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Auteur Sujet: Notre rêve [Défi Tic-Tac 18.04.26]  (Lu 13 fois)

Hors ligne Luna Psylle

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Notre rêve [Défi Tic-Tac 18.04.26]
« le: Hier à 22:11:12 »
Salut !

Les défis Tic-Tac, c'est quoi ? Un sujet aléatoire est donné et on a une heure pour écrire un texte. Hésitez pas à fouiller le sujet éponyme épinglé en haut de section pour plus de détails, ou même poser vos questions ;)
Pour ce Tic-Tac, ça donne quoi ? le sujet est une couverture aléatoire, donnée par moi :)


Je ne sais pas... j'ai compris trop tard ce que j'essayais d'écrire et ça donne une demi-teinte bizarre. Je ne sais pas trop ce que j'en ferai...

En vous souhaitant une bonne soirée et une bonne lecture !



Notre rêve

Essoufflée, je ne vis pas le caillou. Je m’étalai de tout mon long, la douleur vive, dans mon pied, sur mon genou, mes coudes et mon front. Je me retournai sur le dos, crachai à côté la poussière collée sur mes lèvres. Une nuée d’oiseaux traversa le ciel clair au-dessus. Certains percèrent les nuages bas. Ils étaient beaux, leurs plumage noir, ponctué de taches colorées.
— Ange !
Eden revint vers moi en courant et me tendit sa main, m’aida à me relever. Ses grands yeux noirs, jusqu’à la sclère, m’auscultèrent et il vérifia chacune de mes articulations, jusqu’au sommet de mon crâne.
— Même dans notre rêve, une chute reste douloureuse, ris-je.
Eden ne répondit pas tout de suite. Il serrait les dents, comme s’il s’attendait à voir une blessure différente, synonyme d’autre chose. Je n’aimais pas trop cette attention qui le renvoyait à sa vie, son quotidien. J’attrapai son visage entre mes mains :
— Je vais bien. Nous sommes dans notre rêve. Rien ne peut nous y atteindre.
Il acquiesça et m’aida à marcher. On reprit l’ascension, notre curiosité un peu plus grand chaque nuit, quand nous rêvions de cette prairie, un bassin de paix, entourée par les montagnes.
À un moment, j’oubliai ma douleur, captivée par un papillon que je pourchassai entre les herbes qui me montaient aux genoux. Eden m’y suivit, joueur lui aussi. Plus agile que moi, il attrapa le papillon, le coinça dans ses paumes, avant de le relâcher à bout de bras. L’insecte s’enfuit vers les nuages et je remerciai Eden pour cet instant.
Eden et moi ne nous ressemblions pas. Nous ne venions pas du même univers. J’ignorai si, chez lui, l’herbe était aussi verte qu’ici, si les fleurs des champs ressemblaient à celles que je connaissais. Nous nous retrouvions juste, à la croisée des mondes, dans ce rêve, un peu le sien, un peu le mien. Nous connaissions tout de l’autre, nous racontions nos histoires sans filtre.
Deux orphelins, réunis par un même rêve.
Il me guida le long de cette ascension sur l’une des montagnes qui cernaient notre berceau. Eden était le plus fort et le plus téméraire de nous deux. Je ne l’égalai pas et ne cherchai pas à réduire cette distance. J’admirai son courage et son dévouement tout en me demandant si, à ma manière, je l’inspirai aussi.

*

— Eden, attends !
Il se figea, prêt à franchir la frontière de la montagne. Nous n’étions plus les enfants d’avant, nous ne nous confiions plus à l’autre, nous nous éloignions un peu plus, chaque nuit, chaque rêve passé. L’innocence semblait perdue cette nuit. Il ne me regarda même pas, resta juste là, à attendre.
— Pourquoi veux-tu partir ? demandai-je, incertaine de la manière de le ramener.
— Ils m’ont trahi. Ils m’ont tous trahi.
Sa voix ne tremblait pas. Il bouillonnait d’une colère telle que je compris. Je baissai les yeux vers ce chemin que nous avions appris à fouler ensemble.
— Je ne te trahirai jamais.
Les mots sortirent de ma poitrine avec une sincérité que je n’offrais à personne d’autre que lui. Parce qu’il était Eden, mon premier ami, ma première motivation à avancer, mon premier soutien aussi, ma première épaule pour pleurer, mon premier complice. Il grimaça :
— Tu verras : un jour, tu…
— Je ne te trahirai jamais. Peu importent les cailloux que l’on mettra sur ma route, peu importe les tempêtes et les batailles que je devrai mener contre toi, je ne te trahirai jamais.
Je relevai les yeux, déterminée. Cette bataille, je la mènerais de front, sans faiblir, pour retrouver un jour sa confiance, même si je savais ne jamais l’avoir trahie. D’autres l’avaient fait et aujourd’hui elle était brisée, je n’y pouvais rien.
— Ne sois pas naïve.
— Je ne le suis pas. Ni toi ni moi ne le sommes. Mais tu dois bien reconnaître que cette attitude ne te ressemble pas non plus. Si un jour, tu veux revenir, alors je serai là, dans la prairie de notre rencontre.
Cette fois, je le laissai partir. Je regardai sa silhouette disparaître dans la brume qui encerclait l’île qui était notre rêve à tous les deux.
If the day comes that we are reborn once again,
It'd be nice to play with you, so I'll wait for you 'til then.

 


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