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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Vanité des jours

Auteur Sujet: Vanité des jours  (Lu 313 fois)

Hors ligne Herbert D

  • Buvard
  • Messages: 3
  • J’écris ce que je tais
Vanité des jours
« le: 24 Octobre 2025 à 18:55:37 »
« Tout fuit, hormis l’amour et la trace des âmes justes »

Le temps fuit, et son aile impérieuse et sombre
Effleure nos destins d’un murmure sans nombre ;
Nul ne peut retenir, d’une main trop humaine,
Le flot sacré des jours qui s’échappe et nous mène.

Ainsi le temps s’en va, muet, sans complaisance,
Il vole nos printemps, nos fièvres, nos enfances ;
Et quand l’âme voudrait s’attacher à ses pleurs,
Il rit, et laisse au vent la poudre de nos heures.
L’homme, faible voyageur, court après sa lumière,
Et ne voit point la nuit qui borde sa rivière.

Né d’un souffle incertain, l’homme, en vain, se hasarde,
Il rit, puis se déçoit, s’élève, puis retarde ;
L’espoir le berce un temps, mais la crainte le mine,
Et l’ombre du néant sans fin le détermine.

Tel un oiseau perdu qu’un orage malmène,
Il cherche un peu de paix, trouve encor la peine.
Sa gloire est un mirage et son orgueil, fumée,
Son pas s’en va, tremblant, vers l’aube consumée.
Pourtant, dans ses erreurs, brûle un éclat sincère :
Le feu de l’infini qu’en lui souffla son Père.

Ô vie ! ô vain éclat ! ô pompe passagère !
Tu n’es qu’un songe errant sur la rive éphémère,
Où l’âme, tour à tour, s’enchante et se défait,
Et goûte en son trépas le fruit de ce qu’elle est.

La vie n’est qu’un théâtre où les ombres s’invitent,
Les rois s’y font poussière et les saints se visitent ;
Tout s’y peint d’illusions, tout s’y perd dans le vent,
Et la gloire à midi s’efface au firmament.
Mais dans l’ombre un parfum, qu’aucun souffle n’altère,
Monte encor vers le ciel : c’est l’amour et la prière.

L’amour, doux messager, paré de tyrannie,
Nous fait rois en un jour, mendiants en l’agonie ;
Il élève nos cœurs au faîte des ardeurs,
Puis les jette au revers d’éternelles froideurs.

Ô flamme souveraine et pourtant si fragile,
Tu changes en palais la cabane tranquille ;
Tu mets dans chaque larme un éclat de rubis,
Et donnes au malheur des parfums inouïs.
Si ton joug nous abat, ta grâce nous redresse ;
Sans toi, tout serait cendre et morne sécheresse.

Mais qu’importe, ô destin, ton caprice farouche ?
Le bien que l’on a fait demeure en notre bouche ;
Et l’innocent enfant, au berceau du matin,
Nous rappelle les cieux d’où vient tout le divin.

Car l’âme charitable, au déclin de ses heures,
Cueille encor des printemps parmi ses vieilles fleurs.
Rien ne meurt de l’amour ; sa trace est éternelle,
Et l’ombre du pardon a toujours forme belle.
Quand le monde s’éteindra sous le poids du silence,
Un seul cœur pur fera briller l’espérance.

La mort, sœur du sommeil, sans fiel et sans outrance,
Ferme enfin nos regards d’une sainte décence ;
Et l’âme, en son départ, d’un éclat séraphin,
S’éploie vers l’infini, pur joyau du destin.

Ô paisible compagne aux mains de porcelaine,
Tu poses sur nos fronts ta caresse lointaine ;
Tu n’as rien de la peur ni du froid des tombeaux,
Mais l’odeur des forêts et le chant des oiseaux.
Sous ton voile, la paix s’avance et nous délivre :
Tu n’ôtes point la vie, ô Mort, tu rends à vivre.
J’écris pour converser avec l’invisible. Chaque mot est une empreinte laissée par mes ombres en voyage. Entre le silence et la lumière, la poésie devient mon seul langage.

 


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