La Forteresse de l’Infini.
Hugo vient d'emménager dans un appartement universitaire, resté seul, il contemple un cadre accroché au mur. Il sourit avec une moue enfantine.
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Claire avait décidé d'amener ses enfants à la plage ce mercredi de septembre. Les touristes disparus, la plage retrouvait le calme doux d'une fin d'été, elle appréciait ces moments où elle retrouvait l'océan de son enfance.
Assise sur une grande serviette, Claire regardait ses enfants courir près de l’eau. Hugo, cinq ans, riait à chaque fois que l’écume venait chatouiller ses pieds nus. Sa sœur Léa, quinze ans, avançait plus lentement, les bras chargés de coquillages et de morceaux de bois flotté comme si c'était aussi précieux que des trésors marins.
— Maman ! cria Hugo. Viens ! On construit le plus grand château du monde !
Claire sourit et rejoignit ses enfants sur le sable humide. Ensemble, ils choisirent un endroit juste assez loin des vagues. Hugo creusait avec une énergie débordante, envoyant du sable partout autour de lui, tandis que Léa sculptait déjà des tours élégantes avec une patience presque artistique.
— Ce ne sera pas un simple château, déclara Léa avec sérieux. Ce sera une forteresse.
— Une forteresse magique ! ajouta Hugo.
Claire leva les yeux vers l’horizon gris-bleu. Elle ne reconnaissait pas sa fille, ou du moins, elle la retrouvait.
— Alors il lui faut un nom.
Hugo réfléchit intensément avant de lever son petit seau comme une coupe royale.
— La Forteresse de l’Infini !
Léa sourit sans se moquer, ce qui devenait rare depuis quelque temps.
Ils travaillèrent pendant des heures. Claire modelait les remparts, Léa dessinait des escaliers secrets avec un coquillage pointu, et Hugo décorait chaque tour avec des algues et des plumes de mouettes trouvées sur la plage.
Le soleil descendait lentement derrière les nuages, couvrant la mer d’une lumière cuivrée. La forteresse grandissait encore, immense et fragile à la fois.
— Tu crois qu’elle restera longtemps ? demanda Hugo en observant les vagues approcher.
Claire passa une main dans ses cheveux humides.
— Non. La mer finira par l’emporter.
Le garçon baissa les yeux, un peu triste.
Mais Léa s’assit près de lui.
— Ça ne veut pas dire qu’elle disparaît vraiment, tu sais.
— Comment ça ?
— Parce qu’on s’en souviendra toujours.
Elle sortit son téléphone et prit une photo de cet instant magique.
La première vague atteignit finalement les murs extérieurs de la forteresse. Une tour s’effondra doucement. Puis une autre.
Pourtant, personne ne bougea.
Ils restèrent tous les trois côte à côte face à la mer de septembre, regardant la Forteresse de l’Infini retourner lentement au rivage dont elle était née.