Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

06 Octobre 2026 à 17:13:58
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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de débats et réflexions sur l'écriture » faut-il qu'un écrivain aie une vie personnelle riche pour écrire de la fiction ?

Auteur Sujet: faut-il qu'un écrivain aie une vie personnelle riche pour écrire de la fiction ?  (Lu 748 fois)

Hors ligne Benoît Knuten

  • Plumelette
  • Messages: 6
  • scribo pro jucunditate
Bonjour à tous
Je suis très nouveau et sur le site et dans l'envie d'écrire. Le titre de mon message me semble poser clairement la question. Je développe un peu. Dans une oeuvre de fiction, il y a des interactions entre les personnages, chacun ayant ses propres caractéristiques psychologiques, sociologiques, etc. , un peu comme dans la vraie vie. Mais si l'auteur n'a pas une vie personnelle riche ou développée, comment peut-il être juste dans les relations qu'il imaginera entre ses personnages? Je ne sais pas trop si je me fais comprendre. Une autre approche : si l'auteur est dans sa  " tour d'ivoire " et qu'il écrit une fiction qui se passe dans le monde contemporain, mais qu'il ne connaît pas bien ce monde, ses personnages ne seront-ils pas faux ou manqueront-ils de justesse? Merci de m'éclairer sur ce sujet que j'ai essayé de présenter.

En ligne Luna Psylle

  • Modo
  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 118
  • N'weti Harellan.
    • Ma page perso du Monde de l'Ecriture
Salut,

Je ne crois pas ; ou pas tout à fait.

Est-il plus facile d'exprimer un voyage, un pays lointain, une personnalité atypique, lorsqu'on l'a déjà vécu, vu, rencontrée ? Sûrement.

Est-il plus facile de décrire un personnage, dans toutes ses contradictions, si on peut s'inspirer d'une personne réelle ? Sûrement.

Mais, depuis sa tour d'ivoire, pour reprendre ton expression, un auteur peut s'inspirer d'autres supports, faire des recherches. Sinon, il serait probablement improbable (rhoo... j'adore la contradiction dans mes mots ^^) d'écrire les mémoires d'un conquistador. Et pourtant, nul doute que ça doit exister quelque part, ou que ça existera un jour.

Tu dis vouloir écrire sur le monde contemporain et les récits à ce sujet sont... vastes, et nombreux. Récits de vie, de voyages, débats de philosophies, de religions, de politiques, de société, avec tous des sensibilités diverses. Et si tu veux vraiment un prisme étendu, tu ne dois pas te concentrer sur ce qui pourrait te plaire, mais aller dans toutes les directions que tu souhaites pour tes personnages. Il y a aussi les autres médias : télé, radio, Internet. Là-dessus, je dirais qu'on est de moins en moins limités, mais il faut faire aussi attention à multiplier et diversifier tes sources, éviter d'être trop manichéen et apporter de la nuance si tu veux que tes personnages en aient (de la nuance).

Après, si tu en as la possibilité, il serait peut-être plus efficace de quitter la tour d'ivoire, rencontrer des gens, parler de tout et rien, apprendre à connaître, mais ce n'est pas toujours possible ni facile.

Une bonne journée,
Lien vers l'oeuvre en avatar : Dimitri [Fanart]

Hors ligne Solveig

  • Plumelette
  • Messages: 17
Salut !

Oui je suis persuadée qu'un écrivain qui se regarde juste le nombril aura bien peu de matière pour écrire ! Toutefois, "une vie personnelle riche" se définit de nombreuses manières à mon avis. Être ouvert aux autres et les écouter, observer ce et ceux qui nous entourent, ça ne demande pas d'aller très loin. Être curieux, se documenter, aller voir une expo, cuisiner, bricoler, tester des trucs... Les sources d'inspiration me semblent être partout autour de nous, et on vit à une époque où même les choses lointaines et peu accessibles qui nous intrigueraient le deviennent en faisant des recherches.
Quant au risque de manquer de justesse, je trouve que c'est encore différent. C'est facile de tomber dans les clichés ou d'avoir eu des faux ressentis qu'on transpose. Pour ça je trouve que le mieux c'est les regards extérieurs sur nos textes, les relectures par d'autres personnes, comme sur ce forum, par exemple.

Bonne journée !

Solveig

Hors ligne Benoît Knuten

  • Plumelette
  • Messages: 6
  • scribo pro jucunditate
Merci pour la réponse. Je voudrais proposer une autre idée. Est-ce qu'un auteur qui a lu beaucoup de livres (de fiction, puisque c'est de cela que je parle) mais qui n'aurait pas une vie super développée pourrait trouver, à force de voir les personnages des romans qu'il a lus vivre au sens très large du terme, assez de matière même fictionnelle pour construire de façon assez juste son propre univers ? Qu'en pensez-vous ?

Hors ligne Solveig

  • Plumelette
  • Messages: 17
Je trouve que oui ! Les livres nous montrent à la fois des façons d'écrire, de construire les histoires, et des tonnes de contenus différents. Même dans les fictions on découvre des lieux, des cultures, on apprend des choses, on rencontre des personnages fictifs mais on en découvre quand même les personnalités...
ça me paraît à la fois très riche et primordial pour un auteur de beaucoup lire.

Hors ligne Arsinor

  • Aède
  • Messages: 245
Pour un roman plein de détails, avec une foule de logiques, il faut un auteur qui a découvert et exploré le monde.
Mais pour une vie intéressante, il te faut sortir de la tour d'ivoire, peu à peu, que ce soit pour écrire ou pas. Tu trouveras dans le monde beaucoup de gens qui n'ont pas d'expérience, car les jeunes notamment sont issus de générations structurées par Internet.

Il y a dans l'histoire de la grande littérature des exemples d'autrices, d'auteurs, qui n'ont pas vu le monde. Que dire de Jane Austen ? Ce qui fait le prix de ses romans, c'est la distanciation. Mais pour écrire Les Misérables de Victor Hugo, il faut avoir beaucoup vu, et mémorisé... c'est une somme vertigineuse d'expériences vécues.

Hors ligne Coelus

  • Tabellion
  • Messages: 21
Salut.

Pour moi un "artiste" au sens large (ça marche donc aussi pour le théâtre ou un real au cinéma, etc) doit être capable d'empathie, c'est-à-dire de se mettre dans la peau de personnes ou dans des situations qu'il n'expérimente pas lui-même. De plus, on peut aussi observer ce qui se passe chez des proches, amis, etc, écouter des témoignages ou récits et on les intègre. On est également quand même régulièrement bombardés de fictions diveres et variées, plus ou moins réalistes, avec des expériences de vie justes ou non, qui nous donnent aussi du grain à moudre et nous influencent inconsciemment quand on se met à écrire nous-mêmes (bon après il faut éviter trop de clichés :D).

Sinon, l'écrivain même dans sa tour d'ivoire peut aller observer autour de lui, aller dans les cafés/bistrots ou restaurants, etc pour s'imprégner du monde (Hemingway et Balzac faisaient ça).

Après c'est sur que vivre quelque chose concrètement apporte quelque chose en plus, p-e que le vécu donne une "nécessité" supplémentaire au fait de le raconter, à voir.
« Modifié: 21 Septembre 2026 à 11:28:43 par Coelus »

Hors ligne Feather

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 074
Je ne pense pas.
L'écriture ne peut être le résultat d'un regard sociologique, psychologique...
Selon moi, c'est un ensemble de correspondances, de sonorités et d'élaborations artistiques. C'est important d'écouter sa sensibilité et de mettre la technique au service de cette expression sensible qu'est l'écriture.
Les illustrations que sont les images mentales ne sont là que pour orner le sujet porté par l'auteur. Et elles lui sont propres c'est ce qui fait l'originalité de l'écrit.
Donc oui , il faut, je pense,  avoir lu mais non pas comme un scrutateur mais comme un désintéressé pour faciliter l'effet sur la technique.
Les larmes sans pleurs sont une lanterne.

 


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