Bonjour à toutes et tous
Voici une toute dernière histoire
Merci de vos commentaires à venir
Amicalement
Michel

Fiche technique: Genre:Tout public
Titre: Ici ou là
Mots: 470
— Bonjour Monsieur !
— Bonjour !
— Puis-je vous solliciter ?
— Puissiez, je vous en prie.
— Je cherche la pharmacie Lamouche ?
— Cherchez-pas plus loin, c'est ici.
— ICI ! Vous êtes sûr ?
— Certain, c'est moi l’officier qui officie dans l’officine
— Tiens c'est curieux. Je viens de la colline Saint Nicaise où là-haut on m’a assuré que l’enseigne était bien ce bâtiment posé là-bas à côté de la mairie.
— Oui et alors?
— Comment ça « ET ALORS » ! Réfléchissez un peu. Si, d’après vos dires, la boutique se trouve ici, pourquoi de là-haut on l'apercevrait là-bas. Il doit-y avoir une erreur, ne pensez-vous pas ?
— Vous êtes un perturbé chronique, vous !
— Non, je veux seulement savoir où je suis tombé, il y a tellement de gens paumés de nos jours. Mais peut-être n'êtes vous pas d'ici ?
— Exact, le pas-de-porte est un bail locatif, je loge avec ma compagne dans un petit pavillon situé là-bas près du pont.
— Ah ! Vous admettez donc que là-bas n'est pas ici. Je me doutais bien que vos réponses de jean-foutre cachaient quelque chose.
— Vous êtes un grand malade et vous commencez à me les briser menu avec vos questions à la con. Est-ce-que je vous demande si votre grand-mère fait du vélo sur la colline moi, Non ? Alors !
— Vos avez tort de le prendre comme ça, Mamie est encore très active pour son age. Il y a peu elle s'est sauvée de son EPHAD, en ©Nuknuuk sur un tricycle d'occasion, pour folâtrer à hue et à dia, tout là-bas après le bois du Fouillard.
— Effectivement ce n'est pas ici. Bon! Trêve de discutions. Donnez- moi votre ordonnance.
— Je n’en ai pas !
— Ah ! Pourquoi cherchez-vous la pharmacie, alors ?
— C'est simple. A en croire un ami, si je fais dix pas à gauche, en me tenant le dos à la devanture, je dois apercevoir, entre deux maisons, l'endroit où j'étais avant de descendre ici. C'est important d'avoir du recul pour aller de l'avant, vous ne pensez-pas ?
— Vous n'avez jamais envie de pleurer, vous ? Parce que moi, je sens que ça monte. Pourquoi n'iriez-vous pas voir ailleurs si j'y suis ?
— Ailleurs, là où l'on aimerait être et où l'on ne sera jamais ? Ailleurs me fuit mon brave monsieur et si mon esprit, quelque fois, y gambade il ne m'en rapporte aucun souvenir. Cet endroit n'existe pas, plus sûr est d'aller dans l'au-delà, personne n'en revient. Vous voulez vous débarrasser de moi, c'est ça ?
— Ah! Ne prenez pas cet air triste. Tenez pour me faire pardonner, je pars avec vous, quitte à me retrouver à Tataouine ou à Pétaouchnok.
— Si loin que ça?
— Oui assurément, ça me changera d'air, ici j'étouffe.