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Auteur Sujet: [Défi] La Cowgirl  (Lu 1846 fois)

Hors ligne Ambrena

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[Défi] La Cowgirl
« le: 05 octobre 2011 à 17:57:51 »
Réponse au défi de Milora « Je te défie d'écrire un western ». Désolée Rain ! J'avais aussi une image-prompt, qui est ci-dessous :





La Cowgirl

L’étranger n’avait rien des hommes qui louaient une chambre au saloon, d’ordinaire. Sous le chapeau, une cascade de cheveux bruns masquaient les traits d’un visage que Agena devinait juvénile. Une veste de mauvaise qualité, une chemise étrangement coupée qui lui laissaient les bras nus et un jean sombre, orné d’intriguantes spirales, complétaient le tout.

Ce ne fut que lorsque l’inconnu retira son chapeau et rejeta ses cheveux en arrière d’un geste brusque qu’elle comprit qu’elle s’était trompée sur toute la ligne. En fait, ce n’était même pas un homme.

« J’voudrais une chambre, siouplaît », demanda la voix rauque. Agena se surprit à la trouver incroyablement séduisante. Puis elle se reprit. On ne pouvait pas penser de telles choses. Pas à propos d’une autre femme.

Agena avait perdu son mari il y avait deux hivers de cela. Depuis, elle tenait seule le saloon. Quelquefois, elle avait une aventure avec un cowboy de passage. Rarement. Il ne fallait pas que cela devienne trop courant, sans quoi, elle aurait une réputation de traînée.

Et à Abylène, aucune fille ne voulait passer pour une traînée. Sauf celles dont c’était le métier.

Une partie du village était réservée aux honnêtes gens. C’était celle où se tenait le saloon dont Agena était la propriétaire, le barbier, le tailleur et d’autres commerces innocents. De l’autre côté, c’était les maisons de passe, les salles de jeu et les dealeurs d’énergie. Mais si la moralité de la bairmaid devenait douteuse, alors, on rangerait son établissement dans la catégorie des établissements louches, et ce n’était pas ce qu’elle voulait. Loin de là.

« J’ai b’soin d’un nom pour l’registre, m’dame, expliqua-t-elle poliment à sa cliente.
-Mag, répondit spontanément cette dernière, avant de se reprendre. Margaret, rectifia-t-elle avec plus de pondération. Margaret Brown.
-C’est noté. »

En réponse, Mag lui fit un grand sourire. S’il n’était pas venu d’une fille, Agena l’aurait sans aucun doute qualifié d’enjôleur. Mais une femme ne pouvait pas tenter de séduire une autre femme. C’était impossible, évidemment. Même une personne aussi jolie que Margaret.

Elle secoua la tête pour chasser ces pensées ridicules et demanda à sa cliente si elle avait besoin d’autre chose.

« J’vais aussi prendre un verre de whisky, ouais, acquiesça cette dernière.
-Bien, répondit-elle. Veuillez vous installer.
-Okay », fit-elle avec nonchalance, avant de s’assoir à une table. Lorsque Agena vint lui apporter sa consommation, elle avait allumé une cigarette et soufflait de longs nuages de fumée.

« Ce sera tout ? s’enquit la gérante de l’établissement.
-Ben, j’aurais bien grignoté un bout, expliqua la jeune femme, mais je veux pas bouffer tous mes sous trop vite. »

Agena ne dit rien. Margaret semblait plus prudente que la majeure partie des hommes qui faisaient escale en ville. Ils flambaient leur argent en quelques jours, en le dépensant en nourriture, évidemment, mais aussi au jeu ou chez des prostituées. Ils étaient tous outrageusement dépensiers. Malgré son allure masculine, Mag ne semblait pas partager ce défaut. En dépit des pertes pécuniaires que cette attitude signifiait pour elle, la barmaid se mit à bien l’aimer. Elle aussi, elle devait faire attention à ses dépenses, surtout en saison creuse.

Même si cette période de l’année venait tout juste de s’achever. La grande transhumance avait atteint son but, et des cowboys afflueraient sans cesse au saloon pour boire un verre, manger un morceau ou prendre une chambre. Ce serait le temps des soirées animées, des beuveries effrénées et des bagarres.

Et aussi des retrouvailles avec les habitués.


*


Cela faisait maintenant plusieurs années que Deneb et Joe venaient à Abylène lors de la période de vide de l’année. Agena les aimait bien. Ils avaient toujours des anecdotes à raconter, et ils la faisaient rire.

Normalement, elle aurait dû être mécontentée par leur venue, car ils ne prenaient qu’une chambre pour deux. Mais les entrées d’argent étaient si régulières à ce moment de l’année qu’elle ne se plaignait pas trop. Et puis, ils payaient toujours. Rien à voir avec ces pionniers qui faisaient de temps en temps escale en ville, attirés par la fièvre de l’or, mais qui n’avaient jamais un sou en poche. Le salaire des cowboys était dérisoire, certes, mais au moins, ils en avaient un.

Deneb et Joe étaient d’anciens esclaves, qui étaient devenus cowboys juste après avoir été affranchis. C’était désormais des clients fidèles, et Agena attendait leur venue avec impatience. Lorsqu’ils apparurent enfin, un ou deux jours après l’arrivée de Mag, elle les accueillit avec chaleur.

Cette fois encore, ils lui racontèrent les aventures qu’ils avaient vécues pendant leur périple : deux attaques de loups dont ils s’étaient sortis avec brio, un incendie de plaine qu’ils avaient dû contourner, et surtout la traversée d’une rivière qui leur avait fait perdre six bêtes.

« Bref, la routine, quoi », conclut Deneb en riant.

Elle acquiesça, songeuse. Vraiment, elle ne regrettait pas sa vie de barmaid.

« Bon, j’vais pisser, annonça fort élégamment Joe. Et peut-être même chier, aussi. »

Elle se moqua de son tact et lui demanda d’aller un peu plus loin que juste derrière le saloon, s’il faisait ça, ce serait gentil, merci. Ensuite, elle poursuivit la conversation avec Deneb.

« Et tu n’as jamais pensé à abandonner tout ça ? demanda-t-elle avec un geste vague de la main. Les orages, les loups, les sécheresses… Tu n’as jamais pensé à te poser dans un p’tit village comme Abylène ?
-Ce trou paumé ? plaisanta-t-il. Tu rigoles, Jenna ? »

Agena prit alors des mines de conspiratrice.

« On raconte que le chemin de fer va être prolongé jusqu’ici.
-Où ça ? l’interrogea-t-il. Abylène ? »

Elle hocha la tête et poursuivit, à voix basse :

« C’est encore un coup des Soufflards, ça, évidemment. Moi, j’dis que tout ça, c’est pas naturel. »

Le doigt de la main droite levé, elle fit le signe de soleil, pour conjurer le mauvais sort. Les Soufflards, ou plutôt les ingénieurs du Souffle, manipulaient l’énergie vitale animale et humaine pour l’insuffler à des machines. Agena était très croyante, et elle était d’accord avec le père Rigel lorsqu’il fustigeait les pratiquants de cette magie dans son sermon du soleildi. Ce qu’ils faisaient, c’était contre-nature. Ils se prenaient pour l’Astre, ils dépassaient les bornes.

« Tu sais ce qu’on raconte, de l’autre côté du désert ? lui demanda Deneb, sur le même ton. On dit que certains Soufflards ont même réussi à donner vie à des automates ! »

En réponse, elle frissonna de dégoût.

« Ça finira mal, cette histoire, c’est moi qui l’dis.
-En attendant, c’est pour nous que ça sent le roussi », souligna le cowboy.

Il se resservit un verre mais ne le but pas tout de suite. À la place, il le fit tournoyer à la lumière. L’alcool ambré prenait des reflets d’or, à la lumière de la lampe à pétrole.

« T’as raison, Jenna, déclara-t-il après un temps de silence. Je devrais m’installer ici, me marier, avoir des gosses… avant que notre job n’existe plus.
-Et pourquoi tu le fais pas ? » l’interrogea-t-elle, curieuse.

Deneb hésita.

« Tu sais, s’il n’y avait pas eu Joe, j’aurais été marié depuis longtemps », lui confia-t-il à mi-voix.

Agena sursauta, surprise. La phrase de Deneb avait éveillé son intérêt, d’une manière que son interlocuteur ne pouvait même pas soupçonner. Elle repensa à Mag, qui avait hanté ses nuits depuis le soir de son arrivée. À chaque fois que la jeune femme lui souriait, elle ressentait la même chaleur que celle qu’Eddy, son époux défunt, pouvait allumer en elle.

« Explique-moi un peu ça, s’enquit la barmaid en calant ses coudes sur la table.
-C’est compliqué », lui confia-t-il.

Mais il n’eut pas le temps d’en dire plus, parce que Joe était de retour et qu’il venait de faire claquer les portes pivotantes.

« Hey, Deneb ! lança-t-il jovialement. Tu dragues pas la p’tite Jenna, j’espère ? »

Et la discussion redevint beaucoup moins sérieuse. Ils ne reparlèrent plus du danger que représentait pour eux le chemin de fer, des ingénieurs du Souffle ou du fait de s’installer en ville. À la place, ils passèrent la soirée à se taquiner. Agena n’y faisait plus attention depuis des années, mais cette fois-ci, elle remarqua tous les petits gestes d’affection qu’ils avaient l’un envers l’autre, et les interpréta dans un sens qui n’était plus tout à fait celui de la simple amitié. Le bras passé autour de l’épaule, la main sur la taille ou les longs regards voulaient peut-être dire autre chose, de plus intense.

Lorsqu’ils montèrent enfin dans leur chambre, elle les suivit du regard un long moment, songeuse.


*


« Bon ben, me voilà sans l’sou, constata Mag. J’ai beau avoir fait gaffe, y a des limites. »

Comme la plupart des cowboys arrivés en ville, elle avait dépensé sa maigre solde en frais de logement, de nourriture et de renouvellement d’équipement. Elle avait peut-être tenu plus longtemps que les autres sur ses réserves, mais c’était tout de même la fin. Il était temps pour elle de trouver un petit métier, ne serait-ce que pour se payer à manger. Par principe, Agena et tous les autres commerçants refusaient totalement de leur faire crédit.

Ceci dit, pour les jolies yeux de Mag, elle se sentait encline à faire une exception… Non. Si elle cédait pour la jolie jeune femme, pourquoi pas pour Deneb et Joe, qu’elle connaissait depuis des années ? Il lui serait ensuite impossible de s’arrêter, et elle ferait faillite en quelques semaines. Inutile d’y songer.

À la place, elle l’aida du mieux qu’elle le pouvait en lui indiquant un grand ranch, qui engageait toujours beaucoup de saisonniers. Ce n’était pas très bien payé, même si cela suffirait pour la période du hors-saison. Mag lui fut très reconnaissante de lui avoir apporté son aide. Il fallait dire qu’elle n’était pas très bien vue, dans le village. Par exemple, le père Rigel avait souligné lors de son office à quel point il était contre-nature qu’une femme effectue le travail d’un homme. Ce n’était pas ce que l’Astre voulait, avait-il argumenté pendant son sermon. Mag s’était contentée de lui rire au nez en plein temple, et n’avait plus jamais remis les pieds à la messe, le soleildi.

Le rire de Mag était une mélodie, une chanson venue de temps très anciens. Jenna avait envie de l’entendre à jamais, de capturer la jeune femme comme un oiseau pour le réentendre dès qu’elle le voudrait.

Mais Mag partirait demain. Si elle s’installait au ranch, cela voulait dire qu’elle ne dormirait plus au saloon, évidemment. Elle lui avait promis de venir la voir le plus souvent possible, même si ce n’était pas pareil. Agena ne verrait plus sa mine fripée et endormie, au réveil. Elle ne lui servirait plus une grande tasse de café fumant tandis que Mag la fixerait de ses grands yeux verts, emplis de sommeil. Elle ne l’observerait plus baîller ou se frotter les paupières, avec un charme attendrissant qui contrastait tant avec la jeune femme dynamique qu’elle deviendrait plus tard dans la journée. La barmaid ne pouvait s’empêcher de ressentir un petit pincement au cœur.

Elle baissa les yeux, incapable de dire quoi que ce soit d’intéressant. Sur le comptoir, la main de Mag se renferma sur la sienne. C’était aussi bon que de savourer du bon pain. Ça faisait du bien à l’âme. Agena releva les yeux, rencontra son regard pur et tâcha de sourire.

« J’espère qu’ils t’embaucheront », murmura-t-elle avec embarras. Je ne veux pas que tu partes, voulait-elle dire à la place.

« Ouaip, j’espère aussi », répondit la cowboy sur le même ton. Tu me manqueras , répondait les doigts qui pressaient doucement les siens.

En effet, il n’y eut aucun problème. On l’engagea pour accomplir des tâches mineures, comme dresser les chevaux, entretenir la grange ou couper du bois. Elle dormirait dans le bunkhouse, avec tous les autres employés. Étant donné le manque d’intimité des lieux, ce n’éait probablement pas l’idéal pour une femme, mais elle rétorqua qu’elle y était habituée.

Et pour Mag, l’automne s’écoula ainsi, entre les travaux d’entretien du ranch, les temps de repos où elle jouait aux cartes avec les autres, ravaudait ses vêtements ou racontait des histoires, et ses visites au saloon tenu par Agena.

Elle ne savait pas du tout comment s’y prendre avec la barmaid. D’un côté, elle avait déjà eu des aventures avec des filles, bien sûr, mais c’était toujours des histoires d’un soir, sans lendemain. Et puis Agena semblait si sage qu’elle n’avait pas envie de lui proposer quelque chose de ce genre. Après tout, elle se signait à tout bout de champ et ne manquait aucun office du père Rigel. Sans doute devait-elle aussi croire que le fait d’aimer une autre femme était contre-nature, au même titre que le Souffle et les arts du Rêve.

Ah, si elle apprenait que Mag avait été initiée au Rêve par sa famille, lorsqu’elle était plus jeune ! Cette forme de magie était encore moins bien considérée que le Souffle. C’était un ensemble d’arts traditionnels, qui mélangeait magie et croyances ancestrales, et qui visait à la manipulation des songes, voire des esprits.

Recroquvillée dans un coin de la grange, Mag serra entre ses doigts la petite dagyde qu’elle gardait toujours dans sa poche de jean et se mit à prier. Le culte du Soleil interdisait de telles amulettes, puisque la représentation du corps humain ou même d’animaux n’était pas permise par cette religion. Toutefois, les personnes qui connaissaient le Rêve transgressaient presque toujours ce tabou.

Là où les enfants élevés dans le culte du Soleil ne jouaient qu’avec des cubes de bois, des ballons, des cerceaux ou deux tétraèdes mis bout à bout et transformés en toupies, Mag avait eu en cachette le droit de câliner des poupées, de caresser des peluches à forme d’animaux, de réaliser des parties de petits chevaux avec ses parents ou de faire agir de petites figurines d’argile. Lors de son initiation, elle en avait reçu une autre, et on lui avait expliqué qu’outre la prière, cette dagyde lui permettrait aussi de mieux se concentrer pour gérer ses propres rêves – ou ceux d’un autre. En s’entraînant suffisamment, elle avait même été capable de contrôler l’esprit d’autres personnes à l’état de veille.

Mais elle n’infligerait jamais un tel traitement à Agena. Agena, si fervente dans sa foi solarienne. Même son prénom était celui d’une étoile. Ses parents avaient sans doute dû l’élever d’une manière très croyante. Ce qui n’arrangeait pas les affaires de Mag.

Évidemment, l’église solarienne réprouvait l’homosexualité. Et même si Agena ne lui avait pas semblé totalement insensible à son charme, il en faudrait bien plus pour la faire céder. Mag ne savait pas si elle en serait capable.

Alors, un soir, elle décida de se donner du courage.


*


Mag enchaînait les verres de whisky, tant et si bien qu’à un moment donné, Agena refusa de la resservir.

« T’es saoule, Maggy, lui asséna-t-elle d’une voix sèche. Rentre chez toi.
-J’ai pas d’chez moi, et tu le sais, répliqua la jeune femme. Juste ce putain de ranch. »

Agena poussa un soupir. Apparemment, la cowgirl avait l’alcool triste. Elle avait essayé de l’entraîner dans sa beuverie, mais en raison de son métier, la barmaid tenait assez bien la boisson. Ce qui n’était pas le cas de son hôte, dont l’organisme devait supporter de longues périodes d’abstinence forcée chaque année. Pendant les transhumances, interdiction d’emporter de quoi se saouler. Trop dangereux.

La gérante de l’établissement n’était pas dupe. Apparemment, Mag tentait de rassembler tout son courage pour quelque chose, et elle avait une petite idée de ce que ce devait être. Mais elle n’accepterait jamais. C’était mal, c’était un péché. Même si elle devait admettre qu’effectivement, la jeune femme lui plaisait, avec son audace et ses manières franches.

Elle ne savait plus quoi penser.

Comme elle l’avait redouté, lorsque la soirée fut un peu plus avancée, Mag se mit à lui faire des avances de moins en moins voilées.

« Jenna, t’es trop loin, déclara-t-elle brusquement à l’autre femme, qui se trouvait toujours derrière le comptoir. Viens, assieds-toi sur mes genoux.
-Et si un client me demande à boire, je m’y prends comment ? feignit de s’amuser la barmaid, pour dissimuler son embarras.
-À part nous, le saloon est désert », opposa-t-elle.

Et c’était vrai. L’hiver était déjà bien avancé, et la plupart des cowboys se consacraient à des tâches mineures, à ce moment-là de l’année. Ils travaillaient au ranch, comme Mag, ou bien s’occupaient du bétail, des invasions de loups ou de travaux d’entretien des autres fermes aux alentours.

Jenna hésita, jeta un coup d’œil autour d’elle puis secoua la tête. En revanche, elle alla à la table où Mag était assise, ou plutôt affalée, et y ôta la bouteille de whisky restante. Tandis qu’elle esquissait ce geste, la cowgirl lui attrapa le poignet.

L’ivresse aidant, elle se sentait si amoureuse qu’elle n’essayait même plus de le cacher. Son cœur cognait à grands coups dans sa poitrine à chaque fois qu’elle pensait à Agena. Elle aurait voulu en informer le monde entier, mais elle ne pouvait pas, et elle en souffrait. Pourtant, après tous ces verres, c’était comme s’il n’existait plus aucune censure entre ce qu’elle pensait et ce qu’elle disait. Encore fallait-il qu’elle parvienne à le prononcer.

« Je… Je t’… tenta-t-elle de dire.
-Tu as décidément trop bu, ma belle », murmura Agena d’un ton qui mêlait le reproche et la tendresse.

Elle se dégagea lentement, tandis que Mag se levait en titubant.

« Alez, rentre au ranch, conclut-elle.
-Je rentre qu’si tu m’portes sur ton dos ! » proclama Mag, en lui sautant soudain dessus.

Comme les gens ivres, elle passait aisément du rire aux larmes – ou plutôt, en l’occurrence, des larmes au rire. Agena se secoua un peu, mais elle ne bougea pas. Devant tant de ténacité, la barmaid se mit à sourire.

« Bien, déclara-t-elle. Accroche-toi, je t’emmène. »

Ella traversa les portes pivotantes, descendit prudemment les marches et se dirigea vers le ranch. Hormis quelques rares lampes à pétrole, l’obscurité était totale. Sur la peau nue de son épaule, les mains gantées de Mag se faisaient de plus en plus audacieuses. Maintes fois, leurs deux chapeaux (celui de cowboy et celui de fermière) manquèrent tomber, tant la jeune femme se démenait. Jenna sentait son haleine alcoolisée, mais aussi une autre odeur, plus prodonde. Un mélange de sueur, de jean et de cuir. Ce n’était pas désagréable, d’ailleurs. L’odeur de Mag, pensa-t-elle.

Après quelques tâtonnements, elles finirent par trouver la ferme. La jeune femme avait quand même fini par descendre de son perchoir et marchait à ses côtés, quoique de manière assez aléatoire. Pour éviter qu’elle ne tombe, Agena avait passé une main en travers de sa taille. Le tissu de sa chemise bizarrement coupée était si fin qu’elle sentait presque la peau chaude à travers.

En dépit de l’heure tardive, la cowgirl n’avait pas du tout envie de dormir. Elle insista pour que Jenna reste à ses côtés dans la grande grange, déjà remplie de corps endormis. Certains grognèrent et se retournèrent à leur arrivée. Agena dut émettre plusieurs « Chut ! » pour que sa compagne, qui gloussait sans raison, se calme enfin.

Finalement, Mag s’allongea à ses côtés, la tête sur son épaule, et tomba brusquement endormie. Sans doute un nouvel effet du whisky.

Jenna resta les yeux grands ouverts dans le noir, à caresser les cheveux de son amie.


*

Et puis, ce fut le temps du départ. Il avait semblé à Agena que l’année avait passé en un clin d’œil. Ce fut le temps de la grande transhumance et des préparatifs. Comme pour l’installation au ranch, il était temps de se quitter, cette fois pour toute une année.

Deneb, Mag et Joe étrillaient et sellaient leurs montures. La barmaid avait abandonné son comptoir un instant, juste le temps de leur dire au revoir – elle n’osait pas penser « adieu ». Les accidents étaient rares, n’arrivaient qu’aux autres. En son for intérieur, elle formula une brève prière au Soleil, pour qu’il veille sur ces trois-là et qu’il ne leur arrive rien. Surtout à Mag.

« J’ai toujours dit qu’il n’y avait rien de meilleur pour un homme que d’être assis sur un cheval, déclara Joe, satisfait, une fois en selle.
-Ou pour une femme, nuança Mag.
-Pour une femme, c’est différent, prétendit-il, hautain.
-Ah ouais ? grogna-t-elle d’un air féroce. Et pourquoi ça ? »

Agena les regarda se chamailler, sans intervenir. Il lui semblait qu’elle portait une pierre dans la poitrine.

La cowgirl se tourna vers elle et lui sourit gentiment.

« T’en fais pas, Jenna, la rassura-t-elle. Les loups, c’est moi qui les bouffe ! » affirma-t-elle gaiement, en faisant référence aux meutes qui attaquaient parfois les troupeaux.

Ensuite, elle l’étreignit maladroitement, dans un élan impulsif et mal contrôlé. Elle lui rendit son étreinte, en clignant beaucoup des yeux, pour en chasser les larmes qui voulaient couler.

Mais l’Astre avait écouté sa supplique. Mag revint saine et sauve l’année suivante, et encore celle d’après. Elle devint une habituée du saloon, comme Deneb et Joe. En sa présence, Agena sentait que la blessure qu’elle avait au cœur depuis la mort de son époux s’estompait un peu.

Seulement, pendant ce temps, les ingénieurs du Souffle progressaient de plus en plus.

Une année, Mag s’en vint à Abylène plus tard que les autres. Elle avait été retardée par la crue d’une rivière, obstacle que le troupeau ne pouvait traverser, et elle avait donc dû effecteur un certain détour. Les cowboys s’étaient tous rassemblés à une table et discutaient, la mine grave. Jenna était parmi eux.

« Tu as entendu la nouvelle ? l’interrogea cette dernière lorsque Mag parvint à leur niveau. D’ici cet hiver, le chemin de fer aura atteint Abylène.
-Quoi ? »

Tous arboraient des airs catastrophés. Le chemin de fer, c’était la mort du cowboy assurée. Pourquoi risquer de confier un troupeau à une poignée d’hommes confrontée à la nature sauvage, si on pouvait faire voyager ces animaux en train, de manière plus rapide et plus sûre ?

Pour les hommes qui s’étaient rassemblés chez Jenna, l’heure était grave. Personne n’avait gagné assez d’argent pour s’installer à son compte. Ils étaient donc réduits à vivre dans la précarité toute leur vie. La plupart d’entre eux n’avaient jamais connu d’autre métier, ou alors, ils n’avaient aucune envie d’y retourner. Par exemple, avant, Joe et Deneb travaillaient dans les champs de coton. Mais c’était du temps de l’esclavage. Que feraient-ils maintenant ?

Pendant que la discussion continuait, de plus en plus amère et désespérée, Agena prit son amie à part.

« Alors comme ça, d’ici lunembre, j’ai plus de taf ? » lui fit Mag d’un ton qui se voulait détacher.

Malgré cette attitude décontractée, elle se sentait aussi désemparée que les autres. Depuis la mort de ses parents, elle n’avait jamais été que cowgirl. Et même si elle savait s’occuper d’une ferme, elle n’aurait certainement pas de quoi s’en acheter une. Pour une fille de son âge, sans revenus, les options étaient vraiment très limitées.

La barmaid semblait suivre son raisonnement au fur et à mesure que la jeune femme l’élaborait. Après un temps de silence, elle respira profondément, puis lança, d’une voix hésitante :

« Sauf si ça te dit de devenir serveuse. »

Une joie sincère éclaira les traits de Mag. Elle lui prit les mains, et hocha la tête, radieuse.

Le père Rigel trouverait peut-être è redire sur le fait que deux femmes vivent ensemble, pensa Agena, mais en ce moment, c’était bien le cadet de ses soucis. Mag restait, et c’était pour toujours.
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

Roi Loth, Kaamelott, Livre V

Hors ligne Ucero

  • Tabellion
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Re : [Défi] La Cowgirl
« Réponse #1 le: 05 octobre 2011 à 19:49:29 »
Bonjour,

 d’intriguantes spirales, Je coince sur intriguantes, le qualificatif a du sens mais ne passe pas.  En quoi les spirales seraient-elles intrigantes?

 qu’elle comprit qu’elle s’était Répétition voulue?

il y avait deux hivers de cela. Maladroit.

Et à Abylène, Et à Ab..., ça coince.

barmaid, barman, ce sont normalement des employés, si c'est un patron, c'est à spécifier.


En réponse, Mag lui fit un grand sourire. S’il n’était pas venu d’une fille, Agena l’aurait sans aucun doute qualifié d’enjôleur. Mais une femme ne pouvait pas tenter de séduire une autre femme.  C’était impossible, évidemment. Même une personne aussi jolie que Margaret.

Elle secoua la tête pour chasser ces pensées ridicules et demanda à sa cliente si elle avait besoin d’autre chose.

Une phrase aussi courte que C’était impossible, évidemment. pour introduire à un des éléments fondamentaux de l'histoire, si ce ne n'en est pas le centre, c'est trop léger pour introduire les doutes à venir.

  la barmaid se mit à bien l’aimer; m-m-m Une tendance aux consonances à surveiller, ce n'est pas forcément adroit dans le texte.

transhumance avait atteint son but, but pour destination n'est pas très heureux.

de la période de vide de l’année.  Pas très joli.

 Cette fois encore, ils lui racontèrent les aventures qu’ils avaient vécues pendant leur périple : deux attaques de loups dont ils s’étaient sortis avec brio, un incendie de plaine qu’ils avaient dû contourner, et surtout la traversée d’une rivière qui leur avait fait perdre six bêtes.
L'énumération ne suffit pas à rendre le sentiment d'aventures.

Vraiment, elle ne regrettait pas sa vie de barmaid. Trop court pour rendre ce qui est suggéré.
 

des mines de conspiratrice. Pourquoi un pluriel?

Le doigt de la main droite levé Lequel?

Ils ne reparlèrent plus du danger a ce moment de l'histoire, on ne comprend pas en quoi le chemin de fer est un danger, ni pourquoi leur job n'existerait plus.

trouver un petit métier,  Le métier Mag l'a déjà, un autre métier ou un petit boulot?

Par exemple, le père Rigel Maladroit.

"Elle lui avait promis de venir la voir le plus souvent possible, même si ce n’était pas pareil. " L'intimité des deux femmes suggérée ici n'est pas assez définie par suffisamment d'éléments précédemment.

 Tu me manqueras , répondait les doigts qui pressaient doucement les siens. Même remarque que plus haut.

mais elle rétorqua qu’elle y était habituée. Rétorqua à qui?
 
 L'histoire qui se poursuit avec la scène dans le saloon est trop confuse.

C'est un noeud dans l'histoire et la relation et on ne le rencontre pas à la hauteur de ce que l'on est en droit d'attendre.  Ensuite on sombre complètement dans une scène d'un mauvais John Ford.

C'est dommage, peut-être ton texte foisonne trop d'idées qui tirent dans trop de directions, et empêche la concentration sur des personnages et leur histoire qui pourraient devenir attachants.

L'extension subite dans le temps n'arrange rien, au lieu de fixer un cadre précis à la passion, et de développer, on le détruit et on ne comprend plus à la fin la vraie nature de la relation et de la rencontre.

Cela ne va pas du tout. L'idée est très intéressante, mais trop légèrement traitée. Voilà, ce n'est qu'un avis, non qualifié, et un ressenti subjectif.

Bravo tout de même, on aimerait retrouver ces personnages dans une vérité mieux construite.

Ucero.

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 498
Re : [Défi] La Cowgirl
« Réponse #2 le: 05 octobre 2011 à 22:14:20 »
Salut !

C'est tout gentil tout mignon XD.
En effet, ça colle bien avec l'image, aussi ! Sinon, ben j'ai honteusement la flemme de faire un commentaire détaillé. Je passe pour dire que c'était sympa, la lecture était agréable et les personnages relativement attachants. Par contre c'est assez vachement long, pas du genre du genre chiant mais décourageant avant de lire. Heureusement j'avais pas regardé  :mrgreen:.

Voilou, tout ça n'est pas très utile...  :-[
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Hors ligne Zacharielle

  • Comète Versifiante
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    • au bord du littéral
Re : [Défi] La Cowgirl
« Réponse #3 le: 06 octobre 2011 à 01:04:09 »
Salut Ambre !
Sympa l'image. Titre un peu facile ? (je dis ça avant de découvrir ton texte^^)

Citer
Sous le chapeau, une cascade de cheveux bruns masquaient les traits d’un visage que Agena devinait juvénile.
hm "voilaient" plutôt que "masquaient" ? J'aurais vu quelque chose de moins opaque pour justifier la deuxième partie de la phrase en fait.

Citer
orné d’intriguantes spirales
intrigantes

Citer
Ce ne fut que lorsque l’inconnu retira son chapeau
je préférais quand t'utilisais l'article "le" pour le chapeau, ça faisait plus classe

Citer
d’un geste brusque
attention il va se faire mal au cou !

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« J’voudrais une chambre, siouplaît », demanda la voix rauque.
arf pour moi le "siouplaît" est plutôt associé à une supplique enfantine^^ ça contraste avec le ton rauque. A moins que ce soit fait exprès ?

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Il ne fallait pas que cela devienne trop courant, sans quoi, elle aurait une réputation de traînée.
ça me semble un peu externe comme point de vue (trop mécanique comme pensée), genre elle elle devrait pensait à la répercussion qu'a sa réputation sur son commerce plutôt que sur les seuls babillages, non ?

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C’était celle où se tenait le saloon dont Agena était la propriétaire, le barbier, le tailleur et d’autres commerces innocents.
je te proposerais : "le saloon d'Agena mais aussi le barbier, le tailleur etc.

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et les dealeurs d’énergie
cool ! Mais... là aussi ça me semble un peu facile de faire d'un côté les gentils de l'autre les méchants

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-Mag, répondit spontanément cette dernière, avant de se reprendre. Margaret, rectifia-t-elle avec plus de pondération. Margaret Brown.
la partie en gras me semble superflue

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« J’vais aussi prendre un verre de whisky, ouais, acquiesça cette dernière.
-Bien, répondit-elle. Veuillez vous installer.
ton Agena change de ton bien facilement (elle parle avec des apostrophes et après c'est tout lisse !)

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Ils étaient tous outrageusement dépensiers.
là encore, je trouve ça facile de faire deux tas bien séparés pour mieux faire ressortir l'individualité/l'originalité de Mag par rapport à la horde d'hommes ordinaires comme masse sans forme

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Malgré son allure masculine, Mag ne semblait pas partager ce défaut. En dépit des pertes pécuniaires que cette attitude signifiait pour elle, la barmaid se mit à bien l’aimer.

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et des cowboys afflueraient sans cesse au saloon
afflueraient sans cesse ? en un flot continu ? c'est bizarre x)

Après la deuxième * je trouve ça mieux.

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Elle se moqua de son tact et lui demanda d’aller un peu plus loin que juste derrière le saloon, s’il faisait ça, ce serait gentil, merci.
euh il peut aller jusqu'aux latrines aussi  :mrgreen:

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« Et tu n’as jamais pensé à abandonner tout ça ? demanda-t-elle avec un geste vague de la main. Les orages, les loups, les sécheresses… Tu n’as jamais pensé à te poser dans un p’tit village comme Abylène ?
ben qu'est-ce qu'il ferait, l'homme du dehors, à gamberger dans une boîte en bois ?

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-Ce trou paumé ? plaisanta-t-il. Tu rigoles, Jenna ? »
heu il préfère New-York peut-être ? xD

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Le doigt de la main droite levé, elle fit le signe de soleil, pour conjurer le mauvais sort.
cool !

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Ce qu’ils faisaient, c’était contre-nature. Ils se prenaient pour l’Astre, ils dépassaient les bornes.
un peu enfantin comme formulation, un peu simpliste. Déjà enlever le "c" de "c'était" apporterait un peu plus de crédibilité je pense

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« Tu sais, s’il n’y avait pas eu Joe, j’aurais été marié depuis longtemps », lui confia-t-il à mi-voix.
tu nous la joues Brokeback Mountain ?

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« Bon ben, me voilà sans l’sou, constata Mag. J’ai beau avoir fait gaffe, y a des limites. »
ben qu'est-ce qu'elle fait de ses journées ?

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Par exemple, le père Rigel
je ne peux pas m'empêcher de le voir sur un petit trône volant

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Agena ne verrait plus sa mine fripée et endormie, au réveil. Elle ne lui servirait plus une grande tasse de café fumant tandis que Mag la fixerait de ses grands yeux verts, emplis de sommeil. Elle ne l’observerait plus baîller ou se frotter les paupières, avec un charme attendrissant qui contrastait tant avec la jeune femme dynamique qu’elle deviendrait plus tard dans la journée.
je trouve que ces éléments devraient apparaître avant

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C’était aussi bon que de savourer du bon pain.
lol

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« Ouaip, j’espère aussi », répondit la cowboy sur le même ton. Tu me manqueras , répondait les doigts qui pressaient doucement les siens.
mais tu ne parles pas de leur histoire avant, ça tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, je sais pas, des regards qu'elles s'échangent, des conversations qu'elles ont... bref quelque chose de plus consistant

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On l’engagea pour accomplir des tâches mineures, comme dresser les chevaux,
je ne m'y connais aucunement mais je ne pense pas que dresser un cheval soit une tâche mineure  :mrgreen:

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et ses visites au saloon tenu par Agena.
au saloon. (on sait duquel tu parles ;))

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D’un côté, elle avait déjà eu des aventures avec des filles, bien sûr,
pourquoi bien sûr ?

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mais c’était toujours des histoires d’un soir, sans lendemain.
l'un ou l'autre, ça suffit^^ surtout que les deux formulations ne sont pas originales

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Le culte du Soleil interdisait de telles amulettes, puisque la représentation du corps humain ou même d’animaux n’était pas permise par cette religion.
était interdite ?
évite les démonstratifs

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il en faudrait bien plus pour la faire céder
y'a pas trop l'air, on sent pas trop la lutte d'Agena entre son sentiment pour Mag et son sentiment religieux...

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mais en raison de son métier, la barmaid tenait assez bien la boisson
hm elle boit quand elle est en service, elle est pas très responsable

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Pendant les transhumances, interdiction d’emporter de quoi se saouler. Trop dangereux.
l'alcool peut aussi servir à tenir lors d'un travail difficile, en plein air ou qui demande beaucoup d'efforts physique, c'est pas seulement pour se saouler...

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Elle aurait voulu en informer le monde entier, mais elle ne pouvait pas, et elle en souffrait.
attention aux clichés...

Dis-donc, j'avais comme l'impression que Mag était une géante ou du moins qu'elle était plus costaud que la tenancière. Elle arrive quand même à la soulever ??

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et marchait à ses côtés, quoique de manière assez aléatoire.
  ttt tt

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Finalement, Mag s’allongea à ses côtés
j'avais pas calé qu'Agena s'était couchée

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« T’en fais pas, Jenna, la rassura-t-elle. Les loups, c’est moi qui les bouffe ! » affirma-t-elle gaiement, en faisant référence aux meutes qui attaquaient parfois les troupeaux.
le lecteur n'est pas un idiot fini  :P

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Pourquoi risquer de confier un troupeau à une poignée d’hommes confrontée à la nature sauvage, si on pouvait faire voyager ces animaux en train, de manière plus rapide et plus sûre ?
parce qu'ouvrir des lignes ferme - pâturage en altitude est totalement stupide ?  :mrgreen:

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Personne n’avait gagné assez d’argent pour s’installer à son compte.
pour s'installer à son compte ??

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Ils étaient donc réduits à vivre dans la précarité toute leur vie.
toute leur vie ! ça peut changer, c'est vaste la vie !

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La plupart d’entre eux n’avaient jamais connu d’autre métier, ou alors, ils n’avaient aucune envie d’y retourner. Par exemple, avant, Joe et Deneb travaillaient dans les champs de coton. Mais c’était du temps de l’esclavage.
le "par exemple" fait très docte et le rappel sur leur passé me semble inutile

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« Sauf si ça te dit de devenir serveuse. »
parce que comme par hasard elle a les fonds pour embaucher quelqu'un... facile :p



A vrai dire, je partage assez le point de vue d'Ucero.
J'aurais aimé que tu te concentres plus soit sur l'histoire du chemin de fer/dieu soleil etc. soit sur vraiment sur l'histoire entre tes deux personnages (et je crois que c'est ce que tu cherchais à dévlopper le plus). A force de vouloir brasser trop large (et dans un temps trop étalé ou avec un rythme bancal avec des ellipses à tout va) tu ne nous permets pas nous attacher aux persos. Ils sonnent assez cliché (Mag surtout, Agena moins). L'ensemble fait trop carton-pâte :/ Dans ton texte, m'est avis qu'on ne sent pas assez la poussière, les soirs lents, le parfum de la plaine ; on ne sent pas l'évolution des sentiments, l'hésitation à s'engager, les questions qui tournoient et qui reviennent tout le temps, les mots qui trébuchent...

C'est dommage, je sais que tu as un vrai talent de conteuse, que tu es capable de donner du souffle à tes histoires et d'avoir de belles trouvailles. Ici il me semble que tu es allée beaucoup trop vite, que c'était juste un prétexte pour caser, sous un décor imposé, les thématiques qui te sont chères : homosexualité, culte/magie notamment du soleil, esclavage...

J'espère que tu ne prendras pas mal ce que je te dis mais je trouve que tu gâches ton potentiel en essayant d'aller trop vite ou d'en faire le plus possible alors que ce que le lecteur demande avant tout (enfin c'est ce que moi j'attends en tout cas), c'est une histoire avec un ton, une musique particulière. Je m'en fous si le thème a été traité mille fois, c'est toujours le cas de toutes façons, ce que je veux c'est y trouver une raison de lire cette interprétation plutôt qu'une autre, parce que ça m'aura laissé quelque chose.

Désolée je suis sévère, mais c'est parce que, dans tes récits précédents, j'avais beaucoup apprécié ton inventivité et ton sens de la narration, ta reprise de mythes avec ta patte à toi ; je suis déçue de ne plus retrouver cette qualité dans les écrits que tu nous proposes dernièrement. Enfin ce n'est peut-être que moi qui ai cette impression mais je voulais la partager.

Pardon pour la longueur !

A la prochaine.

 


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