Laurent Gidon est connu sur le net avec le pseudonyme Don Lorenjy. Il y a un premier tome "Djeeb le Chanceur", que je n'ai pas lu, les deux livres pouvant être lu de manière indépendente et la bibliothèque n'ayant que le deuxième

Après sa fuite d’Ambéliane, Djeeb Scoriolis aborde à Port Rubia, cité gouvernée par un matriarcat bienveillant. Bienveillant mais exigeant : le voilà contraint de se joindre à l’expédition chargée de récupérer une caravane d’approvisionnement qui n’est jamais arrivée jusqu’à la côte. En route, Djeeb trouvera le beau geste, le geste élégant, celui qui fait que l’aventure, comme toujours, est ce qui lui va le mieux. Encore faut-il que l’aventure ne soit pas taillée trop grand pour lui…
Extrait disponible sur le site de l'éditeur.J'en avais pas mal entendu parlé sur internet, et Don Lo', l'auteur, avait fait beaucoup de pub (que ce soit sur le net ou dans les salons). J'étais curieuse de voir ce que ce livre valait, donc en le voyant à la bibliothèque, je n'ai pas hésité et je l'ai emprunté.
Au final, j'ai été plutôt déçue.
Djeeb est un personnage qui aime les mots, qui aime se tirer de situations pas possibles en discourant ou en effectuant une pirouette ou autre tour. Il aurait pu me plaire. Pourtant, il a une manière de ne pas vraiment se soucier de ce qui arrive qui se ressent trop fortement sur l'ensemble du livre et qui m'a très vite lassée. Il aime s'écouter parler. Un peu à la manière dont l'auteur aime son écriture sans forcément se soucier du lecteur (je trouve).
Car niveau style, de manière générale, c'est bien écrit. Y'a quelques belles descriptions. Mais c'est... lourd. Ce qui m'a le plus choquée et quasiment fait abandonner le livre sont les dialogues. La plupart sont intéressants, mais parfois sans qu'on sache vraiment pourquoi, une réplique est mise au style indirect (fréquemment). Et ce discours indirect est plus long que le discours direct n'aurait pu l'être, sans rien apporter de plus, ce qui me faisait complètement sortir de l'action. Autre chose, on a souvent des commentaires pour savoir ce que Djeeb pense de ce qui l'entoure. De temps en temps, c'est bien. Trop souvent... c'est lassant, et j'avais l'impression d'être prise par la main par l'auteur qui me disait"
voilà ce que pense mon Djeeb", alors que j'aurais parfaitement pu le deviner de moi-même.
C'est une impression générale, pas forcément flagrante dans la plupart des scènes, mais les fois où cela arrivait m'ont suffisamment énervée pour que cela me marque.
A côté de ça, le scénario... bon. C'est théâtral, ça va avec le personnage. Mais j'ai quand même été déçue. Il y a quelques idées intéressantes, mais pas assez exploitées selon moi.
Les différentes sociétés que découvrent Djeeb, par exemple. Dans une ville, les femmes ont l'air d'avoir le pouvoir. A un autre endroit, il semble que ce soit l'inverse, et les femmes sont « gardées » dans un coin à l'écart. Mais... pourquoi ? Comment ces sociétés si proches en sont arrivées à des résultats si différents ? Je n'ai rien vu qui puisse donne un début d'indice de soupçon de clarification (ou alors j'étais vraiment pas attentive). Par rapport au Chaos en marche de Patrick Ness, il y a un monde d'écarts
Au final, j'ai vraiment eu du mal à terminer le livre. Peut-être que je suis trop difficile (les autres critiques sur le net sont très positives). Mais quand je compare ce livre à d'autres (qui sont également les premiers romans de leurs auteurs respectifs !)... j'ai peut-être lu trop de bons livres XD
Mais Djeeb me fait penser à un mélange de Locke Lamora (pour le côté « joyeux » et « je me sors de toutes les situations avec un clin d'oeil ») et de Kvothe (pour le côté saltimbanque et « je crée ma légende ») en beaucoup moins bien. Je ne me suis pas attachée à lui.
Le livre n'est pas mauvais, mais il faut rentrer dedans et s'attacher au personnage, sinon ce n'est pas la peine.