Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

07 Septembre 2026 à 12:59:35
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » L'antichambre de l'édition » le plafond de verre

Auteur Sujet: le plafond de verre  (Lu 156 fois)

Hors ligne Basic

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 349
le plafond de verre
« le: 03 Septembre 2026 à 06:30:28 »


je viens de découvrir que "plafond de verre" s'employait surtout pour symboliser le frein à l'ascension sociale des femmes. Dans ce sujet , c'est plus général.

Pendant ce temps là Volodine sort 12 bouquins chez 12 éditeurs différents  :o

Après pas mal d’années de tentatives d’édition je me demande toujours comment traverser le plafond de verre ?
Pourquoi me direz-vous ? Tu peux bien continuer à écrire pour toi !
Depuis tout ce temps, je pense toujours la même chose : un texte qui n’atteint pas un lecteur n’existe pas. Pour l’instant un vrai travail éditorial autour d’un texte est la meilleure solution. La permanence de l'échec peut provoquer chez l'auteur, diverses maladies comme : la grippe de la page blanche, l'exéma de la soumission, le syndrome du plagiat, l'éternuement du thème...,

Pour me soigner, j’ai lu de nombreuses fois à voix haute dans des garages ou des médiathèques, publié chez des copains, donné des textes sur des blogs, des chaînes youtube…à chaque fois,  j'ai eu l'impression qu'il me manquait un truc. Alors :
 

- faire des AT : comme ça, « à force les éditeurs te connaissent. » qu’on se dit. Encore faut-il les bons AT semble t-il. Parfois ça peut même desservir : «Mais une reconnaissance gagnée au sein du simili-champ ne garantit pas, loin s’en faut, l’accès à l’espace littéraire consacré, voire même l’investissement du premier constitue-t-il souvent un stigmate pour la conquête du second, déjà encombré, jaloux de ses positions et des capitaux qu’il valorise. Les écrivains « surnuméraires » restent ainsi, bon gré mal gré, en connaissance ou méconnaissance de cause, contenus dans un univers « fait pour eux », relégués aux frontières du champ littéraire légitime. »
Note de lecture Claude Fossé-Poliak, Aux Frontières du champ littéraire – Sociologie des écrivains amateurs (Paris, Économica, coll. “ Études sociologiques ”, 2006. Isabelle Charpentier 
J’ai fait quelques AT, dont une qui m’a permis d’aller au salon du livre de Pâris au milieu des éditeurs mythiques de l’imaginaire et c’est vrai qu’ils nous regardaient de haut, de très haut… voir pas du tout.

- poster en auto édition sur des plateformes : « C’est un changement important qui s’opère car les géants du net, en professionnalisant l'auto-édition, reconfigurent l’acte d’écriture et de publication tout en donnant une nouvelle représentativité de la littérature. Il ne s’agit pas ici de soutenir la création, de porter un auteur, ou de construire un catalogue dans une logique de patrimonialisation ; il s’agit davantage, désormais, d’adapter un texte aux goûts des lecteurs dans une logique de marché pour répondre aux attentes d’un vaste public à la recherche d’une littérature sans effort. C’est une nouvelle approche de la littérature qui se profile sur les espaces du net qui doit être accessible à tous, proche du gratuit et peu importe que la qualité soit au rendez-vous ou pas, car ce qui est important sur ces espaces c’est d’obtenir de l’audience et de se distraire sans trop avoir à réfléchir. » A quoi rêvent les auteurs autoédités en 2026 ? Mon best seller.com
Ouais, il faut devenir un vrai entrepreneur, investir dans la com à fond et, perso, cibler, proposer un produit qu’attend la cible visé… je me sens pas de le faire, je suis un très mauvais business man et je n’ai pas les compétences pour tenir une « panoplie » d’entrepreneur littéraire. Surtout, j’ai pas le goût.

- faire du speed editing : tu sais pitcher ton projet, t’es à fond, tu t’es débrouillé pour griller d’autres candidats pour t’inscrire. Puis, en direct ou en vidéo, hop !  Tu défends le morceau. Arg ! C’est moderne, ça ? Ou juste une caricature  spectaculaire

- se faire un pote éditeur, auteur célèbre … histoire d’être propulsé en haut d’une pile. Peut-être en hantant les salons, mais les gros. En multipliant toutes les situations de rencontres : assister à des dédicaces, master classe… Pareil, je suis un peu mauvais dans ce domaine ( ça coûte un peu aussi). Ou bien, vue la crise de l’édition, et la masse des manuscrits reçus ( alors l’auto édition est peut-être une l’action magique qui va déshydrater le déluge) les éditeurs ne prennent plus ni risque ni temps pour sortir de leur proximité)

- se faire connaitre par un biais, style "l'auteur a découvert la licorne" ou "l'auteur est aussi connu sous le nom de wonderman"... par rebond ça peut le faire. Euh, j'ai juste gravi le puy de Sancy sans assistance et fait du canoé dans la rade de Port Vendre

- y a aussi la tentation des petits petits éditeurs, c’est à dire quasi de l’auto édition ( pas de distributeur ni diffuseur, peu de travail éditorial -correction, conception, diffusion) aide max de l’ia pour plein de trucs : maquette, illustration… Bon, j’ai testé, pas génial. Ils sont vite dévorés par les gros prédateurs, ou restent comme toi, des ronds de flan qui n'ont pas les moyens nécessaires pour toucher les bonnes manettes, ou lâchent l'affaire parce que travailler gratos ça saoule, ou dégoûte... Il y a aussi les méchants petits petits éditeurs, encore pire que les petits petits éditeurs

- chercher des alternatives. J'ai trouvé des amaps pour la bouffe, y'en a pas pour l'écriture

- faire imprimer ses bouquins et les glisser dans sa bibliothèque pour s'auto leurrer. Une sorte de traitement médicamenteux

En conclusion, je ne sais pas trop. Je vous donne la réponse de ma mère pour à peu près tout « c’est comme ça ». Vous avez peut-être d’autres stratégies ?
J’ai peur qu’il ne nous reste plus qu’à nous consoler entre nous, de rester tranquillement dans le Territoire de la consolation ( Si ça vous intéresse, c’est ce que racontait le sociologue claude Poliack, ça m’a plus donné le blues que consolé)

B

PS : je me suis appuyé sur des vieilles études. Pareil, si vous en avez des récentes...
« Modifié: Hier à 18:49:31 par Basic »
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Page perso ( sommaire des textes sur le forum) : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=42205.0

Hors ligne Cissy

  • Calliopéen
  • Messages: 404
Re : le plafond de verre
« Réponse #1 le: 04 Septembre 2026 à 22:19:27 »
Tu veux savoir ce que m'a dit un jour ma mère quand elle m'a vu écrire mon roman (avec amour et passion !), eh bien, elle a dit : "ça sert à rien ce que tu fais." Heeeey, merci  :miaw: toujours un plaisir...

Bref ! On sait tous que l'édition n'est pas pour tout le monde. Outre la qualité d'un texte, faut surtout beaucoup BEAUCOUP de luck. Parfois, c'est comme ça, faut juste avoir du bol, comme gagner au loto. Je n'ai pas encore fini le moindre roman alors je n'ai aucune expérience dans ce qui vient après le mot FIN d'un livre. Mais je vois souvent des livres, auto-édité of course, dans des conventions où je vais. J'en ai même acheté une fois (gros regret, j'ai pas aimé lol mais la couverture était si belle et l'intrigue tentante !) J'en retrouve certains sur les étagères d'une librairie alors que peu pourtant accepte l'auto-édition dans leurs rayonnages. Je pense que tout est possible. Juste pas évident. C'est un univers immense, qui plus est à notre époque où un livre peut être un sacré budget, ou l'IA peut rendre les gens méfiants, ou l'attrait de la lecture se perd au profit de passions technologiques... C'est un tout mais il faut pas perdre espoir. :potichat:
●¸.•*¨Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ¨*•.¸● ●¸.•*¨Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ¨*•.¸● ●¸.•*¨Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ¨*•.¸●
♪ I'm in between the sky and sea
I'm floating in oblivion
I'm in between entrapped and free
I'm floating in oblivion
I'm in the middle of the best and worse of me ♪
●¸.•*¨Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ¨*•.¸● ●¸.•*¨Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ¨*•.¸● ●¸.•*¨Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ¨*•.¸●

Hors ligne Claire Rapha

  • Tabellion
  • Messages: 34
    • site internet
Re : le plafond de verre
« Réponse #2 le: Hier à 12:53:55 »
Bonjour,

Il faut de la chance pour trouver un éditeur. Il faut aussi avoir compris ce que les éditeurs attendent. Ils ne s'adaptent pas aux auteurs, c'est aux auteurs de s'adapter.

On peut regarder ce que les gens disent des livres sur Babelio, ce qui donne une idée de ce que les lecteurs attendent et les éditeurs se calquent sur les attentes des lecteurs.
On peut envoyer son texte à un beta lecteur professionnel, c'est payant, mais le retour peut être intéressant.

J'ai mis en oeuvre ces deux stratégies qui m'ont été utiles.


Hors ligne Basic

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 349
Re : le plafond de verre
« Réponse #3 le: Hier à 16:46:51 »
Bonjour Claire, en passant aussi un "merci à Cissy", on a tous entendu cette phrase "ça ne sert à rien" d'autant plus quand il n'y a pas grand chose en retour que des trucs qui coutent beaucoup plus qu'ils ne rapportent ( et je ne parlent pas que de money)


c'est bien là qu'est le coeur du problème " les éditeurs attendraient (je mets le verbe au conditionnel, Claire) que les textes proposés soient ce "que les lecteurs attendent et les éditeurs se calquent sur les attentes des lecteurs". Pour moi, ça me semblerait dommage de considérer le métier d'éditeur comme étant seulement celui de répondre à une attente mais ne pas proposer du nouveau, de ne pas prendre de risque artistique et éditorial. Pour moi, c'est enterrer les trois quarts de la littérature. On se demande bien ce que le lecteur attend d'ailleurs. C'est un peu le procès fait à un moment donné au système des grosses plateformes , " d’adapter un texte aux goûts des lecteurs dans une logique de marché"

Mais peut-être que ça marche. Est ce que ça t'a servi Claire ?

B

Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Page perso ( sommaire des textes sur le forum) : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=42205.0

Hors ligne Claire Rapha

  • Tabellion
  • Messages: 34
    • site internet
Re : le plafond de verre
« Réponse #4 le: Hier à 21:26:57 »
Bonjour Basic,

Je comprends ta remarque, mais très peu d'éditeurs aujourd'hui prennent des risques artistiques sauf les tout petits. C'est je pense un fait qu'il faut prendre en compte au moins au début ; un auteur qui a commencé à se faire un nom pourra sans doute plus facilement éditer des textes ambitieux qu'un débutant.
C'est ainsi en tout cas que je vois les choses.
J'ai moi même étudié les attentes des éditeurs parce que j'en avais assez des refus. J'ai un peu cassé mon style original pour me conformer un peu plus aux attentes du milieu. C'est un choix que j'ai fait et que certains ne voudront pas faire. J'ai ainsi réussi à publier.

Hors ligne Basic

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 349
Re : le plafond de verre
« Réponse #5 le: Aujourd'hui à 07:49:36 »
Merci Claire,

le Rouergue est une bonne maison.

Encre Vive aussi.

Je cherche à comprendre la mécanique du serpent qui se mord la queue, du moins comment marche son appétit. En clair, ce qui fait qu'un texte gravit les marches de la pile d'attente pour qu'il atteigne le lieu où il sera lu, où il pourra être apprécié véritablement ou non et pas basculé direct dans la poubelle sans qu'il ait été ouvert.

J'ai bien compris ton choix d'avoir modifié ton style d'écriture

Du coup, je me demande si le fait d'avoir des textes chez Encre vive a facilité ton accès au rouergue ?

LA prochaine fois que je vais dans une librairie j'en ressortirais donc avec deux bouquins, un de Claire raphael et un autre d'Olivier Grondeau

B
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Page perso ( sommaire des textes sur le forum) : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=42205.0

Hors ligne Claire Rapha

  • Tabellion
  • Messages: 34
    • site internet
Re : le plafond de verre
« Réponse #6 le: Aujourd'hui à 12:33:46 »
Bonjour Basic,

J'ai signé avec le Rouergue sans qu'ils se soucient de ma publication chez Encres Vives. Ma poésie ne les a pas intéressés. Ils ne m'ont pas publiée pour mon style. Ils ont choisi mon premier livre pour trois raisons : un sujet féministe, une intrigue dynamique, des personnages attachants. C'est à ma connaissance le triptyque gagnant de nos jours.
C'est sans doute ce qu'il faut mettre en valeur dans sa lettre de soumission.

Merci de vouloir me lire, ça me fait plaisir, il paraît que mon quatrième "la jeune fille et le feu" est mon meilleur.

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.027 secondes avec 16 requêtes.