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07 novembre 2026 à 15:00:04
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » "nan, toi t'es bien !"

Auteur Sujet: "nan, toi t'es bien !"  (Lu 992 fois)

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"nan, toi t'es bien !"
« le: 19 mai 2024 à 23:26:31 »
souvent c'est de l'idée que nait mon envie d'écrire, une manière de me déresponsabiliser de mon travail, d'attendre qu'il me commande plutôt que de chercher à le commander ; et je suis assez frileux du processus inverse qui, je trouve, est néfaste pour ma créativité et mon sentiment de liberté... ici c'est le contraire, j'ai cherché comment écrire sur le sujet de l'admiration, trouver une histoire qui réponde à un besoin, à ce thème ; m'imposer une idée plutôt qu'elle s'impose d'elle-même à moi, je reste l'outil pour une idée, mais plutôt que de revendiquer me faire attaquer par elle et lui être soumis, là j'ai plutôt cherché à me soumettre à elle construisant comment l'exprimer à ma manière... j'sais pas si j'suis clair sur le différence fondamentale, mais c'est de ceci que je suis donc curieux pour des avis extérieurs : là où habituellement je suis irresponsable à la forme et au fond, ici le fait de conscientiser le choix du fond et l'élaboration de la forme, c'est là où je me demande si j'ai bien travaillé : sur ce thème, l'admiration, qu'en pensez-vous ? pour le contexte à la création, je me suis imposé d'écrire là-dessus à la suite du visionnage d'une interview de Joëlle Zask, auteur du récent 'admirer - éloge d'un sentiment qui nous fait grandir', qui m'a bcp parlée et que j'avais envie de diffuser...



"nan, toi t'es bien !"



je traînais entre deux demi-journées de boulot, une prise de tête avec le colléguat m'avait inspiré une envie de sortir, marcher un peu afin de ruminer ma colère, respirer mon exaspération là où elle ne s'amplifierait pas en s'auto-justifiant auprès de mes abrutis de partenaires d'entreprise, et donc pour aller manger malgré ma boule au ventre, nauséeux et sans appétit, j'avais poussé la porte après une descente par l'ascenseur, et puis, l'air grognon, j'avais aligné mes pas au trottoir sans chercher à réfléchir où j'allais
y'avait ce sentiment en moi que je subissais ce qui me rendait irrité, j'en voulais non seulement à mes collègues, sans vraiment m'en rendre compte, mais aussi à tout un système que par ailleurs j'étais le premier à contester, et pourtant la noirceur que je broyais, je la trouvais bien trop éloignée de mon propre pouvoir, et alors elle impliquait en moi ce sentiment de frustration ; je n'y pouvais rien, tout était tellement nuisible à chaque seconde de ma journée, tout était tellement néfaste à chaque centimètre que je pouvais occuper ici ou là, et tout était tellement pas ma faute, que ce qu'il me restait était de me sentir légitime à ainsi être amer
je marchais avec la vague idée de trouver un sandwich à acheter sur ma route, mais sans vraiment chercher à décider, il y avait cette rue, pourquoi pas, j'ai tourné à droite pour m'y engouffrer, mais une fois devant la boulangerie, je ne me suis pas arrêté, j'ai tracé sans un regard, en repoussant la décision ; la prochaine après un petit droite-gauche, si jamais ça me tente... alors j'ai plutôt fait un gauche-droite et me suis retrouvé dans la rue des bars ; des cacahuètes et un demi ? pas au top avec cette boule au ventre, non, il valait mieux que je me force à un repas correct et sain ! alors je marchais encore, droite, gauche, tout droit, ou pas, une voiture sans clignotant m'a trompée, j'ai négligé un feu de passage piéton et ai subi un klaxon ; à peine la force de lever le majeur, je traînais...
et puis là, j'suis arrivé au parc, y'avait les arbres, les bancs, le gravier damé, des pigeons et des corneilles, quelques gens indiscernables, et la baraque à hotdog sur le passage ; j'avais un billet pour épancher ma faim, j'ai vérifié qu'il était encore bien là, dans ma poche ; et puis j'ai vu la pancarte...
"1€ le compliment
pour manger
témoignage d'admiration"

le gars était comme beaucoup de sdf, avec une apparence un peu travaillée par la rudesse de la vie sans toit ; pas vraiment débraillé ni négligent, pas vraiment sale, mais quand même, pas très bien rasé, l’œil fatigué, le cheveu plus naturel que les coiffures lisses des passants, une peau qui semblait plus épaisse, un peu granuleuse, elle avait bu du soleil, du vent, beaucoup plus que des lotions, des onguents, des crèmes ou des huiles ; elle avait l'invisible marque de la chair de poule, une fermeté qui connaissait le froid, et bizarrement, cela la rendait presque plus repoussante que les autres peaux bien habillées qui sillonnaient le parc
je me suis approché, je ne sais pas trop pourquoi
d'habitude, je ne me serais pas sorti de mon chemin égoïste, et en vrai je crois que c'est un peu par provocation que je me suis lancé à lui parler, un peu comme s'il fallait que je me défoule sur quelqu'un, pour passer à autre chose que mon humeur saturée par les rapports conflictuels qui avaient terminés ma matinée
je lui ai lancé, amer :
- c'est bien sournois de se faire payer pour de la lèche, ça paye bien pour vous ?
il était souriant, j'ai cherché de la méchanceté derrière son regard, j'ai cherché cette supposition mienne, je l'imaginais sournois, mais, plutôt peu confiant en ce que pouvait donner de quelconque résultat un tel comportement, je cherchais ce qui m'avait choqué à la lecture de sa pancarte ; il était souriant et je le voulais moqueur, presque trop désabusé et pessimiste pour m'imaginer qu'il fut sincère autant que bienveillant ; non, c'était incompatible, on ne se fait pas payer pour lécher des culs, c'est incohérent ; pourquoi lui, avait osé ? il n'y avait pas de chapeau retourné au sol, c'était l'indice qui me rendait soupçonneux ; était-ce un réel gagne-pain de cet original que je ne comprenais pas, ou plutôt un piège psycho-social de la part d'un illuminé souhaitant l’offuscation ? lorsqu'on peut évaluer le succès d'un musicien de rue au contenu du chapeau, lui n'affichait rien, alors je me demandais dans quelle poche, dans quel repli cachait-il son butin, si seulement celui-ci existait bien ; qui aurait envie de payer pour un compliment ? le moindre passant, je suppose, comme moi, trouverait cela provocateur, à moins d'admettre lui-même qu'il avait besoin de reconnaissance ; mais chercher de la reconnaissance auprès d'un clochard ? vraiment bizarre...
il était souriant, et si méchanceté il y avait, elle était bien dissimulée, quoique fortement soupçonnable ; lourde était l'ambiance que je ressentais en ce contexte ; il répondit :
- non, ça ne paye pas bien, mais je ne fais pas ça pour l'argent
j'ai eu envie de soulever la contradiction évidente d'avec sa pancarte, mais il a continué après avoir ausculté la demi-seconde où je réfrénais ma réaction naissante
- je fais cela parce que j'aime partager ma capacité à positiver ; et si je peux vous donner cet échantillon de mon activité gratuitement, je me permets de vous glisser que je suis convaincu que vous aussi possédez cette qualité
la surprise que j'ai ressenti, j'ai également souhaité la dissimuler, et une demi-seconde plus tard, il reprenait :
- bien sûr, toute critique, méliorative ou péjorative, reste pour moi dans ce cadre : tout-à-fait spéculative ; veuillez donc me pardonner si je me suis fourvoyé, je vous y sens capable vous m'avez l'air de quelqu'un de tolérant
je me suis senti un peu mieux, un peu comme si une dose d'un étrange produit m'était injectée dans le cerveau ; un produit dont l’absence de toxicité ressentie me plongea dans un état étrangement inconnu ; ma dissimulation n'était plus vraiment ni pudique ni sécuritaire, juste un reflet automatique de mes habitudes, et une demi-seconde plus tard, je sautai spontanément sur une idée avant même de l'avoir conscientisée ; j'ai plongé ma main dans ma poche
- je n'ai que ce billet de dix euros, et je vous le donnerai sous la condition que vous les méritiez selon votre propre loi ; ça vous va ? le compte est à deux puisque je me reconnais dans ce que vous m’avez estimé ; il vous en reste donc huit à valider
son sourire s'est élargi, et j'ai compris qu'il était non pas plus sincère que celui d'avant, mais que si le premier était un effort de principe, le second était un résultat d'acquisition
- vous êtes joueur, j'aime votre manière de me défier, celui-ci ne compte pas, on peut être joueur sans que cela soit un compliment, et défier les gens n'est pas forcément admirable ; je vais donc plutôt partir sur quelque chose de plus abordable pour ma crédibilité : vous portez une très jolie cravate ; est-on bien à trois ?
je me suis assis en tailleur à son niveau, à peine conscient qu'il avait déjà illuminé ma journée, qu'il avait piqué ma curiosité, et que malgré que ma méfiance ne soit pas encore dissipée totalement, je me prêtais volontiers à cette comédie sociale ; je n'aurais pas pu m'apercevoir que le nuage gris de mes pensées noires avait été soufflé par son vent, et que le ciel bleu s'offrait ainsi par derrière
- c'est peut-être un peu trop facile j'en conviens, ni vraiment fiable, et c'est tout relatif ; j'ai l'impression que c'est de la flatterie qui peut fonctionner pour certains, mais qui ne m'émeut pas tant ; ceci dit l'effort n'est pas sans résultat, et comme je ne tiens pas à commencer à complexifier avec des virgules, on va dire que oui ; trois
- aaaaa ne pas s'encombrer du superflu, en voilà une autre qualité ; j'avais un parent riche qui comptait chaque centime avec cette fameuse phrase : 'y'a pas de petit profit' ; mais je dois vous confier que j'admire pluss lorsqu'une valeur est approximative, c'est beaucoup moins psychorigide, et il me semble que la société manque un peu de souplesse sur ces choses là ; ceci dit, vous vous imposez vous-même cette décision sur le sujet d'une hypothétique virgule, par une réflexion qui ne vient pas de moi, vous en convenez ?
- tout-à-fait, c'était un peu histoire de meubler le pourquoi du comment, histoire de mettre du contenu à notre échange, je veux bien admettre que cela est un reflet plutôt d'une opportunité de conversation que d'une réelle fixation personnelle... par contre je ne peux pas compter jusqu'à quatre, oui je ne m'encombre pas du superflu, oui je trouve que c'est une qualité, mais vous ne me l'avez pas adressée en propre, c'est resté littéralement de l'ordre d'un énoncé impersonnel, je pourrais me sentir complimenté si je faisais des raccourcis d'interprétation, mais ce n'était pas clairement énoncé de votre part si cela me concernait vraiment
j'ai compris que les plis aux coins extérieurs de ses yeux étaient la marque d'une fatigue de la rue, d'une exposition au froid et au soleil, mais que leur forme ainsi appuyée, elle, était due à l'humeur qu'il semblait ressentir et vouloir partager ; un sourire, un rire, il reprit donc le témoin de la conversation :
- indubitablement pour le coup, vous êtes très attentif à mes mots et leur formulation, alors j'insiste : vous semblez très adroit avec le langage lexical, toute réserve et prudence comprise ; c'était mon quatrième compliment ; qu'en dites-vous ?
j'avais l'impression de m'être assis dans une autre époque pour un jeu de dés au coin du feu d'un voyage d'itinérants, une rencontre ponctuelle bien loin de ce parc aux bancs manufacturés, entre quatre rues goudronnées, au milieu de bâtiments inertes
- j'en dis que je vous soupçonne de mentalisme, et j'espère que vous ne vous jouerez pas de moi trop sournoisement
il a répondu du tac-o-tac, j'ai senti une petite faiblesse à la spontanéité, un peu comme s'il savait qu'il marchait sur des œufs délicats avec ce rebond de l'échange
- charlatan ou non, je ne vais prétendre ni vouloir vous nuire ni tenter de vous duper, je crois que cela ne se prouve que par les actes, et même si les miens sont de l'ordre de la communication, ce n'est pas avec un quelconque discours répondant à votre soupçon que je ferai avancer les choses sur votre ressenti ; pour le coup vous devez risquer l'expérience avant de pouvoir vous assurer de sa sécurité ; la prudence est une de vos qualité, la lucidité également... je ne vous en compte qu'un pour les deux puisque le premier est une répétition ; on est à cinq
- quel commerçant vous faites, c'est un beau geste ! sans vouloir faire mon rabat-joie, je me questionne sur le fait que je vous complimente et que je ne vous demande pas une réciprocité dans notre contrat, et que donc mes compliments à moi ne vous sont pas facturés... serais-je abusif de rajouter une condition ? il m’apparaît presque juste que si toute tentative de compliment se solde par un échec, alors c'est probablement qu’il s’agit d’une insulte, ce qui devrait fort logiquement, apporter un malus à déduire du décompte ; mais suivre un tel jeu, fut-il aussi rigoureux que sérieux, et surtout logiquement légitime, serait peut-être trop de ma part ; je vous écoute donc pour le sixième, sans pression ; j'ai hâte...
- un sens de la justice et de la morale, une impartialité qui ne souffre pas d'une mièvre pitié, vous êtes honnête et ferme, mais pour autant compréhensif et adaptatif... rien que tout ceci vaut au moins ce sixième point, qu'en est-il si je préfère mettre en avant le fait que vous vous êtes assis en face de moi ? c'est une marque symbolique d'égalité dont l'initiative est sûrement plutôt due au fait que vous estimez plus confortable de patienter tranquillement installé le temps de dix compliments, mais comme la plupart des gens restent debout le temps d'un ou deux euros, j'imagine que je peux donc affirmer que vous êtes financièrement généreux auprès des pauvres de la rue ; six ?
j'ai alors eu envie de rire ; il était sympathique, j'ai oublié les collègues, la boule au ventre et l'idée de manger ; j'ai eu envie de lui donner le billet comme ça, pour lui témoigner que cela méritait déjà toute cette valeur capitaliste ; mais non seulement je me serais senti insultant à couper court à ce travail qui semblait lui plaire, de surcroît je me serais privé également de ce moment de joie partagée ; je fus d'autant plus euphorique que j'avais bien compris que tous les deux en étions au-delà d'un échange monétisé de bons procédés
- six ! la suite ! attention la pression monte ! vous allez devoir faire preuve de self-control et d'une finesse accrue, car pour ne pas trop vous faciliter la chose, je me tais sans en rajouter plus ; mystère !
ses mains sur ses genoux en tailleur ont accompagnées le mouvement de sa tête en arrière, un rire silencieux duquel il s'est redressé, le dos plus droit et plus solide
- n'en dites pas plus, oui, vous faites bien ! j'ai déjà remarqué votre précaution aux choix de communication, il serait trop facile de vous complimenter sur votre retenu et la qualité de votre silence...
j'ai attendu une demi-seconde, puis j'ai compris que lui-même gardait ce silence, comme s'il m'imitait ; ce miroir comportemental m'a déstabilisé, alors j'ai repris :
- eh bien ? il me semble que le sept n'est pas encore validé, c'est moi qui n'ai pas compris une subtilité ?
il a réagi tellement instantanément, que j'ai eu l'impression qu'il m'attendait au tournant
- capacité au doute, remise en question personnelle, vous faites preuve d'humilité malgré votre talent à vous mettre en avant ! sept ?
flatté malgré le paradoxe, je me suis un peu renfrogné, ou du moins ai-je conscientisé qu'il fallait que je me calme et que je reprenne un peu de contenance ; mais il me fallait répondre, comme s'il attendait ma part de notre conversation pour la poursuivre ; un peu embarrassé, manquant d'inspiration, j'ai bredouillé :
- sept, oui ; mais je me sens malgré tout un peu limité par tout le contexte de notre jeu ; vous en sortiriez-vous aussi bien pour les trois derniers si cela ne relevait pas de la scénographie presque théâtralisée de notre discussion ? pourriez-vous les lister ainsi, froidement, d'une manière procédurale, ou est-ce que cela détériorerait l'humanité de votre mission ?
il a eu un mouvement de résilience, un peu comme j'avais moi-même ressenti un recalibrage de la tonalité, une remise au neutre de l'émotion de la conversation ; je lui ai laissé le temps de s'adapter, et il ne lui en a pas tant fallu pour ce faire
- en voici trois, très spéculatifs, j'espère que le décompte vous apparaîtra juste : vous accordez une importance peu répandue à la bonne parole et l’authenticité, c'est un triste compliment car j'imagine que vous souffrez parfois du fait qu'il vous est plutôt propre à vous, et assez rare en général dans cette proportion ; huit ; vous êtes souvent envahi par vos propres problèmes, mais n'hésitez pas à les oublier lorsqu'il s'agit de partager de la joie, du moins l'avez-vous aisément fait avec moi ; neuf ; vous vous êtes globalement bien ouvert, afin de m'aider à vous communiquer mon admiration, contrairement à beaucoup qui instinctivement et peu consciemment, en cette situation auprès de moi, tentent au contraire de mieux se dissimuler pour tester mes capacités à la déduction dans ce contexte d’inconnu, et en espérant la faute ; c'est une belle leçon d'entre-aide qui m'a touchée tout personnellement ; dix
tout était propre ; j'ai ressenti un immense respect, ainsi qu'une envie de crier au monde que j'admirais ce gars-là, non parce qu'il m'avait joué un rôle d'admirant, de lèche-bottes, mais parce qu'il m'avait fait comprendre ce qu'apporte l'admiration lorsqu'elle est partagée ; mais qu'aurait donc eu comme impact que je me lève et crie à l'intention des fantômes du parc que ce type était un vrai acteur du positif de ce monde ? on m'aurait pris pour un bourgeois faussement caritatif ? on l'aurait pris pour un défavorisé de la vie envers qui la compassion seule suffit à se rendre satisfait ? ou d'autres interprétations toutes plus propres les unes que les autres, comme à la peau de lotions, de crèmes, d'huiles et d’onguents... alors que ce que j'avais envie de communiquer de mon admiration, sur le coup, c'était la rugosité d'un cuir ayant subi le froid et le soleil, les nuits sans toits, certes, mais surtout, cette envie de chercher un prix positif aux gens, aux gens qui comme moi, ne pouvaient s'approcher de cette expérience que parce qu'il en demandait un tarif avec sa pancarte ; j'ai presque été triste de me dire que c'était cela sa supercherie : demander de l'argent pour ce qu'il voulait proposer, sans quoi tout aurait été plus compliqué
je lui ai donné son billet, je suis reparti sans plus penser ni aux sandwichs ni aux hotdogs, j'avais l'estomac vide, mais le cœur rempli et rassasié ; les collègues que j'allais retrouver, c'était un autre bain, mais pendant que je marchais, j'ai opéré la bonne transition d'humeur afin de ne rien gâcher ; je me suis permis plusieurs détours, étant en avance, car ce repas émotionnel avait été bien moins long que le temps que j'aurais perdu à maugréer en mangeant du pain garni ou une salade dans une boite en plastique ; l'après-midi qui a suivi embaumait de ce qui ne saurait trouver des mots pour décrire cette météo en moi...
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Hors ligne SablOrOr

  • Aède
  • Messages: 191
Re : "nan, toi t'es bien !"
« Réponse #1 le: 20 mai 2024 à 23:12:03 »
Coucou Dot,
Et merci pour cette jolie histoire.
J’aime ce lien tissé avec le passant, l’originalité de l’échange et le travail sur l’expression des sentiments du narrateur.
Je n’adhère toujours pas, par contre, aux absences de majuscules et de points, qui pour moi, sont parties intégres de la langue. J’ai l’impression qu’elle est Ain si amputée par caprice que je ne comprends pas, dont je ne saisis où il conduit vraiment…. Ou plutôt, je ne saisis pas la puissance donné à la fluidité…
Ce fut un plaisir de lire l’histoire et les sourires des personnages toutefois.
Bonne suite, sur d’autres horizons…
Bien le bonsoir,
SOo
"Aimer quelqu'un c'est le lire". Christian Bobin.

Hors ligne rigolote

  • Troubadour
  • Messages: 356
Re : "nan, toi t'es bien !"
« Réponse #2 le: 22 mai 2024 à 12:06:42 »
Coucou,

J’ai réussi à rentrer dans ce texte malgré sa complexitude Dot Quotienne qui de coutûme me perdait un peu, mais pas là, et j’ai apprécié sa lecture.
J’aime l’idée de cette improbable rencontre entre un personnage dans toute sa négativité paroxystique, et un autre extrêmement opposé, mais qui réussi néanmoins à apaiser le premier par une discussion humainement enrichissante…  ^^

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  • Équipe Mammouth - Maquette
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 6 207
  • ?
Re : "nan, toi t'es bien !"
« Réponse #3 le: 23 mai 2024 à 21:22:59 »
yooo à vous deux =)

sabloror
oooo je prends note, je sais pas jusqu'où ça nécessite une espèce de gymnastique, mais le bénéfice que j'en tire à l'écriture et à la relecture, c'est cette métaphore par analogie entre un robinet et une rivière : tellement pluss mieux quand ça coule de source ! mais je t'apporte que peu d'élément, ton usage du mot 'fluidité' me montre que tu cherches au bon endroit, mais j'saurais pas mieux t'aiguiller sur l'autre idée qui me conforte dans ce délire, le fait que le cerveau ne s'arrête pas, c't'un flux continu, certes irrégulier, mais dont l'activité est bien retranscrite lorsqu'elle est segmentée par des points mais... jusqu'à un certain point huhu ; j'ai l'impression vague que cette malléabilité me permet plein de trucs impossibles avec une syntaxe correcte... mais grâce à toi je m'imagine comme le lecteur peut se sentir déstabilisé, j'ai déjà remarqué ça même chez moi à la relecture, je cherche une respiration et le 'ton' de chaque syllabe, de chaque mot, attend un point qui n'arrive pas, et ces moments où j'en cherche, je me sens en décalage, j'vois que j'pige bien moins que les fois où je suis assez en mode chewing gum pour laisser couler comme je l'ai écrit... hmmmrf, en pratiquant un peu davantage les points-majuscules, j'en découvrirai probablement pluss sur ce phénomène ! à test...
en tous cas, que ces sourires de mon texte se rematérialisent explicitement dans ton commentaire, en voilà un truc qui me fait plaisir !

rigolote
huhu aaaa je sais pas comment le prendre, si je te suis souvent incompréhensible ça me fout le cafard, mais si pour une fois tu t'y es sentie bien, ça me donne de l'espoir !
bon après... j'pensais pas forcément à un personnage négativement paroxystique, le neuvième compliment était sensé le signifier, en revanche oui, sans son personnage opposé, rien de tout ce positif ne serait apparu au grand jour, ce qui est un peu tout mon propos presque politique : positiver, oui, encore faut-il le faire ! ce ne sont que des mots, et c'est aussi tellement des mots ! argumenter et donc donner substance à un discours mélioratif, j'avais envie d'y faire car parfois j'ai l'impression, bcp de gens préfèrent ne se fatiguer que pour dire ce qui va pas... et ça joue probablement plus sur l'ambiance sociale qu'il n'y parait snif-ouin

merci pour vos retours
=)
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