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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Tombe la neige [V4]

Auteur Sujet: Tombe la neige [V4]  (Lu 10172 fois)

Hors ligne Loïc

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Tombe la neige [V4]
« le: 09 Septembre 2011 à 20:52:40 »
Ce texte est pour moi terminé. Je corrigerai les éventuelles coquilles, mais guère plus. Commentaires bienvenus si vous le lisez, mais ne passez pas trop de temps dessus.



Vous frottez vos mains gelées dans l’espoir de leur redonner un peu de chaleur. Vous marchez, seul·e, dans cette étendue blanche qui semble ne pas avoir de fin. Combien de jours se sont écoulés depuis votre départ ? Vous ne sauriez le dire, vous avez arrêté de compter. Tout ce que vous savez, c’est que vous marchez vers l’Est, toujours l’Est. Vers la fin de la terre, de la neige, du froid. Vers la mer et un autre monde. Vous n’avez jamais vu la mer. Tout ce que vous en connaissez vient des histoires que l’on vous racontait, enfant, au coin du feu dans les grandes maisons communales. Pourtant, vous savez qu’elle est là, quelque part ; vous pouvez imaginer la grande étendue bleue. Vous pouvez imaginer un autre futur.
Vous levez la tête et essayez d’apercevoir le soleil à travers les flocons. Impossible de déterminer sa position : le ciel est couvert de nuages blancs et la lumière est diffuse. Il est même difficile d’être sûr·e que vous ne vous êtes pas perdu·e. Devant vous, le paysage se brouille. La nuit tombe, le soleil a entamé sa longue descente. Demain, il se lèvera. A l’Est, au-dessus de la mer.
Une pensée s’impose alors à vous : il faut trouver un abri. Avec la nuit, tout se refroidit. La neige, la terre, le corps, ça gèle, ça devient dur et votre épais manteau ne peut résister au vent qui va se lever. Vous en avez déjà vus, des hommes et des femmes trop orgueilleux qui pensaient vaincre les éléments. D’autres voyageurs solitaires qui ont essayé de quitter un monde trop terne. Ces statues de glace en sont les témoins. Ça n’est pas si facile. Autour de vous, il n’y a rien que le vide, la mort, et ces flocons blancs qui tombent sans s’arrêter. Parfois, quand le corps ne suit plus, même l’espoir d’une vie meilleure ne permet pas de continuer à mettre un pied devant l’autre.
Quand vous relevez la tête, une immense forme sombre est apparue au loin. Ça n’était pas là tout à l’heure, vous en êtes certain·e. Vous accélérez le pas. Pas d’autre choix, de toute façon. La nuit s’étend, elle approche. Le sol a déjà perdu beaucoup de son éclat malgré la neige qui continue de tomber. La forme grandit à chaque pas jusqu’à emplir votre champ de vision. Rien dans les rumeurs et les récits sur la longue route ne l’évoque et pourtant elle doit bien être réelle.

La nuit est tombée, désormais, et la neige s’est arrêtée de tomber. Vous vous tenez debout, sous le bleu de la nuit et la lueur pâle de la lune. Il fait tout juste assez clair pour que vous voyiez cette hauteur noire au loin qui se découpe nettement sur le fond de ciel et de poudreuse. Vous plissez les yeux. Ça semble être une sorte de château. Mais c’est encore loin et il vous faut l’atteindre avant que le vent se lève et fasse de vous une statue de plus sur la route de l’Est.
Un moment plus tard, le château vous parait plus proche. Vous avez eu de la chance : le vent nocturne ne souffle toujours pas, et si vous luttez contre l’engourdissement de vos jambes à chaque instant, ça n’est pas plus dur que d’habitude. Le temps passe néanmoins. Le grand bâtiment est maintenant un peu plus facile à distinguer. N’y-a-t-il pas des étendards qui flottent  – le vent doit souffler, là-haut – et des gardes qui s’affairent sur les remparts ?
Loin au-dessus de vous, la lune veille toujours sur votre long périple. Ce château, si vous l’atteignez à temps, ne pourra être qu’une halte, le temps de passer une nuit, peut être deux. Quelques heures gagnées contre l’épuisement. La fatigue est devenue une vieille amie, comme les morsures du froid dans les jambes. Ils sont loin, les feux de votre village natal. Parmi vos prédécesseurs, parmi tous ceux qui sont partis, chaque année, trouver la mer et quitter ce paysage de glace, combien y sont parvenus ? Ça n’est pas si important. Personne ne vous aidera à arriver au bout de la route et les souvenirs des morts ne vous réchaufferont pas.
La neige sous vos pas est plus dure. La température a encore diminué. On dit que le vent souffle aussi, sur la mer, mais qu’il ne transporte plus la mort : seulement des odeurs de vie et de poisson. Que là-bas, il permet de marcher sur l’eau.
Le temps passe, la nuit avance et le château ne semble pas s’être plus rapproché. Vos jambes sont lourdes, vous avez du mal à mettre un pas devant l’autre. Tout en marchant, vous frottez vos épaules et vos mains afin de ne pas geler sur place. Tout à coup, le vent que vous avez redouté si longtemps se lève. Du coin de l’œil, vous apercevez ce qui peut bien être un abri de fortune. Encore un. Vous vous mettez à courir, malgré la douleur qui vous coupe les jambes. Vous vous écroulez à peine arrivé derrière un grand rocher. Gelé, vous mettez tout de même votre campement en place, vous glissez dans votre sac de couchage. Le sommeil ne tarde pas à venir.

Vous ouvrez les yeux quand les rayons du soleil atteignent votre visage, mais vous devez aussitôt les refermer tant la lumière du matin est forte. Peu à peu, vos sens vous reviennent. Vous sentez le rouge derrière vos paupières, le froid sous vos mains gelées, les bruits de vos mouvements sur la neige. Lentement, avec une main devant le visage pour vous cacher de la lumière trop forte, vous rouvrez les yeux. Il vous faut encore quelque temps pour vous y habituer, pour ne pas vous brûler en regardant le sol. Où est donc le bandeau que vous utilisiez, autrefois ? Là, dans votre poche.
Le regard protégé, vous fouillez votre grand sac. Un vieux morceau de fromage, que vous grignotez le plus lentement possible pour ne rien en perdre, suffit à votre bonheur. Ce repas trop court achevé, vous vous levez. Tout autour, il n’y a qu’un champ de pierre et de neige. Votre abri vous a à peine offert de quoi ne pas mourir de froid ; c’est déjà beaucoup. Aujourd’hui encore, vous irez un peu plus loin. Le château, lui, a disparu. Pas devant, ni derrière ; pas au Nord, ni au Sud, nulle part. Un espoir de plus qui s’envole. Une chance de survie, aussi.
Le soleil brille dans un ciel sans nuage ce matin, mais il fait froid. La nuit que vous avez passée, bien que semblable à beaucoup d’autres, n’arrange rien : vous êtes frigorifié·e. Perdu·e, seul·e dans cette immensité, il vous faut pourtant repartir. Alors vous vous mettez en marche. Vous grimacez : les premiers pas sont toujours les plus dur. Un pied après l’autre, vous reprenez la route vers le soleil, l’Est et la mer.

Le vent s’est levé contre vous. Il vous ralentit, s’immisce jusque sous vos vêtements. C’est la première fois qu’il vous surprend en plein jour. Ce n’est pas le même que l’ennemi nocturne : celui-ci charrie jusqu’à vous des odeurs que vous connaissez bien, des odeurs que vous n’avez plus senties depuis bien longtemps. Ça sent la viande qui grille sur les grands feux communaux, le vin chaud de l’hiver éternel, les corps nus serrés sous les couvertures, les êtres qui se mêlent
Ce n’est pas tout. Le bruit de la fête arrive bientôt jusqu’à vous, lui aussi. Il vous réchauffe. La salive vous emplit la bouche, les images de festin et de flammes dansent dans vos yeux. Ce n’est plus très loin, vous le sentez. Derrière cette côte, ce que vous cherchez depuis si longtemps. Derrière cette dune blanche, la fin de votre longue marche. Vous montez plus rapidement que jamais, porté·e par un nouvel espoir. Celui qui a habité chacun de vos prédécesseurs, celui d’arriver au bout du chemin.
Vous imaginez déjà l’autre côté alors que vous arrivez à mi-chemin du sommet. Vous imaginez déjà la mer, grande étendue bleue, le port où l’on fêtera votre arrivée, et bien d’autres choses encore. Et bientôt, vous embarquerez pour l’ailleurs sur ces grands bâtiments qui flottent sur l’eau. Poussé·e par le vent, vous quitterez l’éternel hiver.
Quelques pas de plus et vous y êtes. Vous commencez à voir autre chose que la dune, le ciel gris et la neige blanche. La musique se fait plus forte, des cris vous parviennent. Et soudain, vous glissez. Une plaque de glace vous fait tomber, vous descendez de plusieurs mètres. Vous vous arrêtez la tête dans la neige et votre bras, coincé, vous fait mal. La douleur irradie de tous les coins de votre corps. Vous tentez de vous relever, vous retombez. Tout juste avez-vous pu libérer votre bras gauche que vous étendez difficilement sur la neige. Vous ne pouvez rester là : la mer vous attend, juste derrière la colline. Vous vous arrêtez de bouger un instant pour écouter la musique, sentir les odeurs. Plus rien. Vos sens ne vous aident pas plus que votre vue : vous êtes au milieu de nulle part, couché·e dans la neige, à la merci du vent glacé. Vous frissonnez. Des larmes se mettent à couler le long de vos joues, gèlent presque immédiatement. Vous parvenez à vous retourner. Alors que le froid s’empare de vous, des flocons obscurcissent le ciel. Et tombe, tombe la neige.




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« Modifié: 08 Mai 2020 à 11:48:40 par Loïc »
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Re : Tombe la neige
« Réponse #1 le: 09 Septembre 2011 à 21:24:25 »
Citer

Vous avez froid, depuis si longtemps que vous marchez, seul, dans cette étendue blanche qui semble ne pas avoir de fin.
Je pige pas trop la syntaxe de cette phrase, je bloque sur le « depuis si longtemps que »
Et pour aller où ? La fin de la terre, de la neige, du froid.
Je commencerai la seconde phrase avec une préposition, pour qu’il y ait un lien logique entre les deux phrases

Citer
Autours de vous, rien d’autre n’apparait que le château sur l’étendue blanche et neigeuse.
Autour

Citer
qui bordent la mer dont l’étendue bleu fait tant rêver,
bleue

Citer
cette aventure dans laquelle vous êtes présentement plongé.
Plongés

Citer
Vous sentez d’ailleurs que la température à encore diminué,
a

Citer
en regardant au sol.
En regardant le sol (on regarde qq ch, on regarde vers qq ch, mais pas à qq ch)

Citer
Votre bouche se remplit de salive comme vous imaginez le festin qui vous attend,
Je pige pas le « comme »

Citer
Peut être même, c’est possible, sinon probable,
Peut-être

Citer
la mer vous attends,
attend

Citer
. Tout vos sens mobilisés ne vous indiquent rien de plus que votre vue :
Tous


Je m’attendais à une fin plus marquée, à une chute, XD. Là, je trouve ça un peu décevant pour être franche parce que durant tout le texte, il ne se passe vraiment pas grand-chose et tu te répètes beaucoup beaucoup. Certes, l’écriture est fluide, quoique que je m’identifie pas au « vous » mais ça manque d’un peu plus d’actions, de ressenti, de magie, d’atmosphère, enfin de quelque chose qui dynamiserait un peu plus ton texte.
Juste une remarque, «Et tombe, tombe la neige », ça me rappelle quelque chose. Tu t’es inspiré de quelqu’un ? Je verrai bien menthe mettre ça dans un texte comme Cordeline ou je me souviens du titre.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Loïc

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Re : Tombe la neige
« Réponse #2 le: 09 Septembre 2011 à 21:37:58 »
Citer
Je pige pas trop la syntaxe de cette phrase, je bloque sur le « depuis si longtemps que »
Et pour aller où ? La fin de la terre, de la neige, du froid.
Je commencerai la seconde phrase avec une préposition, pour qu’il y ait un lien logique entre les deux phrases

Je crois que cette phrase m'avait aussi chiffonné à l'écriture.

Autour me poursuivra toujours...

Citer
En regardant le sol (on regarde qq ch, on regarde vers qq ch, mais pas à qq ch)

Merci.

Pour ton commentaire général, j'aurais sans doute fait le même si j'avais du me commenter. De manière générale, je ne sais pas terminer un texte et ai du mal à y mettre de l'action.
Pour ce qui est de l'inspiration, a priori non, mais j'vais aller voir le texte dont tu me parles, si jamais il me dit quelque chose.

Merci de ta lecture!
« Modifié: 09 Septembre 2011 à 21:40:35 par Loïc »
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Hors ligne Farnese

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Re : Tombe la neige
« Réponse #3 le: 13 Septembre 2011 à 12:11:56 »
Bonjour Loïc,

Je viens de lire ton histoire (avec ceci en fond en plus, ça collait bien).

Pour ma part j'ai bien aimé l'emploi du "vous", j'avoue que ça me fait un peu penser à Un livre dont vous êtes le héros;D
Le rythme est assez lent c'est vrai, mais il y a quand même une progression dans le texte. Et par contre, la fin m'a vraiment plus, je crois que c'est le passage que j'ai trouvé le plus beau.

Bonne continuation !

Hors ligne Pent-α

  • Tabellion
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  • Ca dépend du moment
Re : Tombe la neige
« Réponse #4 le: 13 Septembre 2011 à 21:05:49 »
Citer
C’est d’ailleurs dans ces conditions que vous avez dormis jusqu’à aujourd’hui.

Dormi je crois. (conditions n'est pas COD)

Citer
Quelques heures gagnées contre la fatigue et l’épuisement qui vous menacent déjà et qui bientôt ne vous lâcheront plus et se feront même de plus en plus pressants à mesure que vous approcherez des si douces terres qui bordent la mer dont l’étendue bleu fait tant rêver, pousse tant de vaillants hommes et femmes à tenter cette aventure dans laquelle vous êtes présentement plongé.

Je trouve cette phrase un peu trop et la syntaxe m'a rebuté.

Moi aussi, j'ai bien aimé le "vous" et je me suis vraiment identifié au personnage, notamment à la fin, au moment où il sent toutes ces odeurs et entend la fête. Même si l'univers est plutôt flou, je me suis laissé emporter par le cheminement et j'ai adhéré au rythme. Cependant, j'ai trouvé le titre étrange par rapport au texte : le titre ressemble au nom d'une comptine ou quelque chose dans le genre, alors que le texte est totalement différent, avec un personnage vraiment dans la galère!

Au plaisir de te relire.
"What if I tried to tell you to do what for?"
The Noisettes

Hors ligne Morgiahn

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Re : Tombe la neige
« Réponse #5 le: 18 Septembre 2011 à 11:47:39 »
Salut Loïc,

J'ai lu ton histoire jusqu'au bout, mon impression générale c'est que je trouve ça un peu long.  J'accroche pas au "vous",  j'ai du mal à m'identifier avec le personnage.
Le château c'est un mirage? Du genre qu'on voit dans le désert ?
Tu ne décris pas assez pourquoi le personnage a entrepris ce voyage.
Je pense que tu devrais décrire aussi un peu plus le personnage, puisque tout tourne autour de lui et de sa quête. A t-il les doigts gelées ? Porte t-il des gants, un manteau ?

Il dit chercher un abri, comment a t-il fait durant tout le voyage ?
Comment fait-il pour se repérer et marcher toujours vert l'est ? :o

Et pour la fin, j'ai l'impression d'être resté sur ma faim. Je voyais plus une mer gelée, une banquise et pas de bateau. Et une frustration chez le personnage qui voulait une mer bleue, il rencontrerait encore un paysage désolé et ne retrouverait pas la vie...

Sinon ça se lit bien, la trame de fond est intéressante.
++
 

« Modifié: 18 Septembre 2011 à 11:58:44 par Morgiahn »
le temps n'existe pas

Hors ligne Plume d'argent

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Re : Tombe la neige
« Réponse #6 le: 24 Septembre 2011 à 15:41:58 »
Salut !

L'écriture est poétique, mais j'ai du mal avec le "vous" je crois que ça passerait mieux avec un je ou un il. Peut-être expliciter un peu plus l'errance du personnage, faire des flashbacks, bousculer un peu sa lente et paisible marche ? Et aussi réduire les répétitions, on a l'impression d'une boucle qui tourne sans fin.

Hors ligne Loïc

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Re : Tombe la neige
« Réponse #7 le: 24 Septembre 2011 à 16:09:47 »
Merci pour vos lectures et commentaires.


@ernya

Citer
[quote)
cette aventure dans laquelle vous êtes présentement plongé.
Plongés
[/quote]

Je m'étais déjà posé la question à la relecture, le vous "singulier" compte donc bien comme pluriel? (Je crois que Butor le prend en singulier, alors ça m'avait perdu).

Citer
Cependant, j'ai trouvé le titre étrange par rapport au texte : le titre ressemble au nom d'une comptine ou quelque chose dans le genre, alors que le texte est totalement différent, avec un personnage vraiment dans la galère!

Je crois que quand j'ai commencé le texte, l'idée était de reprendre le "Tombe la neige", mais ça s'est vite arrêté après la première partie (on le retrouve au troisième paragraphe je crois), que je me sois laissé emporter ou pour une autre raison.

Citer
Le château c'est un mirage? Du genre qu'on voit dans le désert ?

Ca peut être ça ou le personnage qui se prend à espérer.

Citer
Tu ne décris pas assez pourquoi le personnage a entrepris ce voyage.

Je l'évoque très vaguement, j'en conviens. Ca tient aussi à ce que pendant l'écriture j'étais limité à 2500 mots.

Citer
Je pense que tu devrais décrire aussi un peu plus le personnage, puisque tout tourne autour de lui et de sa quête. A t-il les doigts gelées ? Porte t-il des gants, un manteau ?

Cf. plus haut, ce qui n'empêche pas que je le fasse à la réécriture dans la mesure où la contrainte a disparu.

Citer
Il dit chercher un abri, comment a t-il fait durant tout le voyage ?
Comment fait-il pour se repérer et marcher toujours vert l'est ?

Pour l'abri, je l'évoque quand il commence à apercevoir le château. Pour la direction, je suppose en partie avec le soleil, en partie il croit y aller, mais est-ce le cas pour autant?

Citer
Et aussi réduire les répétitions, on a l'impression d'une boucle qui tourne sans fin.

Ce sera ma priorité ;).
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Hors ligne Plume d'argent

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Re : Tombe la neige
« Réponse #8 le: 25 Septembre 2011 à 00:28:19 »
Citer
le titre ressemble au nom d'une comptine ou quelque chose dans le genre

C'est pas une chanson française ? " Tombe la neige. Tu ne viendras pas ce soir.."
(c'est tout ce dont je me rappelle  :-¬?)

je sors =>

Hors ligne Zephyr

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Re : Tombe la neige
« Réponse #9 le: 01 Octobre 2011 à 13:59:40 »
Bon, voila voila.

Le texte est long. C'est la première chose que j'ai a dire est son principal défaut. Il est fluide, relativement bien écrit, avec de bonnes images, mais trop long. Je me suis un peu ennuyer, surtout de la fin de la partie I au milieu de la partie III.
Mais après, le texte gagnerai à être développé. Oui, ça parait contradictoire avec ce que je viens de dire. Mais en fait, il faudrait apporter plus sur le personnage, sur ce qu'il vivait avant de partir, sur des souvenir de chaleur peut-être. Ça enlèverai une grande partie de la lancinante du texte en apportant quelque chose de chaud-froid... Je sais pas du tout si je suis clair...

Mais franchement, il y a quand même du potentiel...
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

Hors ligne Zacharielle

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Re : Tombe la neige
« Réponse #10 le: 01 Octobre 2011 à 18:14:14 »
Loïc, c'est ouf, mais j'ai l'impression que c'est le premier texte de toi que je commente  :o mékomenesspossible ?

Citer
En un mot, la mer, le bout du monde.
J'aurais mis un point après "la mer", pour faire plus tranché. Surtout qu'on a déjà l'idée de lointain avant et après ;)

 
Citer
Ses rayons ne parviennent jusqu’à vous que très faiblement, tant la distance à parcourir et les obstacles sont grands.
que très faiblement. Tant de distance et tant d'obstacles à parcourir avant de vous atteindre... <- hm j'avais pensé à quelque chose comme ça en lisant mais c'est peut-être pas mieux.

Citer
Demain, il se lèvera. A l’Est, au-dessus de la mer.
j'aime bien ces répétitions qui sonnent  comme une litanie

Citer
sombre imprécise, bien que grandissant à chaque pas que vous faîtes.
faites

Citer
Vous accélérez donc le pas : à part l’imposant bâtiment droit devant vous, il ne semble rien y avoir pour vous protéger du gel dans les environs et atteindre le château – si c’en est bien un – ne parait pas impossible.
je comprends pas le "ne parait pas impossible" ??

Citer
Au bout d’une heure déjà, il vous semble s’être rapproché, le château.
le rejet du sujet est un peu lourd

Citer
à tenter cette aventure dans laquelle vous êtes présentement plongé
aujourd'hui plutôt que présentement ?

Oh non, moi je voulais voir ce que c'était le château ! C'est juste un mirage ? :(

Citer
Heureusement que vous avez marché hier bien plus que prévu, poussé par l’espoir d’arriver au château, même si vous n’avez finalement pas eu cette chance, désormais apparemment totalement envolée.
hm c'est un peu poussif. Ce n'est pas la peine de rappeler l'espoir dans lequel le château le plongeait je pense. Insiste plutôt sur sa déception, non ?

Citer
et vous descendez de plusieurs mètres.
ah, c'était en pente ? x) j'ai pas suivi lol


Le choix de la 2e personne du pluriel passe assez bien. Ca se lit bien, c'est fluide, les répétitions créent vraiment une espèce de chanson triste ; c'est bien joué.
Maintenant, je reste un peu sur ma faim pour la fin, tout ce chemin et il tombe et voilà ? Pourquoi marche-t-il, qu'est-ce qui le motive (des souvenirs de chaleur qu'il a, des souvenirs de ses proches, je ne sais pas......), pourquoi il ne rencontre personne si tant de monde est supposé faire le voyage, c'était quoi ce foutu château et ces rêves de victuailles ? Bref ! Comme Zeph je trouve qu'il a du potentiel ce texte, j'ai envie que tu ailles au bout et que tu nous trouve une chute quand il arrive enfin à la mer, avec tous les potes mirages qu'il s'est fait sur la route. Youp !

Hors ligne HB

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Re : Tombe la neige [En chantier]
« Réponse #11 le: 11 Juin 2015 à 13:41:40 »
Salut,
C'est toujours en chantier ?
Ou tu as juste commencé la construction histoire de blanchir de l'argent avant de te barrer sur un autre plan au soleil ?

En quelques mots...

Je n'aime pas l'ajout de deux ou trois noms pour renforcer le / donner du contour au premier, ce qui est récurrent dans ce texte. Un seul exemple (ici avec le verbe, aussi) :
Vous en avez déjà vu, des hommes trop orgueilleux qui pensaient vaincre les éléments, vaincre le gel, vaincre l’hiver.
Choisir un des trois (le gel, perso) devrait amener le lecteur à traverser plus à l'aise le pont qu'est chaque phrase entre deux phrases.
... Ni, plus généralement :
Une plaque de glace que vous n’aviez pas vue sous la couche de neige qui la recouvrait vous fait tomber, et vous descendez de plusieurs mètres.
(Ptêt chuter à la place de tomber, d'ailleurs.)

J'aime l'attention portée aux détails et la maîtrise de l'histoire d'un bout à l'autre, même si apparemment, après lecture des coms, j'ai zappé quelques détails.

Pour terminer, j'aurais aimé avoir plus de choix pour commenter des textes de toi sur ce Gibet.


Hors ligne Loïc

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Re : Tombe la neige [En chantier]
« Réponse #12 le: 11 Juin 2015 à 13:43:48 »
En fait, j'ai ajouté la mention justement pour pas qu'on vienne le lire pendant ce gibet.
La V2 est presque prête, profondément remaniée, mais je le sentais pas de la poster aujourd'hui.

Désolé, je vais mettre une mention en début de topic. ><
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Hors ligne Loïc

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Re : Tombe la neige [V2]
« Réponse #13 le: 12 Juin 2015 à 10:49:25 »
Et donc, la nouvelle version qu'on n'attendait plus (désolé du double post)
Je suis assez attaché à la "féminisation" dans le sens où j'aimerais voir ce que ça donne, et aussi ne pas imposer de sexe à mon perso.
Enfin bref, vous verrez. (C'est aussi la V2 en tête de topic).

I

Vous avez froid. Vous marchez, seul·e, dans cette étendue blanche qui semble ne pas avoir de fin. Combien de jours se sont écoulés depuis votre départ ? Vous ne sauriez le dire, vous avez arrêté de compter. Trop de fois déjà, le soleil s’est levé ; trop de fois il s’est couché. Tout ce que vous savez, c’est que vous marchez vers l’Est, toujours l’Est. Vers la fin de la terre, de la neige, du froid. Vers la mer et le bout du monde, vers un autre monde. Vous ne l’avez jamais vue, la mer. Tout ce que vous en connaissez vient des histoires que l’on vous racontait, enfant, quand déjà vous étiez promis·e à cette longue de marche à travers l’hiver. Pourtant, vous savez qu’elle est là, quelque part, au bout du chemin ; vous pouvez l’imaginer, cette grande étendue bleue. Vous pouvez imaginer un autre futur pour votre peuple.

Vous levez la tête, essayez d’apercevoir le soleil à travers les couches de neige qui ne cessent de tomber. Vous le distinguez difficilement au loin. Ses rayons ne parviennent jusqu’à vous que très faiblement, tant la distance à parcourir et les obstacles sont grands. Impossible de déterminer quelle est la position de l’étoile, de vous en servir pour vous renseigner sur l’heure qu’il peut être. Difficile, même, d’être sûr·e que vous ne vous êtes pas perdu·e. Devant vous, le paysage se brouille. La nuit tombe, le soleil disparait peu à peu derrière cet horizon que vous ne pouvez voir, là, derrière vous. Demain, il se lèvera. A l’Est, au-dessus de la mer.

Une pensée s’impose alors en vous, obsédante : il faut  trouver un abri. Avec la nuit, tout se refroidit. La neige, la terre, le corps, tout gèle, tout devient dur, votre épais manteau, s’il vous permet d’avancer la journée, ne peut résister au vent qui se lève immanquablement. Vous en avez déjà vus, des hommes et des femmes trop orgueilleux qui pensaient vaincre les éléments, vaincre le gel, vaincre l’hiver. Vos prédécesseurs. Ces statues de glace montrent que ça n’est pas si facile. Autour de vous, il n’y a rien que le vide, la mort, et ces flocons blancs qui tombent sans s’arrêter. Parfois, quand le corps ne suit plus, l’espoir d’une mission sacrée ne suffit plus.

Quand vous relevez la tête, une immense forme sombre se tient au loin. Elle n’était pas là, tout à l’heure. Un abri, quoi d’autre ? Vous accélérez le pas. Pas d’autre choix, de toute façon. La nuit s’étend, elle approche. Et la neige continue de tomber. La forme, imprécise, grandit à chaque pas jusqu’à emplir votre champ de vision. Vous cherchez dans votre mémoire, dans le souvenir des textes que vous avez lus, des histoires que l’on vous a contées, une trace de cet endroit. Les récits sur la longue route n’évoquaient qu’abris de fortune, sous un arbre mort ou un rocher, des abris qui vous ont permis de survivre jusqu’à aujourd’hui ; mais rien d’autre n’est en vue que cet immense bâtiment. Or, la nuit arrive, encore et toujours. Déjà, le sol a perdu beaucoup de son éclat. Il faut vous dépêcher.

II

La nuit est tombée, désormais, et la neige s’est arrêtée. Vous aussi, d’ailleurs. Vous vous tenez debout, seul·e au milieu d’une grande étendue pâle, sous le bleu sombre de la nuit et la lueur blanche de la lune. Il fait tout juste assez clair pour que vous voyez, devant vous, cette hauteur noire au loin qui se découpe nettement sur le blanc et le bleu qui l’entourent et lui servent de fond. Vous plissez les yeux. Ça semble être une sorte de château, quelque chose comme ça. Mais il est encore loin et il vous faut l’atteindre avant que le vent se lève et que vous ne soyez plus qu’une statue de plus sur la route de l’Est, qu’un autre échec pour votre peuple. Vous accélérez le pas.

Au bout d’une heure déjà, il vous semble s’être rapproché, le château. Vous avez eu de la chance : le vent de la nuit ne souffle toujours pas et seuls la fatigue et le froid de l’hiver éternel pèsent sur vos épaules. Le temps passe néanmoins, et il n’est pas sûr que cette situation favorable dure encore longtemps. Le grand bâtiment est maintenant un peu plus qu’une forme sombre et indistincte, irréelle. Il vous semble y voir des étendards flotter – le vent doit souffler, là-haut – bien que vous ne puissiez rien deviner de ce qu’ils représentent, rien qui aurait pu vous donner une indication sur l’endroit où vous vous trouvez et sur le chemin parcouru.

Loin au-dessus de vous, la lune veille toujours sur votre long périple, si long qu’il paraît infini. Même ce château, si vous l’atteignez un jour, ne pourra être qu’un abri temporaire, le temps de passer une nuit, peut être deux, dans un lieu protégé des assauts du froid et du vent. Quelques heures gagnées contre l’épuisement qui vous menace déjà, qui bientôt ne vous lâchera plus. La fatigue est devenue une vieille amie, comme les douleurs dans les jambes et le froid loin des feux de l’Occident. Parmi vos prédécesseurs, parmi tous ceux qui sont partis, chaque année, trouver la mer, combien sont arrivés au bout ? Sur ce point, textes et professeurs sont restés muets. Qu’importent, au fond, les succès ou les échecs des autres ? Personne ne vous aidera à arriver au bout de  la route que vous-mêmes.

La neige sous vos pas est plus dure. La température a encore diminué, même si par bonheur le vent ne s’est toujours pas levé. On dit que le vent souffle aussi, sur la mer, mais qu’il ne transporte plus la mort : seulement des odeurs de vie et de poisson. Que là-haut, il permet de marcher sur l’eau.

III

Vous ouvrez les yeux quand les rayons du soleil atteignent votre visage, mais vous devez aussitôt les refermer, tant la lumière est forte. Peu à peu, vous retrouvez vos sens : le rouge derrière vos paupières, le froid sous vos mains gelées, les bruits de vos mouvements sur la neige. Lentement, avec une main devant le visage pour vous cacher de la lumière trop forte, vous rouvrez finalement les yeux. Il vous faut encore quelque temps pour vous habituer à ce soudain trop-plein de lumière et ne pas vous brûler les yeux en regardant le sol. Où est donc le bandeau que vous utilisiez, autrefois ? Là, dans votre poche.

Le regard protégé, vous pouvez désormais fouiller dans votre grand sac – celui que vous transportez depuis le début de votre périple vers l’Est et la mer – afin d’y chercher quelque chose à manger et de compter vos réserves. Sans doute ne sont-elles plus très grandes, aussi vous faudra-t-il bientôt trouver de quoi remplir votre paquetage. Après avoir résisté à une nouvelle nuit à la belle étoile sous la protection d’un grand rocher, il serait en effet bête de mourir de faim. Ce n’est cependant pas à l’ordre du jour, puisqu’en vous restreignant un minimum, vous pourrez marcher encore quelque temps avant d’avoir à trouver de quoi vous nourrir dans cette nature froide et morte. Pour le moment, le vieux morceau de fromage que vous grignotez le plus lentement possible pour ne rien en perdre suffit à votre bonheur. Ce repas est cependant trop court à votre goût et vous devez bien vite vous lever pour tenter de voir où vous en êtes à travers le morceau de tissus qui couvre vos yeux.

Tout autour de vous, il n’y a qu’un champ de pierre de neige. Vous êtes arrivé·e ici la veille, juste avant que le vent se lève. A peine de quoi ne pas mourir de froid ; c’est déjà beaucoup. Aujourd’hui encore, vous irez un peu plus loin. Le château, lui, a disparu. Ni devant, ni derrière, ni au Nord, ni au Sud, nulle part. Un espoir de plus qui s’envole. Une chance de survie, aussi.

Aucun nuage ne bloque les rayons du soleil ce matin, mais il fait froid. La nuit que vous avez passée, bien que semblable à beaucoup d’autres, n’arrange rien : vous êtes frigorifié·e. Vous n’avez cependant pas d’autre choix que d’avancer encore et toujours. Alors vous vous levez, malgré la fatigue, le froid et les jambes lourdes. Puis, un pas après l’autre, vous reprenez la route vers le soleil, l’Est et la mer.

IV

Un vent froid s’est levé contre vous. Il vous ralentit, s’immisce jusqu’au plus profond de vos vêtements. C’est la première fois qu’il vous surprend en plein jour. D’ailleurs, ce n’est pas le même que l’ennemi nocturne : celui-ci charrie jusqu’à vous des odeurs que vous connaissez bien, des odeurs que vous n’avez plus senties depuis bien longtemps. Ça sent la viande qui grille sur les grands feux communaux, le vin chaud de l’hiver éternel, les corps nus serrés sous les couvertures, les êtres qui se mêlent…

Ces odeurs ne viennent pas seules. Le bruit de la fête arrive bientôt jusqu’à vous, lui aussi porté par le vent. Il n’est plus froid, comme vous l’aviez cru, mais vous réchauffe. Votre bouche se remplit de salive, les images de festin et de flammes dansent dans vos yeux. Ce n’est plus très loin, vous le sentez. Derrière cette côte, ce que vous cherchez depuis si longtemps. Derrière cette dune blanche, la fin de votre longue marche. Vous montez plus rapidement que jamais, porté·e par un nouvel espoir. Celui qui a habité chacun de vos prédécesseurs, celui d’arriver au bout du chemin.

Vous imaginez déjà ce que vous trouverez de l’autre côté, alors que vous arrivez au milieu de la montée. Vous imaginez déjà la mer, grande étendue bleue, le port où l’on fêtera votre arrivée et d’autres choses encore. Et bientôt, vous embarquerez jusque chez vous, vous irez chercher votre peuple sur ces grands bâtiments qui flottent sur l’eau. Poussé·e par le vent, vous mettrez fin à l’hiver éternel.

Et soudain, vous glissez. Une plaque de glace que vous n’aviez pas vue sous la couche de neige vous fait tomber, et vous descendez de plusieurs mètres. Vous vous arrêtez la tête dans la neige et votre bras, coincé, vous fait mal. La douleur irradie de tous les coins de votre corps. Vous tentez de vous relever, vous retombez. Tout juste avez-vous pu libérer votre bras gauche, que vous étendez difficilement sur la neige. Vous ne pouvez rester là : la mer vous attend, là-haut, juste derrière la colline. Vous vous arrêtez de bouger un instant, pour écouter la musique, sentir les odeurs. Plus rien. Tous vos sens ne vous indiquent rien de plus que votre vue : vous êtes au milieu de nulle part, couché·e dans la neige, à la merci du vent glacé. Vous frissonnez, des larmes se mettent à couler le long de vos joues, gèlent presque immédiatement. Vous parvenez à vous retourner. Alors que le froid s’empare de vous, des flocons obscurcissent les cieux. Et tombe, tombe la neige.

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Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Re : Tombe la neige [V2]
« Réponse #14 le: 12 Juin 2015 à 13:45:40 »
Salut Loïc,
désolé pour la gaffe, pour l'intrusion sur le chantier pendant le Gibet.  :-[

...

Toujours le même conseil d'HB : élaguer certaines branches et arracher les mauvaises herbes (mauvaise métaphore en vue de l'univers gelé) qui barrent la route rythmée que tu traces au lecteur.
(Pour masc ou fém... aucune idée.)
Quelques exemples :

Pourtant, vous savez qu’elle est là, quelque part, au bout du chemin ; vous pouvez l’imaginer, cette grande étendue bleue. Vous pouvez imaginer un autre futur pour votre peuple.
> ... qu'elle est là, au bout, quelque part ; vous imaginez la grande étendue bleue, un futur différent pour votre peuple.

Une pensée s’impose alors en vous, obsédante : il faut  trouver un abri. Avec la nuit, tout se refroidit. La neige, la terre, le corps, tout gèle, tout devient dur, votre épais manteau, s’il vous permet d’avancer la journée, ne peut résister au vent qui se lève immanquablement.

Le regard protégé, vous pouvez désormais fouiller dans votre (> le ?) grand sac – celui que vous transportez depuis le début de votre périple vers l’Est et la mer – afin d’y chercher quelque chose à manger et de compter vos réserves. (plus inversion : compter réserves d'abord ?)

Au début, j' imaginais plutôt une migration (solitaire) des temps préhistoriques. Je sais plus trop. Je m'en vais lire les autres coms afin de piger à quel point j'étais loin de la vérité.

 


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