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11 Juin 2026 à 16:33:51
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le Tri c'est Facile !

Auteur Sujet: Le Tri c'est Facile !  (Lu 1771 fois)

Hors ligne Almeus

  • Troubadour
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Le Tri c'est Facile !
« le: 22 Février 2012 à 14:33:42 »
Voici une nouvelle que j'ai écrite dimanche soir et que j'ai retravaillée ces derniers jours. J'en suis plutôt content, surtout parce que j'ai l'impression d'avoir écrit quelque chose d'un peu original, impression que vous me confirmerez ou contredirez  :)
Merci d'avance à ceux qui en tenteront la lecture, j'espère que vous accrocherez.
Dans l'espoir d'un jour vous émouvoir  ;)




Le Tri c'est Facile !


« Le tri c’est facile. » Sébastien se remémorait la première phrase que lui avait apprise sa mère Adèle. Il avait cinq ans et était jusqu’alors tout juste capable de prononcer une dizaine de mots sans jamais les assembler ; ou bien lorsqu’il y parvenait, fait exceptionnel, c’était tout au plus pour créer un embryon de phrase sans queue si tête.


Vint le jour où il fallut à ses parents prendre une décision cruciale concernant son orientation future. Et cette décision fut si vite prise que Sébastien n’eut pas son mot à dire. Il n’était de toute façon pas en mesure d’apporter la moindre objection à un décret du Haut Conseil Parental. C’était sans appel, il allait devenir trieur « pour rendre service à la communauté ».

Les autorités suprêmes chargèrent sa mère, déléguée du HCP au Centre National des Affaires Publiques et Primordiales, de préparer son fils, à assumer cette haute fonction. Elle n’avait aucune idée de la façon dont elle devait s’y prendre car le CNAPP refusait fermement toute subvention dans la création d’une instance chargée de la préparation des « mères-préparatrices ». Se fiant donc à son instinct, elle réorganisa l’espace intérieur et aménagea une pièce entièrement dédiée à l’enseignement. Il lui fallait mettre en place un environnement propice à son éveil relatif et surtout, à l’assimilation des Connaissances Essentielles et Fonctionnelles qui lui permettraient de vivre pleinement sa fonction privilégiée.

Fini les jouets inutiles, le papier peint aux motifs joyeux et enfantins, le grand lit à baldaquin et les désserts sucrés dont il raffolait ; tout ce qui était considéré comme nuisible ou superflu finissait dans la benne à ordures. Elle dut lui arracher de force son petit nounours jaune au museau rose auquel il tenait temps. En voyant partir son seul ami, comprenant que plus jamais il ne le reverrait, Sébastien fondit en larmes et pleura tellement qu’il se vida de toute son eau ; si bien qu’à la fin de journée, la mère retrouva à la place de son fils, un corps tout sec et tout rigide. Mais loin de se laisser amadouer, elle le ramassa, le transporta de sa chambre jusqu’à la salle de bain, le jeta dans la grande baignoire et remplit celle-ci jusqu’à immersion totale. Elle le regarda se réhydrater avec le sourire d’une mère satisfaite mais la colère la submergea lorsque lui revint à l’esprit l’image de son fils en larmes, cette image décevante d’un enfant imparfait. Il s’était ridiculisé devant elle, et cela, Adèle ne pouvait lui pardonner. Fini les pleurs, les rires et les crises d’enfant gâté ; il était temps que son fils devienne enfin un adulte responsable.


Les premiers jours, Sébastien se montra peu coopératif. Il se révoltait, s’entêtait puis se fermait, souvent pour plusieurs jours. À force d’acharnement, sa mère finit par le dompter. Il devint si docile, si malléable qu’elle pouvait désormais le modeler à sa guise et l’initier à l’art du tri. C’est par l’apprentissage de cette unique phrase, qui résumait tout l’intérêt de sa future profession, que débuta sa formation.
« Le tri, c’est facile. »

Il balbutiait bêtement chaque fois que sa mère la prononçait. Pourtant, loin de perdre patience, elle la répétait sans cesse, dans toutes les intonations possibles et imaginables. À force de rabâchage et de persévérance, elle finit tant bien que mal à lui enfoncer cette idée dans la tête ; comme un programme qu’on installe dans une machine. C’est ainsi qu’un beau jour, les yeux grands ouverts et tout pétillants, il prononça d’un ton monocorde en insistant bien sur chaque syllabe :

– LE-TRI-CÉ-FA-CIL ?!…

Il en fut tout chamboulé et sa mère ne put contenir sa joie. Elle s’accroupit devant lui, l’attrapa et le leva à bout de bras en le secouant vivement. Tout content, il dodelinait de la tête et faisait des bulles avec sa bouche.


Quinze années suivirent durant lesquelles sa mère redoubla d’efforts. Elle finissait de l’achever, lui ôtant toutes ses réticences, résolvant ses incompatibilités et rattrapant les ravages causés jusqu’à ses cinq ans, par la liberté, l’absorption de substances nuisibles et volatiles mais surtout, le contact avec l’air extérieur et tous les objets « contaminés » que sa mère s’était acharnée à détruire. Ce n’est qu’au bout de ces quinze longues années d’affinage et de peaufinage, nocturne et diurne, qu’elle décida qu’il était enfin prêt à mettre ses compétences au service de la société.

Reluisant, frais et bien rôdé, il fut expédié à la prestigieuse STS-SCI (Section de Tri Spécialisée au Service de la Communauté Individuelle). À travers un dédale de couloirs, de portes, de conduits et de tapis roulant, il rejoignit une chambre portant le numéro 178D AC13 C12X V34H RQ. Elle possédait tout le confort nécessaire, ce qui se résumait à un matelas sur une planche, un robinet chromé surplombant un récipient en plastique vert pomme, des WC tout alu encastrés dans le mur à l’opposé du lit, un tabouret inox à trois pieds pour éviter qu’il ne s’asseye sur les WC quand lui prendrait l’envie de poser son derrière ; et comme raffinement suprême, des rideaux blancs rayés noir qui cachaient un mur d’un gris intense dans lequel on pouvait déceler de subtils dégradés. Un sas de sécurité, entre les WC et le lavabo le menait directement à son lieu de travail : une sorte de grand enclos carré entouré de hauts murs de briques qui ne laissaient voir que le ciel. Sur le mur opposé au sas se trouvait une grande trappe noire avec un liseré jaune sur les bords et, sur le côté droit, des trappes coulissantes faisaient sortir ou rentrer une série de conteneurs de diverses couleurs. Tout était conçu ici  pour qu’il jouisse d’un confort optimal.


Sébastien s’était très vite fait à sa nouvelle vie. Il se levait tous les matins à six heures trente, mangeait en trois minutes un morceau de pain tartiné des deux côtés livré pendant la nuit. En suite, il s’aspergeait d’eau bien fraiche et se séchait dans les courants d’air du sas de sécurité. Ce n’est que dehors qu’il troquait sa nudité contre une combinaison orange et bleue. Elle consistait en une cotte bien rembourrée avec fermetures étanches et joints anti-ruissèlements, une paire de gants double-couche rainurés à l’intérieur pour un enfilement plus aisé et un casque sphérique qui, si on le retournait, faisait un magnifique aquarium pour poisson rouge solitaire. Mais de toutes manières, il n’y avait ici pas plus de poissons rouges que de tigres de Sibérie ou de ratons laveurs.

Au dos de sa combinaison était imprimé en lettres argentées : « LE TRI C’EST FACILE ». Sébastien était très fier de cette inscription qui lui correspondait si bien, mais se décevait chaque fois que, lorsqu’enfin habillé, lui prenait l’envie soudaine de la contempler. Il ne s’y attardait pas et se remettait d’aplomb, en se réjouissant que toutes les conditions possibles aient été réunies pour son épanouissement professionnel. Sans attendre, il se mettait au travail, n’ayant qu’à avancer pour que la trappe détecte sa présence.

Celle-ci s’ouvrait en se fracassant contre le mur. Aussitôt, elle libérait un beau flux de déchets, lisse et régulier. Deux feux de signalisation, juste au dessus de la trappe, lui indiquaient un ordre à suivre. Le rouge veillait à ce qu’il ne s’avance pas au delà d’une certaine limite, pour ne pas que par mégarde, il se retrouve enseveli sous deux mètres d’ordures. Dès que le flux s’arrêtait, un feu vert prenait le relais : à lui de jouer !


Il devait alors trier tous les déchets selon un schéma très précis. Un premier tri permettait de classer les ordures par tailles dans sept catégories bien distinctes. Ainsi, une grosse banane rejoignait une grosse boite de conserve et des téléphones portables retrouvaient des petits pots. Cette logique devait être suivie à la lettre car la moindre erreur faisait s’enrayer tout le système.

Quand cette étape était terminée, aux alentours de dix heures vingt-trois, Sébastien devait passer à la seconde étape. C’était la plus complexe mais de loin sa préférée. Il pouvait dès lors mettre toutes ses compétences physiques et intellectuelles à exécution, pour réussir à séparer le métal du plastique, le verre des déchets verts, les déchets organiques des substances chimiques. Il lui fallait faire appel à tout son entendement, faire preuve de discernement et de bon sens. Les déchets étaient triés dans douze sections contenant chacune une dizaine de sous-sections. Le verre brisé, par exemple, devait être séparé du verre à pied, des pots de verre, du verre teinté et des bouteilles en verre ; le métal était classé selon qu’il soit rouillé, poli, tordu, pointu, rectiligne ou serpentiligne ; le papier l’était par rapport à son usage, du papier journal au papier toilettes, en passant par le papier crépon, le papier kraft, le papier de verre et celui qui servait à fabriquer des avions.

Cette étape lui prenait le reste de la matinée et l’après midi entier. Il avait, entre temps, droit à une pause de trente minutes. Un en-cas lui était servi en son absence afin de ne pas le déranger. Cela se passait de même pour le repas du soir, qui était toutefois bien frugal car seule une bonne digestion permettait une bonne nuit. Ménager son estomac était donc essentiel pour pouvoir repartir de plus belle, frais et dispos.


Tous les jours sans exception suivaient ce même schéma ; non pas à cause d’un manque de schémas, mais parce que celui-ci était considéré comme le meilleur qui soit. Seules les ordures variaient légèrement. Parfois, de nouveaux produits faisaient leur apparition tandis que d’autres se raréfiaient. Les déchets constituaient l’unique source d’informations en provenance du monde extérieur, des bouteilles jetées à la mer vers un destinataire inconnu. Sébastien avait parfois essayé de décrypter les nuages, mais s’attristait de les voir sans cesse changer de forme. Il n’avait de toute façon, guère le temps de s’occuper à de telles futilités et en aucun cas n’aurait voulu sacrifier plus de son temps de travail pour se tourner vers une activité dépassant ses compétences.

Un jour pourtant, un événement vint bouleverser son équilibre intérieur. Alors qu’il avait déjà bien avancé dans la première étape de tri, quelque chose l’intrigua au milieu du monticule d’ordures. Dépassant à peine de cette masse grise informe, un objet d’un jaune vif grignotait sa part de lumière. Tel un corps à la dérive refusant de se laisser submerger par une mer hostile, il résistait avec acharnement. Cet objet semblait porté par une volonté surnaturelle, la volonté même d’un être agissant pour une cause vitale, une mission qu’il devait à tout prix mener à son terme.

Ému par cette vision si fortuite, Sébastien, tout tremblotant, s’avança vers la chose. Il se pencha et son bras se tendit. C’était comme si tout le poids de son corps venait de se reporter sur sa main. Mais celle-ci tint bon et atteignit son but. Au seul contact de cette chose, tout son corps frémit. Des images longtemps oubliées ressurgirent dans sa tête. Il se revoyait le caressant, l’empoignant, le promenant partout, le serrant tout contre lui en se délectant de tant de douceur. De la douceur... seul cet être, si petit, si fragile avait su lui en procurer. Et on le lui avait arraché pour lui faire oublier cette sensation. Mais il n’est point de sensation que le cœur puisse enterrer à jamais.

C’était donc cela, la bouteille jetée à la mer ; ce message que lui avait envoyé l’enfant Sébastien afin que l’adulte n’oublie pas. Empoignant ce message par le bras, ce dernier l’extirpa des ordures ; le porta à sa hauteur et retira son casque. Le nounours jaune au museau rose ne bougeait pas, attendant la réaction de son maître enfin retrouvé. En souriant pour la première fois depuis la séparation, Sébastien, instinctivement, tint son nounours à deux mains et le serra contre son cœur. Tout autour, les déchets éparpillés attendaient que l’on s’occupe d’eux. Mais ils pouvaient toujours espérer.

Brusquement, un petit objet lui frappa la tête, interrompant ses retrouvailles. Sonné, Sébastien faillit lâcher son nounours mais le rattrapa de justesse.  Il leva la tête vers le ciel, se demandant d’où un tel objet avait pu surgir. Mais rien dans le ciel n’aurait su commettre un tel acte. Ou bien cela provenait d’une mutation des nuages ? Mais cette hypothèse se révéla invraisemblable, car dans ce cas, ce ne serait pas un objet, mais des centaines qui lui seraient tombés dessus. Sébastien poursuivit ses observations vers la gauche et en laissant promener son regard, il se retrouva finalement confronté au mur de brique qui lui obstruait la vue. L’incompréhension régnait. D’où pouvait bien provenir cet objet mystérieux ? Peut-être avait-il ricoché contre le mur avant de le frapper... mais Sébastien n’y croyait pas. Cette situation nouvelle le dépassait clairement.

Tout à coup, un deuxième objet surgit, se dirigeant droit sur lui. À sa grande surprise, il provenait de... non, inconcevable, il ne pouvait surgir de... Comment était-ce possible ? Une hallucination sans doute... Mais devant lui, le grand mur de brique s’imposait. La chose, aussi incroyable que cela puisse paraître, provenait de derrière le mur. Pourquoi cet objet n’était-il pas entré par la trappe, comme les autres ? Il devait s’agir d’une erreur, le mécanisme s’était peut-être enrayé. Le doute le submergeait lorsqu’un troisième objet jaillit de derrière le mur pour s’écraser à ses pieds. Qu’est-ce qui avait bien pu le projeter ? Et si...

À la manière d’un éclair s’abatant sur un arbre, une idée unique anéantit toutes les autres idées, transformant ses « pourquoi » et ses « comment » en « et si ? ». Cette idée nouvelle le retourna littéralement ; elle provenait pourtant du plus profond de son être ; et ce cataclysme l’avait réveillé comme on réveille un volcan. Tout chamboulé, Sébastien se baissa lentement, sans quitter le mur du regard. D’un geste dont l’inspiration surnaturelle dominait, de toute sa splendeur, la force de l’habitude, il s’empara d’un téléphone portable encore en bon état et, sans réfléchir, en continuation de cet unique mouvement, il lança l’objet ; non pas d’une force brutale et incontrôlée mais avec assurance et précision. Le portable suivit une courbe régulière, tournant sur lui-même comme si il cherchait à gagner du terrain. Dépassant le mur de quelques centimètres, le téléphone disparut presque aussitôt.

Un long flottement suivit cette action. Sébastien attendit une réponse probable ; mais celle-ci ne vint pas. L’engouement, proche de l’euphorie qui l’avait poussé à ce geste absurde, fit place à un profond abattement devant cette déception, devant tout le travail qui lui restait à accomplir. Il avait surtout honte, honte de lui et de ce geste ridicule. Qu’aurait pensé sa mère en le voyant ? Sébastien gardait pourtant avec lui, le nounours jaune au museau rose, comme ultime consolation. Il allait se remettre au travail ; quand soudain, contre toute attente, le portable ressurgit de derrière le mur. Reprenant espoir, il attrapa l’objet en plein vol, regarda le mur pour en sonder l’opacité et reporta son attention sur le téléphone portable. Sur l’écran était écrit un message. Un mot, un simple mot qui pourtant était à même d’abattre bien des frontières ; un mot qui a lui seul pouvait créer des liens. On ne lui avait pas appris ce mot, pourtant, il était là et il le comprenait, comme s’il était gravé en lui, comme un code : « BONJOUR »

Sébastien se mit à pleurer ; non pas parce qu’il était heureux mais plutôt parce qu’enfin il découvrait, de la façon la plus improbable qui soit, une faculté qui lui avait été cachée depuis toujours. Il prenait pour la première fois conscience de cette chose merveilleuse qui différencie l’homme des autres animaux ; cette capacité à mettre des mots sur toutes les choses abstraites ne pouvant être communiquées. Une envie irrésistible suivit cette découverte. Il allait échanger avec cette personne et un mur de briques ne suffirait plus à empêcher cet échange.



FIN
« Modifié: 25 Février 2012 à 11:47:49 par Almeus »
"Parfois, quand j'entre dans mon bureau, j'ai l'impression de marcher dans les ruines d'une ancienne civilisation. Non à cause du désordre qui y règne, mais parce que certainement cela ressemble aux vestiges de l'être civilisé que je fus jadis".
Blacksad

Hors ligne Tomoyo

  • Calliopéen
  • Messages: 578
Re : Le Tri c'est Facile !
« Réponse #1 le: 22 Février 2012 à 15:35:08 »
Salut !
Citer
impression que vous me confirmerait ou contrediraient   
aïe :D

Citer
Il avait alors cinq ans et était jusqu’alors
Deux « alors »

Citer
c’était tout au plus pour créer un Embryon de phrase
pourquoi la majuscule ?

Citer
Centre National des Affaires Publiques et Primordiales
Mdr

Citer
la préparation des « mères-préparatrices ».
ben on n’est pas rendu !

Citer
et les déserts sucrés dont il raffolait
desserts :D

Citer
son petit nounours jaune au museau rose
j’ai revu mon popples de quand j’étais petite ::)

Citer
si bien qu’à la fin de journée, la mère retrouva à la place de son fils, un corps tout sec et tout rigide. Mais loin de se laisser amadouer, elle le ramassa, le transporta de sa chambre jusqu’à la salle de bain, le jeta dans la grande baignoire et remplit celle-ci jusqu’à immersion totale
total boris vian, j’adore !!

Citer
mais la colère la submergea lorsque lui revinrent à l’esprit l’image de son fils en larmes
revint

Citer
elle la répétait sans cesses
j’aurais pas mis de « s » :-\

Citer
le leva à bouts de bras
bout

Citer
Elle finissait le l’achever
De

Citer
l’absorptions de substances nuisibles
absorption

Citer
pour éviter qu’il se s’asseye sur les WC
ne

Citer
Il se levait tous les matins à six heures trente, mangeait en trois minutes un morceau de pain tartiné des deux côtés livré pendant la nuit
Ou comment donner raison à Murphy 100% du temps

Citer
avec fermetures étanche
étanches

Citer
mais se décevait chaque fois que, lorsqu’enfin habillé, lui prenait l’envie soudaine de la contempler
le « lorsqu’enfin habillé » me coupe dans la phrase. « mais se décevait chaque fois que lui prenait l’envie de la contempler une fois habillé » ?
J’enlève  aussi « soudaine » parce que tu mets « chaque fois » et du coup je trouve que ça ne va pas trop ensemble… :-\

Citer
Il devait alors tous les déchets selon un schéma très précis
Il manque un verbe. Trier ?

Citer
Tous les jours sans exceptions
Exception

Citer
quelque-chose
quelque chose

Citer
Mais cette hypothèse se releva invraisemblable,
Révéla ?

Citer
cette capacité à mettre des mots sur toutes les choses abstraites se pouvant être communiquées.
Ne pouvant

Alors, impression très étrange. ^^
En début de lecture je pensais à un texte humoristique, puis fantastique, puis il y a eu le passage sur le tri qui m’a un peu ralentie, puis cet univers mi futuriste mi extraterrestre, et enfin la conclusion décalée avec le reste.
Ceci dit j’ai lu d’une traite et bien aimé le style d’écriture (il n’y a que le passage sur le tri comme j’ai dit où j’ai un peu déconnecté). Mais j’ai eu l’impression qu’il y avait plusieurs histoires.. ou plusieurs thèmes… ou plusieurs questions en suspends tout simplement ! ben vala c’est peut être ça qui m’embête ! ><

Je n’ai pas compris en quoi il avait déçu sa mère. Parce qu’il n’aligne pas 3 phrases à 5ans ?
Pourquoi pour un poste si important visiblement, c’est à la mère d’enseigner ?
Pourquoi apprendre un métier à son fils empêcherait la mère de lui apprendre à communiquer avec autrui, avoir des amis ?
Pourquoi ce jour là, le gars du compartiment voisin s’est mis à lui lancer des choses ? quel est le rapport avec le nounours ?
Je n’ai pas saisi si Sébastien était mentalement lent ou non finalement. On sent qu’u début il a du mal, mais pourtant à la fin il est capable de bien analyser et de réfléchir au sens du mot communication « cette capacité à mettre des mots sur toutes les choses abstraites ne pouvant être communiquées »

Ceci dit, je t’encourage mais alors vivement à développer le coté aberrant du début avec le gamin réhydraté  :D j’adore j’adore et ça manque sur la suite j’ai trouvé (retrouvé avec la tartine beurrée des deux côtés).
Et ça mériterait peut être aussi d’être plus long, plus développé. Pour moi ça passe trop vite d’une chose à une autre sans que j’aie mes réponses… :-\

Merci pour ton texte! j'ai beaucoup aimé la fantaisie ^^
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

Hors ligne Almeus

  • Troubadour
  • Messages: 295
Re : Le Tri c'est Facile !
« Réponse #2 le: 22 Février 2012 à 16:47:08 »
Merci Tomoyo pout ton commentaire !
Désolé pour les fautes de frappe, je viens de les corriger  :)

Citer
Je n’ai pas compris en quoi il avait déçu sa mère. Parce qu’il n’aligne pas 3 phrases à 5ans ?
Il l'a déçu parce qu'elle ne supporte pas de voir son fils pleurer ; elle veut faire de lui un homme.
Citer
Pourquoi pour un poste si important visiblement, c’est à la mère d’enseigner ?
Là j'ai pas vraiment de réponse, imagine un système où seuls les parents peuvent transmettre des connaissances à leurs enfants ; ainsi la mère garde un contrôle absolu sur l'éducation de son fils.
Citer
Pourquoi apprendre un métier à son fils empêcherait la mère de lui apprendre à communiquer avec autrui, avoir des amis ?
En fait j'ai voulu représenter un système basé sur la productivité absolue que l'aspect humain aurait déserté. Le but de la mère est de lui bourrer le crâne et d'éviter qu'il ne puisse penser par lui même de façon à ce qu'il accepte tout, sans réfléchir.
Citer
Pourquoi ce jour là, le gars du compartiment voisin s’est mis à lui lancer des choses ? quel est le rapport avec le nounours ?
Le nounours, c'est la chose qui va le préparer à accepter cette idée de l'existence d'un autre homme derrière ce mur. Sans le nounours, il serait resté concentré sur sa tâche et n'aurait fait que trier cet objet qui vient de tomber.
Citer
Je n’ai pas saisi si Sébastien était mentalement lent ou non finalement. On sent qu’u début il a du mal, mais pourtant à la fin il est capable de bien analyser et de réfléchir au sens du mot communication « cette capacité à mettre des mots sur toutes les choses abstraites ne pouvant être communiquées »
En fait, il n'est pas lent mais sa mère a tellement bien maitrisé son éducation que toute sa pensée est portée sur la tache quotidienne qu'il doit accomplir.

J'espère que j'ai répondu comme il faut à tes questions !

Citer
Ceci dit, je t’encourage mais alors vivement à développer le coté aberrant du début avec le gamin réhydraté   j’adore j’adore et ça manque sur la suite j’ai trouvé (retrouvé avec la tartine beurrée des deux côtés).
Et ça mériterait peut être aussi d’être plus long, plus développé. Pour moi ça passe trop vite d’une chose à une autre sans que j’aie mes réponses…
Content que cet aspect t'ai plu  ;) Je n'ai pas trop voulu insister dessus parce ce n'est pas l'aspect principal de ce récit. J'ai cherché à montrer les dérives d'un monde entièrement tourné vers la productivité, dans lequel les humains sont traités et agissent comme des machines.
"Parfois, quand j'entre dans mon bureau, j'ai l'impression de marcher dans les ruines d'une ancienne civilisation. Non à cause du désordre qui y règne, mais parce que certainement cela ressemble aux vestiges de l'être civilisé que je fus jadis".
Blacksad

Hors ligne calekin

  • Aède
  • Messages: 192
Re : Le Tri c'est Facile !
« Réponse #3 le: 24 Février 2012 à 23:00:58 »
Citer
comme un programme qu’on installe dans une machine.

Moi j'aurais dit, " Comme une disquette dans lecteur " L'image est bien plus répétitive
Citer
Ce n’est qu’au bout de ces quinze longues années d’affinage et de peaufinage

Ce ne fut ? ( prudence avec mes conseils )

Citer
nocturne et diurne

L'inverse est plus fluide  :-¬?

Citer
En suite, s’aspergeait d’eau bien fraiche

il

Citer
Il lui fallait faire appel à tout son entendement, faire preuve de discernement et de bon sens.

Vraiment utile ? Tu vois, c'est ce genre de phrases à rallonges qui épaississent ton texte. C'est dommage car tes bonnes idées se confondent dans la masse. ( Je suis mal placé pour causer )
 
 ou

Citer
Un jour pourtant, un événement vint bouleverser son équilibre intérieur.

Citer
Ému par cette vision si fortuite, Sébastien, tout tremblotant, s’avança vers la chose. Il se pencha et son bras se tendit. C’était comme si tout le poids de son corps venait de se reporter sur sa main. Mais celle-ci tint bon et atteignit son but. Au seul contact de cette chose, tout son corps frémit. Des images longtemps oubliées ressurgirent dans sa tête. Il se revoyait le caressant, l’empoignant, le promenant partout, le serrant tout contre lui en se délectant de tant de douceur. De la douceur... seul cet être, si petit, si fragile avait su lui en procurer. Et on le lui avait arraché pour lui faire oublier cette sensation. Mais il n’est point de sensation que le cœur puisse enterrer à jamais.

Il y a comme un abîme de lettres pour faire le rapprochement. En amont, tu n'as pas souligné le nounours, je m'en rappelais presque pas. 

Citer
Mais ils pouvaient toujours espérer.

J'aurais mit " attendre ", c'est conventionnel mais ça passe parfois mieux.

Citer
Mais rien dans le ciel n’aurait su commettre un tel acte. Ou bien cela provenait d’une mutation des nuages ?

Pas compris.

Citer
Il poursuivit ses observations vers la gauche et en laissant promener son regard, se retrouva finalement confronté au mur de brique qui lui obstruait la vue.

Sébastien/ Il

Citer
Peut-être qu’il avait ricoché contre le mur avant de le frapper

avait-il/ ?

Citer
Sébastien n’y crut pas.

croyait

Citer
Cette situation nouvelle le dépassait clairement

nouvelle situation

Citer
Et puis un deuxième objet surgit, se dirigeant droit sur lui.

Une rupture dans le récit " Brusquement, soudainement, tout à coup. Tu devrais revenir à la ligne, pour démarquer les évènements ( mais sans changer de paragraphe )
Citer
À sa grande surprise, il provenait de... non, inconcevable

Il manque quelque chose.

Citer
Pourquoi cet objet n’était pas entré par la trappe

il

Citer
D’un geste dont l’inspiration surnaturelle dominait, de toute sa splendeur, la force de l’habitude,

Bon un peu de sémantique,  l'habitude est naturelle ? L'habitude est une force ? Vigueur serait plus approprié que splendeur. Il faut que tu fasses une description à la hauteur de l'acte, et par hauteur j'implique la justesse. Car là c'est en décalage. Sinon ça donne en quelque sorte un effet burlesque, ou  héroï-comique en l'occurence.
Citer
Un long flottement suivit cette action. Sébastien attendit une réponse probable ; mais celle-ci ne vint pas.

Trop implicite.

J'ai eu des difficultés pour tout saisir, c'est exhaustif tout de même. On a le sentiment que tu veux trop bien faire, préciser etc. Tu connais le proverbe  ^^ Faut pas trop s'épancher dans les détails, tu mets du temps à entrer dans le vif du sujet. Focalise toi sur ce qui est important, ou sur tes idées originales pour lesquelles tu te sens inspiré. Là, la bande tourne au ralenti, certaines prises de vues sont plus gênantes que déterminantes. Qu'une méthode : omission, omission, omission.
Tomoyo te l'a dit, au fil de ton histoire tu changes de ton. Moi, j'ai aimé le début, mais la fin est flou, vague et part dans tous les sens comme les boulons du téléphone.
Bien que tu viennes d'enfanter un autre texte, j'ai ressucité celui-ci. Appelle-moi Calekin L'omnipotent  :noange:
« Modifié: 24 Février 2012 à 23:07:10 par calekin »
De la noirceur, rien que de la noirceur. Il ne fait jamais assez sombre dans ma sphère.

Hors ligne Almeus

  • Troubadour
  • Messages: 295
Re : Le Tri c'est Facile !
« Réponse #4 le: 25 Février 2012 à 11:44:05 »
Moi j'aurais dit, " Comme une disquette dans lecteur " L'image est bien plus répétitive
C'est ce que je voulais mettre au début, mais je me suis dit que les disquettes étaient dépassées depuis longtemps  :D
Citer
Ce ne fut ? ( prudence avec mes conseils )
J'ai retourné plein de fois la phrase dans ma tête, et finalement je ne suis pas sur de laquelle fonctionne la mieux...

Citer
Citer
Il lui fallait faire appel à tout son entendement, faire preuve de discernement et de bon sens.
Vraiment utile ? Tu vois, c'est ce genre de phrases à rallonges qui épaississent ton texte. C'est dommage car tes bonnes idées se confondent dans la masse. ( Je suis mal placé pour causer )
Dans l'absolu, c'est pas vraiment utile, mais je voulais montrer un aspect ridicule, par une tâche assez simple qu'il considère comme extraordinaire.
Citer
Il y a comme un abîme de lettres pour faire le rapprochement. En amont, tu n'as pas souligné le nounours, je m'en rappelais presque pas. 
Ça n'a peut-être pas eu l'effet escompté, mais c'était fait pour, je ne voulais pas qu'on comprenne tout de suite "ah c'est le nounours rose !"
Citer
Citer
Mais ils pouvaient toujours espérer.

J'aurais mit " attendre ", c'est conventionnel mais ça passe parfois mieux.
C'est parce que j'avais déjà employé de verbe attendre dans cette phrase.
Citer
Citer
Mais rien dans le ciel n’aurait su commettre un tel acte. Ou bien cela provenait d’une mutation des nuages ?

Pas compris.
Rien dans le ciel n'aurait été susceptible de faire tomber cet objet ; et il se demande si ce ne sont pas les nuages qui font pleuvoir des déchets.


Citer
Citer
Cette situation nouvelle le dépassait clairement

nouvelle situation
nouvelle situation, ça change le sens ; situation nouvelle, ça insiste sur le côté jamais vu, totalement nouveau.

Citer
À sa grande surprise, il provenait de... non, inconcevable

Il manque quelque chose.[/quote] "c'était inconcevable" ?

Citer
D’un geste dont l’inspiration surnaturelle dominait, de toute sa splendeur, la force de l’habitude,

Bon un peu de sémantique,  l'habitude est naturelle ? L'habitude est une force ? Vigueur serait plus approprié que splendeur. Il faut que tu fasses une description à la hauteur de l'acte, et par hauteur j'implique la justesse. Car là c'est en décalage. Sinon ça donne en quelque sorte un effet burlesque, ou  héroï-comique en l'occurence.
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Je pensait que "splendeur" allait mieux avec "surnaturel", pour l'habitude, je ne sais pas trop quoi mettre à la place de force, parce que dans son cas, l'habitude l'empêche de penser, de sortir de la routine, de faire autre chose quoi...  :-\
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Un long flottement suivit cette action. Sébastien attendit une réponse probable ; mais celle-ci ne vint pas.

Trop implicite.
Je ne vois pas vraiment en quoi c'est implicite, il attend et rien ne se passe, c'est tout  :-¬?

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J'ai eu des difficultés pour tout saisir, c'est exhaustif tout de même. On a le sentiment que tu veux trop bien faire, préciser etc. Tu connais le proverbe  ^^ Faut pas trop s'épancher dans les détails, tu mets du temps à entrer dans le vif du sujet. Focalise toi sur ce qui est important, ou sur tes idées originales pour lesquelles tu te sens inspiré. Là, la bande tourne au ralenti, certaines prises de vues sont plus gênantes que déterminantes. Qu'une méthode : omission, omission, omission.
Tomoyo te l'a dit, au fil de ton histoire tu changes de ton. Moi, j'ai aimé le début, mais la fin est flou, vague et part dans tous les sens comme les boulons du téléphone.
Bien que tu viennes d'enfanter un autre texte, j'ai ressucité celui-ci. Appelle-moi Calekin L'omnipotent  :noange:

Merci Calekin  :)

En fait j'ai voulu bien insister sur la description pour montrer le côté laborieux puis répétitif de sa vie. J'ai voulu rallonger en suite, pour montrer toutes les questions qui jaissent d'un coup dans sa tête ; alors qu'avant il ne se posait jamais de questions.
Je te remercie d'avoir ressuscité ce texte  :D Et désolé (pour ceux qui essaieront de suivre) pour ce commentaire à rallonge  :-¬?
"Parfois, quand j'entre dans mon bureau, j'ai l'impression de marcher dans les ruines d'une ancienne civilisation. Non à cause du désordre qui y règne, mais parce que certainement cela ressemble aux vestiges de l'être civilisé que je fus jadis".
Blacksad

 


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