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05 novembre 2026 à 22:37:51
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le voyage de Lucie

Auteur Sujet: Le voyage de Lucie  (Lu 2176 fois)

Hors ligne Murex

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Le voyage de Lucie
« le: 20 mai 2024 à 10:39:32 »
  N. B. : Ce texte a été écrit pour les enfants, mais je ne pense pas que cela pose problème ici....de toutes façons ne sommes-nous pas tous de grands enfants ?


     Quand on est une petite fille, il n’est pas bon de s’endormir la tête posée sur une citrouille, Lucie qui l’ignorait en fit un jour la cruelle expérience.
     … Cet après-midi là, il faisait chaud, très chaud même, les herbes grillaient au soleil et les abeilles ivres de soleil volaient de fleurs en fleurs. Lucie s’étendit sous le grand figuier du jardin où était rangé le gros tas de citrouilles que son père avait cueillies tantôt. Comme il faisait frais sous son ombre et que de parfums montaient de la terre surchauffée !          Elle n’avait rien à faire sinon rêver, sinon dormir, et elle regardait le ciel à travers ses larges feuilles qui comme des mains s’agitaient dans le vent et qui semblaient lui dire : bon voyage Lucie, bon voyage…
     Lucie avait grand besoin, en effet, qu’on lui souhaitât bon voyage car elle se retrouva bientôt dans le ciel dangereusement perchée sur une citrouille, devant faire, comme une acrobate de cirque, des prodiges pour ne pas tomber.
     Un instant elle se sentit perdue, son corps bascula en arrière, elle fit un saut périlleux, puis deux, puis trois, et se retrouva assise sur une nouvelle citrouille, car des citrouilles il y en avait partout autour d’elle, tout le tas que son père avait amassé voguait aussi dans le ciel, et c’était si joli, que malgré sa peur, Lucie se mit à admirer le spectacle. Le soleil jouait avec elles, faisait étinceler celle-ci, assombrissait celle-là, rendait cette autre transparente comme une lanterne vénitienne.
     C’est alors qu’elle entendit une voix d’enfant, une voix plutôt désagréable qui lui disait :
     — Mais regardez donc cette sotte qui se tient en équilibre sur sa citrouille, en voilà une façon de voyager !
     Se retournant, elle vit une tête de petite fille qui sortait par la fenêtre d’une grosse citrouille, car, aussi surprenant que cela puisse paraître, il y avait bien une fenêtre dans le fruit, Lucie en distinguait même les volets verts et le petit rideau brodé.
     — Mais enfin… qui es-tu ? Que fais-tu là toi aussi…,bredouilla-t-elle désemparée.
     Un grand éclat de rire accueillit ses paroles.
     — Elle est encore plus sotte que je ne le pensais… Eh ! vous autres, venez voir la nouvelle.
     Et de toutes les citrouilles du voisinage s’ouvrirent des fenêtres auxquelles apparurent des têtes de petites filles curieuses.
     — Elle ne sait ni qui nous sommes, ni ce que nous faisons là, c’est vraiment trop drôle… Et toutes se mirent à éclater d’un rire moqueur qui la vexa cruellement.
     — Ce que nous faisons là, reprit l’une d’entre elles, cela me paraît évident, nous voyageons, nous voyageons…
     — Oui, poursuivit sa voisine, nous allons chacune dans un jardin de rêve, et Dieu sait qu’il y en a des jardins de rêve dans le ciel ! Moi, j’ai choisi cette fois-ci le  jardin des écureuils. Oh ! ils sont charmants, charmants les écureuils, quoiqu’un peu trop bavards à dire vrai ; et ma voisine le jardin des dromadaires, une drôle d’idée ! il y fait trop chaud à mon goût, quoiqu’il est vrai, les dattes y sont aussi grosses que des ballons de rugby, et délicieuses, paraît-il, délicieuses…
     — Et moi, reprit une voix fluette, j’ai choisi le jardin des libellules , et cette fois-ci je n’aurai pas peur de planer sur leur dos au-dessus des ruisseaux et de passer au travers des roseaux, et de…
     Mais à cet instant, le pied gauche de Lucie glissa et elle manqua d’un rien de tomber dans le vide.
     — Mais entre donc dans ta citrouille, idiote, lui cria sa plus proche voisine, sinon d’un instant à l’autre tu vas dégringoler de là, et nous allons toutes perdre une très délicieuse camarade.
     Et ces paroles moqueuses engendrèrent à nouveau de grands éclats de rire.
     — Mais comment faire ? interrogea Lucie d’une voix suppliante.
     — Ne sois donc pas aussi sotte, reprit la même petite fille dont la voix s’était un peu radoucie : dévisse donc le haut.
     C’était très simple en effet, en un tour de main Lucie dévissa la queue séchée de sa citrouille, et par cet orifice pénétra à l’intérieur du fruit. À son grand étonnement, celui-ci était creux, il y avait là une table, deux ou trois chaises, un petit lit, des bibelots divers, quelques tableaux aux murs. Elle était chez elle en quelque sorte et ce n’était pas désagréable après toutes ces péripéties. Son fruit ayant comme les autres une fenêtre, Lucie curieuse de connaître sa destination, ne tarda pas à l’ouvrir pour interroger ses étranges voisines.
     À peine s’y fût-elle penchée qu’une citrouille la frôla puis s’éloigna si vite  qu’elle n’eût que le temps d’entendre ces quelques mots : « Eh bien ! Voilà une citrouille dans laquelle je n’aimerais pas me trouver ». « Sûr, avec une queue aussi tordue et un si gros ventre, renchérit sa voisine, elle ne peut aller qu’au jardin des géants .»
     — Au jardin des géants ! répéta Lucie soudain inquiète. Mais ce sont de bons géants au moins, des géants qui aiment bien les petites filles ? 
     — Ah ça ! pour les aimer, ils les aiment, ils en raffolent même, et de cent manières différentes, lui fut-il répondu ; mais de préférence sous forme de citrouilles fourrées à la petite fille, passées au four avec juste un filet d’huile, quelques graines de coriandre et un soupçon de poivre. Une recette très simple en vérité.
     — Comment, comment ! ils… ils…, répéta Lucie la gorge nouée, ils dévorent les enfants !
     — Les petits et les grands, les maigres et les gros, les blonds et les bruns…Oh ! ils ne sont pas difficiles…des êtres un peu frustres assurément et qui ont des manières détestables, ils mangent avec leurs doigts, oui, avec leurs doigts, répéta-t-elle, je ne sais même pas si dans leur langue les mots de cuillers, de fourchettes, de pince à sucre, de rince-doigts ont un sens… une honte, une véritable honte.
     Lucie en avait assez entendu, paniquée, elle se boucha les oreilles et se mit à bredouiller pour elle-même : «  Mon Dieu, mon Dieu, je t’implore, toi et tous les saints protecteurs des citrouilles et des petites filles ; Sainte Vierge des cucurbitacées, Saint patron des potirons et des petites filles enfermées dans des citrouilles… »
     Mais bientôt, sortant de sa torpeur, elle aperçut à ses côtés un melon, un beau melon bien mûr, un peu trop mûr même et qui sentait une drôle d’odeur.
      — Tiens, ce doit être une erreur, se dit-elle à haute voix.
      — Une erreur ! Mon melon et moi-même n’avons rien d’une erreur, ma chère, par contre nous avons tendance à penser que vous en commîtes une lorsque vous montâtes tantôt, fort étourdiment, dans la première citrouille venue, n’est-il point vrai ?
     — Nous ne montâtes et nous ne commîtes rien du tout, répondit sèchement et  incorrectement Lucie, que ces préciosités de langage avaient passablement agacée.
     — Allons, allons, ne le prenez pas ainsi, jeune fille,… mais permettez-moi tout d’abord de nous présenter. Vous avez devant vous deux fossiles vivants, les derniers témoins du règne des melons, car il y eut le règne des melons avant celui des citrouilles, sachez le bien étrangère, et il fut grand et magnifique. Ah ! c’était un bien joli temps, croyez-moi. Quelle féerie de formes et de couleurs, que de divins parfums montaient alors dans le ciel…Et puis vinrent toutes ces petites garces avec leurs citrouilles, alors bien sûr, ils n’ont pas fait le poids les pauvres melons, pour tout dire, ils ont fini cuits, écrabouillés dans des pots de con…
     La vieille petite fille ne put achever sa phrase, car subitement son melon se mit à vaciller dangereusement, fit un demi-tour sur lui-même avant de retrouver un semblant d’équilibre.
     …«…fiture, confiture » acheva la vieille petite fille.
     — Excusez ces légères perturbations, mon melon est très âgé, reprit-elle d’un air désinvolte… mais si cela ne vous ennuie pas, je vais vous faire présentement un bref historique de notre règne prestigieux.
     — Mais cela m’ennuie ÉNORMÉMENT, s’écria Lucie au comble de l’exaspération. Je vais me faire bouffer sous peu par des géants, et vous voulez que j’écoute vos sornettes… Ah ! non, jamais.
     — Voilà donc ce qui vous préoccupe tant, s’exclama la vieille petite fille, mais ma chère, il est fort simple de leur échapper à ces monstres, il suffit pour cela de chanter faux et très fort, mais surtout très faux, n’importe quoi, tout ce qui vous passera par la tête…
     Et sur ces paroles, le melon s’éloigna, solitaire comme une lune dans le ciel.
     …Chanter faux, se répéta Lucie, voilà qui est absurde… mais pas bien difficile…non, vraiment pas bien difficile…pas difficile du tout…bredouilla-t-elle avant de tomber de fatigue et de s’endormir.
     Ce fut un grand choc, ou plutôt une succession de chocs qui la réveilla, car, tel un ballon, sa citrouille rebondissait dans le jardin des géants. Et des géants, il en venait de toutes parts, et tous couraient furieusement après elle avec de gros yeux pleins de convoitise et en se pourléchant par avance les babines. C’est alors, qu‘au comble de la panique Lucie se souvint du conseil qui lui avait été donné et, à tout hasard se mit à chanter «  Il était un petit navire…. » et cela, d’une voix si fausse, si éraillée que les géants pour échapper à ce supplice durent impérativement se boucher les oreilles avec leur mains. Tant qu’elle chanterait de la sorte, il était évident qu’il leur serait impossible de l’attraper, et elle continua donc à chanter à tue-tête, de toute ses forces, avec tout son courage, avec toute la fausseté dont elle était capable. Les géants impuissants, incapables de la saisir avec leurs mains, pris d’une rage folle se mirent alors à shooter dans sa citrouille l’envoyant de plus en plus loin, de plus en plus haut, si bien qu’elle finit par s’échapper de ce jardin épouvantable.
     Mais quel chambardement dans la citrouille ! Table, chaises, lit, tableaux, étaient sens dessus dessous. « Il faut que j’arrange tout cela, se dit Lucie, ce n’est pas du tout convenable, non, pas du tout convenable, mais épuisée, elle ne tarda  pas à s’assoupir. »
     Ce qui arriva ensuite fut très simple et assez bête en somme. Le ballon de son petit frère vint percuter violemment la citrouille où reposait sa tête « Mon Dieu, s’alarma-t-elle, voilà que je viens de retomber dans ce maudit jardin, et voyant courir son petit frère, un instant, elle crut voir un géant lancé à sa poursuite.
     Ah ! sûr qu’à partir de ce jour, elle ne voulut plus jamais entendre parler de citrouilles, Lucie, ni en manger d’ailleurs, que ce soit en gratin, en soupe, en tarte, ou sous quelque autre forme que ce soit.
« Modifié: 02 juin 2024 à 09:55:09 par Murex »

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
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Re : Le voyage de Lucie
« Réponse #1 le: 20 mai 2024 à 19:37:20 »
Merci pour ton conte. Ça me fait penser un peu à "Alice au pays des merveilles" ou au "Magicien d'Oz", avec tes mondes imaginaires. Surtout que, sauf si je me trompe, ce sont eux aussi des rêves.

J'ai bien aimé le découvrir, il est agréable a lire. Sinon j'ai relevé trois passages :

"montaient de la terre surchauffée !          Elle n’avait rien à faire sinon rêver, sinon dormir, "
Tu as fait un espace trop grand.

"il y avait là une table, deux ou trois chaises"
Tu décris la pièce. Lucie sait bien s'il y a deux ou trois chaises. S'il y en a un de caché, elle ne le voit pas et ne peut pas les compter.

"Et puis vinrent toutes ces petites garces avec leurs citrouilles"
Le mot "garce" est grossier, ça fait bizarre. Utilise plutôt "idiote", surtout que tu dis que c'est pour les enfants.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Murex

  • Prophète
  • Messages: 966
Re : Le voyage de Lucie
« Réponse #2 le: 22 mai 2024 à 09:49:11 »

  Merci Cendres pour ton retour. Connaissant ton côté grand enfant, et cela n'a pour moi rien de péjoratif, je savais que mon histoire te plairait.
  Je ne vois pas d'espace en trop après "surchauffée !". La phrase terminée, je vais à la ligne avec un décalage normal vu le contexte.
  Oui, Lucie, sait très bien s'il y a deux ou trois chaises, mais je suis un'observateur extérieur qui n'a qu'une appréciation d'ensemble du mobilier, d'où cette incertitude.
  Non, "garce" n'est pas un mot particulièrement grossier, et il me semble parfaitement adapté à la situation.
  Mais je te remercie pour tes remarques.
 
  Murex
 

 

Hors ligne True Duc

  • Calliopéen
  • Messages: 498
Re : Le voyage de Lucie
« Réponse #3 le: 22 mai 2024 à 12:32:54 »
Un bien beau joli conte. Pour les grands et les petis.
Rien à dire de particulier, ça coule tout seul, bien rédigé, pas d'erreurs de syntaxe relevées.
La grammaire, pas mon fort, mais un doute sur : Nous ne montâtes et nous ne commîtes => nous ne montâmes pas et nous ne commîmes... ?
« Tu veux t'asseoir sur le trône ? Faudra t'asseoir sur mes genoux.»(Elie Yaffa)

Béatrice M

  • Invité
Re : Le voyage de Lucie
« Réponse #4 le: 22 mai 2024 à 13:13:36 »
Bonjour Murex
Un beau texte pour les enfants comme les grands enfants 😊Oui le mot garce gâche un peu dommage, (débauchée) tu en pense quoi?
Bon c'est toi l'auteur tu vois
Douce journée 

Hors ligne Murex

  • Prophète
  • Messages: 966
Re : Le voyage de Lucie
« Réponse #5 le: 23 mai 2024 à 09:54:31 »
Merci, True Duc, pour ton retour.
Concernant :   
  — Nous ne montâtes et nous ne commîtes rien du tout, répondit sèchement et  incorrectement Lucie, que ces préciosités de langage avaient passablement agacée.
  C'est bien sûr incorrect, ce qui est précisé quelques mots plus loin :"sèchement et incorrectement". La formulation juste étant : " montâmes " et "commîmes" qui doivent s'accorder avec la première personne du pluriel.

 Merci Béatrice M
 Non, je le répète, pour moi "garce" ou plus exactement ici "petites garces" est le terme qui convient. Il est couramment utilisé pour qualifier une enfant particulièrement désagréable. "Débauché" serait déplacé, c'est un terme qui s'applique uniquement aux adultes qui mènent une vie licencieuse.

  Murex

 

Béatrice M

  • Invité
Re : Le voyage de Lucie
« Réponse #6 le: 23 mai 2024 à 11:11:14 »
Bonjour Ok Murex pas de soucis relu avec plaisir, belle journée

Hors ligne True Duc

  • Calliopéen
  • Messages: 498
Re : Le voyage de Lucie
« Réponse #7 le: 23 mai 2024 à 12:34:56 »
Oups pardon le "incorrectement" m'avait échappé. Bien vu.
« Tu veux t'asseoir sur le trône ? Faudra t'asseoir sur mes genoux.»(Elie Yaffa)

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 097
Re : Re : Le voyage de Lucie
« Réponse #8 le: 23 mai 2024 à 15:33:00 »
  Je ne vois pas d'espace en trop après "surchauffée !". La phrase terminée, je vais à la ligne avec un décalage normal vu le contexte.
Ca doit être sur mon écran, car il y'a un grand espace, comme je le montrais.

  Non, "garce" n'est pas un mot particulièrement grossier, et il me semble parfaitement adapté à la situation.
"Petite garce" fait grossier. Tu auras qu'a parler à des parents, dont ils ont une fille en primaire, et tu diras "petite garce" en parlant d'elle, tu verras leur réaction.
Surtout que tu veux créer un certain contexte dans ton texte et tomber sur un tel terme fait bizarre.
Cela est mon opinion, qui n'engage que moi. J'ai peut-être tort, mais je voulais t'expliquer pourquoi selon mon jugement, ce terme casse le rythme de ton texte.
Mais je suis pratiquement la seule à avoir relevée, donc certainement ça doit venir de moi.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Murex

  • Prophète
  • Messages: 966
Re : Le voyage de Lucie
« Réponse #9 le: 24 mai 2024 à 09:56:31 »
 

  Bonjour Cendres,
 
  Chacun à le droit d'avoir son opinion, et c'est très bien ainsi. Cependant l'argument que tu avances ne me semble pas très justifié. S'il est clair qu'il ne serait pas décent de dire à des parents que leur petite fille est une garce, (même si on le pense). Ici, il s'agit d'un mot prononcé par une petite fille pour qualifier d'autres petite filles (celle au melon via celles aux citrouilles). Je n'ai pas pour habitude de tendre l'oreille aux grilles des cours de récréation des petites filles, mais il ne me semble tout à fait vraisemblable que le terme de "petite garce" soit parfois  échangé entre-elles !

 Bien amicalement à toi

 Murex

Hors ligne artemium

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Re : Le voyage de Lucie
« Réponse #10 le: 28 mai 2024 à 16:34:15 »
C'est un joli texte, bien écrit ! L'écriture est fluide et une fois qu'on a grimpé vers le ciel, l'histoire se suit très bien !

Par contre, j'ai trouvé que le moment où on passe de la réalité à l'envol est très abrupt. Il m'a semblé que le récit est trop bref à cet instant là et donc le fait de voler dans le ciel avec des citrouilles arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. Tu y gagnerais, je trouve, à prendre le temps d'une ou deux phrases en plus pour raconter un peu plus en détail le début du voyage !

Il me semble aussi qu'il y a trop de virgules et que le rythme de lecture n'est pas toujours suffisamment construit. On y gagnerait à avoir des points, des points virgules et autres.
Par exemple : "Et puis vinrent toutes ces petites garces avec leurs citrouilles, alors bien sûr, ils n’ont pas fait le poids les pauvres melons, pour tout dire, ils ont fini cuits, écrabouillés dans des pots de con…"
pourrait devenir quelque chose comme:
"Et puis vinrent toutes ces petites garces avec leurs citrouilles ! Alors, bien sûr, ils n’ont pas fait le poids les pauvres melons ; pour tout dire, ils ont fini cuits. Ecrabouillés dans des pots de con…". Ce n'est qu'un exemple mais en jouant sur la ponctuation, on diversifierait un peu plus encore la structure des phrases.

Mais franchement, c'est un texte très sympa !
Un habitant de la planète se lance dans un incroyable périple pour retrouver la Déesse du Temps ! Survivra-t-il à chaque obstacle qui le confronte à un rapport au temps?

Je suis ravi du succès de cette nouvelle! J'attends vos commentaires!
https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=44208.new#

Hors ligne Murex

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Re : Le voyage de Lucie
« Réponse #11 le: 29 mai 2024 à 10:02:09 »

  Merci  artemium pour ton retour, content que tu ai apprécié mon histoire. Tu trouves que le passage de la réalité à l'envol est trop bref. Je te réponds simplement que quand on s'endort et que l'on se met à rêver, cela se passe d'une façon inconsciente et sans qu'il y ait de transition. Quant à ma ponctuation, désolé mais celle que je donne me semble appropriée, mais libre à toi d'en juger autrement.

  murex

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Re : Le voyage de Lucie
« Réponse #12 le: 01 juin 2024 à 22:37:46 »
yoyoyo Murex,

c'était un drôle de rêve agréablement rédigé
effectivement en parallèle des commentaires, j'ai pensé à alice... j'ai aussi pensé à roahl dahl, james et la pèche géante
je ne m'épanche pas trop sur l'usage de 'garce' qui comme pour tant de mots, subit tjrs ce même schéma d'usage social consistant à pourrir leurs définitions à mesure qu'ils vieillissent (le dico gogl met en premier ta définition avec la précision 'vieux', et en second celle que tout le monde utilise ajd)... qu'est-ce qu'on peut les salir ces mots, et très sincèrement sentir leur saleté dont seuls nous sommes responsables... dirty blind minds !
il y a une erreur d'orthographe à 'cucurbitacée', mais grâce à toi j'ai appris qu'il s'agissait d'une famille de fruits

j'ai pas grand chose pour t'aider davantage, mais au moins je te témoigne que j'ai lu avec curiosité

bye
.

Hors ligne ZagZag

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Re : Le voyage de Lucie
« Réponse #13 le: 02 juin 2024 à 00:43:08 »
Salut Murex,

quelques commentaires au fil de la lecture, déjà,

Citer
Quand on est une petite fille, il n’est pas bon de s’endormir la tête posée sur une citrouille, Lucie qui l’ignorait en fit un jour la cruelle expérience.
j'aurais ajouté un "et" avant Lucie pour gagner en rythme

Citer
les herbes grillaient au soleil et les abeilles ivres de soleil volaient de fleurs en fleurs.
doublette de soleil, mais j'aime beaucoup "les herbes grillaient au soleil"

Citer
Lucie avait grand besoin, en effet, qu’on lui souhaitât
souhaite ?

Citer
car elle se retrouva bientôt dans le ciel dangereusement perchée sur une citrouille,
je mettrais une virgule entre ciel et dangereusement

Citer
comme une acrobate de cirque, des prodiges pour ne pas tomber.
quels prodiges ? c'est assez imprécis. Juste "des pirouettes" par exemple ça m'aurait plus convenu

Citer
Et puis vinrent toutes ces petites garces avec leurs citrouilles, alors bien sûr, ils n’ont pas fait le poids les pauvres melons
je ne vois pas en quoi les melons ne font pas le poids face aux citrouilles  :huhu:

Citer
— Mais cela m’ennuie ÉNORMÉMENT, s’écria Lucie au comble de l’exaspération.
:D

Globalement c'était une chouette histoire, bien menée ! Il y a beaucoup d'images assez réussies, rigolotes ou un brin poétiques (le haut des citrouilles qu'on dévisse, chanter faux pour faire fuir les géants...). Au niveau de l'écriture c'est un peu vieillot mais ça marche quand même. Je mettrai cependant un petit bémol sur le rythme, il y a beaucoup de virgules, parfois on a l'impression que ce n'est pas très maîtrisé à ce niveau là, on halète un peu à la lecture.
La fin aussi, je la trouve dommage, on finit un peu facilement par un retour au jardin un peu inexpliqué, j'aurais aimé quelque chose de plus surprenant, ou bien de plus poétique, je sais pas. Là c'est un peu abrupt et pas vraiment au niveau du reste.

Mais ça reste une chouette histoire ! :)
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

Hors ligne Murex

  • Prophète
  • Messages: 966
Re : Le voyage de Lucie
« Réponse #14 le: 02 juin 2024 à 10:30:12 »
  Merci  Dot Quote pour ton retour...et pour la faute d'orthographe que tu as relevée. j'ai corrigé. Cette histoire était destiné à une illustratrice de livres pour enfants, mais la chose ne s'est pas faite.

  Merci  ZagZag pour avoir passé du temps a décortiqué  mon texte, j'y reviens donc :

  Non, l'ajout de "et" ne s'impose pas, et contrairement à ce que tu écris, il aurait ralenti le rythme au lieu de l'accélérer. Je m'efforce toujours de m'exprimer sans mot inutile.
  La répétition du mot "soleil" est voulu, il est ici pour renforcer la notion de chaleur de l'après-midi, ce qui justifie la sieste d'Alice.
 "Qu'on lui souhaitât" Il s'agit de l'emploie de l'imparfait du subjonctif...cela, comme tu le notes à juste titre pour ajouter à l'ensemble une touche "un peu vieillotte", mais c'est le style que j'ai choisi car il me semble bien convenir à ce genre d'histoire.
Pas de virgule entre "ciel" et 'dangereusement" ce qui casserait inutilement le rythme.
 Je préfère conserver le terme de "prodiges" qui englobe toutes les acrobaties auxquelles Lucie a dû se livrer.
 Les citrouilles peuvent atteindre des tailles extraordinaires de plusieurs centaines de kilos et plusieurs mètres de long. Personnellement je ne connais pas de melons qui peuvent rivaliser avec elles.
 Quant à la fin, Lucie se réveille tout simplement après avoir reçu sur la tête le ballon de son frère. Cela me semble logique sans qu'il soit besoin de faire appel à une autre explication.

 Je suis désolé, mais il ne me semble pas indispensable de modifier mon texte, mais je te remercie pour tes propositions.

  Murex

 


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