La maison du Fou-Sage, située quelque part dans la montagne, n'est pas à proprement parler une maison : c'est un Habitat.
Le Soleil et la Lune le traversent avec un égal bonheur.
Il n'y a pas de portes, ni de fenêtres, seulement des ouvertures donnant sur des pièces ouvertes sur d'autres pièces (ou sur l'extérieur), mais sans heurter l'impression d'intimité domestique.
Il n'y a pas de murs, seulement des séparations construites en matière légère. Quant au corps de l'Habitat lui-même, il s'agit plutôt d'une enceinte qui, selon l'angle de vision, peut être à la fois vulnérable et imprenable.
Pas d'escaliers, mais différents passages inclinés reliant des galeries ou des terrasses ornées d'une végétation précieuse et ombragère.
Pas de lit, mais un endroit doux au toucher près du Cœur de l'Habitat, un peu surélevé, et destiné au sommeil ou à l'extase.
Pas d'armoires, de meubles ou de bibliothèque, seulement des espaces de rangement informel dans lesquels se devinent tous les moyens traditionnels de l'art culinaire, de l'histoire familiale et de l'écriture manuscrite ou imprimée.
Pas de toit non plus, ni de plafond, bien que toute la zone supérieure soit d'un seul tenant. Pas d'instruments de musique, seulement des sons diffus circulant au gré de l'intensité lumineuse du dehors quand il fait jour, du dedans quand il fait nuit.
Les plantes et les arbres du Parc autour de l'Habitat sont des symboles de paix et de mystère, destinés surtout à la vue et à l'odorat.
Personne, à ma connaissance, ne va et vient dans l'Habitat, bien que de multiples présences soient attestées ici et là par des éclats de voix, des expressions du visage allant de l'indifférence à la plus extrême motivation, ainsi que des gestes parfois désordonnés mais toujours subtils.