Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

21 Septembre 2026 à 22:49:25
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Des lieux

Auteur Sujet: Des lieux  (Lu 190 fois)

Hors ligne Basic

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Des lieux
« le: 13 Septembre 2026 à 18:48:55 »
Bonjour,

je ramasse mes textes pour les mettre en tas. Donc, on m'avait demandé d'écrire un texte sur un gros bourg par chez moi. Un gros bourg chargé d'histoire, un rien vaniteux comme toutes nos petites villes si loin de la mer. J'ai hésité entre la poésie et le texte court. J'ai déjà fait le coup de poser ce type de texte en poésie, c'est comme un pavé, ça flotte pas, ça plonge direct dans les profondeurs du tableau.

Vous pouvez me faire part de toutes vos remarques, je ferai le tri

"que tombent ces vagues de briques, si tu ne fus pas bien aimé" le Guillaume A.



Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


B
« Modifié: 17 Septembre 2026 à 09:43:56 par Basic »
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Re : Des lieux
« Réponse #1 le: 14 Septembre 2026 à 14:00:21 »
Salut,

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Sur le fond, je l'ai lu comme un poème, saisi des images ici et là plus que le sens dans sa globalité. J'ai aussi l'image des albums de Claude Ponti, si tu connais, cette sensation de distorsion du réel pour avancer sur la bonne route. Pas celle créée pour tous, bien droite et parfaite, mais celle voulue spécialement pour celui qui acceptera de s'y aventurer.

Une bonne journée à toi,

Hors ligne Basic

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Re : Des lieux
« Réponse #2 le: 14 Septembre 2026 à 16:23:50 »
Merci Luna,

je comprends aisément que proposer des choses sur ce texte n'est pas évident, tes remarques sont d'autant plus interessantes. J'ai adapté pas mal de phrases suite à tes propositions. Quelques réponses à tes questions

- la métaphore du verre : "Le verre coule, c'est un fluide. Il coule lentement". En fait non, c'est un mythe, la science a prouvé que non. Il ne coule pas. C'est bien dommage, ma métaphore ne marche plus depuis 1998 (américan journal of physics). Bon, je la garde quand même, parce que c'est un mythe, pour un texte qui parle essentiellement de ça, de l'empilement des signes dans une ville, ça m'amuse et puis c'st être fidèle à celui que j'étais quand j'ai écrit ce texte, quelqu'un qui croyait vraiment que le verre des vitraux continuait de couler et non qu'il avait été construit plus large en bas qu'en haut pour une raison bêtement technique

- Rue du Beffroi, rue saint Cerneuf, rue du chanoine, rue des pèlerins, rue saint Jacques, rue de la boucherie, rue du guet, quai Grenette, quai de la porte fleuve, quartier Saint Loup : c'est un texte sur une ville, ce sont quelques unes des rues dans lesquelles je mettais promené

- Ce qui commence en bas mène son propre plan : Donc, pour moi, le une de une ville n'existe pas. Ce qui existe c'est l'entassement des villes. On construit un groupe de masures, puis on abat certaines maisons, puis ça continue sur les côtés, puis on abat encore, puis on pousse là, ... sans cesse. Le temps fait que ce qui est abattu sert de remblais, de fondations, donc se retrouve au dessous. Pour moi ça continue à agir, ça donne toujours des signes, mais quoi,... quelle est la carte ?

- comme un seau sur la porte : la fameuse blague du seau coincé entre la traverse haute et le mur, que le type se prend sur la tronche quand il ouvre

- "dit-elle" "et" : J'aime bien répété ces mots ou groupes de mot, ça donne une scansion très particulière. J'ai d'ailleurs changé pour dirait-elle. Ici les signes d'une version de la ville ancienne, elle parle peut -être du milieu du vingtième siècle, quand les rues du centre grouillaient de vie et pas de vie touristique. maintenant, c'est vide, les caves n'ont plus de vin, la plupart des maisons sont vides ou transformées en gites

- pour ce passage " nous avons voyagé dans ce corps enterré. Descendu si loin ! Ici est passé, la mémoire des pierres confesse une vague odeur de tombe." descendu serait le participé passé comme si "nous sommes descendu si loin" dois-je écrire "nous sommes descendu..." ou ça peut se comprendre si j'enlève le point et mets une virgule  "nous avons voyagé dans ce corps enterré, descendu si loin ! Ici est passé,  ?" sauf que ce n'est pas le même auxiliaire.

B
« Modifié: 14 Septembre 2026 à 16:32:21 par Basic »
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Re : Des lieux
« Réponse #3 le: 15 Septembre 2026 à 22:43:50 »
Salut B !

Très chouette, un beau moment de lecture. C'est effectivement très poétique et certains passages sont magnifiques.

J'ai pinaillé, ça faisait un moment que j'avais pas commenté en détail, j'espère que ça te servira à quelque chose.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : Des lieux
« Réponse #4 le: 17 Septembre 2026 à 10:10:07 »
Merci Rèmi,

ça fait plaisir de voir ta patte par ici.

J'ai pris tes remarques en compte, rebousculé par ci par là
un liminaire peut-être : le texte était une commande : écrire sur ce bourg, Billom dans le puy de Dôme. Une sorte d'errance et de carnet de voyage. Pour moi, les villes sont des chaos de signes, des accumulations confuses, autant des marques des époques que des témoignages de ceux qui y vécurent. J'étais assez confus à cette époque, j'ai donc erré dans cette confusion avec ma propre confusion comme bagage. Il y a une relation avec cette perception de la ville et la façon dont j'écris, si je peux aller jusqu'à oser tenter une prise de distance. Mes proses poétiques sont des sortes d'agglomérat, imaginons une proto étoile qui ramène à elle tout ce qui passe à portée, agglomère donc, souvenirs, images, associations, faits... Ce qui fait une sorte de bazar, après il faut faire le tri, mais juste ce qu'il faut parce que ça peut tenir, ça peut brûler et éclairer un peu.

- les pronoms. J'ai remplacé quelques "nous" au profit des "on" mais parfois ça m'a paru impossible. J'ai supprimé le passage du "elle". Le nous est le fameux nous singulier qui pose des problèmes d'accord, qui serait presque une tentative de résistance à ne pas être englouti, à s'imposer face au déferlement, un combat pour être. Le "on" est un peu moins puissant, plus sobre, pus discret, plus humble

- le sens : C'est d'abord une prose poétique. Je pense qu'il y a plusieurs niveaux de sens, des que j'ai maitrisé qui sont proches d'un récit, d'autres qui outrepassent le sens direct peut-être. Presque telluriques si j'ose.
pour ce passage par exemple "Ce qui commence en bas ne finit pas.
Ce qui commence en bas mène son propre plan.
Des signes qui ne parlent pas aux vivants, des signes qui ne racontent plus mais s’inventent.
Alors la ville nous échappe." Si on creuse dans une ville ( et par chez moi, tu tombes direct sur une autre ville, celle des gallo romains, celle des gaulois). Pour moi, il y a donc ces colonnes de signes qui traversent tout, permanence de la pensée humaine, du désir de ces gens morts il y a si longtemps... et ça continue, ça trace encore, plan, carte, trajectoire... sous le grand magasin il y a la trajectoire de la voie romaine.  Celui qui vainement essaie d'organiser ce qu'il voit et ressent, perd la ligne, le fil d'ariane qui allait du visible à l'invisible, de la couche matérielle à la couche spirituelle ou symbolique.

- un truc que j'ai mis en réponse à Luna : la métaphore du verre : "Le verre coule, c'est un fluide. Il coule lentement". En fait non, c'est un mythe, la science a prouvé que non. Il ne coule pas. C'est bien dommage, ma métaphore ne marche plus depuis 1998 (américan journal of physics). Bon, je la garde quand même, parce que c'est un mythe, pour un texte qui parle essentiellement de ça, de l'empilement des signes dans une ville, ça m'amuse et puis c'st être fidèle à celui que j'étais quand j'ai écrit ce texte, quelqu'un qui croyait vraiment que le verre des vitraux continuait de couler et non qu'il avait été construit plus large en bas qu'en haut pour une raison bêtement technique.

B

« Modifié: 17 Septembre 2026 à 10:24:13 par Basic »
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En ligne Rémi

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Re : Des lieux
« Réponse #5 le: Aujourd'hui à 22:13:42 »
Argh, réponse perdue ! Je recommence...

J'étais persuadé que le verre des vitraux coulait, tu casses mon rêve :(

Citer
Mes proses poétiques sont des sortes d'agglomérat, imaginons une proto étoile qui ramène à elle tout ce qui passe à portée, agglomère donc, souvenirs, images, associations, faits... Ce qui fait une sorte de bazar, après il faut faire le tri, mais juste ce qu'il faut parce que ça peut tenir, ça peut brûler et éclairer un peu.
Joli. C'est tout à fait toi, et c'est une facette de ton écriture que j'aime beaucoup.
Je suis souvent cartésien, et si le sens m'échappe, je ne me laisse peut-être pas assez porter par la sensation, l'intuition...
Je relève aussi parfois pour dire que le sens n'est pas limpide, à voir pour chaque auteur ce qu'il souhaite modifier ou pas, chacun garde son degré de bazar, flou ou confusion ^^

Citer
C'est d'abord une prose poétique. Je pense qu'il y a plusieurs niveaux de sens, des que j'ai maitrisé qui sont proches d'un récit, d'autres qui outrepassent le sens direct peut-être. Presque telluriques si j'ose.
voilà, tellurique pour cet exemple

Et puis, un texte comme celui-ci est sûrement fait pour être lu plus d'une fois, pour que son argile et son sable coulent gentiment et déposent du sens et des perceptions dans mon petit crâne venteux et fatigué.

Citer
qu’ils s’abîment ou qu’ils s’aiment .
t'as une espace en trop avant le point

ça :
Citer
Elle pourrait être démontée, pierre à pierre, afin de trouver le socle sur lequel elle fut construite.
Joncher la plaine de toutes ces pierres.
Retrouver le premier outil, le premier mot.
et ça :
Citer
Dans les murs, il y a la main du maçon, son sang et sa sueur… des cris d’enfants, des derniers souffles, des étreintes, le sommeil et des éclats de rire, le chagrin. Alors que la nuit nous ramène, tout cela nous revient.
ce sont deux petits passages à la fin qui éclairent le lecteur malhabile ou perdu dans le bazar, ça rend la deuxième ou la troisième lecture plus immersive

Vraiment très chouette ce texte, il imprime des images et ses sensations
Et puis, ça remet les petits humains et leur vanité à leur place ; y a aussi cette dualité dans le texte, entre la ville durable et pourtant périssable et l'humain qui laisse des signes dedans... et c'est beau.

Je suis content que t'aies viré le "elle", je trouve le texte bien plus flottant comme ça, la ville est ressentie, interrogée, écoutée, fouillée, elle ne parle plus et c'est très bien :)

Merci pour la lecture, vraiment !
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

 


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