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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le Navire de l'horizon

Auteur Sujet: Le Navire de l'horizon  (Lu 8692 fois)

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
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Le Navire de l'horizon
« le: 30 Juillet 2011 à 01:01:23 »
[Edit 2020] Ce texte a de l'âge ; ça me ferait très plaisir si vous me laissiez un petit mot pour me dire que vous l'avez lu et un peu ce que vous en en avez pensé  :coeur: mais je ne prévois plus d'y apporter des modifications. Ce n'est donc pas la peine dans votre commentaire de détailler des choses à revoir. Bonne lecture !


Le Navire de l'horizon

J'arrache une nouvelle feuille de mon calendrier. Nous sommes le 3 février 2051. Bonne nouvelle : le 3, c'est le jour des salades. J'attrape mon manteau en tweed vert qui gratte aux épaules, et je quitte mon appart'. La porte râpe le sol en claquant. J'ai vingt mètres carrés à ma disposition, et je sens qu'une tuile va me tomber sur la tête sous peu, parce que c'est beaucoup, vingt pour une personne seule.
En attendant, je marche sur la digue – peu importe la morsure salée du vent. Histoire de me changer les idées. Les algues sèches qui jonchent les pavés, apportées là par la précédente Grande Marée, croustillent sous mes pieds. Je n'aime pas voir les essaims de mouches s'élever pour tourbillonner autour de mes jambes. Mais tous les transports sont bondés à cette heure, et puis la boutique n'est pas si loin. Le truc, ce sera, une fois là-bas, de parvenir à l'étal avant que tout ait été raflé.
Pas que les gens soient égoïstes et s'arrachent la bouffe, juste qu'on est trop nombreux. Oui, ici, on se serre tous les coudes, même quand on ne se connait pas. Avant, tes proches, c'était ta famille. Maintenant, c'est tout le monde. On n'a pas le choix, parce que tout le monde est malade. Il faut dire que tout est pollué, la flotte, l'air, la terre, ça n'aide pas.
Même moi, à vingt-trois ans, j'ai un rein bousillé, et l'autre en bout de course. Un de ces quatre matins, on devra m'en greffer un, j'aurai besoin d'un donneur, et je devrai le dénicher moi-même, parce que les services sociaux sont surchargés. Les reins manquent depuis l'intoxication de 42. Si je me la joue perso, j'aurai du mal à trouver quelqu'un pour me tendre la main. On s'aide tous, mais on n'est pas cons non plus.
Comme je refoule ces pensées, j'aperçois la boutique, tapie dans l'ombre de deux masures de torchis, aux colombages de chêne et toit de chaume – typiques du lieu, c'est mon paysage, je l'aime. La file de clients est si longue qu'elle serpente jusque sur les traits blancs du milieu de la rue. Je me dis que tant pis, j'attendrai, et viens ajouter de par mon humble présence un anneau à la queue du reptile.
Ca ne fait pas cinq minutes que je suis dans la file quand mon téléphone sonne. On demande une Yoko. Je mets un moment à réagir. Ça faisait un moment que personne ne m'avait appelée comme ça, mes amis préfèrent les surnoms.
Je réponds, que me veut-on ? On m'attend chez moi. Ah. (Mon ventre proteste avec animation.) On a apporté à manger, me répond-t-on, comme si le gargouillis s'était glissé dans le combiné. Re-ah. Et pas que, entends-je. Comment ça, et qui m'attend ? Et vlan, vas-y qu'on me balance alors à l'autre bout du combiné toute une fiche ISO – ou, pour les ringards, fiche d'identité signalétique officielle. Mon interlocuteur s'essouffle, comme s'il était parti pour un sprint alors que la fiche qu'il débite, c'est un marathon. C'est même un interminable raz-de-marée, qui me submerge et m'empêche de penser.
Les informations se faufilent dans mon cerveau – elles rentrent sans mal, j'ai l'habitude et n'ai aucune défense. Lili Altmann, de sexe féminin, fille d'Emma Altmann et Louis Franz, 21 ans-née-le-machinchose à Courseulles-sur-Mer (chouette, ce n'est pas loin d'ici, me voilà bien avancée) formation en lettres classiques (comme moi, quel hasard) un mètre soixante-quinze appendicite à l'âge de cinq ans vaccins à jour aime marcher peint lit...
Je mets un minimum de distance entre le combiné et mon oreille.
J'ai l'impression qu'il ne va rien m'expliquer, parce qu'il a peur de le faire, juste me balancer son truc et me refiler le bébé. Le comble c'est qu'il poursuit, vaille que vaille. Pour finir, d'une toute petite voix, sur : diabétique insulino-dépendante depuis 2042.
Il me demande encore si j'ai des questions, ose m'assurer, sans m'avoir laissé le temps de répondre, que tout se passera bien, que si j'ai un problème je n'ai qu'à contacter le service. Il me remercie et raccroche. Je note qu'il ne m'a pas dit ce que je devais faire. Mais je sais le principal, ce qu'il ne pouvait me cacher.
Je ne suis pas sûre d'avoir compris – ou plutôt, je n'ai vraiment pas envie de comprendre – mais il ne me reste qu'une chose à faire : vérifier. Alors, je fais volte-face pour me précipiter chez moi.
La gorge en feu – et sûrement plus écarlate que les tomates de la salade dont je ne verrai jamais la couleur – je débarque dans le couloir de mon immeuble. Du bras, je m'appuie contre la paroi. Ils sont deux, à attendre devant ma porte, une fille et un homme. Je les regarde, à travers le rideau de cheveux épars qui barrent mon front.
Ils ont tourné la tête en m'apercevant. Ils doivent se demander qui est-ce que je suis, et espérer que ce ne soit pas celle qu'ils attendent.
Moi, tout ce que je vois, c'est l'uniforme de l'homme – celui des services sociaux.
Comme quoi, je ne m'étais pas trompée. Mes pensées s'emballent. Je pense à mes voisins, à qui on a confié un quinquagénaire cul-de-jatte. A cette ancienne poissonnière, qui doit maintenant élever des quadruplés dont la mère est morte en couche. A mon frère qui a été placé, lui aussi, parce qu'il était incapable de vivre tout seul, lui aussi, et que mes parents ne pouvaient pas s'en occuper, eux non plus.
Puis, je porte mon regard sur la fille, Lili Altruc.
La voilà, ma tuile.
Un sourire crispé aux lèvres, je m'avance vers elle comme le condamné sur la planche se traîne vers la mer. Elle est le soleil derrière l'horizon, la tache jaune trop brillante qui oblige, en plus du reste, à fermer les yeux. Elle est le panache nuageux qui bouche le ciel et maintient l'espoir prisonnier. Elle est même l'orque qui bondit dans une gerbe bleue, les dents étincelant comme autant de poignards, promesse de carnage.
J'inspire.
Bon. Je n'ai pas le choix. Ç'aurait pu être pire. J'aurais pu tomber sur un vieux, par exemple. Visiblement, les services sociaux ont fait des efforts pour que son profil colle au mien. Et puis, d'ailleurs, pourquoi une diabétique a-t-elle besoin d'être assistée ? Ce ne sont pas les plus nécessiteux, que je sache.
Lili me regarde en retour, me sourit d'un air gêné et s'excuse. Je note les cernes immenses qui soulignent ses yeux, son teint de cendre, sa maigreur, aussi. Je lui tends la main, hésite, me rétracte... L'homme saute sur l'occasion, il la saisit et la serre avec fermeté.
Il m'explique mon rôle tout en exhibant ses grandes dents blanches parfum fraîcheur en preuve de sa bonne foi. Je me doutais de ce qui m'attendais, mais l'entendre dire de vive voix que je dois prendre soin de Lili et l'assister au jour le jour – Lili qui vivra chez moi, chez moi ! – ça me donne envie de fuir (sans parler du dégoût que m'inspire le type en parlant de la fille comme si elle n'était pas là, elle est muette en plus ?).
"De fuir"... Pas étonnant que le type, au téléphone, ait préféré ne pas me mettre tout de suite au pied du mur.
Après m'avoir fait signer un papier sommaire et s'être assuré que personne ne se défenestrerait (personne, c'est moi), l'homme nous laisse enfin seules. Je fais visiter à Lili mon – notre ! – deux-pièces. Comme dans tous les appart' modernes, il n'y a pas de cuisine ni de salle de bain. Pour réchauffer la bouffe, un micro-onde posé sur un tabouret fait l'affaire, et les douches sont communes en bas des immeubles, de toute façon il n'y a pas assez d'eau pour se laver tous les jours, ce serait du gâchis de place (Lili fait une drôle de tête, je mettrais ma main à couper qu'elle vivait dans une vieille maison et qu'elle pouvait s'étaler à son gré). En revanche, en plus de la chambre – qui ne comporte chez moi qu'un lit simple serré entre la fenêtre et le mur – il y a une pièce-bric-à-brac pleine à craquer et grise de poussière. C'est là que j'étudie, que se trouve mon ordi qui me permet d'être en relation avec mon patron quand je bosse entre les cours et, de manière générale, c'est là que je fais tout – bricolage, couture et autres petits boulots manuels. Les objets manufacturés sont généralement rares et chers, alors autant conserver le budget pour l'essentiel – heureusement, la bouffe est gratuite ; enfin, on la paye avec les impôts.
Lili n'ose pas me demander où elle va dormir, et j'avoue qu'à part sous le bureau, je ne vois pas où elle aurait la place de s'étendre. Mais comme ce genre de proposition n'aide pas à briser la glace, je fais l'effort de me creuser la tête. Finalement, je me propose de lui construire un lit au-dessus du mien, j'ai le matos. Il donnera certes sur le haut de la fenêtre, à gauche, et à droite sur le mur, étant donné l'étroitesse de la pièce, mais tant pis. Je me mets au boulot tandis que, assise sur ma couverture, elle regarde à travers la vitre.
La fenêtre donne sur la mer. Je n'ai pas besoin de regarder pour savoir ce qu'elle fixe ainsi. Au loin, sur la ligne d'horizon, il y a un point blanc-gris. Quand on plisse les yeux, on distingue une coque, un gréement. C'est une carcasse de navire, ancrée là-bas, à laquelle personne ne touche. Je ne sais ni pourquoi elle est là, ni par quel miracle elle essuie les orages les uns après les autres, depuis des années. On dit que, parfois, des gens y vont et qu'ils n'en reviennent pas. J'aimerais bien m'y rendre un jour, pour voir.
Au bout d'un moment, Lili se lève pour aller réchauffer quelque chose qu'elle a apporté. Le micro-onde sonne, et une odeur indéterminée s'élève, réveillant mon estomac. Je pose ma perceuse, demande ce que c'est. Elle ne sait pas. Et je dois dire que ni la couleur jaunâtre de la mixture, ni sa texture visqueuse ne permettent de l'identifier. C'est souvent comme ça, d'ailleurs. La gestion de la nourriture, c'est tout un bazar à l'administration : résultat, on a presque que des bouillies sèches à réhydrater soi-même, et personne ne sait jamais ce qu'il y a dedans (mais quand on a de la chance, le goût y est). La plupart du temps, les poudres se mélangent dans les bacs, puis dans les camions, puis dans les boîtes qu'on nous distribue chaque semaine.
Je n'ai qu'une assiette, alors je la passe à Lili et je mange dans le plat. De toute façon, nous sommes assises par terre, en tailleur, au milieu de la pièce bric-à-brac. Nous avons vite fini – je ne peux m'empêcher de détourner le regard lorsqu'elle s'injecte une bonne dose d'insuline dans le bras. L'insuline c'est l'hormone qui lui manque, l'hormone vitale qui sent la punaise, qui coûte cher et qu'on doit conserver à l'abri de la chaleur et de l'humidité.
Ensuite, je lui demande de m'aider à tenir les lattes de son futur lit – des chutes de planches qui datent de ma tentative de construction d'un poulailler sur le toit – tandis que je les fixe sur les équerres murales. Elle a l'air soulagée de se rendre utile, et moi j'envisage de pousser la conversation un peu plus loin. Depuis que Lili est arrivée, nous avons discuté de son chien qu'elle a dû donner pour venir ici, de sa famille inexistante et du chemin à faire pour aller chasser la mouette dans les dunes. Mais j'aimerais bien lui demander pourquoi, au juste, est-ce qu'on me l'a envoyée.
Lili ne me laisse pas le temps d'aborder le sujet. Elle qui, debout sur mon lit, soutient une planche à bout de bras, commence à vaciller. Je rattrape l'objet avant qu'il ne vienne lui cogner la tête. Elle s'effondre sur la couverture. Je m'aperçois qu'elle tremble. Elle veut parler, mais ses mâchoires se crispent. D'un bond, je me jette sur la porte que j'ouvre à la volée. Je tombe à genoux devant le micro-onde, je le soulève d'un geste rageur. Vite, y a-t-il quelque chose dans la planque derrière le tabouret ? N'importe quoi de sucré. Rien. Désespoir. Soudain, je sursaute. Je sais : il me reste un jus d'orange en pack à côté de mon pc. Je bondis le chercher et rejoins Lili.
Ses yeux sont clos, elle est raide comme un piquet. Je renverse du jus d'orange partout en essayant de la faire boire mais, en fait, je n'arrive même pas à lui ouvrir les mâchoires. Alors, je respire un bon coup. Je prends son pouls, puis m'assieds à côté d'elle en tâchant de me calmer. Ce n'est pas si grave. Ce n'est qu'une crise d'hypoglycémie un peu costaude. Tant qu'elle ne s'est pas cognée, tout va bien.
En effet, Lili se réveille une demi-heure plus tard, le visage plus terne que jamais. Dans le combat que mènent ses cernes pour la conquête de son visage, les joues ont encore perdu du terrain.
Elle bafouille que tout va bien. Tu parles. Après la peur, j'accuse le contre-coup de la fatigue. Mais pourquoi ne m'a-t-elle pas prévenue ? Je grogne. Et puis, je ne suis peut-être pas très calée, mais je sais qu'une hypo ça peut s'éviter. Par exemple en dosant mieux son insuline, qui fait justement baisser le taux de sucre dans le sang.
D'une voix plus douce, je le fais remarquer à Lili, tout en sachant bien que je ne lui apprends rien. Sa voix vibre alors d'une violence à laquelle je n'étais pas préparée. Elle me dit que le problème vient de ce qu'on a mangé, "de cette saloperie de bouffe de merde". Elle ne sait absolument pas ce qu'il y a dedans. Impossible de distinguer des pâtes bouillies d'une purée de courge. Autrement dit, elle ne sait pas combien de glucides elle ingère, et comme l'insuline doit surtout être dosée en fonction de ces derniers, elle oscille entre hypo et hyperglycémies.
Je suis un peu secouée. Je fais remarquer que je trouve ça idiot, histoire de dire quelque chose, peut-être. Mais, au fond, je sais très bien que seuls les malades un cran plus prioritaires ont droit à des aliments personnels. En attendant, on ne sait ce qu'on mange que cinq jours par mois, quand on reçoit des aliments frais.

La fin de la journée est un peu tendue. Le soir, Lili s'excuse. Elle m'explique que les hypo entraînent une montée d'adrénaline. Je ne l'écoute que d'une oreille. Je n'aime pas qu'on me gueule dessus, je lui en veux encore un peu, malgré moi, même si c'est puéril – je fais au moins en sorte de ne pas le lui montrer.
Avant de dormir, nous faisons un tour au parc du bord de mer. La nuit, l'eau n'est plus qu'une longue chose noire dont le dos tremblotant luit faiblement sous une lune à demi-croquée. On voit bien les raies d'écumes qui pointillent le bord. J'ai envie de tremper les pieds dans l'eau froide. J'enlève mes chaussures et je cours sur la plage. Lili me suit.

Je lâche ma veste sapin au pied de mon lit et m'installe en tailleur devant la fenêtre. Il est vingt-et-une heure, je rentre à peine des cours, et ça fait une semaine que Lili vit chez moi. Je l'entends d'ailleurs qui martèle le clavier du pc, juste derrière la cloison. Le bruit cesse. Elle apparait dans l'encadrement de la porte, vêtue de son pyjama dépareillé, le bas carrelé de gris et le haut si grand qu'elle pourrait y rentrer à trois. Elle sourit et me dit qu'il y a une part pour moi – froide – dans le micro-onde.
Et puis, dans sa main, il y a une seringue. Je regarde l'objet, source de l'odeur tenace de punaise qui flotte dans l'air. Puis je détourne la tête, j'ouvre les battants de la fenêtre. Je savais que ça me tomberait dessus tôt ou tard, parce que je suis aussi là pour ça, pas que pour la surveiller quand elle fait un malaise ou qu'elle oublie sa piqûre. D'ailleurs, elle me prépare depuis deux jours, elle m'en a encore parlé hier.
On commence à discuter, de tout, de rien. Elle s'approche. Ça se fait au détour d'une phrase, avec naturel. Je ne sais comment, je tiens la seringue dans la main, elle est assise sur le lit devant moi et m'expose son dos. D'un geste ample, elle soulève son T-shirt trop grand. Mon pouls accélère quand je pousse l'aiguille dans la peau de son omoplate. Pour elle, ce n'est rien, c'est normal. Moi, je n'ai jamais fait ça de ma vie. Il va bien falloir que je m'habitue. Il faut souvent changer l'endroit où on pique, pour ne pas que la peau se déforme et poche.
Peu à peu, la discussion se tarit. Nous sommes assises côte à côte, face à la fenêtre ouverte. Nous regardons le navire fantôme, dans le lointain. Je me demande s'il y a moyen d'y vivre. En pêchant, peut-être. Comme, au bout d'un moment, on tombe à cours d'appâts, on réutilise des bouts de poisson. Et pour les mouettes et les goélands, aussi, on canarde ceux qui s'approchent. Ou en les attrapant avec un filet. Pour l'eau douce, je ne sais pas s'il pleut assez souvent.
Mes lèvres sont restées closes, mais Lili dit qu'elle croit qu'il pleut assez.
Je la regarde alors. Elle frissonne, la tête rentrée dans les épaules, toutefois ses yeux étincellent. Je réalise alors qu'elle ne pourrait pas vivre sur le navire de l'horizon. Sans insuline, elle mourrait en quelques mois. Ou quelques semaines, je ne sais pas.

Aujourd'hui, je suis rentrée et je n'ai pas trouvé Lili. Ni devant l'ordi, ni devant la fenêtre, ni à peindre – les taches pourpres, par terre, sont sèches comme des croûtes de sang. Le regard mu par un vague espoir, je cherche sa veste sur le porte-manteau : même la simple vue de la silhouette de toile brune m'est refusée. Je m'inquiète vite, mais elle a toujours été là à mon retour, toujours, depuis un mois. Demain, c'est le jour des salades. J'ai l'impression qu'elle ne sera pas là demain. J'aurais voulu qu'on mange ensemble, assises sur le muret en haut de la digue, les jambes dans le vide au-dessus des cabines de plage blanches et bleues.
Je tourne encore en rond un moment, puis m'allonge sur mon lit, bras croisés sous la tête. J'observe la fissure naissante dans la troisième latte de son lit à elle. Il faudra que je la change.
Entre cette latte et la suivante, un papier est coincé. Je me redresse et m'en empare, le déplie plus frénétiquement que je ne l'aurais voulu.
Il est couvert de minces lignes bleues. Et froissé par la main qui l'a trop longtemps tenu. Lili m'apprend qu'elle est partie. Qu'elle a honte et ne reviendra pas.
Je ne prends même pas la peine d'enfiler ma veste. La nuit m'engloutit sans tarder. Je me rends à Courseuilles, là où elle habitait, elle m'en a souvent parlé, même de sa petite rue pavée, du portillon jaune, ça lui manquait, et je pense qu'elle est là-bas. Il faut que je marche le long de la plage pendant une heure, trois quart d'heure si je cours un peu. Par endroit, le sable est si mou que je m'enfonce jusqu'à la moitié du mollet.
En fait, je ne sais ni ce dont j'ai peur, ni ce que j'espère. Peut-être que je fais n'importe quoi. Il n'y a qu'une chose dont je sois sûre : je veux voir Lili, là, tout de suite.
Je me casse la figure en essayant de passer par-dessus un épi de béton recouvert d'algues vertes gluantes. Je dérape, je m'écorche les mains sur les chapeaux chinois. Ça fait longtemps que j'ai abandonné mes chaussures. Je réessaie, mais je me vautre cette fois-ci de tout mon long sur l'épi, je glisse et atterris dans une mince flaque d'eau oubliée par la mer. Alors, je consens à faire le tour, rageuse.
Mais qu'est-ce qui lui a pris ? Au fond, je m'y attendais. Des jours qu'elle essayait de me dire quelque chose, et moi, je ne comprenais pas. Tout ce que je voyais, c'est que ça la travaillait, que ça la tourmentait. Elle n'était plus pareille quand elle m'adressait la parole.
J'ai quitté la plage pour les rues de la ville. Je longe d'abord le port, noir dans la nuit noire – ça fait un bail qu'on n'allume plus les lampadaires inutiles, quant aux voitures, elles ne courent pas les rues, ah ah.
Enfin, je me trouve devant chez elle. Du moins, je crois, parce que c'est le portillon jaune. Ma main s'arrête devant le panneau de bois sombre. J'hésite, je frappe. J'attends. Puis j'appuie sur la poignée, le coeur dans la gorge. La porte n'était pas fermée.
Lili se tient là, accroupie devant un feu qui semble dévorer l'âtre. Dans un coin de la pièce, il y a des affaires qui ne semblent pas être à elle, comme si d'autres gens vivaient là – et c'est sûrement le cas, peut-être qu'en ce moment même, ils dorment à l'étage. La première chose qu'elle me dit, c'est qu'elle était sur le point de me téléphoner. Le feu crépite. Je pense qu'elle ment. Je le lui dis, d'une voix bizarre, trop calme peut-être. Elle me répond que c'était mieux pour nous deux qu'elle parte. Le feu crachote. Je lui dis que je ne comprends pas. Elle rétorque qu'elle n'a plus besoin de moi. Le feu souffle. Ce n'est pas une raison. Et c'est stupide. Elle a autant besoin de moi qu'au début.
Quelque chose la gêne, c'est certain, ses yeux rougis le crient, sa voix amère transpire le doute et le remord. Moi, je ne vois pas le problème. Je le lui dis. Je me penche vers elle, lui tends la main. Le feu grince. Nous nous serrons l'une l'autre dans les bras. Je ne comprends toujours rien, mais je me sens mieux. Lili aussi semble aller mieux, comme si je lui avais pardonné quelque chose dont je ne la savais pas être coupable. Je lui fais promettre de repartir avec moi, là, tout de suite. Je lui demande ça sans réfléchir, mais elle accepte. Le feu ronfle.
Moi, je respire enfin.
Et, avant de partir, je balance un seau d'eau dans la tronche du feu.

Lili vit chez moi depuis maintenant deux mois. Si elle a enfin obtenu son lecteur de glycémie qui lui permet d'éviter la plupart des crises – et rend moins utile ma présence à ses côtés – ma santé à moi se dégrade à la vitesse grand V. J'ai les yeux gonflés au réveil – quand je dors – et suis anémiée. Même après les repas, le goût métallique de ma propre salive ne me quitte pas. Je me rends à l'hôpital régulièrement, mais pas assez souvent, c'est bondé. Il y a tant de gens que j'ai l'impression que le monde entier est sous dialyse.
Et puis, je sillonne la ville pour trouver un donneur. Je sais que Lili serait compatible avec moi, mais je n'ose pas lui demander, vu son état. Je n'ai pas envie de lui demander tout court, d'ailleurs. Pas ça, pas à elle. Elle souffre déjà assez comme ça. Et elle, elle n'en parle pas. Jamais.
Nous allons souvent marcher sur la digue, toutes les deux, bras dessus bras dessous, parce que j'insiste, j'aime me sentir tout près d'elle. Nous avançons à pas lents face au vent, sous les quolibets des mouettes et des goélands mouchetés, les jeunes de l'année. Nous observons les gens qui vont gratter sous les pierres à marée basse, leur crochet à crabe en main – comme s'il y avait besoin de ça ! Et puis, nous contemplons le bateau fantôme, posé sur la ligne d'horizon comme une touche de peinture rajoutée après-coup sur le tableau d'un maître, une petite touche sacrilège qui n'a rien à faire là. Bateau incongru sur le pont duquel j'aimerais que Lili et moi marchions ensemble un jour. Que faire pour que nous puissions y vivre ?

Aujourd'hui, je ne suis pas parvenue à me lever. Lili a demandé aux voisins de l'aider à m'amener à l'hôpital – après avoir essayé de joindre en vain les urgences. Je me suis évanouie dans ses bras alors qu'elle me tirait de mon lit.
Je me suis réveillée sur une paillasse dans un couloir, au son des plaintes des malades. Lili était assise à côté de moi et encaissait sans ciller les remarques des infirmières aux joues grises qui peinaient à circuler.
Je serre sa main, et m'aperçois combien la mienne est faible. Lili perçoit mon geste et plante ses yeux dans les miens. Malgré sa fatigue – mon dieu, à quoi est-ce que je ressemble, moi ? – son regard noisette n'a rien perdu de son tranchant, et me permet à lui seul de reprendre courage.
Je lui fais signe de se pencher sur moi. Elle s'exécute. Je n'ai pas envie d'être entendue lorsque je lui propose, la mort dans l'âme, de lui donner mon pancréas – l'organe qui défaille, chez elle.
Elle sursaute, et fait non, de la tête. Je lis dans ses yeux qu'elle préfèrerait que l'échange se fasse dans l'autre sens. Qu'elle préfèrerait me sauver. Alors, pourquoi ne parle-t-elle pas ? Elle n'a qu'à me le proposer. Mais, je sais déjà. Sûrement a-t-on trop attendu. Sûrement n'est-ce plus possible. Sûrement suis-je déjà condamnée.
Ah, qu'il était beau de vouloir continuer à vivre ensemble.
Je réitère ma proposition. Elle refuse encore. Alors, je lui fais signe de partir. Le regard qu'elle me jette en s'exécutant me tranche le cœur.
Je la fixe longuement tandis qu'elle s'éloigne, alors même qu'elle a disparu au coin du couloir depuis longtemps déjà. Puis, je hèle une infirmière. Je demande à parler à un médecin. On me confirme qu'il est trop tard pour moi. Je le savais. Je le savais. Je me mords les lèvres pour ne pas pleurer.  Dans un sursaut de courage, je préviens que j'accepte de donner tout ce qu'il me reste de viable dans le corps. J'insiste sur le pancréas. Sur le nom de la personne qui doit le recevoir.
L'heure n'est plus à la survie à tout prix depuis des années déjà et, lorsqu'un malade condamné demande à mourir sur-le-champ, on le lui accorde à quelques conditions. Je les remplis toutes. On prépare la salle d'opération. On rassemble les receveurs – même Lili, qui ne peut pas me retirer mon droit à la mort.
Je la revois juste avant d'être conduite dans la salle. Elle se tient debout à côté de moi – moi sur le chariot-lit métallique – vacillante comme au premier jour. Mais de détresse, cette fois, et elle ne tombera pas. Lorsque j'entends sa voix brisée, il me semble que mon âme se déchire.
J'attrape son bras, et la tire à moi. Ses lèvres ont un goût de jus d'orange.
Je lui murmure de m'emmener avec elle sur le bateau de l'horizon.
Je ferme les yeux et encaisse la secousse du chariot qu'on tire.
*

Lili fournit un dernier effort. Le soleil lui tape sur la tête depuis deux heures déjà, le bois des rames a enflammé ses mains, pourtant elle est fière d'avoir réussi à mener la barque aussi loin.
La petite coque bleue et blanche heurte le métal pourrissant du grand navire. Secouée par le roulis, Lili se redresse tant bien que mal, et s'accroche à une échelle rouillée. Sa cicatrice, à côté du nombril, lui fait mal.
Une fois sur le pont, elle rejoint la proue. De là, elle porte son regard sur la côte.
Elle hait ce monde qui a laissé mourir Yoko. Elle se hait aussi, de n'avoir pas eu la force de lui dire qu'elle avait déjà donné un rein, enfant. Elle avait voulu que, jusqu'à la fin, Yoko ait l'espoir de l'entendre lui proposer ce rein inexistant.
Mais si elle s'exècre au plus profond d'elle-même, c'est à cause d'autre chose qu'elle ne lui a jamais avoué. Si elles avaient été placées ensemble, c'était surtout parce que, sans rein, Yoko était condamnée – et elle n'en trouverait sûrement pas, cette naïve qui croyait qu'on lui tendrait la main si elle avait toujours été là pour les autres ! Et qu'alors, Yoko pourrait lui donner son pancréas. Les services sociaux avaient estimé qu'il fallait que ce pancréas soit donné à quelqu'un de jeune, et non pas gâché comme tant d'autres. Une chance pour Lili, à condition qu'elle sache la saisir, lui avait-on dit. Seul le donneur décide. Mais on peut l'aider à le faire.
Une réussite, n'est-ce pas ?

Le regard de Lili s'arrête sur la haute bâtisse où elle a vécu trois mois durant. Sur la petite fenêtre du troisième, enfin.
Il lui semble apercevoir une silhouette, derrière les carreaux. Une silhouette aux yeux rieurs.
Un pâle sourire étire les lèvres de Lili. Elle n'a pas besoin de se promettre de revenir sur le bateau-fantôme. Elle ne le quittera pas. C'est le cadeau que Yoko lui a fait. Elle lui a offert le navire de l'horizon.

Fin.
« Modifié: 29 Août 2020 à 21:56:20 par Spes »

Hors ligne Zacharielle

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 798
    • au bord du littéral
Re : Le Navire de l'horizon
« Réponse #1 le: 30 Juillet 2011 à 10:00:01 »
Citer
Je réponds, que me veut-on ? On m'attend chez moi. Ah. (Mon ventre proteste avec animation.) On a apporté à manger, me répond-t-on, comme si le gargouillis s'était glissé dans le combiné.
jusqu'ici, la conversation en indirect est agréable mais je trouve qu'après ça devient très vite lassant, ce « on », tu peux pas varier beaucoup alors c'est un peu lourd je trouve.

Citer
appendicite à l'âge de cinq ans vaccins à jour aime marcher peint lit...
c'est écrit sur une fiche d'identité, ce genre d'infos ?? c'est les RG qu'elle a a téléphone ou quoi ? XD

Citer
(c'est-à-dire depuis l'âge de 12 ans, merci de traduire, monsieur).
inutile ?

Citer
Je m'aperçois tout à coup que, depuis une dizaine de minutes, je suis là, immobile, à faire tache au milieu de la rue, alors que les gens devant moi ont avancé et que ceux de derrière s'impatientent.
mm même quand tu es au téléphone tu peux suivre un mouvement distraitement (surtout si t'es une fille x)), c'est pas très crédible (surtout les 10 minutes de conversation, elle a dû en durer 5 à tout péter, non?)

Citer
Je les regarde, à travers le rideau de cheveux sales qui barrent mon front, épars.
charmant. Le rejet de « épars » à la fin de la phrase est pas tip top.

Citer
A mon frère qui a été placé, lui aussi, parce qu'il était incapable de vivre tout seul, lui aussi, et que mes parents ne pouvaient pas s'en occuper, eux non plus.
j'aime bien
 
Citer
Elle est davantage encore le panache nuageux qui bouche le ciel et maintient l'espoir prisonnier.
« davantage encore » n'est pas très beau. Sinon, bien que les deux formulations aient leur justification, tu devrais peut-être choisir entre les deux comparaisons (soleil et nuage) parce que c'est un peu trop contrasté pour qu'on sache  vraiment à laquelle se raccrocher !

Citer
Elle est même l'orque qui bondit dans une gerbe bleue, les dents étincelant comme autant de poignards, promesse de carnage.
mdr j'ai rien dit, faut garder. Sauf pour le « avantage encore » qui est quand même lourd.

Citer
   La fenêtre donne sur la mer.
la veine

Citer
qui datent de ma tentative de construction d'un poulailler sur le toit
mdr

Citer
  Dans le combat que mènent ses cernes pour la conquête de son visage, les joues ont encore perdu du terrain.
bien joué

avant :
Citer
Je lâche ma veste sapin au pied de mon lit et m'installe en tailleur devant la fenêtre.
ajouter un saut de paragraphe supplémentaire ?

Citer
et le haut si grand qu'elle pourrait y rentrer à trois.
j'aime bien le fait que tu aies mis « elle » au lieu de « on »:)

 
Citer
en péchant, peut-être,
pêchant. Je n'ai absolument rien compris à son plan xD

Citer
Il faut que je marche le long de la place
plage je suppose;)

Citer
Mais c'est marée basse, j'ai de la chance, sur le sable sec, j'aurais été désespérément lente.
 ??? t'es plus rapide sur un sol mou que sur du sable sec ? Strange.

Citer
Mais nulle part ailleurs ou aller.

Citer
Je dérape, je m'écorche les mains sur les chapeaux chinois.
Les chapeaux chinois ??
T'as trop lu Benoît:p

Citer
Ça fait longtemps que j'ai abandonné mes chaussures. Je réessaie, mais je me vautre cette fois-ci de tout mon long sur l'épi,
ah mon dieu dans ma configuration des lieux elle s'embroche, j'espère que c'est pas ça ???

Citer
atterris dans un filet d'eau brillant qui serpente dans le sable humide.
atterrir dans un filet d'eau... plutôt dans une mince flaque laissée par la mer ?

Citer
Ma demande est irrationnelle voire stupide, mais elle accepte.
au contraire, c'est assez rationnel, et c'est pour quoi elle était venue au départ, non ?

Citer
je balance un seau d'eau dans la tronche du feu.
cool !!

Citer
Même si je sais que ce n'est pas très rationnel. Elle souffre déjà assez comme ça. Et elle, elle n'en parle pas. Jamais.
je comprends pas trop les liens entre les phrases.

Citer
A la vue de ses larmes, j'avais le cœur en lambeaux. Mais, lorsque j'entends sa voix brisée, il me semble que mon âme se déchire.
un peu too much

Citer
cette bisounours,
je suis pas sûre qu'en 2050 les bisounours soient encore une référence mdr

Citer
Seul le donneur décide. Mais on peut l'aider à le faire.
   Une réussite, n'est-ce pas ?
ça fait froid dans le dos. Mais pourquoi on s'échine à sauver Lili plutôt que Yoko ? Je veux dire, elle a des amis bien placés à l'hôtpital la petite ? Ou alors c'est parce qu'elle a encore de la famille qui tient à elle ? Je ne comprends pas bien.

 
Citer
C'est le cadeau que Yoko lui a fait. Elle lui a offert le navire de l'horizon.
c'est beau mais j'espère que y'a à manger sur le bateau, sinon tout le plan pour sauver Lili il tombe à l'eau comme qui dirait ahah:p


Non, c'était une belle histoire. Ca se lit bien en tout cas et les personnages sont attachants. Et puis il y a la mer <3 Bref. Par contre, je n'ai pas compris le truc de la fugue dans sa maison. Ah si, peut-être. Elle avait du mal à vivre avec le fait de ne pas dire qu'elle ne pouvait pas lui donner de rein, c'est ça ? Sa culpabilité l'aurait fait fuir ? OK, dac. J'aurais cru qu'elle disperserai ses cendres sur le bateau et que là, elle découvrirait un tas d'autres urnes et des gens accablés. Oui, c'est horrible, mais tu as dit que personne n'était jamais revenu : où sont tous ces gens sinon en cadavres pourrissants (ou juste des gens agonisants) sur le bateau ? Oui c'est une belle idée Zach, charmant. En gros : quelques petites faiblesses de-ci, de-là, mais c'est un bon texte, de belles trouvailles, j'adore le titre MAIS il est trop indicatif sur la fin. Le jour des salades, c'est pas assez dans le ton j'ai l'impression. Tu as d'autres idées en stock, par hasard ?




Hors ligne Milora

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Re : Le Navire de l'horizon
« Réponse #2 le: 30 Juillet 2011 à 12:04:09 »
J'ai beaucoup aimé ! En fait, j'ai eu l'impression de lire du Verasoie (c'est le compliment ultime, mdr xD). C'est bien écrit, il y a de très jolies trouvailles, des traits d'humour, les personnages sont bien campés de même que leur relation. On ne voit pas, au début, comment va tourner le texte ; vers le milieu on le comprend, mais la fin est totalement inattendue, elle fiche un coup. Les petites indications sur le monde suffisent à camper le décor ; j'ai beaucoup aimé, j'ai lu avec fascination.

Le seul moment faible que j'ai trouvé, c'est la rencontre avec Lili : j'ai trouvé qu'il y avait un peu de mou, moins d'intensité, et quelques répétitions dans les idées.

Bien joué ! :)

Dans le détail :

Citer
J'arrache une nouvelle feuille de mon calendrier. Nous sommes le 3 février 2051. Bonne nouvelle : le 3, c'est le jour des salades. J'attrape mon manteau en tweed vert qui gratte aux épaules, et je quitte mon appart'. La porte râpe le sol en claquant. J'ai vingt mètres carrés à ma disposition, et je sens qu'une tuile va me tomber sur la tête sous peu, parce que c'est beaucoup, vingt pour une personne seule.
Lol, je sais pas pourquoi, j'aime beaucoup cette entrée en matière.

Citer
Les algues sèches qui jonchent les pavés, apportées là par la précédente Grande Marée, croustillent sous mes pieds.
 :coeur:

Citer
Je me dis que tant pis, j'attendrai, et viens ajouter de par mon humble présence un anneau à la queue du reptile.
:coeur:

Pour la conversation relevée par Zach, moi elle ne m'a pas du tout gênée...

Citer
Mais il faut bien s'entraider, n'est-ce pas, Lili ? Et je n'ai pas le choix. Elle a besoin de quelqu'un pour vivre. Mais ce n'est pas si grave. Ça pourrait être pire. J'aurais pu tomber sur un vieux, tiens, par exemple.
Deux fois "mais", et tu l'as déjà dit, pour le vieux, du coup ça casse l'effet de la remarque.

Citer
Après m'avoir fait signer un papier sommaire et s'être assuré que personne ne se défenestrerait (personne, c'est moi),
Lol ! xD J'adore.

Citer
Je ne sais ni pourquoi est-ce qu'elle est là,
Le "est-ce que" est en trop.

Citer
Dans le combat que mènent ses cernes pour la conquête de son visage, les joues ont encore perdu du terrain.
:coeur:

Citer
Par exemple en dosant mieux son insuline, qui fait justement baisser la glycémie, le taux de sucre dans le sang.
Je trouve l'info un peu trop parachutée : je pense que tout le monde sait ce que ça signifie, et si tu doutes, autant enlever "glycémie". Là j'ai trouvé la phrase un peu trop "C'est pas sorcier", vu le ton du texte.

Citer
elle ne sait pas combien de glucides est-ce qu'elle ingère
"est-ce" que en trop.

Citer
La nuit, l'eau n'est plus qu'une longue chose noire dont le dos tremblotant luit faiblement sous une lune à demi-croquée.
:coeur:

Citer
ses yeux étincellent derrière ses paupières mi-closes
Là j'ai vraiment du mal à visualiser, sauf si on voit la scène sous forme de dessin animé, lol.

Citer
Le regard mu par un vague espoir, je cherche son ombre sur le porte-manteau : même la simple vue de sa silhouette de toile brune m'est refusée.
Je comprends pas la "silhouette de toile brune"

Citer
Par endroit, le sable est si mou que je m'enfonce jusqu'à la moitié du mollet. Mais c'est marée basse, j'ai de la chance, sur le sable sec, j'aurais été désespérément lente.
Ah bon ? Tu trouves ça plus lent d'avancer quand le sol s'enfonce pas ?  ???

Citer
Mais nulle part ailleurs ou aller.
Il manque pas un bout de phrase ? Et c'est "où".

Citer
Enfin, je me trouve devant chez elle. Enfin, je crois. Ma main s'arrête devant le panneau de bois sombre. J'hésite, je frappe. J'attends. Puis j'appuie sur la poignée, le coeur dans la gorge. La porte n'était pas fermée.
Comment elle sait où elle habite ?

Citer
Lili se tient là, accroupie devant un feu qui semble dévorer l'âtre.
ça m'étonne que la maison soit restée libre après son départ, vu le monde que tu nous décris

Citer
– après avoir essayé d'en joindre le service d'urgence, en vain.
Je trouve ce bout de phrase assez maladroit...

Citer
Lili était assise à côté de moi et encaissait sans ciller les remarques des infirmières au regard morne qui peinaient à circuler.
   Je serre sa main, et m'aperçois combien la mienne est faible. Lili perçoit mon geste et plante son regard dans le mien.
regard x2

Citer
son regard noisette n'a rien perdu de son tranchant, et me permet à lui seul de reprendre courage.
x3

Citer
Alors, je lui fait signe de partir.
fais

Citer
Le regard qu'elle me jette en s'exécutant me tranche le cœur.
Encore une fois "regard"

Citer
Je la regarde longuement s'éloigner
et encore ! :P

Citation de: Zach
Citation
cette bisounours,
je suis pas sûre qu'en 2050 les bisounours soient encore une référence mdr
Je me suis fait la même réflexion, mais je pense que tu peux laisser quand même - on sait jamais ! Après tout, c'est vieux les Bisounours, et ça reste une référence xD


Edit : moi j'ai trouvé le titre très chouette ! (enfin, j'avoue que je l'ai lu qu'après coup, aussi...)

Edit 2 : n'oublie pas l'index des titres, s'il te plait :)
« Modifié: 30 Juillet 2011 à 12:13:17 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Spes

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Re : Le Navire de l'horizon
« Réponse #3 le: 30 Juillet 2011 à 21:13:11 »
@Zach >
Citer
Les chapeaux chinois ??
T'as trop lu Benoît:p
Mais si, les patelles, les berniques  :D Mais au pire je les remplace par des éclats de coquilles de moules
Sinon, l'épi n'est pas un épi à proprement parler, c'est un rejeteur d'égout, un bon demi-cylindre de béton qui s'avance vers la mer. (mais ce n'est pas très poétique, j'hésite un peu à le mettre)

Citer
c'est beau mais j'espère que y'a à manger sur le bateau, sinon tout le plan pour sauver Lili il tombe à l'eau comme qui dirait ahah:p
xD (tiens, personne n'a relevé mes "ah ah" de fin de phrase, ça m'étonne moi-même)

Citer
ça fait froid dans le dos. Mais pourquoi on s'échine à sauver Lili plutôt que Yoko ? Je veux dire, elle a des amis bien placés à l'hôpital la petite ? Ou alors c'est parce qu'elle a encore de la famille qui tient à elle ? Je ne comprends pas bien.
Parce que Yoko était condamnée de toute façon, étant donné la pénurie de rein ? (et puis, comme son état empire beaucoup et vite, on peut imaginer qu'elle n'a pas que ça qui cloche) Mais si ce n'est vraiment pas clair, je peux préciser.

Citer
J'aurais cru qu'elle disperserai ses cendres sur le bateau et que là, elle découvrirait un tas d'autres urnes et des gens accablés. Oui, c'est horrible, mais tu as dit que personne n'était jamais revenu : où sont tous ces gens sinon en cadavres pourrissants (ou juste des gens agonisants) sur le bateau ? Oui c'est une belle idée Zach, charmant.
... En fait, j'avais écrit ça, à coller entre l'avant-dernier et le dernier paragraphe :

   Lili tend les bras au-dessus de l'eau, qui gronde et mousse en contrebas contre les flancs  rouillés. Elle respire à plein poumons l'odeur iodée de la mer et, ce faisant, elle dévisse le couvercle du petit récipient qu'elle serre dans ses mains à s'en blanchir les phalanges. Les cendres s'envolent d'un seul mouvement. Mais, au lieu de rejoindre l'eau, elles s'envolent au contraire vers le pont du navire, où elles se déposent en une imperceptible couche grise.

   Lili ne se retourne pas. Elle fait face à la côte, qu'elle scrute, les yeux plissés.
Il lui semble apercevoir une silhouette [...]


Mais c'était une heure du mat', et puis j'ai trouvé ça glauque et peu original. Et puis comme je voulais garder le reflet derrière la vitre, l'idée de la séparation, je ne pouvais pas faire en sorte que Yoko soit à la fois au loin et sur le bateau.
Du coup, la fin est un peu une fin ouverte, dans la mesure où Lili n'a pas encore visité le bateau, et où on ne sait pas ce qu'elle va y trouver.
En fait, tu me donnes envie d'écrire une suite  :mrgreen:
(Côté titre, je ne vois pas trop ; je pense à "Lili", mais je pourrais trouver mieux..)

Et, merci beaucoup pour ton commentaire, Zach !

@Mil' > Si tu as eu l'impression de lire du Verasoie, je me sens franchement flattée xD (je ne plaisante pas, d'ailleurs). Ça fait un bon moment que je n'ai pas lu de textes d'elle, mais ça marque, parce que j'y ai pensé à plusieurs reprises (notamment en écrivant le passage de la piqûre). Les autres textes auxquels j'ai pensé sont Parce que cette question de Zach, et puis Les pommes de terre ont cramé d'Ernya, qui sont tous les deux super, mais mon feu n'a pas la force d'un minuteur bien réglé.
En tout cas, merci pour ton commentaire, ça me fait très plaisir :)

Concernant le mou dans la rencontre avec Lili, tu le situerais où ? A partir du moment où Yoko rentre chez elle ? Vraiment le moment de la rencontre en elle-même ? Ou bien les longueurs qu'il y a après ?

Citer
Je trouve l'info un peu trop parachutée : je pense que tout le monde sait ce que ça signifie, et si tu doutes, autant enlever "glycémie". Là j'ai trouvé la phrase un peu trop "C'est pas sorcier", vu le ton du texte.
J'ai suivi ton conseil. ^^ (Comme quoi, il faut toujours se méfier des phrases bidouillées à une heure du mat')

Citer
Je comprends pas la "silhouette de toile brune"
C'est plus clair avec "Le regard mu par un vague espoir, je cherche sa veste sur le porte-manteau : même la simple vue de la silhouette de toile brune m'est refusée." ?

Encore merci d'avoir commenté !
« Modifié: 06 Août 2011 à 18:08:59 par Spes »

Hors ligne Milora

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Re : Le Navire de l'horizon
« Réponse #4 le: 31 Juillet 2011 à 16:46:36 »
Citer
Concernant le mou dans la rencontre avec Lili, tu le situerais où ? A partir du moment où Yoko rentre chez elle ? Vraiment le moment de la rencontre en elle-même ? Ou bien les longueurs qu'il y a après ?
Je dirais entre la fin du coup de téléphone et l'installation. Difficile de délimiter, mais en gros, là :
Citer
Je ne suis pas sûre d'avoir compris – ou plutôt, je n'ai vraiment pas envie de comprendre – mais il ne me reste qu'une chose à faire : vérifier. Alors, je fais volte-face pour me précipiter chez moi.
   La gorge en feu – et sûrement plus écarlate que les tomates de la salade dont je ne verrai jamais la couleur – je débarque dans le couloir de mon immeuble. Du bras, je m'appuie contre la paroi. Ils sont deux, à attendre devant ma porte, une fille et un homme. Je les regarde, à travers le rideau de cheveux épars qui barrent mon front.
   Ils ont tourné la tête en m'apercevant. Ils doivent se demander qui est-ce que je suis, et espérer que ce ne soit pas celle qu'ils attendent.
   Moi, tout ce que je vois, c'est l'uniforme de l'homme – celui des services sociaux.
   Comme quoi, je ne m'étais pas trompée. Mes pensées s'emballent. Je pense à mes voisins, à qui on a confié un quinquagénaire cul-de-jatte. A cette ancienne poissonnière, qui doit maintenant élever des quadruplés dont la mère est morte en couche. A mon frère qui a été placé, lui aussi, parce qu'il était incapable de vivre tout seul, lui aussi, et que mes parents ne pouvaient pas s'en occuper, eux non plus.
   Puis, je porte mon regard sur la fille, Lili Altruc.
   La voilà, ma tuile.
   Un sourire crispé aux lèvres, je m'avance vers elle comme le condamné sur la planche se traîne vers la mer. Elle est le soleil derrière l'horizon, la tache jaune trop brillante qui oblige, en plus du reste, à fermer les yeux. Elle est le panache nuageux qui bouche le ciel et maintient l'espoir prisonnier. Elle est même l'orque qui bondit dans une gerbe bleue, les dents étincelant comme autant de poignards, promesse de carnage.
   J'inspire.
   Bon. Je n'ai pas le choix. C'aurait pu être pire. J'aurais pu tomber sur un vieux, par exemple. Visiblement, les services sociaux ont fait des efforts pour que son profil colle au mien. Et puis, d'ailleurs, pourquoi une diabétique a-t-elle besoin d'être assistée ? Ce ne sont pas les plus nécessiteux, que je sache.
   Lili me regarde en retour, me sourit d'un air gêné et s'excuse. Je note les cernes immenses qui soulignent ses yeux, son teint de cendre, sa maigreur, aussi. Je lui tend la main, hésite, me rétracte... L'homme saute sur l'occasion, il la saisit et la serre avec fermeté.
   Il me dit qu'il est enchanté, m'exhibe ses grandes dents blanches parfum fraîcheur en preuve de sa bonne foi, ce avant de m'expliquer mon rôle. Je m'en doutais, mais l'entendre dire de vive voix que je dois prendre soin de Lili et l'assister au jour le jour – Lili qui vivra chez moi, chez moi ! – ça me donne envie de fuir (sans parler du dégoût que m'inspire le type en parlant de la fille comme si elle n'était pas là, elle est muette en plus ?).
   "De fuir"... Pas étonnant que le type, au téléphone, ait préféré ne pas me mettre tout de suite au pied du mur.
   Mais il faut bien s'entraider, n'est-ce pas, Lili ? Et je n'ai pas le choix. Elle a besoin de quelqu'un pour vivre. Puis, ce n'est pas si grave. Ça pourrait être pire.

Citer
Citation
Je comprends pas la "silhouette de toile brune"
C'est plus clair avec "Le regard mu par un vague espoir, je cherche sa veste sur le porte-manteau : même la simple vue de la silhouette de toile brune m'est refusée." ?
Ah oui, c'est plus clair ! J'avais pas compris que la silhouette était celle de la veste, dans la première mouture ^^


Citer
(Ah, et concernant l'index des titres, j'attendais volontairement un petit peu, parce que je me fais stalker par ma sœur xD Mais je n'oublierai pas, promis !)
Ta soeur t'épie ? ? ? ???

Citer
Encore merci d'avoir commenté !
De rien ! Depuis Eudes, je guette tes textes avec beaucoup d'intérêt  >:D
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Plectrude

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Re : Le Navire de l'horizon
« Réponse #5 le: 31 Juillet 2011 à 19:08:10 »
J'ai beaucoup, beaucoup aimé. Voilà, je ne vois pas ce que j'aurais à dire d'autre.

Dans le détail, sans les prendre une par une, il y a certaines phrases où tu écris "est-ce que" alors que c'est un discours indirect, et c'est incorrect. Le "est-ce que" est réservé aux discours directs, uniquement.

 Du genre :
j'avoue qu'à part sous le bureau, je ne vois pas où est-ce qu'elle aurait la place de dormir

Mais voilà, les personnages sont attachants (à la fin, je me sentais comme dans les films quand l'un des deux personnages est sur le point de mourir et qu'on espère jusqu'au bout qu'il va s'en tirer), le style est vraiment plaisant, il y a de superbes trouvailles (par exemple la phrase concernant les joues qui ont encore perdu du terrain qui est sans doute ma préférée), enfin bref : j'adhère ! :)

Hors ligne Kathya

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Re : Le Navire de l'horizon
« Réponse #6 le: 31 Juillet 2011 à 21:38:33 »
J'ai beaucoup aimé, les personnages sont attachants et l'univers aussi.

Y a juste une histoire de greffe de pancréas qui me turlupine. Ils ont pas l'air super avancé en médecine par rapport à l'époque actuelle, et honnêtement, entre l'insulino-dépendance et la greffe (sans même parler des inconvénients types immunosuppresseurs) d'un organe capable d'autolyse (car on peut pas vraiment envisager de séparer les ilots sécréteurs d'insuline des plages de cellules qui sécrètent les sucs digestifs) si on le torture un peu trop, c'est pas vraiment un choix facile.

Donc voilà, du coup, je trouvais ça tellement bidon le "je te donne mon pancréas" (je me demandais s'il voulait pas la tuer *sort*), que j'ai eu du mal à croire à la fin, qui était pourtant jolie, avec le bateau et tout ça. ^^
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne Arrynos

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Re : Le Navire de l'horizon
« Réponse #7 le: 31 Juillet 2011 à 23:37:56 »
Une très, très belle nouvelle.
Je suis impressionné par tant de style dans ton écrit. Yoko est un personnage très complexe et même si le contexte est très noir, on est pris de tendresse pour ce personnage. Je trouve malgré tout la fin un peu cliché, même si le baiser m'a vraiment surpris. Ton monde de 2050 est vraiment original.
Je ne relèverais pas de fautes, je ne suis pas doué pour ça, mais comme j'aime bien mettre des notes, ta nouvelle vaut 18 pour moi.
"Les Shadoks ne savaient plus quels étaient les escaliers pour monter et ceux pour descendre.."

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Hors ligne Athena

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Re : Le Navire de l'horizon
« Réponse #8 le: 01 Août 2011 à 09:50:28 »
J'ai beaucoup aimé ce texte !
Je ne suis pas une spécialiste donc je peux pas vraiment trouver d'erreur, à part celles qui ont été mentionnées plus haut, mais dans l'ensemble je trouve ça très bien. J'aime vraiment l'ambiance, qui me fait penser à des films comme "L'armée des 12 singes" et le personnage de Yoko est plutôt attachant, malgré sa noirceur et une certaine "déshumanisation".
« Modifié: 19 Août 2011 à 09:08:06 par Athena »
L'écriture comme un exutoire...

Hors ligne Spes

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Re : Le Navire de l'horizon
« Réponse #9 le: 10 Août 2011 à 23:05:38 »
Plectrude > Je note bien, concernant les "est-ce que" ^^ (rha, c'est là l'un des pires défauts de forme de ma plume). Merci pour ta lecture !

Kathya > Alors, concernant le pancréas... Il fait partie des incohérences scientifiques du texte, et c'est en effet peut-être la plus grosse. J'avais aussi tiqué en écrivant que l'insuline se conservait "au frais", car Lili n'a pas de frigo, et que l'hormone ne sera pas à l'abri d'un coup de chaleur en été (surtout que, au vu du système, elle ne risque pas de pouvoir s'en procurer de la neuve tous les jours). Je n'ai pas du tout parlé de pompe à insuline, non plus.
Et donc, pour en revenir au pancréas, je me suis dit que mon lecteur ne saurait peut-être pas que, de nos jours, le pancréas ne se greffe pas, et que s'il le sait, il pourrait admettre que dans quarante ans ça se fasse ?...  :mrgreen: (Éventuellement, je mets une petite astérisque de renvoi avec une note en bas de page, ou alors je tente de montrer plus haut que la médecine a fait de superbes avancées ? xD) Mm, enfin, je vais tâcher de remédier à ça.

Arrynos et Athéna, merci pour  votre avis ^^ Ça me fait plaisir que le personnage de Yoko vous ai plu, parce que j'avais mis le paquet dessus !

mademoiselle-m

  • Invité
Re : Le Navire de l'horizon
« Réponse #10 le: 11 Août 2011 à 01:14:19 »
Bonsoir Spes,

je viens de m'inscrire sur le forum, poussée par un besoin urgent de vous dire Ô combien j'ai aimé vous lire.

Je n'ai pas décroché un seul instant, j'ai beaucoup aimé votre amorce, vos personnages, l'histoire bien sûr et par dessus tout votre style d'écriture : riche et rythmé à souhaits.
J'ai relevé quelques maladresses, quelques erreurs, mais si peu.

J'espère que vous trouverez l'inspiration de développer votre histoire. J'ai trouvé que le navire de l'horizon était amené avec tellement de finesse qu'il méritait bien mieux que ces quelques lignes d'ouverture en conclusion.

En résumé, c'est bon ... et j'en redemande !


Mademoiselle M


Hors ligne Spes

  • Calliopéen
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Re : Le Navire de l'horizon
« Réponse #11 le: 11 Août 2011 à 22:46:59 »
Bonsoir Mademoiselle M,
Ça me fait très plaisir que ce texte t'ait autant plu (je me permets le tutoiement, tout le monde l'emploie ici). N'hésite pas à me faire part des maladresses et erreurs que tu as relevées si tu en as le temps, afin que je les corrige.
Concernant une potentielle "suite", elle est en cours d'écriture ; ceci dit, elle ne sera pas tout à fait dans le même ton.
Ah, aussi, n'hésite pas à passer te présenter ^^
Au plaisir de te recroiser par ici !

Hors ligne ernya

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Re : Le Navire de l'horizon
« Réponse #12 le: 22 Août 2011 à 13:42:49 »
Citer
Je lui tend la main, hésite, me rétracte...
Tends

   
Citer
Tant qu'elle ne s'est pas cognée, tout va bien. Et elle ne s'est pas cognée, ça tombe bien (ah ah).
Bof ?

     
Citer
Il faudra que la change.
Bug
   
Citer
Lili aussi semble aller mieux, comme si je lui avais pardonné quelque chose dont je ne la savais pas être coupable.
Un peu lourd comme fin de phrase, du coup ça rend le sens laborieux, je trouve

   
Citer
Ses lèvres ont un goût de jus d'orange.
Mwa

   
Citer
Si elles avaient été placées ensemble, c'était surtout parce que, sans rein, Yoko était condamnée – et elle n'en trouverait sûrement pas, cette bisounours, qui croyait qu'on lui tendrait la main si elle avait toujours été là pour les autres !
Bof, je trouve que bisounours fait mot que tu devais placer

 
Citer
Une silhouette aux yeux rieurs, des yeux de bisounours.
C’est flippant des yeux de bisounours ???

   Eh bien je ne ferai que répéter ce qui a déjà été dit. J’aime le titre, j’ai pas mal aimé l’histoire, moi aussi ça m’a pas mal fait penser à du Verasoie, et comme Zach j’aurais aimé un truc en plus avec le bateau (le coup des urnes, ça avait l’air trop coool). Je trouve que la fin telle qu’elle est bien mais que t’aurais pu la rendre plus poignante ou plus poétique, je sais pas, enfin j’ai détesté cette intrusion inopinée de bisournours. C’est pas vraiment dans le ton du texte, comme le jour des salades comme l’a déjà relevé Zach. Voilà, je pense que c’est un bon texte mais qu’il reste encore quelques petites maladresses, quelques petites verrues disgracieuses à éliminer pour que ça soit bien lisse bien propre. Voilàààà
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Zephyr

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Re : Le Navire de l'horizon
« Réponse #13 le: 04 Septembre 2011 à 11:50:28 »
J'avais lu ce texte hier, mais je n'avais pas eu le temps de commenter.

Le texte est bien. J'ai bien apprécié le ton et les personnages. Mais il manque un petit quelque chose, une âme quelque part. Même si c'est à la première personne, j'ai un peu trop d'éloignement avec le personnage. J'arrive pas toujours à me sentir avec lui, il m'échappe de temps en temps. Mais à part ça, j'aime bien. C'est clair, bien construit. J'ai bien aimé la fin (même si pas totalement conquis). On ressent bien la lourdeur, la froideur de ce monde.
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
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Re : Le Navire de l'horizon
« Réponse #14 le: 08 Septembre 2011 à 22:12:30 »
J'arrive après la bataille pour dire la même chose que les autres, olé !
En gros, oui j'ai beaucoup aimé, oui moi aussi j'ai pensé à du Vera (à mon avis la relation entre les deux personnages n'est pas étrangère à cette impression), oui le décor, les personnages, l'écriture, l'ambiance sont cool et touchants et tout.
Voilà, cette intervention sert à rien mais je tenais à dire que j'avais apprécié ^^.
EDIT : et j'ai oublié de dire que le terme de bisounours m'avait paru (m'avait ou m'était ? M'avait non ?) complètement décalé et m'avait choquée XD.
« Modifié: 09 Septembre 2011 à 11:04:43 par ambriel »
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

 


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