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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Un conte de Fée (Nouvelle)

Auteur Sujet: Un conte de Fée (Nouvelle)  (Lu 3801 fois)

Hors ligne Néon

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Un conte de Fée (Nouvelle)
« le: 29 Mars 2012 à 21:13:42 »
                                                     Un conte de Fée


    Il n'avait plus vraiment d'âge. La preuve : il écoutait France Info dès le réveil sur son petit transistor jaune. Qui écoutait encore la radio sur un transistor ? bientôt ça n'existerait plus, tout passerait par internet ou un de ces machins. Deux guerres en Afrique, le pétrole dont le cours semblait passionnant pour le monde entier, des résultats d'élection, des élections pas passionnantes du tout. Il n'avait plus vraiment d'âge, mais c'était son anniversaire. La radio c'était son évasion et en même temps son seul contact avec le vaste monde, son ancrage dans la vie des autres vivants. Peut-être grâce à elle qu'il ne devenait pas complètement fou. De ses doigts mouchetés de piqûres, de sang séché, de terre et de crasse, il tourna le bouton pour aller rencontrer une station Classique. Chopin. Ballade n°1, Sol mineur, opus 23.

    Le piano dansait, léger comme une libellule, sur l'onde plate et scintillante du fleuve. Deux rats déboulèrent en fusant sur la berge.

    « Je suis un rat mélomane », pensa-t-il. Et il eut froid. Pourtant le soleil affûtait ses rayons derrière la colline, il fallait s'attendre à une belle journée de printemps.

    7h34. Il tourna la tête en direction de l'herbe, à droite de son logis. Il dormait sous un pont. La prophétie s'était réalisée. Sa grand-mère disait ça, quand il était gosse, combien de fois l'avait-il entendue menacer « c'est bien beau artiste, mais c'est pas une situation, c'est un coup à coucher sous les ponts ! ». Ben voilà : il couchait sous un pont. A côté des touristes sexagénaires qui promènent leur retraite ridée et leur Yorkshire sur les péniches. Il avait tenté. Il avait raté. Cinq années aux Beaux-Arts, diplômé avec mention. Son trait avait été bon. Ses peintures avaient eu du succès, les profs en disaient du bien. Une vie de bohème pendant quinze ans, des résidences d'artiste en France, en Espagne, en Belgique, en Allemagne, quelques jolies filles dont le souvenir agrémentait parfois son réveil, bien qu'à la cloche les matins soient la plupart du temps trop frais pour autoriser une érection. Enfin bon, la peinture de nos jours, c'est un peu has-been, ce qui marche ce sont les installations, les performances, l'escroquerie intellectuelle. Il avait jamais rien compris à tout ça, et surtout il refusait de comprendre. Il avait abdiqué. Alors il était là, tout ensablé par le vin de Morphée, son passeport pour le sommeil. Il lui restait un fond de rosé à 1euro 84. On lui avait pas fauché pendant la nuit. Il s'en offrit une rasade.

    En fouillant dans ses poches il dégota plein de pièces orange, mais pas de quoi aller jusqu'à un café. Bien sûr, tous les clodos buvaient le café chez les protestants, gratuitement, mais justement, là c'était son anniversaire et il n'avait pas envie de se farcir tous les cramés avec leur clébard, leurs cris, leur gueule aussi pourrie que la sienne et même le sourire des bénévoles, rien que d'y penser, ça faisait peser sur ses épaules un poids qu'il ne voulait pas supporter aujourd'hui. Il n'aimait pas faire la manche, mais il fallait s'y résoudre. Il alla en centre-ville avec son sac à dos, sa couverture écossaise et son année en plus.

    « Bonjour madame, il me manque moins d'un euro pour boire un café...

    - Pour boire un café vous êtes bien certain ?

    - Oui. C'est mon anniversaire...

    - Oh... ! »

    La vieille le scruta un instant, comme si elle avait accès par son visage à son état civil. Elle ne se sentit pas le courage de refuser à cette gueule cassée le micro bonheur d'un café le jour de son anniversaire. Elle tira un petit porte-monnaie rose de sa poche, l'ouvrit, en ponctionna une grosse pièce qu'elle lui tendit en précisant, un rien soupçonneuse :

    « J'espère que vous ne m'avez pas menti jeune homme, le Seigneur vous voit .»

    Il venait d'être crédité de deux euros. Deux euros ! du premier coup !

    « Merci beaucoup madame, le Seigneur doit apprécier votre geste. »

    Il voulut ajouter « et moi aussi », mais il trouva ça un rien blasphématoire.

    « Bon anniversaire jeune homme, et bon café, vous pouvez même vous offrir un croissant. »

    Puis elle reprit sa marche à petits pas vers la route du Paradis chrétien.

    Un bar ne refusait pas de le servir, un bar même pas cradingue, au contraire, il était plutôt chicos. En fait il avait jadis exposé dans ses murs, et le patron lui avait vendu quelques toiles. Bien que la direction eût changé depuis, il continuait d'y aller et s'était familiarisé avec les nouveaux serveurs, qui ne l'avaient jamais mal traité.

    Nanti de son croissant d'anniversaire, il s'assit à une table rutilante de soleil, un peu à l'écart des autres clients (pour ne pas les indisposer) et commanda son café. Une serveuse, probablement nouvelle, bien foutue et agréable, lui amena son expresso accompagné d'un verre d'eau, alors qu'il ne l'avait même pas demandé.

    Presque dix ans qu'il ne dessinait plus, ne peignait plus rien, à part ses blonds cheveux très longs, parfois. Il fouilla dans son sac à dos, en sortit plusieurs feuilles froissées, un stylo bille et décida de croquer la place avec ses touristes.

    Son trait avait beaucoup perdu, en spontanéité et en assurance. Ça l'attrista ; mais en même temps, à quoi s'attendre d'autre ? Il s'acharna cependant. Après une première esquisse tout à fait foirée, il se reprit en se rappelant l'importance de dessiner par plans successifs. Le second essai fut moins catastrophique. Ce petit jeu l'absorba tellement qu'il en oublia son café, qui avait refroidi, intact.

    Ce n'était plus qu'un vieux machin, une caricature d'artiste raté, mais quand même ! ce petit dessin de la place n'était pas si nul... il lui restait des notions.

    Deux jeunes filles avaient pris une place non loin de lui. Il les remarqua tout à coup parce qu'elles riaient. Elles affirmaient la continuité de la vie ainsi que la promesse faite à certains jeunes hommes de prendre du plaisir. La plus jolie des deux, châtain, cheveux fins et diablement longs, des lèvres comme un palais en sucre, était plus jolie que la plus jolie des filles qu'il avait eues durant sa vie de bohème. Elle était même bien trop mignonne pour lui rappeler une quelconque conquête. Contre le rebord de leur table reposait un carton à dessins.

    Allez ! il se sentait d'une hardiesse peu commune aujourd'hui. Il entreprit de dessiner également cette douce et frêle créature. Mais elle était trop belle pour bâcler le travail : il débuta par des détails. Son nez maigre et coquet, ses pommettes douces et coulées, ses épaules et son buste de sylphide. Les années qu'il avait passées à faire du nu lui revenaient en mémoire ! Le stylo ne glissait pas encore tout seul sur le papier, mais il s'en tirait pas mal. Il attaqua le modèle, en entier.

    « Pardon monsieur... c'est moi que vous dessinez ? »

    Elle était soudain là, devant lui, vivante, caressée et embellie par la lumière, vaporeuse comme un unique petit nuage sur un mont arboré.

    Il fut très gêné par la situation.

    « Heu... oui... je suis désolé...

    - Non, non, y a pas de souci, je peins moi aussi ! Je peux voir ? »

    Au lieu d'être mis en confiance, il se trouva encore plus mal à l'aise. L'autre fille était partie. Ils étaient seuls à seuls, enfin presque.

    « Mais je dessine pas bien, ça ne vous rendra pas hommage... »

    Il tourna la feuille en direction de son modèle.

    Elle écarquilla deux grands yeux bleus maya, semblables à ceux de certains chats siamois. Puis elle fixa l'auteur avec les mêmes yeux, le même regard et affirma d'une assurance quasi  professorale :

    « Ça tue. Vous êtes hyper doué ! »

    Devant cet enthousiasme le rouge lui monta au front. 

    Elle voulut s'asseoir cinq minutes pour parler avec lui. Elle se prénommait Pauline, était en fac d'histoire de l'Art, deuxième année, et prenait des cours de peinture. Pauline lui montra quelques uns des travaux contenus dans son carton à dessins. C'était pas encore très bon, mais l'avenir réserve des surprises aux artistes besogneux. Pauline était fan de Klimt, lui penchait du côté de Schiele, de Chagall ou des œuvres de jeunesse de Malevitch. Tout ça n'était guère éloigné, il y avait une proximité de goûts artistiques entre Pauline et lui. Elle lui proposa de le revoir le surlendemain à la même terrasse. Il accepta, évidemment.

    Pendant toute la durée de la conversation il avait pris grand soin de ne pas écarter les bras de son torse : il ne s'était pas lavé depuis des lustres et craignait les effluves qui pouvaient s'échapper de ses aisselles. Jamais Pauline ne parut indisposée, ou elle le masqua avec talent.

    Les quarante-huit heures qui suivirent la rencontre ne furent occupées dans son esprit que par deux pensées : le dessin et Pauline. Les deux étaient liés, bien sûr. Il croqua autant, sinon plus que lors de ses années d'études aux Beaux-arts. Toute chose lui semblait un sujet merveilleux : les squares avec leurs bancs, leurs arbres, leurs pigeons, leurs passants, les bâtiments, les toits, les nuages, le fleuve, les péniches, et même les voitures.

    Il ne mangea que trois pommes en deux jours : il n'avait pratiquement plus faim. L'alcool lui-même ne lui paraissait plus une nécessité, il n'en but qu'une demi-bouteille avant de se coucher. Par contre, à sa grande honte, tout en éprouvant un fort dégoût à l'encontre de sa vieille personne puante, il ne put s'empêcher de se masturber chaque soir en s'imaginant dans un grand lit avec Pauline. Les deux fois il essuya son sexe écumant avec sa couverture écossaise et s'assoupit en se jugeant bien dégueulasse.

    Le matin de la seconde rencontre, il se débrouilla pour aller se laver chez les Protestants, où il prit un café gratuit accompagné de croissants industriels à la date de péremption dépassée. Il pensa se raser, mais redouta que cette coquetterie ne le rendît ridicule ou juste méconnaissable.

    Son rmi ayant été versé la veille, il offrit un verre à Pauline, qui n'avait pas oublié le rendez-vous.

    « Ça vous dit qu'on aille dans un parc sur l'herbe ? vous pourrez me dessiner si vous en avez envie, ça sera plus sympa qu'ici ! »

    Il tenta de marcher devant elle pour ne pas lui faire honte, mais elle refusa et mis un point d'honneur à avancer à ses côtés.

    Les deux heures qu'ils passèrent ensemble furent les plus merveilleuses qu'il avait vécues depuis des siècles. Il ne savait même plus qu'il pouvait rire autant sans être totalement pinté. Sa manière de raconter les grands peintres, les courants picturaux, ravissaient Pauline. Elle l'écoutait disserter religieusement mais avec une complicité qui le mettait en émoi. Il était amoureux. Quand elle riait, que ses lèvres découvraient ses dents opalines, il voyait s'ouvrir tout grand le royaume des cieux, et c'était pour lui un enfer de délices interdites.

    « Si vous voulez, dimanche matin j'ai deux heures après l'équitation, on pourrait les passer ensemble, ici.

    - Si tu veux, avec plaisir. »

    Il aurait dû dire non, mais il en était incapable. Il aurait eu meilleur compte d'aller se faire une pute, même en payant double tarif, de sucer la queue d'un zonard homosexuel, ou de partir au Mexique à la nage. Un vieux rêve, le Mexique. Ça resterait un rêve. Comme Pauline. Il valait mieux arrêter là avant de se manger la dure réalité dans les chicots. Mais il n'en avait pas la force. Pauline était le seul truc sympa que Dieu le Père lui faisait vivre depuis l'accident de celle qui devait devenir sa femme, douze ans plus tôt. Putain ! Pauline, jeune bourgeoise magnifique de vingt ans avec lui, un bouffe-bitume alcoolique oublié dans le 21è siècle ? Même Spielberg oserait pas.

    Les jours, les heures, les secondes passaient douloureusement. Le fossé qui le séparait du dimanche en question était noyé de vinasse, de reproches, d'auto-flagellation et de gluante déprime. Il n'y avait même pas de quoi être fier de ne pas se masturber en pensant à Pauline : il n'en éprouvait pas l'envie. C'est elle qu'il voulait, aussi absurde et déraisonné que cela fût. Se voir en train de lui caresser les cuisses en pensée, quand la possibilité réelle que cela arrivât était à la fois si proche et si lointaine, si incongrue et improbable, ne suffisait plus, bien au contraire, ça en devenait sordide. Il ne dessinait plus.

    Le dimanche tant redouté arriva.

    Ils était assis sur l'herbe au milieu de jeunes couples et de familles avec enfants. Pauline avait emporté quelques dessins pour les lui montrer. Il avait du mal à les voir. Une heure cinquante-deux de torture où il ne parlait presque pas. Elle lui confiait des petites choses de sa vie, des petites choses qu'il aurait, la dernière fois encore, dégustées comme des bonbons. La fin du calvaire approchant, il prit le taureau par les cornes :

    « Pauline, je suis désolé de ne pas garder le silence, mais j'ai terriblement envie de t'embrasser. »

    En fait il voulait dire « de te faire l'amour », mais ce n'était pas avouable.

    Pauline lui répondit d'un sourire doux et appétissant comme de la crème. Elle se pencha vers lui, et sans se soucier des gens présents qui devaient trouver cela inconvenant, lui embrassa les lèvres comme un petit oiseau pose son bec sur un vieux fruit.

    Elle se leva, lui fit au revoir de la main et conclut leur entrevue d'un :

    « A bientôt ! »

    Il resta là, comme une ruine sous le vent. Il la regarda disparaître dans les escaliers qui redescendent du parc. Ses cheveux châtains furent éclipsés par le béton. Bien entendu elle ne lui avait pas fixé de nouveau rendez-vous.

    Il retourna sous le pont. Sous "son" pont. Il tomba deux bouteilles de "Côte-Rôtie", à cinquante euros pièce. Il ne pouvait plus aller dans le centre, le risque de la croiser était trop grand. Il contemplait l'onde rigide et noire du fleuve. Un rat fila sous ses yeux. La lumière pisseuse du réverbère à sa droite étouffait sans bruit dans l'opacité de l'eau. De rares promeneurs troublaient encore la solennité du moment. Bientôt il serait seul.
« Modifié: 30 Mars 2012 à 12:18:43 par Néon »
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Re : Un conte de Fée (Nouvelle)
« Réponse #1 le: 31 Mars 2012 à 14:39:57 »
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Il n'avait plus vraiment d'âge, mais c'était son anniversaire.
Yeah un bélier \o/ (j’ai envie :huhu:)

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  7h34.
Comment il le sait ? ça me semble étonnant qu’il ait une montre…

Citer
Il tourna la tête en direction de l'herbe, à droite de son logis. Il dormait sous un pont. La prophétie s'était réalisée. Sa grand-mère disait ça, quand il était gosse, combien de fois l'avait-il entendue menacer « c'est bien beau artiste, mais c'est pas une situation, c'est un coup à coucher sous les ponts ! ». Ben voilà : il couchait sous un pont. A côté des touristes sexagénaires qui promènent leur retraite ridée et leur Yorkshire sur les péniches. Il avait tenté. Il avait raté. Cinq années aux Beaux-Arts, diplômé avec mention. Son trait avait été bon. Ses peintures avaient eu du succès, les profs en disaient du bien.
Bon je ne copie pas tout, c’est un exemple : j’aime beaucoup cette façon d’écrire, des courtes phrases, simples, de temps à autre une image plus originale… ça rend la lecture paisible et l’impression réelle. On est proche du bonhomme et pas du narrateur, c’est très bien rendu à mes yeux.

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Enfin bon, la peinture de nos jours, c'est un peu has-been, ce qui marche ce sont les installations, les performances, l'escroquerie intellectuelle
C’est ça  :huhu:

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Il avait jamais rien compris à tout ça
J’aurais mis la négation « il n’avait »

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tout ensablé par le vin de Morphée
oh j’aime bien  :D

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un fond de rosé à 1euro 84.
Ahah ! trop fière de pouvoir la pointer celle-là (je suis très concernée par ce souci), hum hum, je me concentre et je balance le comm’ : « en lettres  :huhu: »
Enfin je pense…

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On lui avait pas fauché pendant la nuit
Là aussi j’aurais mis « on ne lui »

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comme si elle avait accès par son visage à son état civil
.
:D

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en ponctionna une grosse pièce
« ponctionna » me semble étrange comme choix de verbe, mais pourquoi pas

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  « Bon anniversaire jeune homme, et bon café, vous pouvez même vous offrir un croissant. »
Mmmm avec deux euros à un bar ça va être juste  :\?….sauf s’il est quelque part en Lozère

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Nanti de son croissant d'anniversaire
:D

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Ce petit jeu l'absorba tellement qu'il en oublia son café, qui avait refroidi, intact.
Je trouve ça triste… :-\

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à certains jeunes hommes de prendre du plaisir
alors avis tout à fait personnel, surement pas basé sur des règles de français mais bon… je n’adhère pas à l’expression « prendre DU plaisir » je préfère « prendre plaisir ». Le « du » dénature le terme plaisir, comme s’il était du sucre ou autre. Ça le rend moche en fait… :huhu:

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Elle écarquilla deux grands yeux bleus maya, semblables à ceux de certains chats siamois
ah mais vala, encore une fois, il faut toujours que la superbe fille ait les yeux bleus…  :relou:

 
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  Les deux heures qu'ils passèrent ensemble furent les plus merveilleuses qu'il avait vécues depuis des siècles. Il ne savait même plus qu'il pouvait rire autant sans être totalement pinté. Sa manière de raconter les grands peintres, les courants picturaux, ravissaient Pauline. Elle l'écoutait disserter religieusement mais avec une complicité qui le mettait en émoi. Il était amoureux. Quand elle riait, que ses lèvres découvraient ses dents opalines, il voyait s'ouvrir tout grand le royaume des cieux, et c'était pour lui un enfer de délices interdites.
Tu écris vraiment bien   :-[
 
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Pauline était le seul truc sympa que Dieu le Père lui faisait vivre depuis l'accident de celle qui devait devenir sa femme, douze ans plus tôt.
Ah non mais il a pris cher quand même…. Je sais pas si c’est indispensable de rajouter ça.. sauf si tu racontes une histoire beaucoup plus longue, mais là, zut quoi, manque que la jambe de bois

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Le fossé qui le séparait du dimanche en question était noyé de vinasse, de reproches, d'auto-flagellation et de gluante déprime
La gluante déprime m’a beaucoup plu, c’est tout à fait ça ^^

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lui embrassa les lèvres comme un petit oiseau pose son bec sur un vieux fruit.

    Elle se leva, lui fit au revoir de la main et conclut leur entrevue d'un :

    « A bientôt ! »

    Il resta là, comme une ruine sous le vent

rooooo c’est beau  :)

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Bien entendu elle ne lui avait pas fixé de nouveau rendez-vous.
Beuh beuh beuh ? c’est un adieu alors ?? :s

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Il ne pouvait plus aller dans le centre, le risque de la croiser était trop grand. Il contemplait l'onde rigide et noire du fleuve. Un rat fila sous ses yeux. La lumière pisseuse du réverbère à sa droite étouffait sans bruit dans l'opacité de l'eau. De rares promeneurs troublaient encore la solennité du moment. Bientôt il serait seul.
La vache, c’est méga triste ! :-\
Conte de fée…. Non mais c’est quoi cette arnaque ! :vaurien:


Sinon, pour le coup, j’ai trouvé très bien écrit, à aucun moment je n’ai décroché, j’ai trouvé le ton juste, les pensées, les actions/réactions sincères, réelles.
Je préfère les fins heureuses évidemment, mais ce serait gonflé de ma part de trop rouspéter : ce texte est excellent.

Merci ! :D
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

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Re : Un conte de Fée (Nouvelle)
« Réponse #2 le: 31 Mars 2012 à 15:13:57 »
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      7h34.

Comment il le sait ? ça me semble étonnant qu’il ait une montre…

logique : il écoute la radio, on annonce l'heure toutes les cinq minutes sur France info.

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    Il avait jamais rien compris à tout ça

J’aurais mis la négation « il n’avait »

Oui, là et ailleurs, je fais exprès dans certaines phrases d'écrire comme on parle, la négation saute souvent à l'oral, c'est pour rendre le texte moins littéraire.

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    un fond de rosé à 1euro 84.

Ahah ! trop fière de pouvoir la pointer celle-là (je suis très concernée par ce souci), hum hum, je me concentre et je balance le comm’ : « en lettres  :huhu: »
Enfin je pense…

En fait, je le sais, mais je m'y refuse : je veux qu'on voie l'étiquette avec le chiffre écrit en lettres... je sais que c'est "interdit"...

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    « Bon anniversaire jeune homme, et bon café, vous pouvez même vous offrir un croissant. »

Mmmm avec deux euros à un bar ça va être juste  :\?….sauf s’il est quelque part en Lozère

Tout à fait vrai, mais, d'une les grands-mères sont souvent à la rue (ah ah) concernant l'évolution des tarifs qu'elles ne surveillent plus (comme les cafés dans les bars), et de deux,  les gens, particulièrement à un certain âge -pour la raison dite plus haut, qui te font l'aumône prennent un malin plaisir à surestimer le potentiel de leur donation ((je le sais j'ai été à la rue), ce qui est un mélange de condescendance et de je sais pas trop quoi de désagréable.

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    à certains jeunes hommes de prendre du plaisir

alors avis tout à fait personnel, surement pas basé sur des règles de français mais bon… je n’adhère pas à l’expression « prendre DU plaisir » je préfère « prendre plaisir ». Le « du » dénature le terme plaisir, comme s’il était du sucre ou autre. Ça le rend moche en fait… :huhu:

Bonne remarque, tu as raison, cette expression est très moche, elle a quelque chose de consumériste.

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    Elle écarquilla deux grands yeux bleus maya, semblables à ceux de certains chats siamois

ah mais vala, encore une fois, il faut toujours que la superbe fille ait les yeux bleus…  :relou:

Mdrr !!! tu as tout à fait raison, c'est une pure coquetterie, j'avais envie de caser "bleu maya", référence tout à fait idiote à la princesse "Maya" de Fante dans Demande à la poussière...

 
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    Pauline était le seul truc sympa que Dieu le Père lui faisait vivre depuis l'accident de celle qui devait devenir sa femme, douze ans plus tôt.

Ah non mais il a pris cher quand même…. Je sais pas si c’est indispensable de rajouter ça.. sauf si tu racontes une histoire beaucoup plus longue, mais là, zut quoi, manque que la jambe de bois

Vrai aussi, quand j'avais écrit cette histoire, je me disais que c'était too much, mais bon, ça explique aussi pourquoi il a soudain tout lâché et qu'il se retrouve à la rue sans volonté de s'en sortir ; il faut bien qu'il y ait eu une raison (quoique pas toujours en fait). Ca, ça pourrait sauter sans rien changer à l'histoire.

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    Bien entendu elle ne lui avait pas fixé de nouveau rendez-vous.

Beuh beuh beuh ? c’est un adieu alors ?? :s

Ben oui, elle voit bien qu'il est amoureux, elle est gentille, elle va pas le faire souffrir plus, et puis elle estime avoir "tiré" tout ce qu'il y a avait à tirer d'une telle rencontre.

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Conte de fée…. Non mais c’est quoi cette arnaque !

Ironie du titre, mais en même temps, si, c'est bien un conte de fée, le genre de trucs dont rêvent tous les mecs d'un certain âge, sauf que dans cette situation là, ça ne peut guère aller plus loin, c'est un conte de fée crédible en quelque sorte... mais tu avais bien compris.

En fait, je me suis inspiré de plusieurs choses réelles, d'une le clodo qui a cartonné aux Beaux-Arts existe (tu me diras ils sont légions, c'est vrai), mais ce qui est drôle c'est que ce type avec sa couverture écossaise, je l'avais rencontré à la fin de ma première journée aux B-A, je te raconte pas comment ça m'avait mis la patate son histoire, moi qui étais tout plein d'élan à ce moment-là. Et l'autre fait à l'origine de ce type d'histoire entre clodos et midinettes, c'est que lorsque je traînassais à la rue, sur Valence, il y avait un type, un vieil Arabe très drôle, très malin, qui avait tout une cour de nanas lycéennes autour de lui, elles venaient s'encanailler et fumer son shilom, je pense qu'il s'en est jamais fait aucune, mais qu'il devait souvent fantasmer dessus...

Merci beaucoup de tes commentaires, encore une fois, détaillés. J'ai un peu de mal à me remettre aux nouvelles en ce moment, ça pourrait me remotiver ! belle journée à toi !
« Modifié: 31 Mars 2012 à 15:31:37 par Néon »
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Re : Un conte de Fée (Nouvelle)
« Réponse #3 le: 31 Mars 2012 à 17:19:00 »
Salutations !

J'ai un peu la flemme de détailler j'avoue, alors jvais dire mon impression d'ensemble.

Tiens c'est marrant en me repenchant dessus, je viens de m'apercevoir qu'il était écrit à la troisième personne... enfin je l'avais vu bien sûr mais ça m'a laissé un souvenir de première personne, je sais pas pourquoi.

Or donc ! Le texte est sympathique et se laisse lire sans problème, déjà. Certains passages paraissent d'un réalisme pas sympathique (enfin, le réel est pas toujours sympathique, quoi) Le personnage principal reste un peu lointain malgré tout, je crois que j'aurais bien aimé qu'il ait un nom, en fait, mais c'est purement personnel. La rencontre et le personnage de Pauline me paraissent un peu "déjà vu", et je trouve qu'on a pas tellement le temps de s'accrocher à elle, de savoir en quoi elle est si spéciale (à part qu'elle est jolie et qu'elle aime l'art etc, mais tu vois c'que jveux dire ?) après c'était peut-être pas spécialement ton but non plus, tu me diras.
Après, l'histoire finit un peu en queue de poisson du coup, et c'est un peu dommage qu'elle se soit envolée, la ptiote XD.
Ah et j'ai trouvé l'allusion à son ancienne femme un peu inutile aussi. Enfin si tu voulais vraiment l'exploiter, à mon humble avis il faudrait que tu développes tout ça, parce qu'une phrase en passant ça fait pas assez. Après, c'est que mon avis hein  ^^

bon ben, j'ai parlé pour pas dire grand chose au final  :-[

bonne continuation en tout cas !  :mafio:
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

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Re : Un conte de Fée (Nouvelle)
« Réponse #4 le: 31 Mars 2012 à 17:29:36 »
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Tiens c'est marrant en me repenchant dessus, je viens de m'apercevoir qu'il était écrit à la troisième personne... enfin je l'avais vu bien sûr mais ça m'a laissé un souvenir de première personne, je sais pas pourquoi.

Très rare que j'écrive à la troisième personne, tu as du flair, il doit y avoir des restes de subjectivité.

Oui, je suis d'accord, cette évocation éclair de son passé marital funeste est sûrement le détail sur lequel je dois me positionner définitivement.

Sinon, le fait de ne pas nommer le personnage principal, de le décrire à distance, c'est tout à fait volontaire, un truc que je fais souvent quand je veux justement que le lecteur puisse lui-même identifier le "héros", le voir comme des gens autour de lui, ne pas lui donner trop de singularité ; enfin là je suis pressé par un élément extérieur, alors j'explique peut-être mal mon procédé, j'y reviendrai sûrement pour être plus clair.

Merci de ton regard !
« Modifié: 03 Avril 2012 à 12:04:35 par Néon »
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Re : Un conte de Fée (Nouvelle)
« Réponse #5 le: 31 Mars 2012 à 18:49:17 »
Après le passage de Tomoyo, il n'y a plus rien à ajouter, mais....
Je suis sûrement mou de la cervelle mais je n'ai pas compris l'attitude de ton SDF pendant l'entretien avec sa copine dans le parc.
J'ai compris la trouille qu'il avait avant, j'ai compris la mélancolie lorsqu'elle lui dit « à bientôt »,
mais au milieu, pourquoi cette torture alors qu'il pouvait passer un super moment  même si il sentait que leur rencontre ne pouvait déboucher sur rien ?
D'autre part j'aurais imaginé une autre fin ;
le mec se remet à dessiner, il vend quelques portraits qui lui permettent de se refaire un look potable et par hasard, il retrouve la nana. Alors, trois solutions.
Une fin à la Walt Disney, ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.
Une fin à la Néon, il n'ose pas l'aborder et retourne à son état premier de SDF,
Une fin à la Piga, Il retrouve la copine en train d'embrasser une autre femme. Il les regarde de loin et déchire le livre d'Aragon, « Le fou d'Elsa », qu'il s'apprêtait à lui offrir. Il repart en entonnant la chanson de Ferrat, «  la femme est l'avenir de l'homme ».

Mis à part mon commentaire idiot, j'ai passé un excellent moment à te lire. C'est bien écrit et bien construit.
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Re : Un conte de Fée (Nouvelle)
« Réponse #6 le: 03 Avril 2012 à 17:52:29 »
tatata Piga, je suis allé sur ton blog, tu es loin d'être "mou de la cervelle", donc, méfiance...
je comprends mal ce qui t'échappe dans le malaise que ressent le SDF face à son transport amoureux pour Pauline, comme tu l'as bien compris, il sait que pour lui "c'est mort", qu'il va devoir se satisfaire des merveilleux moments passés avec elle, mais pourtant,tu sais comment est l'être humain : bien que ce soit impossible, il ne peut s'empêcher secrètement d'espérer un miracle. Rappelle-toi combien tu pouvais être transit lors de tes premiers émois, alors imagine quelqu'un qui n'en a plus connu depuis des années, et qui se retrouve dans une situation d'amour impossible, ajoute à cela qu'il "culpabilise" d'avoir des sentiments pour une fille de 20 ans, bourgeoise et belle alors que lui en a plus du double, qu'il est décati et à la rue... tout cela le chamboule... tu sais combien on peut être bête et se gâcher le meilleur parfois...

Pour la chute, j'ai préféré rester dans le "crédible", le probable ; c'est un peu le thème d'une telle histoire : qu'est-ce qui se rapprocherait le plus d'un "conte de fée (s)" dans le monde réel ? alors bien sûr tu peux me rétorquer que le réel permet d'envisager toutes les possibilités, parmi lesquelles celles que tu cites, mais les statistiques, je pense, vont plutôt dans le sens de la chute que j'ai choisie.

C'est vrai que j'aurais pu aussi faire ce que tu appelles (avec force ironie) une "chute à la Néon", mais je trouve que ça n'apportait rien à l'histoire, et je préférais le pathos de la scène finale : lui, seul face à son fleuve, qui est aussi à l'image du début de l'histoire, ainsi la boucle est bouclée. Et puis, quelque part, la chute de cette manière-ci est un peu plus "ouverte", certains imagineront ce que tu m'as proposé, d'autres qu'il en reste là, d'autres encore qu'il va aller se jeter dans le Rhône...

Merci d'avoir lu et commenté

(ps : j'aime beaucoup tes articles sur ton blog, j'insiste mais je sens toute l'influence de ces humoristes lettrés que j'adore -genre Dac, Blanche, Desproges, Vialatte etc. Tu as jeté un oeil à Cuppy ?)
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Re : Un conte de Fée (Nouvelle)
« Réponse #7 le: 03 Avril 2012 à 21:44:18 »
C'est mon premier commentaire :-[. Il y a du rythme. On s'embarque vite dans l'histoire et les émotions de ton personnage s'enchainent avec un réalisme douloureux.  :s  Tu ne plonges pas dans le pathos  ::). Est ce que ton choix d'écrire à la troisième personne te permet d’atténuer le côté dramatique? 
Par contre je trouve que tu effondres un peu le rythme sur la fin. Mais ça ne gâche pas notre envie d'en savoir plus.
D'après ce que tu dis,  la suite nous appartient. Pour ma part je n'aurais pas de mal à l'imaginer, l'effet de l'alcool aidant, danseur nu dans un cabaret sordide. Jonglant avec des bouteilles de Côte-rôtie, un pinceau dans le c... (le carnet bien sur!)
Désolé, un peu trash comme approche. Je me laisse vite aller....
En tout cas,  c'est agréable de te lire.
A bientôt
« Modifié: 03 Avril 2012 à 23:19:43 par pierrot »

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Re : Un conte de Fée (Nouvelle)
« Réponse #8 le: 04 Avril 2012 à 11:08:22 »
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Est ce que ton choix d'écrire à la troisième personne te permet d’atténuer le côté dramatique? 

Pouah ! voilà une excellente question... Je dirai que c'est pas nécessaire d'être à la troisième personne pour éviter le pathos,mais que ça rend la chose plus aisée, cette distance est bénéfique. Après, tu vas être déçu, mais je ne pense pas que je me sois posé la question avant de me mettre à cette nouvelle, je voulais raconter cette histoire, qui n'est pas la mienne, où je n'apparais pas, du coup la troisième personne était évidente, c'est après que l'écriture suit, qu'on s'adapte au procédé. Mais d'autres peuvent se poser cette question, se demander quel angle sera plus propice aux types d'émotions qu'ils veulent transmettre, ceux-là ont plus que leur plan en tête, ils ont carrément l'objectif et mettent en place les moyens ; je crois pas appartenir à cette race-là, quand j'ai un plan, c'est déjà beau.
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Re : Un conte de Fée (Nouvelle)
« Réponse #9 le: 04 Avril 2012 à 12:57:44 »
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Pourtant le soleil affûtait ses rayons derrière la colline,
j'aime beaucoup l'image !

     
Citer
Enfin bon, la peinture de nos jours, c'est un peu has-been, ce qui marche ce sont les installations, les performances, l'escroquerie intellectuelle.
je trouve le "enfin bon" assez incongru, ici. Sans vraiment de lien direct avec ce que tu viens de dire.

 
Citer
  « J'espère que vous ne m'avez pas menti jeune homme, le Seigneur vous voit .»
xD, elle est marrante, celle-là

Citer
    « Merci beaucoup madame, le Seigneur doit apprécier votre geste. »

    Il voulut ajouter « et moi aussi », mais il trouva ça un rien blasphématoire.
d'un autre côté, moi je vois de l'ironie dans sa phrase donc c'est déjà blasphématoire, non ? :P

Je suis d'acc avec les autres pour l'allusion à la mort de sa femme. Ca mériterait d'une phrase ou deux en plus. Là, ça fait bout pathétique jeté. On s'appesantit pas dessus mais du coup on aurait pu s'en passer.

Sur les trois (si je compte bien) que j'ai lus de toi, celui-là, c'est mon préféré. Là, je trouve qu'on a une belle chronique d'une longueur adéquate sans aucun temps mort. Bref, là, j'ai vraiment l'impression d'un tout qui me plaît. J'apprécie le réalisme de la fin, la prise de conscience douloureuse et le choix de rester sous ce pont. A la différence de Piga, la fin me plaît telle qu'elle est. Voilà, j'ai bien aimé, crédible, les sentiments bien rendu et une écriture fluide et dynamique !
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Re : Un conte de Fée (Nouvelle)
« Réponse #10 le: 04 Avril 2012 à 17:52:49 »
"Sur les trois (si je compte bien) que j'ai lus de toi, celui-là, c'est mon préféré"

D'un point de vue narratif, c'est la plus conventionnelle des trois nouvelles postées ici, et puis j'y suis pas (ah ah). Content qu'elle t'ait plu. Je vois ce que tu veux dire pour "enfin bon", le lien est avec son expérience de la peinture évoquée avant la petite digression sur les réveils à la rue... Ce qui est drôle, et montre encore une fois à quel point notre sensibilité poétique et/ou littéraire est différente, l'image que tu aimes bien (le soleil qui affûte ses rayons), c'est vraiment ce qui me satisfait le moins dans cette nouvelle, je peine même à la qualifier "d'image" tant je trouve ça convenu...
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Re : Re : Un conte de Fée (Nouvelle)
« Réponse #11 le: 04 Avril 2012 à 20:27:51 »
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Ce qui est drôle, et montre encore une fois à quel point notre sensibilité poétique et/ou littéraire est différente, l'image que tu aimes bien (le soleil qui affûte ses rayons), c'est vraiment ce qui me satisfait le moins dans cette nouvelle, je peine même à la qualifier "d'image" tant je trouve ça convenu...
oui c'est peut-être pas extraordinaire comme formulation mais je la trouve quand même plus sympa que le soleil brillait. :huhu:
Et sinon, s'il te plaît, ne juge ma sensibilité, que je ne suis même pas sûre de maîtriser moi-même, à partir d'une simple remarque parce que ça commence à m'énerver franchement. J'ai pas envie d'être casée dans une catégorie juste à partir d'une phrase que j'ai eu le malheur d'écrire. Si tu veux, on en parle en MP mais je tenais à le dire ici.   ::)
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Re : Un conte de Fée (Nouvelle)
« Réponse #12 le: 04 Avril 2012 à 20:40:13 »
Dac, parce qu'en plus je vois même pas de laquelle tu parles, ni en quoi c'est un malheur ! je ne pars pas du principe que les gens qui ressentent différemment de moi sont à côté de la plaque. Je ferai plus d'allusion à notre supposée différence (enfin je vais essayer...!).
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Re : Un conte de Fée (Nouvelle)
« Réponse #13 le: 04 Avril 2012 à 20:53:48 »
Je rejoins un peu Ernya car moi aussi des trois nouvelles que tu as posté c'est celle que je préfère parce que dans " Sic itur ad astra : par le cul " j'ai pas réussis à saisir toutes les références et "Errance esthétique d'un petit barbare" était très bon mais là, la... schtroumpferie (je sais pas comment définir cette impression  ;D) de "Un compte de fée" fait que je me suis plus laissé emporté par l'histoire et j'y ai pris plus de plaisir.

En plus, les dialogues sont vraiment touchant et j'aime bien l'image de départ du "rat mélomane", je me le suis imaginé en vieux rat pendant toute la lecture et ça rendait pas trop mal !

Bref, j'ai passé un très bon moment !
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Re : Un conte de Fée (Nouvelle)
« Réponse #14 le: 04 Avril 2012 à 21:01:02 »
Ok, merci. J'aime bien cette histoire, mais C'EST une histoire, en général je préfère m'aventurer dans des contrées littéraires et narratives plus... exotiques... mais bon... du coup je me dis que j'aurais peut-être dû envoyer cette nouvelle à un concours, vu qu'elle est plus "passe-partout" et que le site où se font les votes est ouvert à tout le monde... Elle aurait sûrement plus plu que celle que j'ai envoyée, qui elle est beaucoup plus typique de mon travail habituel. Ben merci de vos éclairages en tous cas.
« Modifié: 05 Avril 2012 à 11:02:52 par Néon »
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