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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Paradis

Auteur Sujet: Paradis  (Lu 792 fois)

Hors ligne Falaise

  • Plumelette
  • Messages: 15
Paradis
« le: 28 Août 2025 à 12:13:12 »
Je vous propose un texte sur les souvenirs d'enfance, dédié à une proche qui pratique l'équitation, d'où la présence d'un cheval dans le texte. Il s'y trouve aussi deux clins d'œil à de grands auteurs que vous distinguerez aisément ou pas.

Paradis

Je me demandais, écrivant à haute voix, scandant mes phrases comme un acteur chauffant sa voix, quelle est donc cette poésie, bien grand mot pour designer l'expression personnelle qui nous fait regarder et transmettre notre vision du monde autrement qu'en la décrivant telle que nous la voyons, cherchant plutôt à y introduire un message caché que la seule personne qui en est destinataire sera susceptible de découvrir, avec ce qu'elle sait de nous, ce que nous savons d'elle, entrée de labyrinthe dans lequel  il faudra s'engouffrer, trouver la  porte de sortie, elle-même fermé à clef et celle-ci... charge à nous désormais de la retrouver ...
Car elle s'est bel et bien perdue au fil du temps, fragile petit objet et comment alors savoir ou elle se trouve, sinon quelquefois...bureau des objets trouvés, s'adresser au comptoir... Ou alors, enfouie au cœur de ces songes d'une nuit d'été à qui elle ouvre grand la porte dans ces heures chaudes et qu'on retrouve, bien souvent, cachée dans le coffre à jouets des souvenirs d'enfance, dans ce paradis perdu dont on a refermé cette même porte derrière nous à l'aube de l'âge adulte, la repoussant parfois avec dédain ou gène secrète, malheureuse clef de cette période de la vie dont on se détourne d'un air madré alors même que d'autres, embarrassés de leur passé, parfois ... Lui laissant la porte entrebâillée... vivent avec le fol espoir de s'y réfugier à nouveau.
Paradis perdu par suffisance...
  De quelle clé faut-il se servir pour ouvrir la boite de ces songes, en laisser sortir le génie qui te demanderas, dans ce haras ou tu te rends gaiement, jeune fille aux cheveux longs scintillant sous la lumière, quel est ton vœu pour ton avenir, alors que moi-même, ne formulé je plus de vœux que pour mes souvenirs... images de chevaux dans la brune du matin, pas peu fiers de porter sur le dos cette élégante personne qui leur murmure ses secrets a l'oreille, cheval hochant de la tête et de la crinière, secret bien gardé, pas un mot ne sortira de sa bouche une fois le mors retiré, pas plus que ne sera prononcé le moindre mot par ce cheval noir, tirant sa charrette maléfique, sur le nombre de têtes emportées par cette faux, brandie de cette main cadavérique que l'Ankou manie si justement, c'est à dire , à point nommé, quand il est temps, vieil homme, ton heure a sonné,  trop tard, jeune imprudent qui ne m'a pas vu venir, il est pour moi celui-ci, retirant des bras de sa mère cet enfant mort-né. Mélancolie de cette douleur qui me mords, telle le serpent d'Eden, tapi dans son coin me guettant, enfonçant ses crocs dans ma main, m'insufflant son poison venimeux, laissant échapper deux points rouges de ce sang désormais impur. Ainsi me murmure à l'oreille la nuit, dans son souffle froid, ce souvenir que je voudrais oublier.
Paradis, que ne t'ai je perdu avant même de t'avoir trouvé.
  Murmuré à l'oreille, donc, du cheval, muet... Bien vivant... salle... pas perdus sans cette clé... encore et toujours, que les têtes en l'air de notre époque auront pu laisser tomber derrière eux, pièce de monnaie tintant trop faiblement pour attirer leur attention alors qu'elle est le prix du passage du Styx, n'ouvrant alors pas une seule fois la porte de ce monde enchanté.
Paradis perdu par distraction...
  Effet du temps, passage de l'eau de mer sur la plage et du vent dans les nuages, la tête ailleurs que sur le sable.
Ainsi distrait par ce cheminement nuageux, brume de saison chaude pénétrant derrière ces yeux fermés.
Le vide du passé en grains de cette plage au travers de ce sablier, véritable goutte à goutte.
Des souvenirs attardés derrière nous, fil étiré jusqu'à sa limite atteinte puis dépassée en cet instant fragile.
Et voici, dans cette pesanteur de temps vide, asséchée de souvenirs fuyants, emportés par le souffle de l'air.
Enterrée au fond du sable ou dispersée dans l'azur bleu du ciel lourd, cette partie de nous désormais à jamais disparue.
Paradis perdu par désœuvrement...
  Mais alors, que font ces bribes de temps anciens ou seul était permis le bonheur de l'instant présent dans notre tête, quand, certain de notre force morale, repoussant à chaque pas les petits cailloux qui permettraient de ne pas se perdre dans la foret des songes, enfonçant nos pieds dans le sable mouvant de langueurs océanes, nous partons à la recherche de ces sensations que notre corps perçoit encore comme une marque sur la peau à jamais  inscrite , peau parcheminée de cette écriture enfantine, à moins qu'il ne s'agisse de la trace  d'une main s'attardant sur la joue en vent chaud du sud pour dire tout son amour à cet enfant choyé et qui mélange dans notre souvenir, la mélancolie, le plaisir et, même s'il est trop tard pour  le lui dire, la reconnaissance.
Paradis perdu puis retrouvé...

Hors ligne BAGHOU

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Re : Paradis
« Réponse #1 le: 28 Août 2025 à 15:27:42 »
Bonjour,

Je reconnais que j'ai été assez déroutée par ce texte, lu trois fois et je n'ai pas réussi à me faire une idée juste.

Les phrases sont très longues et empêchent le lecteur de respirer et de prendre ainsi le goût et la saveur de l'histoire. Histoire qui part un peu dans tous les sens avec effectivement des énormes clins d'oeil littéraires pas vraiment nécessaires.

J'ai bien aimé tout ce qui se rapportait au cheval et à son écuyère, je crois que je me serais focalisée sur cet aspect.

Le fil rouge de la clé manque un peu d'intérêt présenté ainsi.

Je m'excuse de ne pas être plus enthousiaste, c'est bien écrit en tout cas, avec un peu plus de fluidité dans les phrases cela pourrait être à mon sens plus abordable pour les lecteurs.
"La critique, art aisé, se doit d'être constructive." Boris Vian dans "Les chroniques du menteur".

Hors ligne pehache

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Paradis
« Réponse #2 le: 28 Août 2025 à 16:38:58 »
On s'y perd un peu, en effet, mais il y a, à l'évidence, du "potentiel".
 (certainS de notre force morale)

Hors ligne Falaise

  • Plumelette
  • Messages: 15
Re : Paradis
« Réponse #3 le: 28 Août 2025 à 19:23:48 »
Bonjour et merci pour vos commentaires tout à fait pertinents.
Concernant la longueur des phrases, c'est un style que j'emprunte à Claude Simon: ses phrases alambiquées n'en finissent pas et j'aime justement cette sensation de ne pas pouvoir reprendre son souffle mais il est vrai qu'il utilise d'avantage de signes de ponctuation, tirets, parenthèses qu'il faudrait surement que je m'approprie.
 Ca ne rend pas le texte très abordable, je le reconnais.
Le fil rouge de la clé me semblait pourtant indissociable du paradis ( Jésus-Christ en donne les clés à St Pierre), de ce fait il n'y a pas de paradis sans clé.
Merci Pehache pour le S à certain...

Hors ligne pehache

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 468
Re : Paradis
« Réponse #4 le: 28 Août 2025 à 20:41:09 »
"de ce fait il n'y a pas de paradis sans clé."
Il n'y a même pas, probablement, de paradis du tout.

 


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