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J'ai modifié légèrement le texte et le neuvième personnage a fait une apparition impromptueLe calcul mental, ou un dîner pas c*n
On déjeune ensemble. Tu me racontes les dernières nouvelles. Avec tes trois meilleurs amis, tu organises un dîner où chacun doit amener un invité que les autres ne connaissent pas.
Ma première pensée est instinctive : « Amène-moi ! »
— Je ne peux pas t’amener, me réponds-tu avant même que je le dise : tout le monde te connaît.
C’est vrai.
Vous allez faire de vraies pâtes à la carbonara, comme en Italie : guanciale, pecorino, œufs et poivre. Pas de crème fraîche, évidemment.
À ce stade, je ne sais plus si je veux faire de nouvelles rencontres ou simplement être invitée à dîner.
— Dis, à ton avis, combien de nouvelles rencontres auront lieu pendant ce dîner ? me demandes-tu.
Je calcule :
— Vous êtes huit en tout. Chacun des quatre invités va rencontrer les trois autres invités et les trois autres hôtes, soit six nouvelles personnes chacun. Cela fait quatre fois six, vingt-quatre rencontres. Les quatre hôtes vont chacun rencontrer les trois autres invités : quatre fois trois, douze.
Au total, trente-six ?
— Pas tout à fait, me dis-tu avec un air taquin. Regarde, je te fais un dessin. Chaque invité rencontre six nouvelles personnes. On compte les rencontres progressivement, en retirant celles déjà comptabilisées : six plus cinq plus quatre plus trois.
Tu dessines. Les traits se croisent sur la feuille blanche. Dix-huit.
Je souris : dix-huit nouvelles connexions pendant un dîner. Voilà un dîner pas c*n.
La prochaine fois que quelqu’un me dira : « Les jeunes passent maintenant leur temps sur leur téléphone », je ne le croirai pas.
***
P.-S. Finalement, le guanciale, introuvable, a été remplacé par de la pancetta, et le chat du propriétaire de l’appartement a été comptabilisé parmi les connexions, en neuvième invité.