Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

06 novembre 2026 à 09:13:50
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » iVANOV

Auteur Sujet: iVANOV  (Lu 1026 fois)

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
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iVANOV
« le: 02 janvier 2026 à 17:34:40 »
– Ivanov

Voilà maintenant six mois qu’ils tournaient autour de cette putain de planète. Au début, Sam avait cru à une ivresse durable. Mais au cent quatre-vingt-troisième jour, l’émerveillement s’était émoussé. Le bleu des océans revêtait une teinte artificielle, électrique, qui lui rappelait les dessins animés de son enfance. Quant aux montagnes, elles semblaient des pièces de plastique mal réparties sur un plateau de jeu. La Terre avait cessé d’être un monde ; elle était devenue un objet ludique.
Alors Sam jouait. Il reconstruisait la planète, déplaçait les continents, redessinait les forêts, corrigeant les erreurs de Dieu. Là-haut, dans la station, il n’était plus qu’un témoin passif, condamné à l’apesanteur et à la répétition de gestes dont l’utilité ne lui paraissait plus évidente.
De temps à autre, une impression de toute-puissance le traversait. Cette illusion le grisait. Elle compensait le vide, le silence, l’absence de gravité morale autant que physique, faisant écho à ses sorties extravéhiculaires, quand, suspendu dans la nuit cosmique, il éprouvait cette sensation paradoxale d’être à la fois infiniment vulnérable et extraordinairement libre, sans poids ni racine.
Pour faire bonne mesure, il y avait Ivanov, le Russe.
Ivanov faisait partie du décor. Une contrainte diplomatique, au départ, une présence avec laquelle il lui avait fallu composer. Au fil des mois, leurs querelles quotidiennes avaient fini par devenir un repère. Une routine rassurante. Se disputer, rire, recommencer : tant que ce rituel tenait, le monde semblait garder un sens.
Puis il y eut les nouvelles d’en bas. La tension entre les États-Unis et la Corée du Nord avait augmenté dans des proportions inhabituelles. « Rocket Man » avait menacé pour la troisième fois d’envoyer des missiles à tête nucléaire sur le continent américain, ce qui avait suscité une mise en garde solennelle de la part du président de la première puissance mondiale. Deux porte-avions croisaient dans le Pacifique Nord. De la station, avec une bonne paire de jumelles, on pouvait les apercevoir, laissant derrière eux un majestueux sillage blanc, comme la signature évanescente mais bien réelle de la menace américaine.
Sam avait d’abord accueilli ces informations avec un détachement cynique. Les invectives, les discours martiaux, les porte-avions… Tout cela appartenait à la Terre, pas à lui. Là-haut, les conflits semblaient abstraits, comme observés à travers une vitre trop épaisse pour laisser passer la peur.
— Allô Houston… ici la station… allô Houston…
Le grésillement qu’il entendit ne résultait pas seulement d’un problème technique. Sam le sentit immédiatement. Ce bruit avait quelque chose d’anormal, de définitif. Un vide sonore qui ne s’inscrivait dans aucun protocole. Il tenta une explication : perturbation solaire, incident passager, quelque chose de rationnel qui recueillerait l’approbation d’Ivanov. La réaction de ce dernier se fit attendre. Quand la lumière apparut, il eut sa réponse, une clarté brutale et obscène qui se déploya en anneaux concentriques sur la région de Los Angeles. Quelque chose se fendit en lui. Ce ne fut pas d’abord la peur, mais un élan de colère mêlée d’incrédulité. Son esprit chercha désespérément une autre hypothèse, n’importe laquelle. Un phénomène atmosphérique, une illusion d’optique, une erreur d’interprétation, n’importe quoi de sensé qui ne soit pas ce que sa raison lui dictait. Mais ses compétences scientifiques ne laissaient place à aucune alternative. Il savait. Il savait…
Quand Ivanov prononça les mots explosion atomique, Sam n’eut pas la force de protester vraiment. Les jurons qui lui échappèrent résonnèrent mécaniquement.
Ce qui le terrifia le plus ne fut pas la vision de New York frappée à son tour, ni même l’enchaînement de la riposte américaine sur la Russie en déflagrations multiples. Ce fut la distance émotionnelle avec laquelle il observait la fin du monde. Quelque chose en lui s’était débranché.
Il se surprit à penser qu’il était en sécurité, ce qui le révulsa. Comment pouvait-il se laisser submerger par une telle réassurance alors que, sous eux, les populations périssaient par millions ? Ils étaient les témoins ultimes de l’extinction de l’homme, et lui ne pensait qu’à sa sécurité. Là-haut, hors d’atteinte, condamné à voir sans pouvoir agir. La station poursuivait sa rotation implacable, indifférente à l’hécatombe effrayante qui se déroulait sous elle.

Lorsque, au passage suivant, les paysages familiers se présentèrent noyés dans un brouillard brunâtre, Sam sentit enfin la peur l’atteindre : non pas celle de mourir, mais celle de survivre.
Survivre à quoi, au juste, si Houston ne répondait plus ?
Sam regardait la côte Est de l’Amérique s’éloigner inexorablement. Le grand drap bleu de l’océan Atlantique prenait déjà une coloration jaunâtre, l’atmosphère s’imprégnant des retombées poussiéreuses des explosions. Une immense lassitude le gagnait, succédant à la colère de la première heure.
Il avait bien accompli quelques gestes automatiques, exécuté des contrôles exigés par le protocole de bord, mais une question lancinante revenait à chaque fois : à quoi bon ?
Les deux hommes étaient restés silencieux, sidérés par le spectacle du désastre au-dessous d’eux. À l’exception de quelques interjections spontanées, aucun mot n’avait franchi leurs lèvres depuis la précédente révolution. Étrangement, ce silence convenait à Sam, qui craignait que, par ses mots maladroits et son accent grossier, le Russe ne confère à l’événement une trivialité incongrue. Puis il prit conscience de sa sottise. Au contraire, songea-t-il, il fallait parler, ne pas laisser s’infiltrer dans leur univers métallique le silence de mort qui devait régner sur la planète. Seule la parole humaine viendrait déchirer le voile de stupeur qui les enveloppait.
Jusqu’alors, moins encore que leurs voix, leurs regards s’étaient croisés. Les yeux d’Ivanov étaient rivés sur les écrans et ses bras effectuaient des mouvements précis, qu’on eût dits robotiques. Il commandait les grandes fonctions de l’habitat spatial. Ainsi avait-il déclenché les propulseurs pour regagner l’orbite de rotation. Décidément, Ivanov gardait son sang-froid et ne cessait d’exécuter des actes salvateurs.
Sam ouvrit la bouche, mais aucun mot ne vint. Aucune pensée non plus ne combla son esprit. Un sentiment, peut-être — ou plutôt un chagrin — se déversa en lui comme l’eau d’un barrage qui se rompt. Les visages de ses proches, leurs voix, l’assaillaient avec la violence d’amputations majeures. Sam sentit le flot des larmes monter et, dans la microgravité de la cabine, son grand corps flottait, secoué de sanglots inextinguibles.
Ivanov quitta alors son siège et, tel un nageur venant secourir un noyé, en quelques brasses se rapprocha de Sam, le saisit à bras-le-corps pour l’immobiliser. Comme s’il en avait déjà l’expérience, il le plaqua contre la paroi et, avec précision, fixa les velcros stabilisateurs à sa combinaison. La promptitude de la manœuvre surprit Sam, qui cessa de pleurer.
— Désolé… je suis désolé. Ce n’est pas très professionnel, marmonna-t-il.
— Non, mais c’est humain.
Ce Russe avait donc un cœur.
— Mais comment tu fais ? Ils sont tous morts ! s’écria Sam.
— Peut-être, mais nous vivants ! rétorqua Ivanov, avec un sens aigu des réalités.
— Tu parles… pour combien de temps ?
— Tout le monde mourir un jour.
Le constat ne souffrait guère de réplique, mais témoignait d’un pragmatisme à toute épreuve qui redonna un soupçon de courage à Sam. C’était vrai, après tout : ils étaient vivants, peut-être même les derniers représentants d’une humanité en train de disparaître. Cette situation n’était pas sans générer des responsabilités.
L’idée d’une urgence vitale jaillit dans l’esprit de Sam : si l’humanité connaissait l’anéantissement, là, dans une boîte de métal à 400 km d’altitude, il y avait deux hommes intacts, porteurs de toute la mémoire du monde.
— Allô Houston… ici la station… allô Houston…
Le grésillement demeurait égal à lui-même.
— Nous appeler Baïkonour, décida Ivanov.
— Si Houston ne répond pas, je ne donne pas cher de Baïkonour, observa Sam, fataliste. Tu n’as pas vu l’état de la Russie quand on est passés au-dessus tout à l’heure.
— Baïkonour pas en Russie !
— Quoi ?
— Baïkonour, Kazakhstan !
L’idée d’une région préservée de l’holocauste rassura un instant Sam. Le Kazakhstan, au sud de la Russie, avait peut-être échappé au bombardement.
— Kazakhstan partenaire économique des États-Unis. Avec terres rares, il y a accords…
Ce disant, Ivanov, qui maniait le kazakh mieux que l’anglais, appela Baïkonour, réitérant quatre fois l’appel dans un énervement qui en disait long sur l’état des relations qu’il devait entretenir avec ses collègues de la base. Sam éprouva un profond soulagement à l’écoute de cette conversation : que de la Terre puisse encore émaner une voix humaine s’avérait d’un réconfort extrême.
— Que disent-ils ?
— Eux pas pouvoir guider nous pour rentrer dans atmosphère, mais possible atterrir sur terrain chez eux… eux avec module Soyouz.
Sam avait bien pensé à la solution Soyouz, mais l’avait d’emblée abandonnée, n’imaginant pas retrouver le sol terrestre. Mais voici que les propos d’Ivanov lui redonnaient un petit espoir de retour au bercail. Le ton déterminé de son compagnon dissipa toute hésitation. Ils prendraient place dans le module dès leur prochain passage au-dessus de la Russie, ou plus exactement de ce qu’il en restait. Sam s’en remettait totalement aux compétences d’Ivanov.
— On va redescendre ? questionna Sam.
Ivanov ne répondit pas immédiatement. Il fixait l’écran où la Terre défilait, désormais striée de cicatrices lumineuses. Puis il corrigea :
— Pas redescendre. Chuter.
La rectification terminologique d’Ivanov inquiéta Sam ; ainsi, ils allaient tomber vers une planète devenue hostile comme de vulgaires cailloux.
Les préparatifs se déroulèrent dans un silence religieux. Sam se surprit à parler tout seul, à voix basse, comme lorsque, enfant, il visitait une église. La station dans laquelle ils avaient séjourné durant six mois allait rester vide avec ses odeurs fortes encore durant de longs jours avant de brûler dans l’atmosphère et se désintégrer. Ce sacrifice méritait bien un petit hommage ; aussi, lorsqu’Ivanov actionna les boulons pyrotechniques et que la capsule se détacha, Sam, à son grand étonnement, eut un véritable serrement de cœur en voyant l’énorme masse métallique s’éloigner. Ivanov avait les yeux rivés au périscope de bord, recherchant l’angle de pénétration idéale pour aborder les premières couches atmosphériques. Sans aucun radioguidage, la descente était entièrement manuelle. Une erreur d’un degré et c’était la catastrophe : la capsule rebondirait pour filer vers l’infini.
Après trois minutes, les premières vibrations parcoururent la structure métallique de l’engin qui semblait se cabrer dans la souffrance de l’échauffement. Bien qu’il s’y attendît, Sam sursauta de tout son corps. Il avait déjà connu cette épreuve, mais elle s’inscrivait cette fois dans un contexte de désolation et, à l’arrivée, s’ils arrivaient, il n’aurait personne pour le réconforter.
— Si on s’en sort… laissa échapper Sam d’une voix à peine audible.
— On racontera, fit Ivanov.
— À qui ?
La chaleur monta brutalement. Les écrans clignotèrent. Le bleu du ciel se mua en un orange violent. Sam sentit son corps redevenir lourd, douloureusement ancré dans la matière. La capsule plongeait vers la steppe kazakhe. Quelque part, en bas, à défaut d’humain, la Terre les attendait.
Puis quelque chose changea, sans raison, soudainement. La vibration cessa. Leur corps, qui venait d’être réinvesti du poids insupportable des origines, retrouvait sa légèreté, non pas celle nauséeuse de l’apesanteur, mais une légèreté angélique, celle de l’enfant dans le sein maternel. Ni haut, ni bas, l’orientation n’avait plus de sens. Sam eut la conviction que la capsule ne tombait plus. Avec la chaleur, l’intense douleur avait disparu. Mieux encore, une sensation de confort comme il n’en avait jamais connu enrobait tout son être, agrémentée d’une délicieuse odeur de cuisine qui tenait de la soupe fraîche ou d’une fricassée de légumes mitonnés par une maman. Le vrombissement affolant des structures avait laissé place à un bruissement qui rappelait à Sam sa dernière promenade dans la forêt automnale avec sa fiancée avant le décollage.
Ce brusque changement n’avait suscité aucun étonnement chez les deux hommes, plongés d’un coup dans cette extase sensorielle. Ils étaient là, vivants, heureux, débarrassés des visions de mort qui leur avaient été imposées quelques minutes plus tôt, et même de leurs souvenirs.
— Alors c’est ça, la mort ? crut prononcer Sam. Mais aucun son n’était sorti de sa bouche. Ivanov le regarda avec intensité.
— Nous ne sommes pas morts. Nous avons été avalés.
Ses lèvres n’avaient pas remué, mais la réponse était parvenue, ciselée, à l’esprit de Sam dans un anglais parfait. Pour la première fois depuis des mois, Ivanov ne s’était pas exprimé avec sa maladresse coutumière.
Quelque chose d’immense et de silencieux enveloppait le Soyouz. Sam eut l’image d’une graine absorbée par un géant. Il pensa une dernière fois à Houston, aux voix et aux visages disparus, aux villes vitrifiées. Puis cette pensée s’effaça doucement, comme s’effaçait l’image de la Terre sur l’écran de contrôle. Ils allaient ailleurs, vers un autre monde sans histoire, sans histoire humaine. Ils n’étaient plus des survivants, mais les archives vivantes d’une humanité à l’agonie.

cent fois sur le métier...

Hors ligne Basic

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Re : iVANOV
« Réponse #1 le: 02 janvier 2026 à 18:43:47 »
Hellian écrit de la SF;

Purée ! et c'est bien.

trois remarques dont deux qui s'annulent l'une l'autre.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Porte-toi bien.

B
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Page perso ( sommaire des textes sur le forum) : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=42205.0

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : iVANOV
« Réponse #2 le: 02 janvier 2026 à 19:21:33 »
Coucou, camarade Basic,

Ravi de ta visite, cher ami. Tu vois, on va bien finir par les revêtir, un jour, nos costumes jaunes…
cent fois sur le métier...

Hors ligne Basic

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 439
Re : iVANOV
« Réponse #3 le: 03 janvier 2026 à 07:46:48 »
Oui. Mais tu sais bien que c'est moi qui conduirai la cadillac, toi, tu souriras aux badauds en agitant la main.

B
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Page perso ( sommaire des textes sur le forum) : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=42205.0

Hors ligne Delnatja

  • Grand Encrier Cosmique
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  • Ailleurs et au-delà
Re : iVANOV
« Réponse #4 le: 03 janvier 2026 à 09:36:27 »
Bonjour HELLIAN, j'ai bien aimé ton texte, sauf que...
Je pense qu'il est impensable qu'ils ne soient que deux pour faire fonctionner la station.
On a l'impression que Sam s'emmerde sec, alors que le but est de travailler à des expériences ou autres.
S'il n'avait pas envie de la mission, il aurait pu la refuser, il y aurait eu suffisamment de candidats pour le remplacer.
L'expression "putain de planète" me semble complètement erronée, aucun astronaute ne dirait ça et pourquoi la planète le dégoute à ce point ?
Voilà, c'est juste mon point de vue.
Belle journée.

Michèle

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : iVANOV
« Réponse #5 le: 03 janvier 2026 à 13:02:21 »
Basic

D'accord, mais à condition que tu portes une casquette et moi un chapeau à plume !



Delnatja


Merci de ton passage.

Certes, mais il fallait pour la tension dramatique de la narration, sacrifiée un peu de la vraisemblance scientifique. Multiplier les personnages n'eut été guère compatible avec le rythme d'une nouvelle, à tout le moins publiable dans cette rubrique « textes courts ». Quant à l'expression « putain de planète ! », elle est la d'emblée pour poser une ambiance psychologique d'un instant, celle de la lassitude du mec qui tourne depuis six mois autour du globe et dont le train-train va être perturbé par ce qui va suivre. Voilà, voilà c'est ce que l'on appelle la convention narrative. Sinon, tu auras remarqué, par ailleurs je l'espère, une certaine exigence scientifique… enfin, façon de parler… ou décrire.

la bise,

Pierre.
cent fois sur le métier...

Hors ligne Murex

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Re : iVANOV
« Réponse #6 le: 04 janvier 2026 à 10:14:18 »

   Bonjour Hellian,  voilà comme d'habitude un texte d'une grande qualité. Un texte qui développe une idée, une situation tout à fait intéressante.
  Je suis moins convaincu cependant par la fin, si j'ai bien pigé, ils sont tous les deux morts et les détails des sensations éprouvées par ce passage de vie à trépas, je ne sais pourquoi, ne me convainquent  pas vraiment. Par ailleurs, il est dit dans la dernière phrase qu'ils n’étaient plus des survivants, mais les archives vivantes d’une humanité à l’agonie. "archive" ne me semble pas le mot exact, car ce terme suggère une masse, une compilation de donnés qui à l'évidence ne pouvait se trouver dans cette capsule de secours. Le terme de "témoignage" me semblerait plus juste.
  En voilà, penseras-tu, bien des pinaillages...
 
   Bien à toi.

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 097
Re : iVANOV
« Réponse #7 le: 04 janvier 2026 à 10:41:30 »
Merci pour le partage de ton récit, c'est un texte bien écrit et plaisant a lire.

Tu nous racontes de la fin du monde, du monde des hommes. Je trouve la fin assez surprenant, et nous laissant dans l'interrogation sur cet évènement. Pourquoi se produit il,  et le russe ne semble pas étonné, comme si qu'il savait. Etrange, étrange
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 262
Re : iVANOV
« Réponse #8 le: 04 janvier 2026 à 12:16:21 »
Murex et Cendres,

J'ai toujours plaisir à vous lire et apprendre connaissance de vos commentaires. Aux aurais-je dire que j'en suis flatté ? Je tiens pour un compliment les interrogations ou des accords suscités par les choix de l'auteur que j'essaie d'être. Un récit qui ne fait pas naître un questionnement me paraîtrait stérile.

Murex, tu interprètes cette fin comme s'il s'agissait d'une mort… je conçois cette lecture, mais je n'en suis pas moi-même convaincu. Ne serait-ce pas plutôt une sorte d'Assomption ? Quant à toi, Cendres, l'étrangeté que tu discernes ne pouvais mieux me convenir.
cent fois sur le métier...

 


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