Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

14 Septembre 2026 à 12:28:07
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Les émotions d'une mère

Auteur Sujet: Les émotions d'une mère  (Lu 43 fois)

En ligne Luna Psylle

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Les émotions d'une mère
« le: Hier à 21:50:20 »
Salut,

Un moment que je n'étais pas revenue par ici, c'est intimidant...

Introduction : ce texte s'intègre aux aventures de mon elfe N'weti, une Fan Fiction dans l'univers de Dragon Age et qui s'étend sur deux des jeux de la licence. Il n'y aura pas forcément besoin de lire le pavé que j'ai mis en lien pour comprendre ce texte-ci, je mettrai les quelques mots clefs dans un glossaire en spoiler. Si j'en rate, dites-moi, que j'ajoute. J'ai écrit ce texte, à la base pour exprimer un racisme culturel lié à l'univers où évoluent les personnages, notamment mon elfe, avec différents points de vue. Je voulais essayer de mettre des mots, de me rendre compte, de ce que mon elfe pourrait subir... et je me suis perdue dans les émotions d'une mère, personnage central de ce texte.
Corrections : l'orthographe, la conjugaison, la syntaxe, ce qui semble utile de relever. J'aimerais aussi savoir si le racisme reste bien exprimé, pas trop flagrant, mais pas forcément noyé dans le reste non plus, parce que ça restait mon intention de base.
Ce que j'aimerais ne pas toucher : le discours en général, cette politesse, peut-être particulière, dans la narration et entre les personnages. En ce moment, j'ai besoin de cette écriture.
Ma musique à l'écriture : Phillipe Describes Isabeau.

Une bonne lecture,


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N'weti : mon elfe ; elle avance à travers divers chaos et essaye de garder sa ligne de conduite, même s'il lui arrive d'avoir des choix difficiles ; assez dure à décrire, elle est l'héroïne du jeu ; dans l'univers, les elfes et les mages sont très mal vus, les premiers sont des sauvages barbares, asservis depuis des siècles, les seconds sont des dangers ambulants, contrôlés par l'ordre religieux principal du continent ; N'weti est les deux et arrive à rester libre, toujours mobile, jamais d'attache, elle se faufile, avance dans le monde, un peu à sa guise ;[/justify]

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Les émotions d'une mère

Les couloirs de la maisonnée ne résonnaient plus d’éclats de rires. Dame Olivia, son visage las, y erra, perdue dans ses réflexions. Elle se souvint encore d’années heureuses ; ses trois garçons s’amusaient alors, courraient entre ses jupons, donnaient bien des difficultés aux servantes. Ses triplets, si petits, si chétifs. Elle les chercha un instant, chercha leurs chamailleries, leurs adorables querelles.
Des voix à travers la grande baie vitrée. Décorée de lourdes tentures en velours, elle longeait la façade ouest du manoir, baignant l’intérieur d’une lueur crépusculaire. Dame Olivia s’avança, frôla le verre d’un doigt, si tremblant qu’elle se rétracta, retourna dans l’ombre du rideau, là où personne ne la verrait. Le long des allées en gravier blanc se promenaient ses bébés. Elle ne pouvait que constater comment ils se tenaient, droits et fiers, leurs armures rutilantes, mains sur les pommeaux ; à quel point ils n’étaient plus ses poupons d’autrefois.
Entre eux, deux dames.
La première d’entre elles, l’Impératrice Célène, aimait ce jardin ; celui d’une amitié de longue date qu’elle partageait avec la propriétaire du château, un havre dans lequel elle se promenait, éloignant un temps les responsabilités qui lui incombaient. Les rides sur son visage s’accentuaient, visite après visite, sa fatigue toujours plus marquée. Aujourd’hui, la guerre se trouvait à leurs frontières quand elle ne se montrait pas intestine. L’un des garçons, Julius, offrit son bras à l’Impératrice qui l’en remercia.
Elle reprit sa conversation et, depuis sa cachette, Dame Olivia observa l’autre femme. Une guerrière, à n’en point douter. Celle-ci portait l’armure et parlait avec aisance, ne se laissait guère impressionner par la carrure des hommes, ni même par le titre de son interlocutrice. Dame Olivia détailla d’autant plus l’étrangère qui s’immisçait dans son jardin que celle-ci y semblait bien trop à son aise.
Elle plissa les yeux, fixa les oreilles pointues de l’étrangère ; celles d’une servante, d’une esclave. Les Elfes ne méritaient pas la noblesse qui semblait pourtant émaner de cette femme. Dame Olivia se rembrunit, méfiante.
Soudain, comme un éclat de magie, l’Impératrice rit, l’Elfe rougit, recula, juste assez, se retrouva captive de l’ombre d’Alexandre, le plus imposant des frères, resté un pas derrière elle pendant cet étonnant entretien. Elle ne s’offusqua pas de sa protection, leva un regard attendri ; et la mère comprit, son cœur déboussolé par cette révélation.
Des pas dans l’escalier. Césarius, le dernier des triplets apparut dans l’encadrement en pierre, un sourire radieux sur son visage :
— Mère ! Le temps est magnifique : ne voulez-vous pas profiter d’une balade dans le jardin ?
— Césarius ! s’enthousiasma Dame Olivia en embrassant son fils. J’aurais peur de vous déranger en plein conseil de guerre, ironisa-t-elle.
Le chevalier rit. Il tendit son bras à sa mère, cala son pas sur celui, plus tranquille, de Dame Olivia. Arrivés à l’escalier, il la rassura :
— Vous ne nous dérangez jamais, Mère. Vous êtes ici chez vous, maîtresse de la maisonnée. Nous profitons seulement du calme apporté par les jardins pour permettre cette rencontre.
À chaque pas qui la rapprochait de l’Elfe, Dame Olivia hésitait un peu plus, son regard perdu sur ses souliers, le frottement de ses jupons sur le dallage en pierre. Elle se figea :
— Votre frère, Alexandre : aime-t-il cette…
— N’weti ? Oui. répondit Césarius sans hésiter. Pourquoi cette question, Mère ?
Dame Olivia ne répondit pas, n’osa d’abord pas mettre de mots sur la colère de savoir une Elfe aimée de son fils, un garçon noble, élevé pour devenir un grand homme, un chevalier, à l’image de son père, décédé durant le soulèvement de ces oreilles pointues. Elle hoqueta dans un soupir :
— C’est une Elfe.
Le visage de son fils se referma, un court instant, et elle redouta de le perdre, de les perdre tous les trois, à cause d’une maudite Elfe, comme elle avait perdu leur père. Elle tendit la main vers lui, chercha à toucher sa joue. Césarius s’adoucit :
— Oui Mère, c’est une Elfe. Nous l’avons rencontrée il y a de nombreuses années, durant l’Enclin. Nous nous étions égarés, poursuivis par des Engeances, et avions trouvé refuge dans le village où sa Guilde officiait.
» Cette Elfe, insista Césarius, nous a accompagnés, sans juger nos oreilles aplaties ou nos origines nobles, qui tendaient nos relations avec elle vers la discorde. Avec son frère, ils nous ont épaulés pendant les batailles, ont veillé sur nos arrières. Elle a soigné nos blessures, a pansé nos plaies avec des bandages jusqu’à ce que nous l’autorisions à user de sa magie pour les refermer.
» Quand j’y repense, elle s’est toujours montrée respectueuse de notre peur de la magie. Une peur fondée sur notre éducation et plusieurs expériences de batailles, d’adversaires acharnés. Elle était une Elfe, une mage, comme tous ceux que l’on nous apprenait à combattre. Pour nous, elle était comme eux. Et pourtant… je remarquais sur son visage combien notre méfiance la blessait. De nous trois, Alexandre a été le premier à l’autoriser à exprimer en sa présence cette magie qu’elle nous cachait.
» Ne le répétez pas, mais je le jalouse un peu, rit Césarius, j’aurais aimé être ce premier. Venez la rencontrer, Mère. Nul doute qu’elle vous étonnera.
Nul doute. Dame Olivia redressa les épaules, se força à avancer :
— Des Elfes ont trahi ma confiance, rappela-t-elle.
— Des Humains également, rétorqua Césarius avec douceur. En voudrez-vous à tous les Humains ?
— Des Elfes ont tué votre père.
— Des Humains ont tué le vôtre. Mère, nous pourrions débattre ainsi pendant des heures. Pour chaque méfait commis par un Elfe, un Humain l’aura également commis. Je n’arrive plus à juger une personne sur ses origines, je me concentre sur ses actes.
Dame Olivia sourit :
— Voilà un conseil bien judicieux.
— N’weti nous l’a appris, expliqua Césarius. Nous avons été bêtes lors de notre rencontre avec elle.
» Père vous manque beaucoup, à vous aussi, n’est-il pas ?
— Et mes trois petits garçons ne viennent plus me rendre visite. Ils trouvent du réconfort dans d’autres bras, le taquina sa mère.
— Vous avez raison : Mère, nous pardonnerez-vous cette absence ? Les guerres n’attendent jamais.
Césarius soupira et réitéra sa demande :
— Voyez au-delà de l’Elfe, de la mage, que présente notre amie. Apprenez à la connaître et vous comprendrez combien vous vous trompez sur elle.
Ils sortirent du manoir et s’arrêtèrent un instant sur le pas de la porte. Le crépuscule aveugla Dame Olivia. Par-delà l’horizon, derrière les jardins et les vastes champs environnants, le soleil terminait sa course, apportait une teinte orangée aux haies de roses.
Julius se retourna le premier. L’Impératrice suivit son mouvement. Par son sourire chaleureux, celui d’une amitié précieuse, elle appela la Dame à les accompagner. Dame Olivia retint un frisson d’amertume au regard de l’Elfe, hésita, s’accrocha à son fils et s’avança vers elle.
« Modifié: Aujourd'hui à 11:04:14 par Luna Psylle »
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Re : Les émotions d'une mère
« Réponse #1 le: Aujourd'hui à 06:24:09 »
Bonjour Luna

du pur sans IA

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


B
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

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En ligne Luna Psylle

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Re : Les émotions d'une mère
« Réponse #2 le: Aujourd'hui à 09:52:00 »
Caaafééé !
:mrgreen:
*pardon pardon*



Salut,

Merci pour ta lecture et ton commentaire :)

Citer
( j’ai un doute sur ces deux passé simple. Je supprimerais « un temps plus simple ». Je ne crois pas à « courraient entre ses jupons » ça me paraît bizarre voir plutôt pour un texte érotique)
Je vais revoir pour les temps, tu me mets le doute.
Pour les jupons, c'est pour l'expression courir dans les jupes de sa mère, l'idée qu'ils embêtaient un peu tout le monde avant d'aller se cacher dans les jupes de leur mère. Je verrais si d'autres lecteurs tiquent.

Citer
(pour moi ici, il manque le verbe)
Parce que le seul verbe qui me venait se trouve dans le paragraphe d'avant (résonnaient). J'ai donc passé la phrase en nominal, comme une apostrophe à ses souvenirs.

Citer
(un peu mastoc la reprise anaphorique « la mère », décalée sémantiquement peut-être)
Tu fais bien de me le noter : une grosse partie du brouillon s'est fait sans noms, car Dame Olivia n'en avait pas encore, et il peut y avoir des oubliés. Je voulais que, les seules fois où il apparait encore, mère marque le cordon qu'elle n'arrive pas à vraiment couper alors que ses bébés sont adultes.

Citer
(pas compris ce passage)
Je redoutais un peu ce passage. Je ne voulais pas alourdir les explications, mais je ne vais peut-être pas y couper.

Citer
( peut-elle voir à cette distance « le regard attendri » ? On comprend la liaison entre la guerrière elfe et Alexandre, on comprend le rejet des elfes par la dame (encore une fois « la mère » bof, même si tu veux souligner le lien maternel). Peut-être une phrase pour signifier la compréhension de cette idylle )
Je vais attendre au moins un second avis et voir ça si ton sentiment se confirme sur d'autres lectures, même si c'est vraiment l'intention que j'en avais, on ne sait jamais que j'ai une idée qui adoucisse le tout ;)
la mère est bien volontaire ici. Elle n'est plus Dame Olivia, elle est une mère qui voit son bébé avec une femme. Peut-être que si je retire le précédent, celui-là prendra bien la place que je lui voulais.
Pour moi, le groupe n'est pas forcément très loin de la façade, mais c'est vrai que je n'ai pas donné de distance réelle. Pour l'image : tous les guerriers dehors, habitués à deviner l'ennemi tapi, ont vu Dame Olivia cachée derrière son rideau. Au tout début, Césarius devait être avec eux et aller la chercher, mais j'ai finalement préféré le faire apparaître dans l'escalier.

Citer
(même remarque pour le verbe, même si les phrases sans verbes fonctionnent, ici, ça manque, ne serait ce que pour marquer l’état émotif de la Dame)
du genre Des pas la surprirent ? Pourquoi pas, oui. Si surprendre n'est pas ailleurs, je peux. Ces phrases nominales sont réfléchies comme des onomatopées, des "Eh ! Réveille-toi !", mais je peux en mettre une et choisir une voie plus classique pour l'autre.

Citer
( de son jupon. Elle n’a qu’un jupon?)
Nope :mrgreen: un oubli pur et dur des s

Citer
( questions : le mec de la dame s’est barré avec une elfe ? Les trois gamins n’ont pas été élévé dans la même culture raciste ? Au moins le chevalier devrait comprendre le rejet de sa mère ? Il me semble qu’elle est d’aiulleurs un peu trop direct dans l’expression de ce rejet)
Je me doutais qu'énoncer la mort du père après mettrait le doute ici. Je vis dangereusement, je crois, j'ai trop d'espoir :D
Pour répondre, il y a le racisme, peut-être un peu latent : dans leur culture, un elfe ne peut être autre chose qu'un esclave ou un serviteur, c'est comme ça. Il n'y a pas volonté à être raciste, juste une conception hiérarchisée des races (Humain, Elfe, Nain) ou des classes (Guerrier, Mage) en présence. Mais il y a aussi l'éducation : les parents n'ont pas mauvais fond et ont appris à leurs fils à respecter ceux qui les entourent, mais toujours avec cette hiérarchie sociale. Et c'est en croisant N'weti et son frère (ainsi qu'un nain et d'autres personnages atypiques) que les triplets ont changé leur façon de voir les étrangers en général. Se méfier : oui. Savoir reconnaître les qualités quand on les voit, même chez celui qui ne devrait être qu'un esclave (ou autre, les mages sont aussi ciblés) : oui aussi.
J'ai hésité à rendre Dame Olivia aussi directe ici, même si, à y réfléchir, dans le cadre, elle est légitime à l'exprimer. Il y a la progression de la discussion qui m'y obligeait un peu, et peut-être aussi ce sentiment qu'elle n'aura aucun autre instant pour l'exprimer. Devant Césarius, peut-être qu'elle peut se le permettre, devant Alexandre... non.
Edit (je crois que j'ai répondu à côté) : il comprend sa mère, mais N'weti (et son frère ainsi que quelques autres) a mérité leur respect, un respect qui leur fait oublier l'éducation, plus lointaine en temps et en distance. Pour ça qu'il y a cette confrontation.
Citer
( doit manquer un retour à la ligne… et pourquoi deux fois nul doute?)
À ce moment précis, j'étais au plus près d'elle, presque dans sa tête, et j'entendais cet écho, presque un soupir de la Dame.

Citer
( j’ai l’impression que ça c’est en trop. Trop net, trop pensé, trop moderne)
La phrase d'avant peut-elle agir comme un conseil judicieux appris par des parents à leurs enfants ?
Je me rends bien compte que c'est trop moderne ; ou alors, ce n'est plus la mère qui a appris à ses enfants, mais N'weti, ce qui pourrait ajouter un poids à cette rencontre. Faut que je cogite ça.
Edit : j'ai essayé de modifier ce bout-là, mais je ne sais pas si j'en suis encore convaincue.

Citer
( pour moi c’est curieux, j’attendais « Père nous manque à nous aussi)
Je ne suis pas certaine qu'il s'en serait ouvert, ou aurait parlé pour ses frères, à ce sujet. Pour ça que j'ai concentré son commentaire sur sa mère.

Citer
( peut-être pousser un peu pour ramener le focus sur le groupe alexandre)
Je prends. Ajouter un peu de décor pour ramener au groupe.

Citer
Ici, le racisme n’est pas que le racisme, c’est aussi lié au deuil, à la guerre. C’est aussi la haine de l’ennemi.
Oui, comme j'expliquais en introduction : ça s'est un peu tout mélangé pas prévu. Mais s'il reste visible, avec les émotions qu'il peut engendrer, ça veut dire qu'il n'est pas non plus noyé :)

Edit, un oubli :
Citer
( peut-être supprimer « avec des bandages »)
Je dois garder bandages. Il y a le parallèle avec la peur de la magie sur la fin de la phrase : Elle a soigné nos blessures, a pansé nos plaies avec des bandages jusqu’à ce que nous l’autorisions à user de sa magie pour les refermer..

Je devrais pouvoir poster les corrections rapides dans les minutes à venir. Pour les passages à réfléchir, ça peut prendre quelques jours, le temps que je cogite dessus.

Une bonne journée à toi,
« Modifié: Aujourd'hui à 11:44:12 par Luna Psylle »
ar lath ma, vhenan
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