Je n’en veux pas de ce nounours, il sent pas bon, il sent le neuf. L’ancien, il avait mon odeur, l’odeur de mes mains, de ma salive. Ils l’ont foutu à la poubelle parce qu’il avait des trous, que de la paille sortait un peu de ses narines et de son derrière. Qu’est-ce que ça pouvait leur foutre, c’était mon nounours. Que de fois on a pleuré ensemble sur l’oreiller ! Que de fois on a joué dans le jardin, je ne sais plus à quoi, à plein de jeux. Il était d’accord avec moi, toujours. Pas comme ma petite soeur qui est chiante. Toujours content, un bon nounours.
L’autre, il sent le plastique de l’emballage. Il est beau, ça oui, impec, le poil brillant, les oreilles propres, mais j’en veux pas, il est neuf et il est mort.
« Tu sais, mon chéri ,ton nounours, il était vraiment trop déchiré, il craquait de partout, mais dans quelques jours pour Noël, tu en auras un tout beau, un magnifique. »
Les monstres ! Je leur avais tourné le dos, sans rien dire et à table j’avais rien bouffé.
« Tu es malade, tu as mal au ventre, tu as de la fièvre ? » se sont-ils inquiétés.
Non, vraiment, vraiment, Ils sont trop nuls pour comprendre.