Kikou,
Bon voili j'ai fini la V3, ........ relu, corrigé, et j'espère améliorer.
@Ernya ....... j'ai essayé de rendre mes perso plus crédibles, peut-être en étant moins dans l'ironie.
@Jon
Tu as des enfants ? Oups que je suis bête ! Forcement non, sinon tu ne serais pas là, dit-elle sur un ton un tant soit peu ironique. : Là j'ai pas compris. Il y a malheureusement plein d'hommes mariés avec enfants qui trompent sans gêne leur épouse et leur progéniture avec une autre rencontrée sur le net ou ailleurs... Et je saisis pas bien pourquoi un ton ironiquez alors que ça n'est pas franchement drôle.
Effectivement j'ai supprimé ce passage ....... parfois je pars trop loin

Voili à vos remarques, et merci d'avance ........

- Dis quelque chose, merde. Putain réagis, s'insurge Paul devant le visage fermé de Lucie. Pourquoi tu me regardes comme ça ? Dis ?
Il s’attendait à tout : pleurs, colère, rage, insultes, mais cette réaction, non. Lucie le fixe toujours sans un mot.
Paul s’approche, pour la prendre dans ses bras ou la secouer, il hésite.
Lucie recule, horrifiée, le repousse violemment.
- Non !
Sans un autre regard, elle pivote sur ses talons, se dirige vers la porte, dévale les escaliers, et court.
L’océan, enfin. Elle est là face à cette vaste étendue d’eau, ses pieds nus ancrés dans le sable, son regard perdu au loin, ses cheveux balayés par le vent. Elle aime le bruit du ressac, la force des vagues, l’apaisement qu’il lui apporte. Elle a cette impression confuse d’être en communion avec lui, calme quand elle est triste, déchaîné quand elle est en colère.
En cet instant, le ciel est bleu, les vagues s’échouent doucement sur la plage, lui lèchent les pieds. Elles emportent sa tristesse pour lui donner cette force qu'elle n'a plus. Les battements de son cœur prennent la cadence des vagues, s’apaisent doucement au gré de leur va-et-vient. Elle laisse couler ses larmes le long de ses joues, se laissant aller à sa douleur, à la fin d’une illusion. Il n’a pas tenu sa promesse, elle est si fatiguée.
Non, elle ne veut pas. Elle ne veut plus de cette histoire banale sortie d’un mauvais roman de gare, elle veut vivre autrement ou ne plus vivre.
Elle fixe cette immensité, l’accueillera-t-elle ? Combien de fois a-t-elle rêvé d’être emportée au loin ? Elle ne sait plus.
Elle frissonne, le vent se lève, le ciel s’obscurcit, les vagues se font de plus en plus puissantes dans un grondement sourd, elles se fracassent contre la falaise non loin d’elle dans un bruit assourdissant. Le vent souffle aussi fort, sa tristesse se transforme en colère, la rage monte en elle, incontrôlable, tout comme ce désir refoulé. Elle doit le combattre, elle résiste depuis tant de mois, malgré la souffrance, elle gagne toujours la bataille. Mais là …
Elle hurle « Pourquoi? ».
Pas de réponse, juste, le tonnerre qui gronde, un éclair qui transperce le ciel, et la pluie qui tombe. Elle l’accueille la tête penchée en arrière, lève ses bras, se met à tournoyer, à rire, à pleurer, de plus en plus vite, jusqu’à en perdre l’équilibre. Elle s’affaisse sur le sable, étourdie. Elle ferme les yeux un instant.
Lucie les ouvre de nouveau, elle se sent perdue, assise dans l’eau, bercée par des vaguelettes. Le ciel est bleu, l’océan calme, elle ne comprend pas. Enfin si, tout est limpide.
Plus de lutte, plus de question, elle est libérée, sereine.
L’appel de ses sens a été trop fort, elle s’y résigne, ne subira plus l’inacceptable, la faisant sienne pour son équilibre. La tentation chaque jour devenait si ingérable, à croiser ces âmes esseulées, délaissés, cette avidité dans leur regard, pour un peu de cette fausse tendresse, ils sont prêt à vendre leurs âmes au Diable. Un rictus se dessine sur ces lèvres, qui est le Diable ? Elle ou lui ?
Elle se sent vivante, elle va le rejoindre, la bataille est finie, plus de doute en elle.
Lucie remonte le chemin menant à la maison. Elle s’arrête, la regarde. Elle est si belle cette grande bâtisse, peinte en bleu, avec ses volets parmes. Elle l’aime tant, à travers ses souvenirs d’enfance, d’adulte. Elle regrette de ne pas pouvoir y vivre, de venir juste pour les vacances ou des week-ends prolongés.
Elle arrive à la porte, rentre dans la maison, ses vêtements dégoulinent sur le parquet.
Il est là à l’attendre, son visage se détend en la voyant.
-Enfin tu es revenue, tu es toute trempée, s’écrie-t-il.
- Chut … murmure-elle, en lui posant le doigt sur sa bouche.
Il s’approche, lui caresse doucement son visage, il l’aime tellement, il se sent capable de tout pour elle.
Elle le regarde, voit ce petit sourire s’étirer doucement. Ses yeux lui montrent qu’il sait tout de son combat intérieur, comme il sait qu’elle revient à chaque fois, attirée toujours par ce cercle infernal.
- Tu m’avais promis, la dernière fois devait être justement la dernière. Pourquoi Paul ?
- Je ne peux pas arrêter et toi non plus Lucie, tu le sais, bon sang ! Tu aimes ça, j’aime ça. Accepte comme moi je l’ai accepté, sans cet intermède, on se perd, on se meurt. On a besoin de ce petit piquant. dit-il un brin agacé.
- Ce petit piquant ! J’aime ta façon de voir les choses. Hilare, Lucie a besoin de quelques secondes pour retrouver son sérieux. Tu ne comprends pas, j’ai failli de perdre la dernière fois, tu as été imprudent. Ce petit jeu aura un goût amer sans toi, je ne veux pas payer ce prix.
- Je sais, j’étais trop confiant, je serais plus vigilant. Je te le promets, dit-il avec un petit air contrit.
- Arrête ! Pas un mot, plus de promesse.
Elle s’éloigne, s’arrête, lui demande :
- Là-haut ? La rouge ?
- Oui ma chérie. Amuse-toi bien, lui répond-il, tout sourire.
Lucie se dirige vers les escaliers, tête haute, les monte d’un pas léger. Elle ne sent pas ses vêtements mouillés qui lui collent à la peau, seul comptent les moments qui vont suivre.
Elle ouvre la porte de la chambre. La jeune femme est là, les poignets menottés au barreau du lit, les pieds attachés au montant, bâillonnée, complètement dévêtue, gesticulant pour essayer de se libérer.
Elle sent la peur, elle ferme les yeux pour savourer, la ressentir au plus profond d’elle-même, elle aime tant cette sensation autant que la souffrance, un prélude avant l’extase.
Lucie s’approche, arrive à sa hauteur, lui sourit tendrement, lui caresse les cheveux, le visage, une lueur d’espoir apparaît dans les yeux de la jeune femme, croyant qu’elle va, enfin, être libérée, croyant qu’elle a échappé au pire.
Non, le pire est à venir, Lucie lève tout doucement son bras, suffisamment haut, pour que cette femme, cette traînée voie l’objet qu’elle a dans ses mains, un petit scalpel, si tranchant.
Elle jubile de voir les yeux de sa victime s’agrandir d’horreur, d’entendre ce gargouillis, ce cri étouffé qui s’échappe à travers le scotch.
- Tu as aimé? Une bête de sexe non ? lui demande-elle avec ce sourire doux, trompeur.
Lucie penche sa tête. Elle a une impression étrange, un manque peut-être, celui de la chasse. Alors en guise de préliminaires, pour que la pression monte, Lucie prend une chaise, s'installe et doucement raconte.
- Au début c'était juste un fantasme chuchoté, presque honteux de l’avoir mais si heureux de cette envie commune. Au fil du temps, elle se transforme en obsession, en un désir presque incontrôlable, au point de nous organiser, et enfin de passer à l’acte.
Un jeu, pour certains, toi comprise, sûrement malsain, mais pour nous, il nous amène toujours au-delà de nos espérances.
Lucie sourit, les souvenirs affluent.
- Internet et ces sites de rencontres, presque trop même. Un soir, nous voilà lancés,
inscrits sur l’un d’eux, le profil de Paul inventé de toute pièce, charmeur, aguicheur, plein de rêves à offrir. Grâce à vos besoins d’affection, de tendresse, de sexe, l’aventure commence.
Les images défilent, Lucie s’interrompt. Elle se souvient de cette première fois, de ces sensations exaltantes, des maladresses aussi. Au fur et à mesure, ils ont peaufiné leur approche, tout était devenu presque parfait. Sauf la dernière fois, trop confiant, trop pressé, elle a failli s’échapper la garce, blessant sévèrement Paul au passage. Cela aurait pu tourner au désastre, elle est arrivée à temps, évitant le pire.
Lucie revient à la réalité, reprend d’une voix encore chargée d’émotions.
- Nous aimons le premier contact, les discussions qui suivent où l'autre se raconte, se découvre. Tous ces signes qui attisent notre désir, nous permettent de choisir. Au gré des rendez-vous avec son jeu de séduction, le charme de Paul opère, subjuguée, la proie est prête à tout pour un instant avec lui. Je ne suis jamais loin, toute excitée, et j’attends patiemment mon heure.
Lucie trémousse sur sa chaise, se lève, ses sens en ébullition.
- Toujours, tout ensemble. Sauf pour toi, il a choisi seul. Mais je ne suis pas déçue, une pure beauté !
Lucie se tait, prend le temps de l’admirer, la caresse doucement, délicatement.
- Comme pour les autres, Paul a du te suivre. Par principe ou peut-être une certaine moralité, nous excluons de notre jeu les mères de famille, je ne peux pas priver un enfant de sa mère, c’est ignoble. Il s’en est donc assuré. Et nous voilà à ce fameux week-end au bord de la mer, dans cette adorable maison où tu es.
Lucie sent la présence de Paul, se retourne, le voit appuyer au chambranle de la porte.
- Paul, elle est mariée ?
- Oui, lui répond-il, en haussant les épaules, une histoire classique, tu sais. Un mariage poussé par le fric et la plastique. Un vieux con qui prend sa femme pour un objet, sa propriété qu’il exhibe, sa pute. Elle, une femme humiliée, qui dépense son fric, et se venge en se faisant sauter à tout va par d’autre. Pathétique, non ?
- Oui, vraiment pathétique, murmure Lucie pour elle-même.
Elle fait une pause, la fixe, une douce folie danse dans ses yeux.
- Pa-thé-tique.
Son ton est devenu froid, tranchant comme le scalpel, qu’elle appose sur les seins de cette femme, faisant une première coupure si légère.
- Tu commences à comprendre ?
Lucie rit, son regard brille d’un éclat particulier entre l’excitation et l’amusement.
La jeune femme attachée, se tortille dans tous les sens, tire sur ses liens, espère qu’ils vont se rompre, espère que ce cauchemar va se finir. Elle tourne la tête, lève ses yeux …
- Elle est jolie la fenêtre, n’est-ce pas, tu espères voir un passant peut-être ? Non, il n’y aura personne pour te sauver, te retrouver. Comme les autres, tu finiras.
Lucie la dévisage, voit à travers son regard l’effroi devant ce qu’elle a enfin compris.
Le moment est venu enfin.
De là débute l’enfer indescriptible pour l’une, une véritable jouissance pour l’autre, le scalpel virevolte, coupe, tranche chaque parcelle de ce corps au rythme de cette mélodie,
« Now we are free » d’Enya. Paul a toujours su ce dont elle avait besoin dans ces moments-là.
Elle se délecte, tout ce rouge, tout ce sang, les hurlements étouffés. L’apothéose arrive.
Paul la rejoint, pour ce final, comme toujours, leur rituel.
Il l’enlace, l’embrasse fougueusement.
- Joyeux anniversaire, mon amour, murmure-il d’une voix rauque.
Sa main glisse comme une caresse le long du bras de Lucie, atteint sa main où est tenu cet objet de tant de plaisir. Ensemble, ils le dirigent vers la gorge de leur victime, tranchent la carotide. Ils sentent avec une certaine délectation cette vie partir. Peu à peu, les yeux deviennent vitreux. Ils accueillent enfin son dernier souffle, leur excitation étant à leur paroxysme. Ils se jettent l’un sur l’autre, se déshabillent à la hâte. Paul la prend là, brutalement, sauvagement. La jouissance arrive vite, forte dans une explosion de râle, de cris, les laissant pantelant. Heureux, épanouis, ils se dirigent vers la salle de bain. Sous la douche, Paul et Lucie reprennent leurs ébats amoureux cette fois-ci doucement, tendrement, se disent tous ces mots qui traduisent leur passion l’un pour l’autre.
Habillés, ils reviennent dans la chambre, ramassent leurs vêtements, les mettent dans une panière, ils feront un feu ce soir même si la saison ne s’y prête pas.
Paul prend la jeune femme dans ses bras avec douceur, Lucie met sa main sous son bras.
Ils sortent de la maison. Ils arrivent sur la plage, mettent le corps dans l’eau, laissent les vagues l’emporter au loin. Ils le suivent des yeux, attendent de ne plus le voir, et dans un dernier regard lui disent au revoir.
- Bon voyage, disent-ils en chœur.
C’est fini, ce soir ils dîneront au coin du feu, ils ont quelque chose à célébrer.
Demain, un grand nettoyage les attend puis ils partiront pour reprendre le cours de leur vie.
Jusqu’à la prochaine fois …