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09 Mai 2026 à 15:04:15
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes mi-longs » Les Landelles (vie dans le Centre Bretagne - années 1950-70)

Auteur Sujet: Les Landelles (vie dans le Centre Bretagne - années 1950-70)  (Lu 7849 fois)

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Re : Re : Les Landelles (vie dans le Centre Bretagne - années 1950-70)
« Réponse #30 le: 02 Mai 2026 à 23:28:26 »
Salut Mélina  :)

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Il s'agit peut-être d'un "passéisme naïf" effectivement mais de là à le relier à la "propagande de l'extrême droite", je ne pensais pas cela puisse être interprété en ce sens !   :/
Je me suis peut-être mal exprimé, je ne voulais pas t'accuser. C'est juste que le discours "c'était mieux avant", ben c'est un poncif historiquement et scientifiquement faux, mais très répandu :
1- parce que c'est une tendance naturelle (on la retrouve dans des textes de l'Antiquité), ça s'explique neurologiquement par une réécriture des souvenirs par le cerveau qui en vieillissant juge davantage sur l'expérience... bref il faut regarder la littérature scientifique là dessus mais en gros c'est biologiquement normal de devenir conservateur avec l'âge.

2-parce qu'il est très diffusé dans les médias (et j'emploie ici médias au sens très large), médias qui sont concentrés aux mains de quelques milliardaires qui poussent des opinions conservatrices (normal, ils n'ont pas intérêt à ce que ça change). Là aussi, il y a toute une biblio scientifique et journalistique sur la concentration médiatique, le fait que le propriétaire d'un journal influe forcément sur son contenu, etc.  D'où mon terme de "propagande"
Ce discours, il est non seulement largement véhiculé aujourd'hui, mais en fait depuis toujours (comme je te l'ai dit, ça remonte à l'Antiquité ! le mythe de l'Age d'or, toussa...). Au point qu'il est perçu comme très légitime, parce que relayé par nombre de grands auteurs, alors que , scientifiquement, pas du tout !

3- parce que c'est un thème caractéristique de l'extrême droite.
 1) c'est la base même de l'extrême droite, qui nait en même temps que la politique, c'est à dire à la Révolution française, avec pour programme de revenir à l'Ancien Régime ("c'était mieux avant")
2) c'est un discours que ne partage aucun autre parti. La gauche veut que ça change, la droite (conservatrice) veut que ça reste comme c'est maintenant (aujourd'hui c'est moins évident parce qu'il y a eu un glissement et que les discours de droite sont en fait des discours d'extrême droite : on le voit en comparant leurs programmes avec ceux d'il y a 30 ans, ou avec les alliances LR+RN aux élections)
3) c'est leur fond de commerce populiste, l'extrême droite promettant de revenir à un âge d'or fantasmé ("c'était mieux avant") qui n'a évidemment jamais existé. Ainsi, Hitler promet la grandeur de l'Empire allemand, Mussolini celui de Rome, Pétain celui de la France pré-industrielle (paysannerie, corporation, etc.)
C'est là que c'est dangereux, parce que l'extrême droite promet un futur radieux, qui est en fait un retour à un passé glorieux (en se servant de cette tendance naturelle, biologique, à la nostalgie conservatrice), mais n'offre en fait qu'un présent affreux.

En conclusion, le passéisme n'est pas, par essence, un discours d'extrême droite, mais il est récupéré, instrumentalisé et diffusé par l'extrême droite.

J'imagine que, comme la plupart des gens, tu n'en avais pas conscience, tu t'es juste laissé influencer par un discours très répandu, mais scientifiquement très discutable, bref de la propagande  ;) (un mensonge répété 1000 fois devient une vérité, comme disaient Hitler et Goebbels)

 :mafio:
« Modifié: 02 Mai 2026 à 23:54:01 par Auteur »
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Hors ligne Robert-Henri D

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Bonjour Mélina Le Page,

Je viens de lire le prologue et le chapitre 1 du sujet "Les Landelles 1963" et je dois avouer qu'il m'a enthousiasmé autant que bouleversé.

Certes quand bien la Bretagne fut pour moi un lieu de vacances et pour mon père une seconde "patrie", j'avoue ne pas connaitre "Les Landelles" mais il se trouve que le nom d'un bourg peu éloigné m'a interpellé : Mohon. En fait, hormis la campagne Ardennaise où je vis, j'ai eu l'occasion de parcourir dans ma jeunesse un autre lieu, ancienne commune française, située dans le département précité et portant le même nom (rattachée depuis la fusion de 1966 à Charleville-Mézières [ma "terre natale"] )

Cet autre passage m'a lui aussi beaucoup ému (mis à part le fait que je suis un garçon !) :

Citer
Le lendemain matin, Bernadette Pellan sortait, toute bleue, du ventre de sa mère. Le docteur Leroux coupa le cordon ombilical enroulé autour du cou du bébé avant de la tenir par les pieds, la tête en bas et de lui donner une bonne claque sur les fesses.


Cette pensée m'est venue : ça c'est pas banal ! c'est exactement ce qui m'est arrivé en 1943 !
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne Mélina Le Page

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Bonjour Robert-Henri !  :mrgreen:
Merci pour ton commentaire. Je suis ravie que tu aies apprécié !  ^^
L'important dans la vie n'est pas le triomphe mais le combat (Coubertin).

Hors ligne Mélina Le Page

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1964
Chapitre 6 : Cours préparatoire
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Hors ligne Robert-Henri D

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Re : Les Landelles (vie dans le Centre Bretagne - années 1950-70)
« Réponse #34 le: Aujourd'hui à 01:46:12 »
Hello,

J'ai quelques notes à confier, suite à ma lecture du chapitre 2 "Jeux d'enfants"

les voici :

Bernadette venait de se réveiller dans son lit en fer blanc à l’étage.
( je me demande, s'il ne vaudrait pas mieux permuter le lieu et l'objet ? Ainsi, on visualisera d’abord l’espace, puis l’objet situé dans cet espace.)

Hum ! les bonnes galettes cuites sur la gal’tière  posée sur le feu, avec juste un p’tit de beurre et un peu d’œuf battu ! (il semble qu'un mot peut manquer entre "p'tit" & "de beurre" )

A cette époque, il n’y avait pas encore d’eau courante aux Landelles, un seau avec une louche était donc posé au coin du fourneau. L’eau provenait du puits en haut du village, sur la place commune. (ce détail m'a fait songer que, lorsqu'on avait la chance de posséder un puits sur sa propriété ( ou une source d'approvisionnement d'eau naturelle ) les les gens qui en étaient dépourvus pouvaient demander à bénéficier du "droit de puisage" une servitude immobilière qui permet encore de nos jours à un propriétaire ( sous condition ), de prélever de l'eau sur le terrain d'un voisin, régie par le Code civil français et surtout valable de nos jours dans le milieu agricole. )

Quand elle passa devant le poulailler, une cabane faite de planches de bois ( petite bizarrerie... du moins pour l'époque, où une planche est par défaut : en bois.)

Celui-ci faisait aussi partie de la famille de la famille de Bernadette car c’était un cousin éloigné d’Anna tandis que sa femme Marie-Thérèse, que tout le monde appelait simplement « Marie », était une de ses cousines.
( je peux me tromper, mais, La locution "faisait aussi partie de la famille de la famille de" ne me parait pas plausible telle quelle car ça me semble sonner de façon trop redondante pour s'admettre. Sauf que c’est moins une question de grammaire qu'un sentiment d’euphonie et de logique phrastique. )

Pendant ce temps, Bernadette préleva quelques brins d’herbe et de la terre sur le bord du chemin. Puis elle placa l’herbe coupée et la terre dans la casserole et mélanga le tout à l’aide d’un bâton. Quand Marylène revint avec sa tasse pleine d’eau, elles délayèrent la terre avec et touillèrent pour obtenir un mélange collant qui fit office de pâte à galette. ( c'est tout à fait comme ça que l'on pratiquait ! [petites fautes de frappe : cédille manquante à "plaça" & mélanga pour mélangea]

Bernadette se leva rapidement et s’échappa en slalomant entre les piliers en bois qui soutenait la grange pour échapper à sa poursuivante.
( petite faute d'accord soutenait pour soutenaient et virgule manquante après "grange")

Elle se mit alors à la chatouiller tandis que la petite fille se débattait en rigolant à gorge déployée et battant des pieds pour tenter de se libérer.
( peut-être faut-il remplacer la conjonction de "et battant" par une virgule ? )

Marylène laissa son amie tranquille et se laissa tomber sur le dos.
( on a 2 x laissa )

Une fois son déjeuner enfilé, un reste de pot-au-feu de la veille, ( Je tique sur « enfilé » qui dans ce contexte me semble inapproprié, sauf si l’on cherche volontairement un effet trivial — et encore, même dans les années 50, ce n’était pas le verbe le plus naturel pour parler d’un repas pris à la hâte. En revanche, il nous arrivait de l'utiliser pour parler de gloutonnerie et autre exagération quantitative )

Comme il n’était pas encore à la retraite, Jean était toujours le propriétaire et le chef de l’exploitation tandis qu’Eugène n’était qu’ouvrier, bien que marié à Anna. ( je crains qu'il n'y ai eu confusion entre le statut juridique de Jean et celui de propriétaire immobilier )

Sans tracteur, il fallait donc semer le champ entier à la main. Cela leur prendrait plusieurs jours pour s’occuper de tous ses champs mais les anciens étaient ainsi, ils prenaient le temps de bien faire les choses et respectaient la nature. ( en cette période d’après guerre, où le cheval de labour le disputait encore à la mécanisation d'avant 1970, c'était aussi une question de taille d'entreprise. Laquelle, si elle ne pouvait investir dans l'achat de machines agricoles sans prendre le risque de déséquilibrer son "Compte de Résultat" avait néanmoins pour solution de les louer ou d'en partager l'usage [ce qui, de nos jours reste possible et éviterait bien des vicissitudes "entre autres" aux petits céréaliers ! ] )

Les vaches étant traites tous les jours, leur lait était stocké dans des bidons en aluminium, gardés au froid dans un bac réfrigéré sous le hangar des Pellan. Une fois par semaine, André, l’ouvrier de la laiterie Bihan de Plouguenast, faisait le tour des fermes alentours avec son camion-citerne pour récupérer le surplus de lait dont les fermiers comme les Pellan n’avaient pas besoin. (Oups ! il faisait quoi André, avec ce lait impropre à a consommation ?)

Elle plaça ensuite celle-ci dans la ribote, ou plus communément appelée baratte, sorte de fût en bois monté sur trépieds. Les filles actionnèrent la manivelle chacune leur tour afin de faire tourner les pales qui battaient la crème à l’intérieur. Au bout d’un moment, des grains jaunes de beurre apparurent, baignant dans un liquide blanc, le lait ribot. (ça le fait un peu pédagogique )

Le fromage avait pour marque « Le voyageur ». Sur le couvercle, le dessin représentait un homme, un peu rougeaud et bien en chair, assis dans un train, avec à ses pieds une bouteille de vin rouge et, bien sûr, un quartier du fameux camembert à la main. ( Alors là ! ça me rappelle mon enfance : quand je collectionnais les buvards publicitaires et les étiquettes de fromage ! )

Parfois Anna préparait également de la bouillie d’avoine, brune, mais qui n’avait pas autant de succès après de la fillette qui n’aimait pas cela.
( moi j'adorais, c'était en vérité des flocons d'avoine )

Seule la pièce de vie était chauffée grâce au fourneau, les autres pièces de la maison étaient glacées en hiver
( il me semble que cette précision figure déjà dans ce même chapitre )

Bernadette se déshabilla rapidement en grelotant et enfila son pyjama avant de se glisser entre les draps froids. Elle cala l’édredon bourré de plumes sur ses pieds et remonta la couverture sous son menton. Puis elle posa ses pieds sur la bouillotte et attendit quelques instants que la chaleur se répandît dans le lit. ( perso, je remplacerais le premier "ses pieds" par "ses jambes" la phrase y gagnerait peut-être côté style ? )

Bien cordialement.
« Modifié: Aujourd'hui à 01:53:44 par Robert-Henri D »
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne Mélina Le Page

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Re : Les Landelles (vie dans le Centre Bretagne - années 1950-70)
« Réponse #35 le: Aujourd'hui à 12:39:13 »
Salut Robert-Henri !  :mrgreen:
Merci pour ton commentaire très instructif et tes remarques sur ton expérience personnelle. C'était très intéressant.  ^^

J'avais effectivement laissé traîné plusieurs coquilles et erreurs d'étourderie.  :huhu:

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Hum ! les bonnes galettes cuites sur la gal’tière  posée sur le feu, avec juste un p’tit de beurre et un peu d’œuf battu ! (il semble qu'un mot peut manquer entre "p'tit" & "de beurre" )
Grammaticalement, oui mais c'est l'expression qu'on utilisait dans ma famille. :-¬? Je vérifierai quand même auprès de ma mère.  ;)

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Une fois son déjeuner enfilé, un reste de pot-au-feu de la veille, ( Je tique sur « enfilé » qui dans ce contexte me semble inapproprié, sauf si l’on cherche volontairement un effet trivial — et encore, même dans les années 50, ce n’était pas le verbe le plus naturel pour parler d’un repas pris à la hâte. En revanche, il nous arrivait de l'utiliser pour parler de gloutonnerie et autre exagération quantitative )
De même ici où "enfiler" dans mes souvenirs fait référence à quelque chose de manger rapidement.

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Comme il n’était pas encore à la retraite, Jean était toujours le propriétaire et le chef de l’exploitation tandis qu’Eugène n’était qu’ouvrier, bien que marié à Anna. ( je crains qu'il n'y ai eu confusion entre le statut juridique de Jean et celui de propriétaire immobilier )
Je ne sais pas ce qu'il en était au niveau juridique, toujours est-il que c'était ainsi qu'était perçue la situation par Jean.

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Sans tracteur, il fallait donc semer le champ entier à la main. Cela leur prendrait plusieurs jours pour s’occuper de tous ses champs mais les anciens étaient ainsi, ils prenaient le temps de bien faire les choses et respectaient la nature. ( en cette période d’après guerre, où le cheval de labour le disputait encore à la mécanisation d'avant 1970, c'était aussi une question de taille d'entreprise. Laquelle, si elle ne pouvait investir dans l'achat de machines agricoles sans prendre le risque de déséquilibrer son "Compte de Résultat" avait néanmoins pour solution de les louer ou d'en partager l'usage [ce qui, de nos jours reste possible et éviterait bien des vicissitudes "entre autres" aux petits céréaliers ! ] )
Tant que Jean était vivant, il ne voulait pas faire de frais pour moderniser la ferme, contrairement à Eugène, ce qui était souvent source de conflit entre le beau-père et le gendre. Une fois Jean décédé, Eugène a pu faire ce qu'il voulait et acheter un tracteur, entre autres.
Je vais voir comment intégrer ce fait plus clairement dans mon récit.

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Les vaches étant traites tous les jours, leur lait était stocké dans des bidons en aluminium, gardés au froid dans un bac réfrigéré sous le hangar des Pellan. Une fois par semaine, André, l’ouvrier de la laiterie Bihan de Plouguenast, faisait le tour des fermes alentours avec son camion-citerne pour récupérer le surplus de lait dont les fermiers comme les Pellan n’avaient pas besoin. (Oups ! il faisait quoi André, avec ce lait impropre à a consommation ?)
Je vais soumettre la question à ma mère. Peut-être qu'en fait, André passait plus souvent que ça ?

Bon week-end
L'important dans la vie n'est pas le triomphe mais le combat (Coubertin).

 


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