Les galipettes du langage
J’adore, au bout de la route, la dame en noir à l’intérieur de son cœur.
Mon jet de locomotive obscurcit le creux de ses reins.
Je baigne dans le feu de son giron, au son des trompettes.
La dame en noir, de son fleuve infini, me bénit.
Elle me fait voltiger sur le ventre,
et me ballotte à l’arrière de son train exalté,
tandis qu’un bruissement de feuilles éblouit le bosquet.
Tout ceci est charmant.
J’oublie la mouche écrasée au fond de ma colère.
Je ris d’embrasser les effusions de larmes de la dame en noir.
Ses gencives crachent des fleurs avec une sympathie spirituelle.
Ses ongles s’agitent sur mes veines bleues comme un nid de frelons.
Dans le décor rutilant d’un soir d’été, la dame s’évanouit.
Accroupie, elle songe au pot au feu brûlant de mon âme.
Elle succombe à l’encens éternel dans le fond des tirelires,
et pénètre le désert de mon angoisse,
tandis que je la couronne d’un silence inouï,
tandis que je l’illusionne avec mes yeux d’orphelin,
tandis que je la porte vers un temps retrouvé.
Ah ! dame en noir, puissiez-vous adorer au profond de mes nuits,
un passage d’étoile.
Dame en noir, abreuvez-moi de votre patience avant la cérémonie !
Dame en noir, cueillez dans un dés coudre, la force pour me remplir de joie !
Dame en noir, guinchez ! crapotez ! sifflez ! espionnez mes mouvements
de paupières sur votre prairie triomphante !
Je vous hurle un pépiement de chardonneret.
Je vous entoure de pierreries ineffables.
Votre robe d’organdi couvre mon cœur d’artichaud
de pétarades joyeuses.
Alors,
la tranche de mon épée tremble comme un lance flamme,
et dégage la population.
Mais aussi dans un rut au bord de la chute,
je perds mon duvet de poussin !