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10 Juin 2026 à 10:25:39
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L’insomnie

Auteur Sujet: L’insomnie  (Lu 257 fois)

Hors ligne Héllébore

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L’insomnie
« le: 23 Mai 2026 à 13:13:33 »
22 h 00
           La nuit est tombée depuis longtemps, mes yeux sont fermés, la lumière éteinte, les couvertures rabattues. Tout est calme, silencieux. Je profite de la chaleur des draps.
Pourtant, je n’arrive pas à m’endormir. J’ai beau essayer, je ne peux pas tomber dans les méandres du sommeil. Ma conscience refuse fermement de me laisser sombrer dans mes rêves.

23 h 00
          Je finis par mettre de côté l’idée de dormir et laisse divaguer mon cerveau. Il commence à ressasser les événements de la journée : rien qui ne soit digne d’un exploit. C’était le dernier jour avant les vacances de Noël. Un contrôle d’histoire, un film en espagnol et un peu de sport. Mais peu importe la banalité de cette journée, mon cerveau a choisi ce moment pour en trier et en brasser les moindres détails. Mes lèvres s’étirent en un sourire satisfait lorsque je me rappelle avoir trouvé une pièce jaune sur le chemin de l’école. Ma matinée a vite effacé cette petite victoire lorsque je suis arrivée en retard – peut-être à cause de la pièce en fin de compte.

00 h 00
          Après un long moment à ruminer la journée, l’ennui me rattrape. Je décide de trouver une raison à cette absence de sommeil. Je devrais pourtant me réjouir et m’endormir : plus de cours ni de travaux à rendre. Serait-ce à cause du contrôle que j’ai loupé ? Sûrement pas, je n’ai pas pour habitude d’être obnubilé par mes notes. Et cette pièce, qui a bien pu la laisser tomber ? Peut-être que le marchand de sable se refuse à passer en raison de l’excitation que peut procurer Noël ? Non, ce n’est pas ça, l’événement est encore loin et puis, il ne me semble pas l’attendre avec l'enthousiasme d’un enfant qui, des étoiles dans les yeux, espère voir passer un bonhomme barbu par sa fenêtre. Et si c'était ces cinq heures de trajet pour rendre visite à mes grands-parents et toute la famille réunie ? Je ne pense pas. Ou plutôt si, je pense trop, c'est bien ça le problème. Après tout, cette insomnie n’a peut-être pas de raison. Mon cerveau essaierait-il de me jouer un tour ?

1 h 01
          À défaut de dormir, je continue de cogiter, réfléchir, penser, puis rêver éveillée. Tantôt, je m’invente une vie parfaite, tantôt, je crée un nouveau monde plein de magie et de fantaisie loin de ma réalité. J’en viens même à m’imaginer de nouvelles passions. Plongée dans cet endroit si agréable, je me sens plus vivante que jamais. Je ne veux plus trouver un sommeil troublé de cauchemars, mais continuer à penser indéfiniment.

1 h 58
          Le noir autour de moi devient pesant, oppressant et je me rends compte que je suis entourée de ténèbres qui ne veulent que m’engloutir. Je me sens soudain prise au piège dans mes draps trop lourds qui me clouent sur le matelas et me collent à ma peau moite. Une envie violente me prend d’allumer la lumière, mais j’ai l’impression que si je le fais, on va venir me gronder. Je redeviens alors la petite fille de sept ans, faisant des puzzles pour passer les temps calmes de la nuit, une lampe bien peu puissante dans mes petites mains pour seule lumière.

3 h 24
          Trop de temps a passé sans que je ne sorte de mon lit et mes yeux ont mal à force de se concentrer pendant trop longtemps avec si peu de lumière : c’est l’heure d’une petite excursion nocturne. Je rejette mes couvertures et me lève. Le froid du parquet sur mes pieds m’offre une sensation revigorante. Dans le silence macabre de la maison, chacun de mes pas retentit tel un coup de tonnerre dans la nuit, les grincements du parquet sont stridents et les bruissements deviennent des orages. Je commence par aller prendre un verre d’eau, puis me dirige vers les toilettes. En marchant dans ce désert vide de tous, je suis prise d’une sensation désagréable de culpabilité mélangée à de la peur et un frisson secoue tout mon corps. Je me hâte de retourner dans ma chambre et trouve le courage d’allumer la lumière.
Dans le miroir sur la table de chevet, je vois mes cheveux en bataille et mon regard hagard, puis une petite fille apparaît, dans sa chambre, jouant avec ses puzzles de princesses. Je crois qu’elle me regarde. Elle tourne la tête en sursautant lorsque la porte s’ouvre sur son père furieux.
Je préfère éteindre cette satanée lumière et retourner dans mon lit.


4 h 42
   Décidément, le Marchand de sable a dû me mettre sur sa liste noire. Je regarde droit devant moi : le néant. Je ferme les yeux, je change de position plusieurs fois, je me remets à pens …
« Modifié: 07 Juin 2026 à 11:49:58 par Héllébore »

Hors ligne Robert-Henri D

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Re : L’insomnie
« Réponse #1 le: 23 Mai 2026 à 17:41:47 »
Hello Héllébore,

Merci pour ce texte intéressant ( notamment aussi pour ce qu'il a de vrai ! )

Qui n'a pas connu de pareils moments !

Durant ma lecture, je me suis aperçu qu'il comporte quelques éléments perfectibles niveau orthographe, grammaire et autre syntaxe... sans toutefois y attacher trop d'importance. Lesquels, j'en suis sûr, pourront être facilement corrigés lors d’une relecture attentive.

Bonne fin de journée.
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne Héllébore

  • Tabellion
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Re : L’insomnie
« Réponse #2 le: 07 Juin 2026 à 11:55:28 »
Bonjour Robert-Henri,

Merci d’avoir lu, et encore plus d’avoir apprécié !  ;D

Effectivement, en re-regardant, j’ai réussi à corriger les fautes. Merci de l’avoir fait remarquer, un texte mal orthographié est toujours un peu plus désagréable à lire !

Bonne journée.

Hors ligne AlmaVeyre

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Re : L’insomnie
« Réponse #3 le: 07 Juin 2026 à 12:19:36 »
Bonjour Héllébore,

J’ai aimé l’idée de cette insomnie racontée chronologiquement, heure après heure. Le choix des horaires donne une vraie progression au texte : on sent la nuit s’enfoncer, et avec elle les pensées changer de nature.

Au début, il y a encore quelque chose de presque ordinaire : la journée qu’on repasse, les détails qu’on examine, le cerveau qui cherche une raison à l’agitation. Puis, peu à peu, l’insomnie devient autre chose. L’ennui, la rêverie, l’inquiétude, le souvenir, presque l’enfance, se mélangent.

Ce que je trouve très juste, c’est que la nuit ne reste pas la même. Elle change de texture : d’abord presque douce, presque complice, avec ces pensées qui vagabondent et cette vie imaginaire à 1 h 01. Puis elle devient pesante, oppressante, presque hostile. Les émotions suivent ce glissement sans qu’on les voie venir.

L’image qui m’a le plus touchée est celle de la petite fille de sept ans, à 1 h 58, la lampe entre ses petites mains. Ce retour nocturne vers l’enfance dit quelque chose de très vrai sur ce que la nuit fait à certains d’entre nous : elle défait les protections du jour, et on se retrouve plus vulnérable, ramené à quelque chose d’ancien en soi. Comme si l’insomnie ouvrait une porte vers une version de soi qu’on croyait avoir laissée derrière.

Pour une éventuelle piste de retravail, je me demande si certains passages du début ne pourraient pas être un peu resserrés, afin de laisser encore plus de place aux images les plus fortes : la maison silencieuse, le parquet, la lampe, le miroir, la petite fille. C’est là, je trouve, que le texte devient le plus singulier.

Cela dit, la structure fonctionne bien : cette avancée heure après heure donne vraiment la sensation d’une nuit qui se creuse, et d’un esprit qui change de paysage intérieur à mesure que le sommeil ne vient pas.

Amicalement,

Alma
Alma Veyre
Un carnet laissé ouvert

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
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Re : Re : L’insomnie
« Réponse #4 le: 08 Juin 2026 à 01:25:58 »

Effectivement, en re-regardant, j’ai réussi à corriger les fautes. Merci de l’avoir fait remarquer, un texte mal orthographié est toujours un peu plus désagréable à lire !

Bonne journée.

Hello, je n'ai pas ressentit de véritable désagrément. Et puis, on publie ici dans le but de s'entre-aider. Or, le fait est, qu'à force de se relire on ne voit plus rien de nos erreurs. D'où l'intérêt de l'être par d'autres "yeux" que les nôtres.

Amicalement.
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne Jo-Guitar

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Compter les moutons et arriver au nombre 1247
« Réponse #5 le: Hier à 10:52:50 »
J'ai la chance de plonger au fond d'un océan de sommeil comme le ferait le Titanic dans le noir des profondeurs. Par contre c'est un voyage nocturne presque surréaliste dans lequel vous nous invitez. Savez-vous qu'il existe quantité de tutoriels, sur Youtube par exemple, qui permettent de trouver des solutions ? Un mauvais sommeil peut avoir des conséquences désastreuses sur le métabolisme. Ne restez pas dans cet enfer...
Il y a des écrivains et il y a mes écrits vains - Récréatifs - Sans prétentions littéraires -
https://www.youtube.com/watch?v=nEJig3KggcI

 


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