux rendre un style familier mais la répétition de "bon", je la trouve pas terrible quand même
jsuis pas convaincue par "nom de dieu", en fait, j'ai du mal à saisir la cohérence de toutes tes expressions
Citer
On allait voir ce qu'on allait voir, ça allait chier des bulles.

prends celle que tu préfère, les deux à la suite, je trouve ça bof

Citer
« Allez les gars, je compte sur vous, faîtes au mieux, et surtout du sentiment, hein ! Du sentiment ! ».
faites

Citer
J'avais répercuté le message aux gars.
répercuté ? ???

Citer
Bô.
là c'est toi qui parles et plus ton personnage :huhu:

Citer
Quelques mesures encore, et ça allait être y à moi.
pourquoi "y" ?

J'aime bien cette histoire de peau ! Par contre, j'ai vraiment eu du mal avec le style du début où t'accumules les expressions. J'ai trouvé ça lourdingue. Si tu nous avais planté un personnage étranger qui tente de s'intégrer en récupérant des expressions à droite et à gauche, j'aurais trouvé ça bien ! Là,  pour moi, ça fait jeux de mots faits d'expressions, et ce genre de délire, c'est pas du tout mon truc. Pas grave, c'est personnel, je le dis mais fais ta sauce.
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Re : [AT n°1] Coup de peau
« Réponse #13 le: 10 Avril 2012 à 16:23:25 »
Tout à quasiment été dit donc je vais juste donner mon point de vue.

J'ai bien aimé l'histoire dans son ensemble. Une bout de peau qui change la vie d'un homme pourquoi pas  :) en tout cas ça ne m'a pas choqué. Les 10 premières lignes ont tout de même été assez difficiles à passer, mais une fois rentré dedans on se laisse prendre par l’atmosphère musicale. J'avoue avoir même un peu stressé à me demander si la peau allait partir ! Je ne suis pas forcement fan de trompette mais ça ne m'a pas gêné pour autant, je me suis imaginé une sorte de Your Latest Trick des Dire Straits (oui je sais c'est du saxo, mais ça y ressemble  ^^) et la musique a bercé ma lecture. Juste un dernier truc, je ne suis pas convaincu que le registre familier soit nécessaire mais ce n'est que mon humble avis et les points de vues divergent sur ce genre de détails.
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Re : [AT n°1] Coup de peau
« Réponse #14 le: 13 Avril 2012 à 16:21:25 »
Bon, je ne suis pas sûre de pouvoir ajouter beaucoup de choses à ce qui a été dit, mais j'y vais de mon petit commentaire.

L’ambiance est assez chouette, super bien posée dans les premiers paragraphes (moi j'ai bien aimé le côté musique, le voc qui va avec, etc., même si y'a effectivement parfois des choses un peu lourdes, par accumulation). J’avoue que je me demandais comment tu allais te raccrocher au thème, même si avec la musique, y’a pas mal de choses possibles. Je ne t’avais pas beaucoup lu jusque là, mais je trouve que le texte est vraiment bien écrit, bien rythmé.
Cependant, l’élément déclencheur m’a un peu déçue. C’est sûr que ça donne un super titre, mais, de manière très terre à terre, je doute quand même qu’un si petit élément puisse modifier le son d’une trompette… ^^
Et du coup, j’ai été assez peu sensible aux émois du narrateur devant le son qu’il parvient à produire. Donc en gros, très bon début, mais fin un peu décevante pour moi.

Sinon, quelques petits commentaires sur la forme :
Y’a pas mal de virgules qui manquent, à mon avis et qui peuvent être restituées, sans gâcher le côté "oral" du texte. Du genre :
Citer
« Comme compositeur, ok pas mauvais. » -> ok, pas mauvais
mais après tout nous c'est plutôt la musique. -> mais après tout, nous
Pour voir sa mère à l'hôpital paraît-il. -> hôpital, paraît-il
Audition ok me disais je -> Audition ok, me disais-je

Citer
Musique de film, le film raconte
répétition pas très jolie
Citer
faîtes au mieux
faites
Citer
qu'il devait partir à 18h.

18 heures – et mieux encore, dix-huit heures.
Citer
sons de la longue digression introductive de Steve et Pedro, assorties
assortis ou assortie
Citer
ça allait être y à moi.
y en trop
Citer
les pulsations de mon coeur qui étaient montées,
je trouve que le verbe est mal choisi
Citer
l'étrange beauté du son ce soir là.
soir-là
Oh yeah ! 8)

 


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